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	<title>Johann Hermann SCHEIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Johann Hermann SCHEIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>BACH, Cantates (Gardiner) &#8211; Leipzig</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-cantates-gardiner-leipzig/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">C&rsquo;est en apothéose que s&rsquo;est achevée la série de concerts du Top 50 des cantates de Bach du Bachfest de Leipzig. À </span><b>Sir John Eliot Gardiner</b><span style="font-weight: 400;"> revenait l&rsquo;honneur de diriger les partitions classées de la 12e à la 9e place, puis les quatre premières. En huit cantates, le maestro et son nouvel ensemble ont déployé toute l&rsquo;étendue de leur talent à travers des pages aux caractères extrêmement variés. Il est frappant de constater qu&rsquo;après des décennies passées au contact de ce répertoire, et parfois plusieurs enregistrements de certaines de ces œuvres, Gardiner parvient encore à se renouveler et à en proposer des lectures d&rsquo;une fraîcheur et d&rsquo;une inventivité remarquables.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En deux soirées à la Thomaskirche puis à la Nikolaikirche, le programme a offert un véritable tourbillon de sensations, de la plus pure dévotion (BWV 21) au spectaculaire (BWV 19). Les moments les plus intimistes ont également constitué de grandes réussites, comme dans la BWV 106 (</span><i><span style="font-weight: 400;">Actus Tragicus</span></i><span style="font-weight: 400;">), qui arrive largement en tête du Top 50, tandis que les deuxième et troisième places ont été attribuées, par comptage des voix, aux BWV 21 (« Ich hatte viel Bekümmernis ») et BWV 140 (« Wachet auf, ruft uns die Stimme »).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut dire qu&rsquo;avec les chanteurs du </span><b>Constellation Choir &amp; Orchestra</b><span style="font-weight: 400;">, Gardiner dispose d&rsquo;un instrument exceptionnel, capable de tout faire et de tout oser. Des envolées vers l&rsquo;aigu aux frottements harmoniques, des passages polyphoniques les plus élaborés aux moments où toutes les voix semblent se fondre en une seule, l&rsquo;ensemble impressionne par sa maîtrise et sa souplesse. Quant à la virtuosité dans la vocalise, il est difficile de trouver un chœur qui lui soit comparable parmi ceux entendus au cours de cette série du Top 50. Ce qu&rsquo;il réalise dans la BWV 4, que Gardiner choisit de lui confier intégralement sans faire appel aux solistes, est particulièrement remarquable. Il faut entendre ce « Den Tod niemand zwingen kunnt », adopté dans une lenteur hypnotique qui mettrait en difficulté les formations les plus aguerries. Pendant près de dix minutes, les sopranos et les altos du Constellation Choir, imperturbables – et quels trilles ! –, vous clouent littéralement à votre siège. L&rsquo;enchaînement avec un fulgurant « Jesus Christus, Gottes Sohn » produit alors un effet saisissant. Démarrée avec une Sinfonia d&rsquo;une intensité presque insoutenable, cette interprétation de « Christ lag in Todes Banden » constitue sans doute le sommet absolu de ce Top 50 leipzigois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Parmi les solistes, dont certains sont issus du chœur, plusieurs ont marqué les esprits. Le ténor </span><b>Jonathan Haley</b><span style="font-weight: 400;">, aux aigus sûrs et lumineux, a déployé de splendides arias dans les BWV 1 et 19, ainsi qu’un arioso particulièrement inspiré dans la BWV 106. </span><b>Lenneke Ruiten</b><span style="font-weight: 400;"> s’est distinguée par des vocalises assurées dans la BWV 1 et une pureté remarquable dans la BWV 19. La basse solo </span><b>Alex Ashworth</b><span style="font-weight: 400;"> a, quant à lui, inondé la BWV 56 – seule cantate pour voix seule de ces deux concerts – d’un legato et d’une profondeur impressionnants. Enfin, </span><b>Marie Luise Werneburg</b><span style="font-weight: 400;"> a offert un bouleversant « Seufzer, Tränen, Kummer, Not » dans la BWV 21, en duo avec le hautbois solo.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les instrumentistes de l’ensemble contribuent largement à la réussite globale du projet. On notera d’ailleurs que les spécificités instrumentales ne sont pas gommées, contrairement à ce que l’on a parfois entendu ces derniers jours : chez Gardiner, les cors sonnent avec une franchise remarquable (</span><b>Anneke Scott, Peter Moutoussis</b><span style="font-weight: 400;">), sans parler des trompettes et des timbales. L’orchestre, dirigé depuis le premier violon par </span><b>Alice Piérot</b><span style="font-weight: 400;">, superbe notamment dans le duo de la BWV 140, conserve une grande clarté d’ensemble. Omniprésent, le hautboïste </span><b>Michael Niesemann</b><span style="font-weight: 400;">, fidèle parmi les fidèles de Gardiner, se distingue par un sens du dialogue constamment attentif aux chanteurs. On saluera également la violoncelliste </span><b>Kinga Gáborjáni</b><span style="font-weight: 400;">, dont le jeu solide et souple constitue une base indispensable à l’équilibre de l’exécution.</span></p>
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		<title>SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par deux bijoux de Charpentier superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-les-arts-florissants-la-descente-dorphee-aux-enfers-thire/">deux bijoux de Charpentier</a> superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de <strong>William Christie</strong> » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la veille), la promenade dansée ou une énième visite des lieux avec l’un des jardiniers attitrés ou des férus de l’histoire des jardins (et de celui de William Christie en particulier). Nous optons pour l’un des jardiniers, incollable et passionnant. Excellente idée, puisque cette mise en jambes, en harmonie sonore (on ne se lasse pas des pigeons paons) et en odeurs délicates et raffinées (roses anciennes et fleurs aux senteurs caramélisées, entre autres) est particulièrement propice à se préparer pour les promenades musicales qui suivent. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7074-JGazeau-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-198438"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>On commence dans la pinède avec un programme articulé autour de la compositrice Anna Bon qui aimait se faire appeler « di Venezia », cycle présenté en français et en anglais par la claveciniste Marie Van Rhijn. La chanteuse et compositrice vénitienne avait été acceptée dans la célèbre institution de la Carità de Venise, où avait notamment officié Vivaldi. Elle était entrée dans l’institution destinée aux orphelines à l’âge de quatre ans, bien qu’elle ait des parents, eux-mêmes liés au monde de la musique. L’œuvre de la compositrice, devenue « virtuose en musique de chambre » à Bayreuth, est tout à fait digne d’être redécouvert. Une fois mariée, on perd sa trace… Autre promenade charmante, celle du petit bois d’Henry-Claude consacré à Héro et Léandre, où la mezzo <strong>Alice Gregorio</strong> nous propose un extrait d’une cantate de Clérambault sur les amours du couple racontés par Ovide. La jeune chanteuse, très élégante dans sa robe verte à la fois bucolique et recherchée témoigne d’une très grande autorité à la fois scénique et musicale. La diction est précise, le timbre pur. On apprécie l’impression de grande facilité et de naturel qui se dégage de la prestation conjointe de la mezzo et du trio instrumentiste qui l’accompagne. Toujours au même endroit, quelques minutes plus tard, c’est <em>a cappella</em> que la soprano <strong>Leïla Zlassi</strong> et ses compères les ténors <strong>Michel Loughlin Smith</strong> et <strong>Jean-Yves Ravoux,</strong> et la basse <strong>Sergio Ladu</strong> nous interprètent quelques chansons d’amour tout à fait délicieuses. En vêtements décontractés, le quatuor porte une déclinaison de couleurs en phase avec la petite clairière baignée de soleil jouant à travers les arbres. La beauté agreste de leurs atours se marie de façon idyllique avec les airs aux sous-entendus charmants qu’ils savent nous faire goûter merveilleusement. Le public est sous le charme, d’autant que la soprano n’hésite pas à compter fleurette ou à minauder au milieu des spectateurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7233-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198441"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Après le dîner, c’est le transfert, quelques kilomètres plus loin, vers la charmante église de Saint-Juire-Champgillon, puisque l’église de Thiré est encore en travaux. <strong>Paul Agnew</strong>, co-directeur du festival, montre une fois de plus ses talents de conteur et de pédagogue. Il parvient en quelques minutes à passionner son auditoire avec clarté et l’humour <em>so british</em> qui le caractérisent. Ce soir, il va diriger les artistes des Arts florissants, musiciens et chanteurs, dans une série de motets d’un contemporain et ami de Schütz, Johann Hermann Schein. Le compositeur allemand a d’ailleurs occupé des fonctions identiques à celle de Bach (Thomaskantor à l’église Saint-Thomas de Leipzig), mais un siècle plus tôt. Il semblerait qu’il ait passé toute sa vie en Allemagne, contrairement à Schütz qui avait complété sa formation à Venise. Sans doute l’expérience de ce dernier a-t-elle influencé le travail de Schein, qui compose en 1623 le recueil de motets <em>Israelis Brünnlein</em> « à la manière d’un madrigal italien », comme il l’écrit lui-même dans sa préface, sur un texte allemand. Comme le précise Paul Agnew, il s’agit là de motets luthériens illuminés du soleil de Venise dont il espère qu’un peu de ce soleil illuminera le concert. De fait, les onze chanteurs accompagnés à l’orgue et au violoncelle, sous la direction de Paul Agnew, donc, nous offrent une prestation remarquable. L’émotion qui s’en dégage colle au texte, tour à tour éclatant de joie ou désespérément sombre et douloureux, puis confiant dans l’amour de Dieu. On se laisse captiver par la virtuosité, la technique, la beauté de l’ensemble en totale fusion. Au terme du concert, le public exulte et c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue ces pièces rares données dans un style pur, lisse, voisin de la perfection.</p>
<p>La soirée se termine avec la traditionnelle « Méditation à l’aube de la nuit », conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil, avec pour consigne de ne pas applaudir au terme du concert, afin de mieux apprécier les derniers accords et les laisser infuser en nous. En nous présentant les jeunes instrumentalistes de la Juilliard School fraîchement arrivés à Thiré, il nous rappelle que pour ces New-yorkais interprètes de musique baroque qui doit leur sembler, dans le bunker urbain qui abrite la prestigieuse école, bien ancienne, le contraste de jouer cette musique dans des bâtiments médiévaux doit être un choc salutaire : la musique baroque, en contraste, n’en devient que plus moderne. C’est une expérience qui transforme les jeunes artistes et les marque à jamais. Las, le concert de ce soir est loin d’être parfait et l’on regrette de ne pas pouvoir rester à Thiré pour l’ensemble de la durée du festival (jusqu’au dimanche suivant) pour assister à d’autres concerts et constater les progrès que ces jeunes talents n’auront pas manqués de faire, sans doute en harmonie quasi aussi parfaite que celle que l’on a entendue au cours de l’ensemble de motets qui précédait. Il est déjà temps de quitter ces lieux et ce festival décidément enchanteur avec, comme chaque année, une envie : y revenir…</p>


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