Le ténor américain s’est vu épinglé par le site OperaWire pour sa participation à un concert à Moscou, le 8 septembre prochain, à l’auditorium du parc Zariadié (le site laisse entendre qu’il s’agit du concert d’ouverture de saison mais ce n’est pas le cas). Lawrence Brownlee y chantera des airs ou duos de Mozart, Donizetti, Rossini aux côtés du soprano Aigul Khismatullina, l’Orchestre symphonique de Moscou étant dirigé par Ivan Rudin. OperaWire précise « Brownlee rejoint Vittorio Grigolo, Ambrogio Maestri, Marcelo Alvarez et Ferruccio Furlanetto, parmi les chanteurs de l’ouest qui se sont produits en Russie depuis l’invasion de l’Ukraine ». Le site rappelle que José Cura a vu son contrat annulé avec l’Opéra national d’Estonie pour des raisons similaires. Le site insiste ensuite sur les positions de Peter Gelb, directeur général du Met (où Brownlee doit chanter la saison prochaine I Puritani et La Fille du Régiment) qui avait notamment amené à l’annulation des contrats d’Anna Netrebko en raison de sa proximité avec Vladmir Poutine.
Lawrence Brownlee a répondu à OperaWire en ces termes : « En tant qu’artiste, j’ai la conviction que mon art est le moyen le plus puissant à ma disposition pour créer un changement positif dans le monde. Ma décision de chanter en Russie ne constitue en rien une approbation de ma part de la politique de leur gouvernement actuel, de même que ma décision de continuer à chanter aux États-Unis n’est pas une approbation de notre gouvernement actuel. Pour moi, le plus grand pouvoir de la musique consiste en ce qu’elle peut nous élever au-dessus de la rhétorique clivante de la politique actuelle, et qu’elle nous rappelle que ce qui nous unifie véritablement, ce sont nos expériences humaines partagées. Je ne suis pas un pion, et je n’en serai jamais un – où que j’aille, je viens en tant qu’artiste, dans le but de rassembler les gens et de répandre la joie et la paix à travers la musique ».