A ceux qui pensent que l’opéra est une somme de grandes voix et d’œuvres d’un autre siècle indéfiniment reprises saison après saison, le programme 2018-19 de l’Opéra de Lille oppose un vigoureux démenti. Pas de titres de Puccini, Verdi et autres blockbusters du répertoire mais des œuvre soit baroques – Rodelinda, Pygmalion proposé ce mois-ci à Dijon –, soit contemporaines – Coraline de Mark-Anthony Turnage, L’Odyssée de Jules Maton, Trois Contes de Gérard Pesson, Four for de Halory Goerger – , dans les deux cas rarement jouées. Et lorsque Faust en mode Berlioz est porté à l’affiche, c’est revisité, transformé et réinventé (sic) par la jeune compagnie Miroirs Étendus, comme si la partition originale n’était plus capable de parler aujourd’hui au public. Exception qui confirme la règle : La Flûte enchantée ? Erreur, car le singspiel de Mozart sous-titré « Le chant de la mère » sera expurgé par Romeo Castellucci de ses dialogues parlés pour mieux « casser le jouet de la narration » et « épouser un parti résolument féministe ». L’enfant qu’amènent pour la première fois à l’opéra des parents alléchés par la réputation féérique de l’ouvrage, en sortira-t-il, comme bon nombre d’entre nous autrefois, le vice de l’art lyrique chevillé au corps ? Nous n’en prendrons pas le pari mais au moins aura-t-il assisté à un spectacle dépoussiéré, en phase avec les questions de son époque. Plus d’informations sur opera-lille.fr.
Lille 2018-19, c’est l’opéra qu’on dépoussière
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Brève
29 mai 2018
Lille 2018-19, c’est l’opéra qu’on dépoussière
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