Une partition d’Aida livre ses secrets

Par Christophe Rizoud | jeu 13 Juillet 2017 | Imprimer

Dans un article en ligne, Heather Hadlock, professeur à l’Université Stanford, spécialisée dans l’opéra du français et italien des 18e et 19e siècles, livre ses conclusions sur la partition manuscrite d’Aida acquise en 2015 par l’institution californienne. Utilisée pour la première parisienne de 1876, cette partition, composée de quatre volumes – un par acte –, est une des plus anciennes existant aujourd’hui, celle de la création en 1871 au Caire ayant brûlé. De nombreuses annotations, dont certaines pourraient être de Verdi lui-même, donnent de précieuses indications d’interprétation. La surprise vient surtout du fait qu’il existe très peu de différences avec les copies et les éditions imprimées postérieures, à la différence de beaucoup d’autres opéras italiens, connus pour leurs innombrables versions. Verdi, alors au sommet de sa gloire, se remettait moins en question et ne se laissait plus influencer par les chanteurs, souvent à l’origine des coupes et des modifications. Ses lettres et contrats montrent qu’il exerçait un contrôle strict sur la forme musicale et théâtrale de son travail. Ce contrôle des compositeurs sur leurs compositions est caractéristique de la fin du 19e siècle,. Il y a donc de fortes probabilités que l’Aida que nous entendons aujourd'hui ne soit pas si différente de celle que le public entendait il y a plus d'un siècle.