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The Complete Omar Khayyám

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CD
12 octobre 2016
L’homme sans ombre

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Détails

Omar Khayyám

Sarah Walker, mezzo-soprano

Anthony Rolfe Johnson, ténor

Brian Rayner Cook, baryton

Fifine at the Fair

Sappho

Johanne Peters, contralto

The Pierrot of the Minute

BBC Singers

BBC Symphony Orchestra / BBC Scottish Symphony Orchestra

Direction musicale

Norman Del Mar

Enregistrements réalisés les 5-6 janvier 1979 (Omar Khayyám) et le 7 août 1968

4 CD Lyrita REAM.2128 – 73’06 + 61’41 + 68’05 + 54’25

Qui connaît en France Granville Bantock (1868-1946) ? En dehors du monde anglophone, le compositeur britannique fut-il jamais vraiment entendu ? Oui, car Paris eut en 1927 la primeur de sa Pagan Symphony. Quant à son monumental Omar Khayyám créé à Birmingham en 1906, il fut donné à Vienne en 1912, mais il semble bien que ce soit l’exception qui confirme la règle, le reste des exécutions données de son vivant se bornant à toutes les grandes villes d’Angleterre et à quelques interprétations aux Etats-Unis, au Canada ou surtout en Australie. Evidemment, cette œuvre de près de trois heures exigeant trois solistes, un grand chœur et un grand orchestre avait de quoi faire hésiter les organisateurs de concert. Dans cette musique à laquelle on pourra reprocher certaines longueurs, il y avait pourtant de quoi ravir les auditeurs de la Belle-Epoque.

D’abord, un exotisme orientaliste dont le succès ne se démentirait pas de sitôt. Ne reculant devant aucune difficiulté, Bantock s’était attaqué à un des best-sellers de l’époque victorienne en matière de poésie : les Rubaiyat of Omar Khayyám, libre adaptation de poèmes persans du XIe siècle par Edward Fitzgerald (on y trouve notamment des références à Kaïkobad, d’où Hofmannsthal tira peut-être le nom du père de l’impératrice dans La Femme sans ombre). Et il ne s’agissait pas pour lui de mettre en musique une sélection comme bien d’autres avant ou après lui, mais la totalité des 101 quatrains que compte le recueil ! Cela supposait une capacité à varier le discours et à donner une cohérence quasi dramatique à une suite de poèmes sans véritable lien entre eux. Musicalement, l’orientalisme est discret, suggéré par quelques rythmes exotiques surtout dans les préludes orchestraux, mais sans doute faut-il le chercher moins dans la rutilance orchestrale que dans la sensualité, digne d’un Massenet lorsque s’unissent les voix de la Bien-Aimée (contralto) et du Poète (ténor), personnages inventés par Bantock pour individualiser le texte, tout comme le Philosophe (baryton). Dans cette musique au souffle ample, on entend parfois passer un peu de Richard Strauss, voire une pincée de Debussy.

S’il existe d’autres enregistrements de cette œuvre démesurée, le coffret Lyrita s’impose par de solides arguments. D’abord, la distribution réunie pour Omar Khayyám, difficile à surpasser pour au moins deux titulaires sur trois. Même si elle n’eut pas la carrière d’une Janet Baker (elle participa cependant à la Neuvième Symphonie dirigée par Leonard Bernstein en décembre 1989 pour fêter la chute du Mur de Berlin), Sarah Walker avait été dotée par la nature d’un somptueux timbre grave, aussi capable de tendresse que de marmoréenne dignité. Le regretté Anthony Rolfe Johnson, alors âgé de 39 ans, était en pleine possession de ses moyens et confère au Poète un intense lyrisme. Nettement moins connu, Brian Rayner Cook confère au Philosophe tout le relief qu’on peut attendre d’un personnage à peine moins enamouré que les deux autres, mais sa prestation est par moments gâtée par des accents nasillards de « méchant » de mélodrame. Le BBC Symphony Orchestra est dirigé par Norman Del Mar, grand spécialiste de la musique de ses compatriotes, et les BBC Singers confirment leur réputation de grande formation chorale, dont certains membres individuels sont sollicités dans la troisième partie, où six vases en céramique sont censés prendre la parole…

Autre argument, la présence de compléments de programme qui permettent de découvrir d’autres aspects de l’œuvre de Granville Bantock, et le prix des quatre disques Lyrita est inférieur de moitié aux trois disques de la version Chandos, apparemment incomplète). Si ces pages moins lourdes à monter (Sappho dure « seulement » un peu plus d’une heure – il manque ici trois de ces « Neuf Fragments pour mezzo-soprano et orchestre » – et n’exige qu’une soliste) pouvaient donner des idées aux responsables de concert et tirer Bantock de l’ombre, ce coffret aurait plus que rempli sa mission. Pour 2016 et le soixante-dixième anniversaire de sa mort, c’est un peu tard, mais pour 2018 et le cent-cinquantième anniversaire de sa naissance, il est encore temps.

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Omar Khayyám

Sarah Walker, mezzo-soprano

Anthony Rolfe Johnson, ténor

Brian Rayner Cook, baryton

Fifine at the Fair

Sappho

Johanne Peters, contralto

The Pierrot of the Minute

BBC Singers

BBC Symphony Orchestra / BBC Scottish Symphony Orchestra

Direction musicale

Norman Del Mar

Enregistrements réalisés les 5-6 janvier 1979 (Omar Khayyám) et le 7 août 1968

4 CD Lyrita REAM.2128 – 73’06 + 61’41 + 68’05 + 54’25

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