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	<title>Alfredo CATALANI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alfredo CATALANI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>La Wally</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Oct 2016 05:44:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si La Wally est un opéra largement inconnu du grand public, sa musique l’est un peu moins grâce au « tube » de la partition « Ebben ? Ne andrò lontana », popularisé par le film Diva, et plus encore par son utilisation publicitaire. En dehors du présent enregistrement, la discographie se limite à plusieurs captations de Renata Tebaldi, de qualités diverses. En &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">Si <em>La Wally </em>est un opéra largement inconnu du grand public, sa musique l’est un peu moins grâce au « tube » de la partition « Ebben ? Ne andrò lontana », popularisé par le film <a href="https://www.youtube.com/watch?v=kFg-M6c5tU0"><em>Diva</em></a>, et plus encore par son <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JSSUjy8k1aY">utilisation publicitaire</a>. En dehors du présent enregistrement, la discographie se limite à plusieurs captations de Renata Tebaldi, de qualités diverses. En dépit des mérites de la partition, <a href="/la-wally-monte-carlo-eh-bien-nous-nous-en-irons-loin">les productions de l’ouvrage sont rares</a>, mais il faut reconnaître qu’il n’est jamais aisé de représenter sur scène une avalanche ou un sauvetage au fond d’un ravin. Pour résumer, Gellner (le baryton) est amoureux de Wally (la soprano), elle-même entichée d’Hagenbach (le ténor) que déteste Stromminger, son père (la basse). La basse veut marier le soprano au baryton, mais elle refuse : elle quitte la maison pour toujours (elle en profite pour chanter le « tube » précité pour clore l’acte I en beauté).  Un an plus tard, papa est mort et Wally est libre et riche. A la suite d’un pari idiot, Hagenbach arrache un baiser à la jeune fille. Quand celle-ci apprend que ce n’était qu’un jeu, elle enrage et demande à Gellner de tuer le jeune homme. Acte III : tout bien réfléchi, Wally ne veut plus supprimer celui dont elle est éprise, et dont elle pense qu’il en aime une autre, Afra. Trop tard : Gellner l’a déjà poussé au fond d’un ravin. Munie d’une corde, Wally va sauver elle-même Hagenbach et le laisse, inanimé, aux bons soins d’Afra. Au dernier acte, Hagenbach rejoint Wally dans la montagne pour lui déclarer son amour et les amants sont enfin réconciliés. Parti à la recherche d’un chemin sûr, il est emporté par une avalanche. Wally le rejoint en sautant dans le vide. L’intrigue est efficace à défaut d’être particulièrement originale et, en dépit des difficultés évoquées, l’ouvrage est plus facile à apprécier à la scène qu’avec le seul support audio. Les airs sont plutôt rares, Catalani optant le plus souvent pour une conversation musicale, s’inspirant du modèle wagnérien.</p>
<p style="font-size: 14px">Il faut deux voix pour chanter Wally. L’air précité exige plutôt un<em> lirico-spinto</em>, capable d’exprimer une mélancolie douce, une tristesse résignée, en abordant avec souplesse les sauts de registres, et en alternant les <em>forte </em>et les <em>piani</em>. Hariclea Darclée, la créatrice du rôle, fut d’ailleurs la première interprète de Tosca.<strong> Éva Marton </strong>a un peu de mal à plier son instrument à ces exigences, mais sait compenser par un travail intelligent sur l’interprétation. Toutefois, Wally, c’est aussi une femme de tête, capable de résister à un amoureux trop entreprenant ou de projeter la mort de son amant : là, le soprano dramatique est tout à fait à son aise, impressionnant, sans véhémence excessive (un défaut de ses <em>Tosca</em>) mais avec une froide passion. Le timbre est riche, typé, les aigus… énormes ! Le vibrato est généralement bien contrôlé. On n’attendait pas dans ce répertoire le soprano hongrois,  surtout connu pour ses interprétations wagnériennes ou straussiennes, mais Marton fait mieux que tirer son épingle du jeu et offre une interprétation convaincante de l’héroïne de Catalani, même si on peut regretter un certains manque d’italianité. Le rôle de Giuseppe Hagenbach réclame plutôt un <em>ténor spinto</em>, voire <em>dramático</em>. <em>Tenore di grazia</em> remarquable dans Mozart, <strong>Francisco Araiza</strong> est loin d’avoir l’ampleur vocale requise, et encore moins le style. Certes, toutes les notes sont émises, mais systématiquement <em>forte </em>ou <em>mezzo forte</em>, avec une projection uniforme, sans variations de couleurs, et avec des nasalités pas toujours agréables : on a  l’impression d’un rossinien survitaminé égaré hors de ses terres (dans les dernières années de sa carrière, le ténor mexicain infligera le même traitement à Alvaro dans <em>La Forza del destino</em>, à Don José dans <em>Carmen </em>ou encore à <em>Andrea Chénier</em>, sans que sa voix, d’une incroyable solidité, n’en pâtisse trop). <strong>Alan Titus</strong> est un Vincenzo Gellner un peu monolithique dramatiquement inquiétant, au chant efficace, et attentif à la couleur des mots. <strong>Francesco Ellero d&rsquo;Artegna </strong>grossit exagérément sa voix, dans une caricature de Boris Christoff. Dans le petit rôle d’Afra, qui a tout de même les honneurs d’un air, <strong>Birgit Calm </strong>est musicalement parfaite. Excellente contribution également de la part de<strong> </strong><strong>Julie Kaufmann</strong>, et on notera en messager le jeune <strong>Michele Pertusi</strong>.</p>
<p style="font-size: 14px">La direction de <strong>Pinchas Steinberg </strong>est efficace et professionnelle, mais n’évite pas quelques tunnels. Il y faudrait un James Levine. L&rsquo;orchestre de la Radio de Munich sonne un peu martial mais les chœurs sont irréprochables.</p>
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		<title>Les dix meilleurs opéras de la saison 2015-2016</title>
		<link>https://www.forumopera.com/les-dix-meilleurs-operas-de-la-saison-2015-2016/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jul 2016 05:04:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après un examen serré de la trentaine de spectacles auxquels, durant la saison 2015-2016, nos rédacteurs avaient attribué la note maximale de 4 coeurs, nous avons retenu les dix qui, selon nous, se détachait du peloton. Inventaire, par ordre chronologique de représentation, des dix meilleures productions de ces dix derniers mois (à l&#8217;exclusion des festivals). &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après un examen serré de la trentaine de spectacles auxquels, durant la saison 2015-2016, nos rédacteurs avaient attribué la note maximale de 4 coeurs, nous avons retenu les dix qui, selon nous, se détachait du peloton. Inventaire, par ordre chronologique de représentation, des dix meilleures productions de ces dix derniers mois (à l&rsquo;exclusion des festivals). </strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/penthesilea.jpg?itok=hy0XOq8t" style="width: 100px; height: 48px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="Penthesilea © Forster / La Monnaie – De Munt" /><strong>1. Pascal Dusapin, <em>Penthesilea</em></strong> (direction musicale : Franck Ollu, mise en scène : Pierre Audi, Opéra national du Rhin &#8211; septembre 2015)</p>
<p>Les Belges sont décidément très forts. Après nous avoir offert au printemps 2014 ce magnifique cadeau qu’était <em>Au monde</em>, de Philippe Boesmans, La Monnaie récidivait un an plus tard avec cette <em>Penthesilea</em> de Pascal Dusapin, coproduite par l’Opéra national du Rhin qui l&rsquo;a présentée en septembre 2015, en « création mondiale » bis. Et dans les deux cas, la réussite fut complète&#8230; (<a href="http://www.forumopera.com/penthesilea-strasbourg-beau-et-neuf-a-la-fois">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/r_devereux2971_0.jpg?itok=vLeUzZ8A" style="width: 100px; height: 71px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Roberto Devereux, Madrid © Javier del Real" /><strong>2. Gaetano Donizetti, <em>Roberto Devereux</em> </strong>(direction musicale : Bruno Campanella, mise en scène : Alessandro Talevi, Madrid &#8211; octobre 2015)</p>
<p>En octobre à Madrid, Mariella Devia faisait une entrée spectaculaire dans la production d’Alessandro Talevi, en provenance du Welsh National Opera, qui marquait sa prise de rôle scénique d&rsquo;Elisabetta aux côtés de Gregory Kunde en Roberto. Attentif aux chanteurs, Bruno Campanella construisait intelligemment une gradation dramatique culminant dans la grande scène finale&#8230; (<a href="http://www.forumopera.com/roberto-devereux-madrid-un-miracle-nomme-devia">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/leprophe_khp0544_0.jpg?itok=rPlS9CY3" style="width: 100px; height: 64px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Le Prophète, Karlsruhe © Matthias Baus" /><strong>3. Giacomo Meyerbeer, <em>Le Prophète</em> </strong>(direction musicale : Johannes Willig, mise en scène : Tobias Kratzer, Karlsruhe &#8211; octobre 2015)</p>
<p>Pour cet opéra rarement représenté, le jeune metteur en scène Tobias Kratzer avait choisi de transposer l’intrigue à l’époque moderne. La réussite de la soirée n’aurait pas été possible sans la direction précise et passionnée de Johannes Willig qui, à la tête d’une formation orchestrale de haut niveau, a su maintenir la tension tout au long de ces 3h15 de musique. Au rideau final, les artistes ont été salués par une ovation d’une douzaine de minutes, ce qui prouve que l’audace paie quand tous les artistes s’investissent à fond&#8230; (<a href="http://www.forumopera.com/le-prophete-karlsruhe-spectacle-total">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/pelleas_et_melisande-lso-barbican_hall-357_0.jpg?itok=vEoH3nY2" style="width: 100px; height: 76px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Pelléas et Mélisande, Londres © Barbican Center" /><strong>4. Claude Debussy, <em>Pelléas et Mélisande</em></strong> (direction musicale : Simon Rattle, mise en scène : Peter Sellars, Londres &#8211; janvier 2016)</p>
<p>Dans <em>Pelléas et Mélisande,</em> ce sont bien moins décors et accessoires qui font l’œuvre que les dédales symboliques et psychiques qu’ils évoquent et que les personnages semblent traverser comme des ombres. Aussi la proposition partagée par Peter Sellars, Simon Rattle et les chanteurs réunis à Londres a pu prendre tout son sens. Dérangeante, poignante, glaçante, cette lecture à fleur de peau a surtout été prodigieuse car de presque rien elle a fait un tout&#8230; (<a href="http://www.forumopera.com/pelleas-et-melisande-londres-le-corps-de-melisande">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/la6_0.jpg?itok=DeLCDbzl" style="width: 100px; height: 67px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="La Wally, Monte-Carlo © Alain Hanel" /><strong>5. Alfredo Catalani, <em>La Wally</em> </strong>(direction musicale : Maurizio Benini, mise en scène : Cesare Lievi, Monte-Carlo &#8211; janvier 2016)</p>
<p>Si Alfredo Catalani avait pu composer davantage, l’école italienne tenait un authentique maître, doté d’un prodigieux talent d’orchestrateur et d’un vigoureux sens du théâtre, auxquels a parfaitement rendu justice l’interprétation dynamique de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigé par un Maurizio Benini qui n’a pas hésité pas à déchaîner les forces de cette formation. On n&rsquo;a pu qu’adhérer à une mise en scène respectueuse du livret, non sans une pincée de second degré. Quant à la distribution, elle réunissait ce qu’on peut espérer de mieux aujourd’hui dans ce répertoire&#8230; (<a href="http://www.forumopera.com/la-wally-monte-carlo-eh-bien-nous-nous-en-irons-loin">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/orfeo3_0_0.jpg?itok=sL1IcVnW" style="width: 100px; height: 67px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Orfeo, Nancy © Opéra national de Lorraine" /><strong>6. Luigi Rossi, <em>Orfeo </em></strong>(direction musicale : Raphaël Pichon, mise en scène : Letske Mijnssen, Nancy &#8211; février 2016)</p>
<p>Alors que tant de spectacles hystériques et saturés de détails confisquent notre imagination, cet <em>Orfeo </em>de Rossi, mis en scène à <a href="http://www.forumopera.com/orfeo-nancy-les-gens-heureux-nont-pas-dhistoire">Nancy</a> puis <a href="http://www.forumopera.com/orfeo-versailles-lorfeo-ou-leuridice-de-rossi">Versailles</a> par Letske Mijnssen, a réussi à la stimuler tout en subtilité. C’est avec un même sens aigu du théâtre que Raphaël Pichon dirigeait chanteurs et instrumentistes et pétrissait cette matière inouïe, l’affinant jusqu’au murmure, jusqu’au silence, mais un silence chargé et infiniment suggestif. (<a href="http://www.forumopera.com/orfeo-versailles-lorfeo-ou-leuridice-de-rossi">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/stilles_meer-arnodeclair14_0.jpg?itok=ZQn4Fbwy" style="width: 100px; height: 60px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Stilles Meer, Hambourg © Arno Declair" /><strong>7. Toshio Hosokawa, <em>Stilles Meer</em> </strong>(direction musicale : Kent Nagano, mise en scène : Oriza Hirata, Hambourg &#8211; février 2016)</p>
<p>L’Opéra d’Etat de Hambourg  proposait en création mondiale en ce début d’année 2016 <em>Stilles Meer</em>, la quatrième œuvre lyrique du compositeur japonais Toshio Hosokawa, une œuvre très personnelle, intime et fascinante, magnifiée par la direction ductile de Kent Nagano, la direction d&rsquo;acteurs hypnotique de Oriza Hirata et une distribution dominée par Bejun Mehta et Mihoko Fujimura. (<a href="http://www.forumopera.com/stilles-meer-hambourg-calmes-cataclysmes">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/dongiovanni-93520_0.jpg?itok=VYNP7S8x" style="width: 100px; height: 69px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Don Giovanni, Nantes © Jef Rabillon" /><strong>8. Wolfgang Amadeus Mozart, <em>Don Giovanni</em></strong><em> </em>(direction musicale : Mark Shanahan, mise en scène : Moshe Patrice et Leiser Caurier, Nantes &#8211;  mars 2016)</p>
<p>Il y avait de l&rsquo;âpreté dans le traitement de ce <em>Don Giovanni</em> nantais et peu de complaisance en dépit de l&rsquo;exposition assez frontale des transgressions les plus abjectes. La modernisation de l&rsquo;oeuvre par Moshe Patrice et Leiser Caurier aurait pu rebuter mais elle était cohérente du début à la fin de l&rsquo;oeuvre et servait donc le propos. L&rsquo;Orchestre National des Pays de la Loire, sous la direction de Mark Shanahan se mettait avec précision au service du plateau et plus particulièrement de John Chest qui<strong> </strong>incarnait le rôle-titre avec un brio exceptionnel de fragilité et de puissance combinées. (<a href="http://www.forumopera.com/don-giovanni-nantes-sexe-drogue-et-serenade">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/hires-_silvia_lelli_6018_0.jpg?itok=AZeWNkHs" style="width: 100px; height: 67px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="West side Story, Salzbourg © Silvia Lelli" /><strong>9. Leonard Bernstein, <em>West Side Story</em> </strong>(direction musicale : Gustavo Dudamel, mise en scène : Philip William McKinley, Salzbourg &#8211;  mai 2016)</p>
<p>Directrice artistique du Festival de Pentecôte de Salzbourg depuis 2012, et confirmée jusqu’en 2021, Cecilia Bartoli a réalisé cette année un coup de maître. Pour cette édition autour du thème de Roméo et Juliette, <em>West Side Story</em> était certes un titre pertinent, mais bien loin du savoir-faire salzbourgeois et surtout des talents musicaux de la diva romaine qui approche la cinquantaine. Sur ce dernier point, la difficulté a été habilement détournée par le metteur en scène Philip William McKinley. Dans ce répertoire où on ne l’attendait pas, la surprise est venue de la charge émotive de son interprétation, d’une grande force et d’une grande justesse. Le choix de Gustavo Dudamel et de l’Orchestre Simón Bolívar a été un autre coup de génie. (<a href="http://www.forumopera.com/west-side-story-salzbourg-un-coup-de-maitre">lire le compte rendu</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_6721_medee_c_gilles_abegg_opera_de_dijon_0.jpg?itok=p8cXjedf" style="width: 100px; height: 67px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Médée © Opéra de Dijon - Gilles Abegg" /><strong>10. Luigi Cherubini, <em>Médée</em></strong><em> </em>(direction musicale : Nicolas Krüger, mise en scène : Jean-Yves Ruf, Dijon &#8211; mai 2016)</p>
<p>Une très grande Médée tant pour la réalisation dijonnaise du chef-d’œuvre de Cherubini, que pour l’interprétation de la magicienne matricide par une jeune cantatrice, Tineke van Ingelgem, dont c&rsquo;était le premier très grand rôle : une révélation. (<a href="http://www.forumopera.com/medee-dijon-une-tres-grande-medee">lire le compte rendu</a>)</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>CATALANI, La Wally — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-wally-monte-carlo-eh-bien-nous-nous-en-irons-loin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jan 2016 07:47:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La voilà, donc cette œuvre que Nicolas Joël avait décidé d’offrir au public parisien pour sa dernière saison mais que, fidèle à une pratique propre à tous les changements de règne, son successeur a préféré escamoter, remplaçant les représentations de La Wally prévues à l’automne 2014 par une série de Tosca supplémentaires. Choix cruel pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La voilà, donc cette œuvre que Nicolas Joël avait décidé d’offrir au public parisien pour sa dernière saison mais que, fidèle à une pratique propre à tous les changements de règne, son successeur a préféré escamoter, remplaçant les représentations de <em>La Wally </em>prévues à l’automne 2014 par une série de <em>Tosca</em> supplémentaires. Choix cruel pour Catalani, qui avait déjà eu à souffrir de la préférence de Ricordi qui, à l’aube des années 1890, misait tout sur son poulain Puccini, au détriment de ses rivaux potentiels. Le pauvre Catalani, tuberculeux, n’eut guère le temps de jouir du succès de son œuvre, puisqu’il mourut peu après. S’il avait pu composer davantage, l’école italienne tenait un authentique maître, doté d’un prodigieux talent d’orchestrateur et d’un vigoureux sens du théâtre, auxquels rend parfaitement justice l’interprétation dynamique de l’<strong>Orchestre philharmonique de Monte-Carlo </strong>dirigé par un <strong>Maurizio Benini</strong> qui n’hésite pas à déchaîner les forces de cette formation dans quelques moments impressionnants. <em>La Wally</em> donne fort envie de connaître la poignée d’autres opéras que Catalani avait eu le temps d’écrire, bien rarement joués à l’exception de <em>Lorelei</em>, et encore.</p>
<p>Cette <em>Wally</em>, nous en avons été frustrés à Paris ? Qu’à cela ne tienne. Comme le dirait l’héroïne dans l’unique air sur lequel repose encore aujourd’hui la célébrité de son auteur, « Eh bien ? Nous nous en irons loin… ». Loin, mais pas tout à fait à travers la neige blanche et les nuages d’or. En juin 2014, c’était à Genève qu’il fallait aller, et en ce mois de janvier, c’est à Monte-Carlo, dont l’Opéra avait coproduit le spectacle d’abord présenté aux spectateurs helvètes. On s’en souvient, Tobias Richter avait d’abord rêvé d’un plateau idéal réunissant <a href="http://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-et-krassimira-stoyanova-dans-la-wally">Krassimira Stoyanova et Gregory Kunde</a>, mais le sort en avait voulu autrement. A Monte-Carlo, ce ne sont pas non plus ces deux artistes qui sont présents, mais <em>La Wally</em> n’en est pas moins la grande gagnante de l’opération : confiée à des chanteurs de tout premier plan, cette œuvre s’impose comme un des chefs-d’œuvre du répertoire italien, sur le même plan que bien d’autres titres infiniment plus connus.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/la5.jpg?itok=ck0t8SCu" width="468" /><br />
	© Alain Hanel</p>
<p>Notre collègue <a href="http://www.forumopera.com/la-wally-geneve-du-bon-usage-des-chromos-tyroliens">Fabrice Malkani</a> avait dit tout le bien qu’il pensait de la production signée <strong>Cesare Lievi</strong>. Evidemment, on pourra toujours reprocher à <em>La Wally</em> de ne pas se prêter à une réflexion sur les fins dernières de l’humanité ou sur le devenir de notre planète. Une fois admis cela, on ne peut qu’adhérer à une mise en scène respectueuse du livret, non sans une pincée de second degré, secondé par les costumes on ne peut plus folkloriques d’<strong>Ezio</strong> <strong>Toffolutti</strong> et surtout par ses décors qui jouent le jeu de la toile peinte et du carton pâte sans y croire une seconde. On n’ira surtout pas chercher la moindre vraisemblance géographique dans ce cadre qui évolue à peine entre le ravin du troisième acte et la cime du quatrième, mais puisqu’il serait bien vain de vouloir recréer sur une scène de tels espaces naturels, autant opter pour le clin d’œil.</p>
<p>Quant à la distribution, elle réunit ce qu’on peut espérer de mieux aujourd’hui dans ce répertoire. Les qualités du <strong>Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo</strong> éclatent dans ses nombreuses interventions, et l’on aimerait que toutes les maisons d’opéra puissent s’appuyer sur une phalange d’une telle valeur. Même les rôles secondaires sont très bien tenus : aidé par la mise en scène qui étoffe son personnage, <strong>Bernard Imbert</strong> campe avec conviction le Messager, tandis que, comme en Vénus d’<em>Orphée aux enfers </em>à Nancy, <strong>Marie Kalinine</strong> est un luxe en Afra, cette rivale que la partition ne se donne guère le mal de développer. Aperçue ici et là dans divers rôles pas si petits que ça (Sandrina de <em>La finta giardiniera </em>à Rouen), <strong>Olivia Doray</strong> est exquise en Walter, et l’on songe à l’admirable Sophie de <em>Werther</em> qu’elle pourrait être. La basse coréenne <strong>In-Sung Sim</strong> possède les graves de Stromminger, père de l’héroïne, sans l’engorgement dont pâtissent parfois ses confrères ; habitué aux vieillards et aux prêtres, l’acteur est convaincant dans son incarnation, si brève soit-elle. <strong>Lucio Gallo</strong> délaisse pour une fois les méchants auxquels il est accoutumé, et fait preuve d’une belle sobriété dans son jeu ; la voix n’a plus tout à fait le brillant d’autrefois, mais cela ne messied à l’infortuné Gellner. Tout comme le timbre de <strong>Zoran Todorovich</strong> convient à l’antipathique Hagenbach : on ne saurait en tout cas reprocher au ténor un quelconque manque de vaillance, tant il semble se rire des difficultés d’une écriture constamment tendue qui explique peut-être pourquoi <em>La</em> <em>Wally</em> n’est pas plus souvent inscrite au programme des théâtres. <strong>Eva Maria Westbroek</strong>, enfin, continue d’alterner avec panache héroïnes wagnériennes et italiennes (mais après tout, Wally, alias Walburga Stromminger pour l’état-civil, la « fille aux vautours » imaginée par la romancière Wilhelmine von Hilllern, n’est-elle pas une Brünnhilde tyrolienne ?). Sur son visage comme dans sa voix passent toutes les nuances des sentiments du personnage, auquel elle confère une réelle grandeur tragique. Renata Tebaldi aurait-elle enfin trouvé une artiste apte à lui succéder dans un rôle qu’elle avait fait sien ?</p>
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		<title>Seize opéras à célébrer en 2016</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/seize-operas-a-celebrer-en-2016/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jan 2016 01:12:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’aube de cette nouvelle année, nous ajoutons à nos meilleurs vœux de santé et de prospérité, seize opéras à célébrer particulièrement en 2016 : 1 –Angelica, vincitrice di Alcina, opéra en trois actes de Johann Joseph Fux dont 2016 marquera le tricentenaire de la première représentation à Vienne sur le bassin de la villa impérial &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’aube de cette nouvelle année, nous ajoutons à nos meilleurs vœux de santé et de prospérité, seize opéras à célébrer particulièrement en 2016 :</p>
<p>1 –<em>Angelica, vincitrice di Alcina</em>, opéra en trois actes de Johann Joseph Fux dont 2016 marquera le tricentenaire de la première représentation à Vienne sur le bassin de la villa impérial « la Favorite » (rien à voir évidemment avec l’opéra de Donizetti).</p>
<p>2, 3, 4 et 5 – <em>Il barbiere du Siviglia</em> et <em>Otello</em> de Gioachino Rossini, <em>Undine</em> de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann ainsi que <em>Faust</em> de Louis Spohr qui, eux, souffleront leur 200 bougies.</p>
<p>6 – <em>Goyescas</em>, le dernier opéra d’Enrique Granados, et aussi le plus célèbre, qui aurait dû être monté à Paris mais, à cause de la guerre, fut créé à New York il y aura un siècle le 28 janvier. Son succès triomphal valut au compositeur une invitation à la Maison Blanche. Granados périt dans le naufrage du paquebot qui le ramenait en Espagne, coulé par un sous sous-marin allemand.   </p>
<p>7 – <em>Ariadne auf Naxos</em>, opéra de Richard Strauss, dont la création date de 1912 mais dont la version révisée, qui aujourd’hui prévaut sur les scènes, de 1916.</p>
<p>8 – <em>La Ginevra, infanta di Scozia</em>, un des onze opéras de Giovanni Battista Bassani dont on célèbrera en 2016 le bicentenaire de la mort</p>
<p>9 – <em>La Juive</em> de Fromental Halevy, qui occupera le haut de l’affiche au moins <a href="http://www.forumopera.com/breve/2016-annee-de-la-juive">quatre fois</a> dans les mois à venir, et notamment ce printemps à Lyon mis en scène par <strong>Olivier Py</strong> et cet été à Munich avec <strong>Roberto Alagna</strong> dans le rôle d’Eléazar.</p>
<p>10 – <em>Lohengrin </em>qui verra <strong>Anna Netrebko</strong>, du 19 au 29 mai à Dresde, interpréter pour la première fois un opéra de Richard Wagner.</p>
<p>11 – <em>Il trovatore</em> de Giuseppe Verdi qui, au cours du premier semestre 2016, sera représenté sur au moins 16 scènes différentes dont 13 fois à l’Opéra de Paris du 31 janvier au 15 mars.</p>
<p>12 – <em>La senna festeggiante</em> qui, à ce jour, est le seul opéra d’Antonio Vivaldi annoncé au programme en 2016, à Londres au Wigmore Hall le 3 mai.</p>
<p>13 – <em>La Wally</em> de Catalani universellement connu depuis que le grand air de son héroïne, « Ebben? Ne andró lontana » a servi de musique au film <em>Diva</em>, mais rarement représenté sauf à Monte-Carlo du 21 au 30 janvier.</p>
<p>14, 15, 16 – <em>Manon Lescaut</em> et <em>Tosca</em> de Giacomo Puccini ainsi que <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> de Richard Wagner parce que tout opéra dans lequel chante <strong>Jonas Kaufmann</strong> sera, cette année comme la précédente, incontournable (<a href="http://www.jonaskaufmann.com/en/5/schedule.html">plus d’informations</a>).</p>
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		<title>La Wally</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-wally-le-tyrol-ses-theatres-ses-yetis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2014 05:26:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On pourrait s’en étonner, mais il n’existait jusqu’ici aucun DVD de La Wally. Le chef-d’œuvre de Catalani est pourtant une œuvre admirable, une partition éminemment respectable dont on regrette qu’elle soit très rarement jouée en France (l’a-t-elle-même jamais été ?). A Genève, la saison dernière s’est achevée sur une série de représentations de cet opéra pré-puccinien, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On pourrait s’en étonner, mais il n’existait jusqu’ici aucun DVD de <em>La Wally</em>. Le chef-d’œuvre de Catalani est pourtant une œuvre admirable, une partition éminemment respectable dont on regrette qu’elle soit très rarement jouée en France (l’a-t-elle-même jamais été ?). A Genève, la saison dernière s’est achevée sur une série de représentations de cet opéra pré-puccinien, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Certes, on connaît depuis <em>Diva</em> le fameux air « Ebben, ne andrò lontana », que toutes les sopranos ont eu à cœur d’interpréter, mais même les intégrales de studio ne se bousculent pas : une version Tebaldi-Del Monaco (1969), et une gravure plus récente, avec Eva Marton et Francisco Araiza. Et il existe deux <em>live</em>, l’un avec Tebaldi déjà (1960), l’autre avec Magda Olivero (1972).</p>
<p>C’est d’Innsbruck que provient la captation aujourd’hui publiée par Capriccio, c’est-à-dire de la région même où se déroule l’action de <em>La Wally</em>. Bien sûr, les moyens dont dispose le Tiroler Landestheater ne sont pas comparables avec ceux des grandes scènes internationales : cela s’entend, on y reviendra, mais cela ne se voit pas. La production montée par <strong>Johannes Reitmeier</strong>, directeur de ladite institution surmonte habilement les obstacles liés au livret montagnard (le troisième acte se déroule en partie sur un glacier), avec l’aide d’un décor à transformation qui se métamorphose d’une scène à l’autre, jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il s’agit tout simplement d’une tournette dont le spectacle use et abuse en deuxième partie. Seule bizarrerie : la présence de quatre ou cinq figurants déguisés en yétis, ces esprits que l’héroïne croit voir dans son délire final, mais qui jouent ici les machinistes plus comiques qu’effrayants. Si les costumes de <strong>Michael D. Zimmermann </strong>jouent le jeu – paysannerie vers 1900 au premier acte, tenues traditionnelles pour la suite – le décor opte pour une stylisation quasi inévitable. Hélas, aucun des trois principaux protagonistes n’a exactement le physique de l’emploi, ce qu’on leur pardonnerait plus volontiers s’ils en avaient tout à fait la voix.</p>
<p><strong>Susanna von der Burg </strong>affronte crânement les exigences du rôle-titre. Habituée aux partitions sans pitié pour la voix – son répertoire inclut l’Abigaille de <em>Nabucco</em>, Senta ou Marie de <em>Wozzeck</em> –, cette soprano viennoise semble d’abord plus à l’aise dans le médium et dans le grave, avec un aigu moins généreux qu’on ne le voudrait, mais elle se chauffe au fil de la représentation et convainc en jeune sauvageonne en pantalon métamorphosée en riche propriétaire. Le ténor portugais <strong>Paulo Ferreira </strong>a sans doute beaucoup écouté Placido Domingo, dont il cherche à reproduire les accents fiévreux, mais l’imitation ne fonctionne que jusqu’à un certain point, car l’aigu a tendance à s’étrangler et les notes les plus hautes sont glapies plutôt que véritablement articulées. Son malheureux rival Gellner ne ressemble guère plus à un jeune premier, et <strong>Bernd Valentin </strong>connaît lui aussi des difficultés dans l’aigu, frôlant l’accident à plusieurs reprises. Autour d’eux, les personnages secondaires tirent plutôt bien leur épingle du jeu. Malgré un italien fort peu idiomatique, <strong>Susanne Langbein </strong>est un touchant Walter, auquel elle prête une voix d’enfant (la mise en scène se donne beaucoup de mal pour rendre moins nunuche ce jeune personnage travesti). <strong>Kristina Cosumano </strong>est très bien en Afra, et <strong>Marc Kugel </strong>fait valoir une belle voix de basse dans son rôle de père. L’orchestre et les chœurs dirigés par <strong>Alexander Rumpf</strong>, chef principal de la maison, font honneur au théâtre d’Innsbruck. Dommage que <em>La Wally</em> exige des chanteurs de tout premier plan pour s&rsquo;épanouir pleinement.</p>
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		<title>CATALANI, La Wally — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-wally-geneve-du-bon-usage-des-chromos-tyroliens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jun 2014 05:15:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rarement représenté, La Wally est le dernier opéra composé par Alfredo Catalani (1854-1893), contemporain de Puccini s’inscrivant dans ce moment de réception conjointe de Verdi et de Wagner où la richesse de l’héritage, si elle paralyse certains compositeurs, insuffle à d’autres une originalité créatrice. Catalani fait partie de ces derniers, et le spectacle donné au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	Rarement représenté, <em>La Wally</em> est le dernier opéra composé par Alfredo Catalani (1854-1893), contemporain de Puccini s’inscrivant dans ce moment de réception conjointe de Verdi et de Wagner où la richesse de l’héritage, si elle paralyse certains compositeurs, insuffle à d’autres une originalité créatrice. Catalani fait partie de ces derniers, et le spectacle donné au Grand-Théâtre de Genève ne se résume certainement pas à l’air « Ebben, …N&rsquo;andrò lontana » que le film <em>Diva </em>de Jean-Jacques Beineix a propulsé en 1981 au rang de tube, même si un frisson particulier saisit l’assistance lorsque l’air devenu quasi mythique (et initialement composé pour une <em>Chanson groenlandaise</em> sur un texte de Jules Verne) s’élève depuis la scène, merveilleusement servi par la sobre expressivité d’<strong>Ainhoa Arteta</strong>.</p>
<p>
	Ce que la mise en scène de <strong>Cesare Lievi</strong> autant que la direction musicale ont rendu évident, c’est le jeu de références et de parodie auquel se livre le compositeur à partir du livret commandé à Luigi Illica, l’un des librettistes de Puccini (<em>La Bohême, Manon Lescaut, Tosca</em>), d’après le roman de Wilhelmine von Hillern, <em>La Wally aux vautours</em>, lui-même inspiré d’un personnage réel. Aussi le décor de carton pâte et l’arrière-plan évoquant une reproduction géante de carte postale touristique, entre chromo naïf et publicité pour chocolat, même s’il suscite tout d’abord la stupéfaction (voire la consternation de certains spectateurs), sert admirablement la musique d’une intrigue qui voit la jeune Wally s’émanciper des règles étouffantes d’un village de chasseurs évoquant le <em>Freischütz</em> – costumes et scénographie sont à l’unisson. Les scènes de foule et de séduction rappellent l’impact de <em>Carmen</em>, les dialogues amoureux sont émaillés de réminiscences wagnériennes. Le décor ne devient plus dépouillé et plus symbolique qu’au dernier acte, lorsqu’à côté d’un bloc en forme de cercueil une langue de tissu blanc figure la neige d’un glacier dont la paroi fait apparaître une tête de mort.</p>
<p>
	La direction d’<strong>Evelino Pido</strong> tire de beaux effets expressifs de l’<strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong>, mettant en valeur les contrastes marqués et les couleurs de ce qui s’apparente, plus encore qu’à un poème symphonique, à une immense ballade, d’un romantisme proprement germanique, entre Lenore, la Lorelei et Ondine, comme une sorte d’expression musicale aboutie du démonisme.</p>
<p>
	Outre le superbe « Ebben, …N&rsquo;andrò lontana », quelques airs évoquent encore l’opéra à numéros, telle la « Chanson de l’Edelweiss », prestation réussie de la jeune soprano ukrainienne <strong>Ivanna Lesyk-Sadivska</strong>, vaillante du début à la fin. Mais l’ensemble est davantage <em>durchkomponiert</em>, ponctués par les rodomontades d’Hagenbach pour lequel <strong>Yonghoon Lee</strong> déploie des talents de Heldentenor parfaitement appropriés et particulièrement impressionnants. Au-delà du bien et du mal, Gellner, le rival malheureux d’Hagenbach, n’est musicalement pas caractérisé par la bassesse de son obstination contribuant à l’exil de Wally, mais par la sincérité de ses sentiments amoureux : <strong>Vitaliy Bilyy</strong> lui prête la chaleur de son timbre et la pureté de son émission. Bourru et borné en diable, le vieux Stromminger, père de Wally, est incarné par la basse roumaine <strong>Bálint Szabó</strong> avec beaucoup d’autorité et un certain panache, même si l’on attend ici plus de volume sonore.</p>
<p>	<img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/07_lawally_.jpg?itok=DInogIng" title="La Wally ©GTG Carole Parodi" width="468" /><br />
	La Wally © GTG Carole Parodi</p>
<p>
	La mezzo-soprano <strong>Ahlima Mhamdi</strong> n’a qu’un petit rôle, mais sa présence vocale et scénique rayonne en Afra, la fiancée d’Hagenbach et à ce titre rivale de Wally. Dans ce dernier rôle, la soprano basque Ainhoa Arteta déploie des trésors de nuances, avec une aisance confondante dans le registre le plus grave comme dans les notes les plus aiguës, pour interpréter de manière crédible et touchante les états d’âme successifs d’une femme libre, payant de son exil puis de sa mort sa volonté de liberté dans un monde d’hommes qui sont avant tout des chasseurs, mais qui est aussi capable de cruauté envers son amoureux éconduit, et animée par une jalousie féroce qui en fait la commanditaire d’un meurtre manqué.</p>
<p>
	Tous ces paradoxes, toutes ces contradictions humaines, trop humaines, qu’exprime également avec talent le <strong>Chœur du Grand-Théâtre de Genève</strong> dirigé par <strong>Ching-Lien Wu</strong>, se résorbent finalement dans le grand élan fusionnel et panthéiste du saut dans le ravin, ici seulement suggéré, d’une Wally rédimée par la nature toute-puissante &#8211; loin des chromos du début, dans le contraste saisissant du blanc et du noir.</p>
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