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	<title>David ALAGNA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David ALAGNA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>ALAGNA, Le Dernier Jour d’un condamné — Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Oct 2017 07:05:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Autant l’avouer, au vibrant plaidoyer de Victor Hugo en faveur de l’abolition de la peine de mort, nous préférons la confidence d’Albert Camus dans ses Réflexions sur la guillotine. Le premier vise à faire du lecteur un abolitionniste en lui peignant les souffrances du condamné qui attend son exécution comme des tortures dont les partisans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Autant l’avouer, au vibrant plaidoyer de Victor Hugo en faveur de l’abolition de la peine de mort, nous préférons la confidence d’Albert Camus dans ses <em>Réflexions sur la guillotine</em>. Le premier vise à faire du lecteur un abolitionniste en lui peignant les souffrances du condamné qui attend son exécution comme des tortures dont les partisans de la peine de mort sont les cruels responsables. De surcroît, en le tuant, ils infligent une peine irréversible à ses proches, pourtant innocents de ses crimes. Cette habileté rhétorique nous touche moins que le témoignage de l’auteur de <em>L’étranger</em> quand il rapporte la réaction de son père au retour d’une exécution publique à laquelle il avait voulu assister tant les crimes du condamné l’avaient révolté. Le spectacle de la mise à mort, au lieu de lui apporter l’apaisement espéré, l’avait rendu malade de dégoût parce qu’il avait compris qu’il avait lui aussi, par son adhésion, participé à un meurtre. Camus ne vise pas à convaincre en culpabilisant le lecteur mais à prouver, par cet exemple, que la peine capitale n’est jamais la bonne.</p>
<p>Mais Camus s’adresse à notre raison quand Hugo s’adresse à notre sensibilité. A son frère David, qui lui a expédié <em>Le dernier jour d’un condamné</em> comme une boutade affectueuse, Roberto Alagna, qui découvre le potentiel lyrique du texte, suggère d’écrire un opéra, incitation à laquelle le premier lui répond en lui demandant d’écrire le livret. De défi en défi, avec le concours de Frederico, le troisième frère, la gageure sera menée à bien et l’œuvre créée en concert au Théâtre des Champs Elysées en 2007, avant d’être portée à la scène en 2009 en Hongrie dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/triple-triomphe-des-freres-alagna">une production de l’opéra d’Avignon</a> qui est celle présentée à Marseille. Nous ne saurions rien ajouter au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/triple-triomphe-des-freres-alagna">compte rendu de Fabrice Malkani</a>, élégant et exhaustif dans la description de la partition et du spectacle conçu par <strong>Nadine Duffaut</strong>. Toutefois, voir les familles des condamnés en projection vidéo nous aurait semblé préférable à leur défilé muet sur la scène. La présence des enfants des condamnés, victimes collatérales de la vindicte sociale, nous rend sensible à l’absence des enfants de ceux que les justiciables ont probablement tués. Le recours à l’émotion est ici à double tranchant.</p>
<p>Des bords du Rhône au Vieux Port, l’orchestre, les chœurs et le chef ont changé mais on peut parler aussi de réussite. <strong>Jean-Yves Ossonce </strong>veille à donner à la composition tout son potentiel expressif et mélodique et à la rendre aussi noble et aussi efficace que possible, grâce aux couleurs et aux accents que l’orchestre souligne ou nuance sans jamais donner le sentiment d’épaissir le trait. Ecrite sur mesure pour <strong>Roberto Alagna</strong>, l’œuvre offre à son sens du phrasé et à la clarté de sa diction un support où il est tout à son aise. Comme en Avignon, <strong>Adina Aaron </strong>est la condamnée contemporaine, avec un engagement qui évite l’outrance et un français d’une qualité très satisfaisante. Tous deux affrontent avec bonheur les passages les plus lyriques que leur réserve le deuxième acte. Il faudrait citer tous les autres participants, si l’énumération ne risquait de devenir fastidieuse, dont la majorité était déjà de l’aventure dans la cité des Papes, pour la tenue irréprochable des nombreux seconds rôles. Le succès est net aux saluts, mais on ne peut passer sous silence le fait que les mérites conjoints de cette production et la qualité de l’exécution n’ont pas suffi à remplir les vastes bords de l’opéra de Marseille. De quoi s’interroger sur l’avenir de l’œuvre ?</p>
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		<title>ALAGNA, Le Dernier Jour d’un condamné — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/triple-triomphe-des-freres-alagna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Mar 2014 22:06:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Quatre ans avant le succès de Claude, opéra de Thierry Escaich sur un livret de Robert Badinter d’après Claude Gueux de Victor Hugo (voir recension de la création à Lyon), les frères Alagna avaient déjà eu l’idée d’un opéra contemporain inspiré de l’œuvre du poète, et plus particulièrement de son réquisitoire littéraire contre la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Quatre ans avant le succès de <em>Claude</em>, opéra de Thierry Escaich sur un livret de Robert Badinter d’après Claude Gueux de Victor Hugo (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4999&amp;cntnt01returnid=54">recension de la création à Lyon</a>), les frères Alagna avaient déjà eu l’idée d’un opéra contemporain inspiré de l’œuvre du poète, et plus particulièrement de son réquisitoire littéraire contre la peine de mort,<em> Le Dernier Jour d’un condamné</em>. Sur un livret efficace et percutant, habilement coécrit par Roberto, David et Frédérico Alagna,<strong> David Alagna</strong> a composé une musique belle et forte, bouleversante de lyrisme et de noirceur à la fois, parfaitement adaptée à la prosodie de la langue française si bien servie au chant par Roberto Alagna. On ne peut que rester confondu que cette œuvre ne soit pas encore davantage connue, et il faut rendre hommage à l’Opéra Grand Avignon de l’avoir programmée cette année pour sa création scénique en France. Rappelons que <em>Le Dernier Jour d’un condamné</em> a été créé en 2007 en version de concert au Théâtre des Champs-Élysées, et que sa création scénique à l’Opéra de Debrecen, en Hongrie, date de 2009.</p>
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			La mise en scène de <strong>Nadine Duffaut</strong> est d’une intelligence et d’une lisibilité exemplaires, donnant à voir l’essentiel tout en laissant place à l’imaginaire et à la réflexion du spectateur. Point de querelle ici entre le choix d’une représentation « traditionnelle » et d’une relecture contemporaine : c’est la juxtaposition, et même, à la fin, l’interchangeabilité de l’ancien et du moderne qui prévaut, puisque la question de la peine de mort reste – hélas ! – d’actualité. Deux parties mobiles et pivotantes de la scène permettent de présenter la paille humide du sombre cachot du XIXe siècle où croupit le condamné, et la salle carrelée de blanc où attend une condamnée du XXIe siècle, dans le dénuement et la solitude. Plus tard, de rapides mouvements rotatifs permettent d’ouvrir la cour de la prison où les condamnés aux galères perdent leur identité pour devenir des forçats indifférenciés, sous la pluie et les quolibets des gardiens.</p>
<p>			Les décors d’<strong>Emmanuelle Favre</strong>, les costumes de <strong>Katia Duflot</strong> sont justes et sobres. Le texte adapté de Victor Hugo est distribué entre l’homme blanc et la femme noire, le premier plongé dans le noir, la seconde aveuglée par la lumière blanche, avec des effets subtils de clair-obscur à porter au crédit de <strong>Philippe Grosperrin</strong>. La fugace apparition de la mère, de la femme et de la fille du condamné font place, pendant l’intermezzo – d’une écriture exigeante et d’une grande richesse de coloris –, à la projection d’un film muet, tandis qu’à la fin, lorsque le condamné à la guillotine et la condamnée à l’injection létale échangent in extremis leurs places et leurs univers, les deux enfants, l’une noire, l’autre blanche, se jettent au pied de leur mère/père exécuté-e, dans un cercle lumineux. Belle idée aussi de faire prononcer les premières paroles, en texte parlé, de la condamnée, en américain (alors que l’ensemble du livret est en français) pour donner aux mots leur valeur d’actualité.</p>
<p>			Chacun des deux actes est précédé de l’intervention d’une oratrice, version féminine d’un Hugo rhéteur aux accents parfois emphatiques, accompagnée par l’éloquence d’un violon : <strong>Catherine Alcover</strong>, qu’accompagne à l’instrument Corinne Puel, commence à dire son texte au milieu du public, comme membre du peuple souverain, avant de réapparaître sur la scène, lieu de la médiation artistique (et de l’éducation esthétique), puis dans une loge du théâtre à l’italienne, lieu du pouvoir. En ces trois endroits résonnent le texte et la musique, à la manière de prologues monteverdiens, avant l’action dramatique.</p>
<p>			Sur scène, la présence de <strong>Roberto Alagna </strong>est intense, la voix semble plus que jamais puissante et débordante de lyrisme, la diction parfaite donne à la moindre syllabe une portée singulière. <strong>Adina Aaron</strong> est une partenaire idéale, avec un art consommé de la projection, des aigus radieux, une longueur de souffle mise au service d’une poésie poignante. À la densité de la composition orchestrale se joint l’art de la fusion du texte et de la musique – par exemple l’utilisation des sons mouillés (« réveiller », « tressaillir ») dans la mélodie, qui rappelle Massenet. Et il y a du Werther dans ce condamné.</p>
<p>			On ne peut tous les citer, mais l’ensemble des interprètes contribue au succès de cet opéra, depuis le juvénile friauche à la voix souple et sonore du baryton-basse <strong>Christian Helmer</strong> jusqu’au vieux prêtre interprété avec une sobre solennité par<strong> Jean-Marie Frémeau</strong>. Les Chœurs de l’Opéra Grand Avignon et de l’Opéra de Tours réunis donnent avec talent corps et voix aux foules (peuple, forçats, badauds), important contrepoint des figures solitaires des condamnés.</p>
<p><strong>Balàzs Kocsàr </strong>dirige avec passion cette musique aux accents parfois romantiques mais jamais complaisante, délibérément tonale mais usant aussi de dissonances, et l’Orchestre Régional Avignon-Provence fait entendre les gouffres qui s’ouvrent et les rayons d’espoir.</p>
<p>			C’est un triomphe pour l’ensemble des artistes, particulièrement pour le couple des condamnés, héros de cet opéra à deux voix qui leur ménage de beaux moments lyriques et à chacun un grand air, justement et chaleureusement applaudi. C’est enfin le triomphe des trois frères Alagna, car le librettiste, le compositeur et le chanteur, on le perçoit d’emblée, ont travaillé étroitement, de manière solidaire et proprement familiale, à l’équilibre du texte, de la musique et du chant lyrique. On ne peut que souhaiter à cette importante création contemporaine de connaître plus largement encore le succès qu’elle mérite incontestablement.<br />
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