Olga Peretyatko : Baden-Baden et Paris, même combat (ou presque)

Par Christophe Rizoud | mar 12 Janvier 2016 | Imprimer

De Baden-Baden, vendredi dernier, à Paris, hier, lundi, Olga Peretyatko poursuit une série de concert sur le même modèle : même programme dans le même ordre, de Folleville (Il viaggio a Reims) à Matilde Di Shabran ; même accumulation d'embûches en une poignée d'arias extraites d’opéras de Rossini ; même robes longues et sculpturales – d'abord fuchsia puis rouge – ; même orchestre – une Accademia Bizantina aux cordes filandreuses et aux bois verts – ; même direction capricieuse d'Ottavio Dantone, tantôt inspirée, tantôt désordonnée ; même jeux de main et de bras en un ballet de gestes enchanteurs ; même capacité de séduction quand bien même la connaissance insuffisante de notre langue n'autorise pas, comme en Allemagne, les commentaires entre chaque air ; même maîtrise du style rossinien et de ses nombreux effets dont un trille délicat comme un battement de cils ; mêmes variations originales et adaptées à sa vocalité ; même timbre fruité ; même chant prudent à la virtuosité de plus en plus affirmée au fur et à mesure qu'avance la soirée, sans pour autant parvenir à l’insolente liberté qu'exige ce répertoire (surmenage, diront certains sans que nous nous rangions entièrement à leur avis) ; même beauté de la ligne mise en valeur notamment par les stances de Corinne (Il viaggio a Reims)  malgré l'accompagnement métallique du clavecin (au lieu des sonorités liquides de la harpe) ; mêmes réserves quant à l'interprétation de Semiramide dont un surcroît d'intentions tente de compenser la discutable légèreté ; même bis – la cavatine de Rosine (Il barbiere di Siviglia) intelligemment ornementée pour mettre en valeur l’aigu et l'éclat –, même succès et – c'est là ce qui différencie Paris de Baden-Baden – un deuxième bis (la reprise de « Un voce poco fa ») accompagné d'une standing ovation et d'applaudissements renouvelés à la sortie du concert, dans le hall du Théâtre des Champs-Elysées, lorsque la soprano, radieuse, traverse la galerie à l'étage, pour rejoindre une petite table d'où elle dédicacera son dernier album à de nombreux admirateurs déjà en file indienne le long des escaliers.

Olga Peretyatko (soprano), Ottavio Dantone (direction musicale), Accademia Bizantina. Paris, Théâtre des Champs-Elysées, lundi 11 janvier, 20h. Les Grandes Voix.
 

 

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