Rapport de la Cour des comptes : l’Opéra de Paris riposte

Par Christophe Rizoud | ven 16 Septembre 2016 | Imprimer

La diffusion par la Cour des comptes, mardi dernier, 14 septembre, d’un rapport sur la gestion de l’Opéra de Paris de 2005 à 2014 a mis le feu aux poudres médiatiques. « L'institution dirigée par Stéphane Lissner ressemble à un monstre administratif perclus de primes en tout genre, de chefs et sous-chefs à tous les étages et de contraintes horaires que peu de salariés respectent. » constate Le Point. « Les frais de transports et de frais de bouche représentent des sommes trop élevées au sein de l'Opéra de Paris » surenchérit le site d’information d’Europe 1. Et tous d’épingler un « navire à la dérive » tandis que les 100.000€ de frais de taxis dépensés en 2013 et 2014 enfiévraient les réseaux sociaux. A tel point que l’actuelle direction s’est vue dans l’obligation de publier hier soir un communiqué afin de remettre les pendules à l’heure (voir ci-dessous*), arguant de mesures déjà prises pour éviter les dérives constatées, soulignant au passage qu’elle était « en poste depuis septembre 2014 » – une manière de faire remarquer qu’elle ne saurait être tenue responsable des griefs reprochés – et témoignant de sa bonne volonté car « volontaire pour participer au travail de réflexion et de proposition avec la Haute autorité pour la transparence de la vie publique » – une commission abritée derrière l’horrible acronyme HATVP, dont l’efficacité reste à démontrer.

Reste maintenant, conformément aux recommandations émises par la Cour des comptes, « à faire évoluer l'organisation et les temps de travail, dans le respect de ses objectifs financiers ». On voit difficilement comment y parvenir sans procéder à la simplification purgative d’un système obéissant à des règles d’un autre temps, sujet d'incessantes revendications et négociations syndicales qui dans le contexte économique et social actuel apparaissent indécentes.  Autrement dit : grèves en perspective.

*La Cour des comptes a diffusé le 14 septembre un rapport sur la gestion de l’Opéra de Paris de 2005 à 2014.
Ce rapport est positif sur de nombreux points, en particulier sur le développement des ressources propres et l’équilibre économique de l’établissement.
Il relève avec pertinence plusieurs points délicats, notamment sur l’évolution de la masse salariale. La cour invite également l’établissement à la vigilance sur certains types de dépenses.
La direction de l’Opéra de Paris, en poste depuis septembre 2014 souhaite insister sur les points suivants :
  • Depuis le début de l’année 2016, il n’y a plus aucun véhicule de fonctions ;
  • Le budget taxis a été réduit de -30% en 2015 par rapport à 2014. Il s’élève à environ 60 000 €, pour 17 dirigeants et un certain nombre d’artistes invités (accueil aux aéroports etc…) ; tous les déplacements sont retracés mensuellement, individuellement, avec le lieu de prise en charge, la destination et les horaires (ce qui est important notamment pour ceux qui travaillent la nuit dans nos deux théâtres) ; la Direction administrative et financière (DAF) et l’agence comptable veillent au respect des règles fixées dès mars 2015, puis par une délibération du Conseil d’administration du 18 décembre 2015 ;
  • Les frais de représentation (déjeuners professionnels) ont baissé en 2015 par rapport à 2014 d’environ 10% : 47 000 € au total pour une vingtaine de personnes avec un budget individuel, pour la plupart, de quelques centaines d’euros de remboursements maximums par an ; aucune dépense ne sort de l’ordinaire (catégorie des restaurants, montant des factures…) ; la DAF et l’agence comptable vérifient l’identité des invités ainsi que le motif, non stéréotypé, du déjeuner ;
  • Le 18 décembre 2015, le conseil d’administration a adopté à l’unanimité une délibération cadre fixant les règles pour toutes les dépenses des dirigeants ; l’Opéra a été volontaire pour participer au travail de réflexion et de proposition avec la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) sur la déontologie dans les établissements publics culturels (rapport de juillet 2016).

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