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Raretés massenétiennes à l’Opéra-Comique

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Brève
21 mai 2012
Raretés massenétiennes à l’Opéra-Comique

Enfin une salle parisienne qui s’efforce de rendre dignement hommage à Massenet ! Grâce à François-Xavier Roth, à la tête de son orchestre Les Siècles, la Salle Favart a offert dimanche 20 juin un concert associant de quasi inédits à des pièces symphoniques qui, après avoir fait les délices de nos arrière-grand-mères, sont en passe de devenir elles aussi des raretés. Encadrés par le ballet du Cid en version intégrale (1885) et par les très patriotiques Scènes alsaciennes (1882), étaient donc offert à la curiosité d’un public exigeant deux œuvres correspondant aux extrémités de la carrière du compositeur : d’abord le Concerto pour piano et orchestre, créé en 1903, soit moins de dix ans avant la mort de Massenet, et ici recréé par Marie-Josèphe Jude, ensuite et surtout la cantate Louis de Mézières qui avait valu au tout jeune homme sa mention au Prix de Rome 1862. Sur un assez piètre livret réunissant le prince de Montpensier et le duc de Guise autour de l’héroïne éponyme, l’apprenti compositeur de vingt ans composa un mini-grand opéra historique, dans la lignée de Meyerbeer et Halévy mais aussi de Gounod. Le baryton-basse Jean-Manuel Candenot n’intervient que dans la deuxième partie, la cantate s’ouvrant avec le ténor seul, un Julien Dran cueilli un peu à froid mais qui reprend bientôt son assurance. Quant au grand soprano dramatique que doit être Louise de Mézières, c’est la mezzo Marie Lenormand qui, jadis très applaudie dans Mignon en cette même salle, relève le défi avec panache. Hormis la « musique de bal » initiale qui deviendra vingt ans plus tard le célébrissime menuet de Manon, il n’y a rien d’inoubliable dans cette partition complétée par Gérard Condé, mais il est passionnant d’y découvrir en germe les caractéristiques du futur auteur de Werther. [LB]

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