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	<title>Andrew LLOYD WEBBER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Andrew LLOYD WEBBER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Sonya Yoncheva chante Noël &#8211; Versailles (Chapelle Royale)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sacrifier au récital d’airs de Noël relève presque du passage obligé, pour tout chanteur d’opéra ayant acquis une certaine renommée. Avec des résultats divers : il y a ceux qui agrémentent les grands classiques du genre d’une touche de couleur locale, comme Anne Sofie von Otter dans le très réussi « Home for Christmas », &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sacrifier au récital d’airs de Noël relève presque du passage obligé, pour tout chanteur d’opéra ayant acquis une certaine renommée. Avec des résultats divers : il y a ceux qui agrémentent les grands classiques du genre d’une touche de couleur locale, comme Anne Sofie von Otter dans le très réussi « Home for Christmas », ceux qui, comme Roberto Alagna ou Juan Diego Flórez, ajoutent à leurs programmes quelques compositions personnelles, et ceux, comme la très jazzy Renée Fleming, qui goûtent sans arrière-pensées aux délices du <em>cross-over. </em>Pour une soirée versaillaise captée par France Télévisions, <strong>Sonya Yoncheva</strong> trouve d’emblée, entre toutes ces propositions, un équilibre plutôt heureux. Solennité des lieux oblige, la première partie du concert fait honneur à des œuvres qui ne jurent pas sous la grande voûte de la Chapelle Royale. Un <em>Messie </em>de Haendel était encore donné en ces lieux la veille&nbsp;; «&nbsp;I Know that my Redeemer Liveth&nbsp;» offre à la soprano bulgare l’occasion d’une entrée en matière à la sobriété recueillie, et rappelle fort à propos que ses premières amours musicales, au tout début de sa carrière, furent baroques. L’opulence capiteuse du timbre, la puissance de la projection l’ont naturellement orientée vers les héroïnes romantiques, mais ce torrent vocal est d’emblée à sa place dans le langage haendelien, comme un grand voyageur retrouve avec plaisir sa terre natale. On change de monde, avec les parfums néo-gothiques du «&nbsp;Repentir&nbsp;» extrait de la <em>Messe solennelle de Sainte-Cécile </em>de Gounod, mais la ferveur de l’interprète reste la même, et c’est avec un lyrisme à peine plus débridé que se termine la première partie, sur deux notes véristes&nbsp;: le rare «&nbsp;Sogno d’or&nbsp;», mélodie écrite par Puccini en 1912 et qu’il reprendra, quelques années plus tard, dans <em>La Rondine</em>, et l’&nbsp;«&nbsp;Ave Maria&nbsp;» de <em>Cavalleria Rusticana</em> qui sonne, en cette soirée, plus recueilli qu’opératique. Auparavant, le très fameux «&nbsp;Intermezzo&nbsp;» issu de la même œuvre donnait le ton d’une interprétation éloignée de toute emphase, <strong>Stefan Plewniak</strong> choisissant d’embarquer ses musiciens de de l’Opéra Royal dans une lecture nerveuse, aux tempi vifs, aux nuances ciselées.</p>
<p>Après l’entracte, place à des pièces plus légères, encore que ce soit de nouveau une œuvre d’inspiration religieuse, certes signée par le compositeur de <em>musicals </em>Andrew Lloyd Webber, qui ouvre le bal. Pour ce <em>Pie Jesu</em> faisant dialoguer une soprano et une soprano enfant, Sonya Yoncheva est rejointe sur scène par<strong> Isaure Brunner</strong>, fille du directeur des lieux, qui montre déjà une maîtrise vocale et une projection prometteuses. On retrouve sans surprise, mais avec plaisir, le «&nbsp;White Christmas&nbsp;» d’Irving Berlin, dans une orchestration quelque peu sirupeuse, et le «&nbsp;Minuit Chrétien&nbsp;» d’Adam, où Yoncheva, en français et en anglais, s’éloigne habilement de toute tentation kitsch, préférant miser sans excès sur les diaprures naturelles de sa voix fauve. Un air du Honduras fait attendre encore un peu l’inévitable «&nbsp;Stille Nacht, heilige Nacht&nbsp;», avant des bis aussi attendus que jubilatoires&nbsp;: «&nbsp;l’Ave Maria&nbsp;» de Schubert, puis un «&nbsp;Petit Papa Noël&nbsp;» d’une candeur qui ferait pâlir Tino Rossi lui-même, avec reprise en chœur du refrain par le public. Incontestablement réussie, la soirée doit autant au charisme naturel de Sonya Yoncheva qu’à l’énergie de son accompagnateur&nbsp;: dès le «&nbsp;Joy to the World&nbsp;» introductif, Stefan Plewniak embarque avec énergie <strong>l’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra Royal</strong>, d’une parfaite intégrité musicale dans «&nbsp;For unto us a child is born&nbsp;», et rappelle, dans un brillant concerto de Corelli en duo avec son premier violon, quel soliste il est. En sortant de la Chapelle, le public a le sourire aux lèvres et ne se sent même pas gavé de sucrerie avant de partir à l’assaut des réveillons&nbsp;: le pari est tenu&nbsp;!</p>
<p>Programme à revoir sur <a href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-musique-classique/6757999-sonya-yoncheva-un-noel-a-versailles.html">le site de France Télévision</a></p>
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		<title>Concert Nathalie Stutzmann &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-nathalie-stutzmann-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jul 2024 07:41:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la troisième saison consécutive, le Festival de Bayreuth offrait un concert gratuit en plein air dans les jardins du Festspielhaus. Confié à la baguette de Nathalie Stutzmann, le programme nous convie à suivre les voyages de Richard Wagner et les compositions associées, qu&#8217;il s&#8217;agisse des siennes ou de celles d&#8217;autres compositeurs. Quatre chanteurs se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la troisième saison consécutive, le Festival de Bayreuth offrait un concert gratuit en plein air dans les jardins du Festspielhaus. Confié à la baguette de<strong> Nathalie Stutzmann,</strong> le programme nous convie à suivre les voyages de Richard Wagner et les compositions associées, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des siennes ou de celles d&rsquo;autres compositeurs. Quatre chanteurs se partagent le programme vocal : <strong>Catherine Foster</strong>, qui sera Brünnhilde cette saison, le ténor<strong> Tilmann Unger</strong> (qui assure les doublures de sa tessiture), le baryton <strong>Michael Kupfer-Radecky</strong> (Gunther dans le <em>Götterdämmerung</em>) et le baryton <strong>Birger Radde</strong> (Melot dans la nouvelle production de <em>Tristan und Isolde</em>).</p>
<p>Le concert est très correctement sonorisé et l&rsquo;espace public divisé en deux zones : une première, réduite, devant la scène (qui dispose d&rsquo;un écran), délimitée par une rangée d&rsquo;arbres ; une seconde, derrière cette rangée d&rsquo;arbres, plus étendue, d&rsquo;où l&rsquo;on ne peut suivre le concert que sur un autre écran. Toutes les générations sont représentées, ce qui atteste du succès populaire de l&rsquo;opération. Malheureusement, certains spectateurs ne sont pas foncièrement disciplinés (ce qui peut énerver l&rsquo;habitué des concerts) : ils se lèvent à tout moment, tiennent de longues conversation à voix haute au téléphone, parfois en mettant le haut-parleur parce que la musique les empêche d&rsquo;avoir une conversation tranquille. Des retardataires errent avec leur chaise au milieu de spectateurs installés avec leur pique-nique depuis deux heures&#8230; C&rsquo;est la loi de ce genre d&rsquo;événement. Sinon, la majorité des spectateurs est attentive et fait un excellent accueil aux artistes : Bizet, Boieldieu et Lloyd Webber triomphent de Wagner à l&rsquo;applaudimètre ! Cerise sur le gâteau, il fait beau et le sol est sec. La captation vidéo est d&rsquo;excellente qualité, alternant des plans de la chef, des chanteurs, des instrumentistes, et un drone filme le tout, donnant l&rsquo;image impressionnante d&rsquo;un long ruban étalé sur tout un côté de la «Colline sacrée » : quel dommage que tout ce travail ne soit pas disponible en retransmission ou en streaming.</p>
<p>La soirée débute par le célébrissime prélude de la <em>Suite pour violoncelle n°1</em> de Jean-Sébastien Bach (excellent soliste non crédité), ce dernier compositeur étant mort à Leipzig, ville où est né Richard Wagner (c&rsquo;est un peu tiré par les cheveux). L&rsquo;orchestre offre ensuite l&rsquo;<em>Ouverture pour Faust </em>en ré mineur, rare œuvre de jeunesse de Richard Wagner, composée entre 1839 et 1840, c&rsquo;est-à-dire quand il avait moins de 30 ans. Catherine Foster s&rsquo;essaie au «&nbsp; Dich, teure Halle » de <em>Tannhaüser</em>, mais la chanteuse est prise un peu à froid et son vibrato n&rsquo;est pas très régulier. Nathalie Stuzmann offre ensuite une interprétation absolument passionnée de l&rsquo;ouverture de <em>Rienzi</em>, un ouvrage qui devrait faire ses débuts au Festspielhaus en 2026 à l&rsquo;occasion du 150e anniversaire du festival. Rappelons en effet que Richard Wagner avait jugé ses trois premiers opéras (<em>Das Liebesverbot</em>, <em>Die Feen</em> et <em>Rienzi</em>) indignes du festival : néanmoins, pour le bicentenaire du compositeur, en 2013, les trois ouvrages y furent donnés (<em>Die Feen</em> en version concertante seulement), mais à l&rsquo;Oberfrankenhalle (qui accueille habituellement l&rsquo;équipe de basket locale) et avec les forces de l&rsquo;Opéra de Leipzig. Catherine Foster et Michael Kupfer-Radecky chantent ensuite le duo du <em>Fliegende Holländer</em>, « Wie aus der Ferne ». La voix du baryton est superbe (avec toutes les réserves que l&rsquo;on peut faire en raison de la sonorisation : nous n&rsquo;y reviendront pas) et laisse présager d&rsquo;un Gunther bien corsé. En revanche, Senta n&rsquo;est pas Brünnhilde, et Catherine Foster n&rsquo;en a pas vraiment la souplesse ni l&rsquo;aigu. Entendre l&rsquo;orchestre du Festspielhaus, à Bayreuth, jouer les ouvertures de <em>La Dame blanche</em> (un ouvrage que Wagner appréciait toutefois vivement) et de <em>Carmen</em> (que Nietzsche présentait comme un antidote aux langueurs wagnériennes) a un côté savoureux et quelque peu surréaliste : il ne manque plus que <em>La Muette de Portici</em> d&rsquo;Auber. Sous la baguette vivace de Stutzmann, la formation y est absolument impeccable, démontrant une légèreté, une &nbsp;souplesse et une vivacité qui ne sont pas souvent sollicitées dans son répertoire habituel. Birger Radde offre entre ces deux pages un « Ya vas lyublyu » de <em>La Dame de Pique&nbsp;</em>d&rsquo;une suprême élégance. Tilmann Unger chante ensuite un extrait du&nbsp;<em>Phantom of the Opera,</em> « The Music of the Night ». Le choix peut paraître étrange, mais il s&rsquo;agit ici de rendre hommage à Stephen Gould, <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-stephen-gould-1962-2023/">mort l&rsquo;année dernière</a>, qui commença sa carrière dans la comédie musicale avant de s&rsquo;orienter vers les rôles wagnériens, devenant l&rsquo;un des meilleurs <em>Heldentenors</em> bayeureuthiens de sa génération. La musique est accompagnées d&rsquo;émouvantes photos du ténor, depuis sa plus tendre enfance jusqu&rsquo;à ses dernières années. C&rsquo;est à ce type d&rsquo;hommages qu&rsquo;on reconnait les grandes maisons. Le scherzo de la Symphonie n°7 d&rsquo;Anton Bruckner offre une montée en tension impressionnante, nouveau témoignage de la versatilité de Stutzmann. Tilmann Unger et Birger Radde sont ensuite plus enthousiasmants dans leur duo de &nbsp;<em>Don Carlo,</em> « Dio, che nell’alma ». Catherine Foster retrouve la plénitude de ses moyens avec le <em>Liebestod</em> de <em>Tristan und Isolde</em> qui lui sied parfaitement. Franz Liszt, le beau-père de Richard Wagner et père de Cosima, a droit à une belle exécution du rare <em>Von der Wiege bis zum Grabe</em> (<i>Du berceau à la tombe) </i>page assez sombre avant que Tilmann Unger et Michael Kupfer-Radecky n&rsquo;offrent un « Blühenden Lebens labendes Blut » impressionnant. Enfin, la soirée se termine avec le prélude de <em>Parsifal</em> : là encore, on sent que Stutzmann aura des choses à nous dire dans cet ouvrage et la chef impressionne par la diversité des répertoires qu&rsquo;elle défend avec talent (il parait que l&rsquo;Opéra de Paris cherche un directeur musical).</p>
<p>La soirée de plus de deux heures est animée par Axel Brüggemann. Très à l&rsquo;aise avec le public, Brüggemann descend parmi les spectateurs s&rsquo;offrant, de ci de là, une bouchée ou une gorgée auprès des pique-niqueurs. Il expliquera les relations entre les pages choisies et le thème du voyage, les liens n&rsquo;étant pas toujours évidents. Il interviewera également les artistes, ce qui permettra à Nathalie Stutzmann d&rsquo;expliquer avec humour qu&rsquo;elle venait à Bayreuth pour tenter d&rsquo;effacer la honte du traitement subi par Wagner à Paris en 1861 à l&rsquo;occasion de la création locale de son <em>Tannhaüser</em>. Il comptera également quelques anecdotes, rappelant par exemple les souvenirs de Tchaikovski qui assista au premier festival en 1876 : « La petite ville n&rsquo;est pas capable de nourrir ses visiteurs. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai appris, dès les premiers jours de mon séjour le sens des mots <em>lutte pour sa survie</em>. On ne peut trouver un petit bout de pain ou une bière qu&rsquo;avec d&rsquo;immenses difficultés, au prix d&rsquo;une lutte terrible, d&rsquo;un rusé stratagème ou grâce à une patience de fer. Pendant toute la durée du festival, la nourriture constitue le principal centre d&rsquo;intérêt du public, l&rsquo;aspect artistique passant au second plan. Côtelettes, pommes de terre rôties, omelettes&#8230; sont des sujets de conversations plus vifs que ceux concernant la musique de Wagner ». Si la quantité est aujourd&rsquo;hui heureusement au rendez-vous, la qualité gastronomique n&rsquo;a pas beaucoup évolué depuis cette époque, et force est de constater que la saucisse reste le plat incontournable des entractes.</p>
<p>Le programme est redonné le 30 juillet.</p>
<p><strong>[AJOUT]</strong> Le 30 Juillet, Catherine Foster ayant renoncé à sa participation au concert, elle a été remplacée par Christina Nilsson pour Elisabeth de <em>Tannhaüser</em> et pour le reste par Brit-Tone Müllertz (actuellement Orlinde dans <em>Die</em> <em>Walküre</em>). Christina Nilsson est annoncée en Eva des Meistersinger la saison prochaine.</p>
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		<title>Musiques en Fête &#8211; Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/musiques-en-fete-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Musiques en Fête, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par Jean-Louis Grinda est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Musiques en Fête</em>, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par <strong>Jean-Louis Grinda</strong> est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les nombreux nouveaux talents mis sur le devant de la scène du Théâtre antique, le programme traditionnellement pluriel, a été recentré sur la voix et l’opéra avec des solos, duos, trios, quatuors et même un hilarant  septuor, allant du <em>Bel Canto</em> au répertoire dramatique, en passant par le Baroque. « Cette année, j’ai voulu renouveler les distributions avec de nouvelles voix que je suis allé chercher un peu partout et qui participent de l’espoir que l’opéra perdure en dépit de tous les Cassandre ! Et puis j’ai voulu en même temps renouveler le répertoire avec des œuvres que pour la plupart nous n’avons pas encore entendues à Musiques en Fête »<em>,</em> nous a confié <strong>Alain Duault, </strong>concepteur historique du programme.</p>
<p>Lundi soir, <em>Musiques en fêtes</em>, s’est donc décliné sur un air nouveau. La famille s’est enrichie de jeunes visages, et parmi ceux-ci, l’heureuse surprise de ce florilège vocal, la soprano d’origine éthiopienne <strong>Mariam Battistelli</strong>. Débordant d’énergie, facétieuse, elle reprend ici avec brio le rôle de Musetta qu&rsquo;elle avait déjà interprété à Monte Carlo en 2020. On peut aujourd&rsquo;hui mesurer tout le chemin parcouru par la jeune chanteuse depuis sa prestation monégasque. Son passage par l’Ecole de perfectionnement du Palais des Arts de la Reine Sofia, lui a été manifestement bénéfique.  Elle interprète Musette avec une facilité et une décontraction qui montre déjà tout du potentiel de la jeune soprano. Autre attraction vocale de la soirée, la mezzo-soprano <strong>Anna Goryachova</strong>, qui a fait sensation l&rsquo;année dernière en Roméo dans <em>I Capuletti et I Montecchi, </em>se lance ici dans le répertoire baroque avec « Venti, turbini, prestate » du <em>Rinaldo</em> de Haendel avec des moyens vocaux exceptionnels servis par un timbre à la fois sombre et moiré conférant à son interprétation profondeur couleurs, et expressivité. Elle cultive la virtuosité et un art consommé de l’ornementation qui révèlent une artiste de fière et belle allure. Autres nouvelles venues : <strong>Aurélie Jarjaye</strong> à la voix émouvante dotée d’un léger vibrato, touche au cœur dans « Memories » de <em>Cats</em> et <strong>Sandra Hammoui</strong>, au chant soigné et au timbre clair, mais qui ne possède pas tout à fait la légèreté et la dimension aérienne requises pour le « Ah non credea mirarti » de <em>La Somnambula</em>.</p>
<p>Coté masculin, le ténor <strong>Julien Henric </strong>a suscité le frisson dans l’air de Roméo « Lève-toi Soleil » servi par un timbre superbe, une voix homogène et assurée, un aigu percutant, avec une projection et une diction impeccables. Le ténor <strong>Diego Godoy</strong> impressionne par l’ampleur de ses moyens et son engagement dans « Di quella pira » de <em>Il Trovatore</em>. L’artiste ne manque pas d’ardeur et d’héroïsme, même si on s’attendrait toutefois, avec une telle puissance, à plus de nuances et davantage d’amplitude et de virtuosité. Il s’est en revanche montré beaucoup plus à son aise en  Duc de Mantoue, dont il a la brillance et l’assurance, motivé sans doute par sa partenaire (que de baisers dans ce duo !) <strong>Emy Gazeilles</strong>, Gilda au timbre clair et à luminosité  juvénile. Les ténors étaient d’ailleurs fort bien représentés dans cette soirée, puisqu’outre Julien Henric et Diego Godoy, <em>Musiques en fête </em>accueillait également <strong>Kaëlig Boché</strong> en Don José. Il n’a guère été aisé au jeune chanteur de trouver ses marques face à la Carmen stratosphérique de <strong>Marina Viotti</strong> dans le duo final de l’acte 1. Dans <em>La Fleur que tu m&rsquo;avais jetée</em>, au-delà de qualités évidentes de timbre et de ligne de chant, il a toutefois manqué puissance et charisme au jeune ténor pour être pleinement convaincant. Le rôle de Don José n&rsquo;est donc pas (encore) pour lui. En revanche, à ce stade, il ferait merveille dans Ferrando de<em> Cosi</em> <em>Fan tutte</em> dont il possède le phrasé, le timbre et les nuances piano. La basse <strong>Adrien Mathonat</strong> confère à l’air « O wie will ich triumphieren » de somptueuses couleurs vocales.  Sa descente vers les tréfonds abyssaux de sa tessiture pourrait toutefois être moins tendue et davantage audible, mais la voix convoque à l&rsquo;évidence l’émotion. Aucune basse française ne possède actuellement comme celle-ci une telle densité de timbre si caractéristique des chanteurs de l’Europe de l’Est.</p>
<p>Parmi les artistes davantage familiers de l’évènement, Le baryton-basse argentin <strong>Nahuel di Pierro</strong> s’est quant à lui distingué par la noblesse du grain profond d’une voix chaude, mais aussi une diction impeccable qui rendent son interprétation de « Vi ravviso, o luoghi ameni » de <em>La Somnambula</em> magistrale.</p>
<p>Outre les nouveaux visages, certaines voix de la grande famille de <em>Musiques en Fête</em> ont répondu présent, tel <strong>Florian Sempey</strong> superbe d’autorité et de présence dans « Estuans Interius », du <em>Carmina Burana</em> de Orff, <strong>Jerôme Boutillier</strong> égal à lui-même dans le Toast d’Escamillo qu’il habite comme à son habitude avec maestria, Côté féminin, les stars de la soirée, ont incontestablement été Marina Viotti et <strong>Catherine Hunold</strong>, venue en <em>invitée </em>de dernière minute. Sa participation à <em>Musiques en Fêtes</em> a permis de faire découvrir au public qu’elle n’est pas seulement wagnérienne, mais également une grande interprète dramatique capable de s’emparer avec brio de Macbeth ou Norma, dans laquelle elle a d&rsquo;ailleurs brillé en duo avec une Marina Viotti, superlative. Cette dernière a montré qu’elle était en effet capable d’épouser tous les répertoires avec une aisance déconcertante : de Bellini à Bizet en passant par une « Historia de un amor » d’Almaran, où elle se fond à la perfection dans le style andalou jouant de son timbre rond et corsé pour livrer une lecture éminemment sensuelle. Pour rester dans l’exceptionnel et le spectaculaire, il convient de mentionner le moment de bravoure et la pyrotechnie vocale de la soprano Catalane <strong>Sarah Blanch Freixes</strong> dans l’exubérant « Glitter and be gay » tiré de <em>Candide</em> de Berstein. La colorature virtuose est aussi une comédienne hors paire qui tient la scène en véritable show-woman, obligeant d&rsquo;ailleurs le caméraman à épouser son ballet de contorsions scéniques pour pouvoir la suivre ! Dans la même veine de l&rsquo;<em>entertainment</em> de haute volée, et complétant ce florilège vocal, la chanteuse <strong>Isabelle Georges</strong> s’est illustrée avec brio dans  « My heart belongs to Daddy » de Cole Porter. Portant haut la tradition du Music-Hall combinée à la maestria et l&rsquo;éclectisme de l&rsquo;entertainer à l&rsquo;Américaine, elle nous livre un numéro pétillant et plein d&rsquo;allant.</p>
<p>Pour accompagner ce parterre d’artistes, l’Orchestre national de Montpellier, le Chœur de Parme et le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo, avec la maîtrise de l’Opéra d’Avignon dirigés par les chefs <strong>Luciano Acoccella</strong> et <strong>Didier Benetti</strong> qui ont été rejoints cette années par la jeune cheffe <strong>Chloé Dufresne</strong> Révélations « chef d&rsquo;orchestre » aux Victoires de la musique et assistante de <strong>Gustavo Dudamel</strong> la direction musicale du Los Angeles Philharmonic. Mentionnons également le chœur d&rsquo;enfants de <em>Pop the Opera</em> dans un émouvant medley Disney.</p>
<p>Musiques en Fête nous a offert lundi soir une belle soirée lyrique, qui ne se perd pas sur des chemins de traverse. Renouant ainsi avec l’esprit de ses années fondatrices, cette treizième édition conçue comme une ode à la voix (et aussi à la joie) a su, sans nul doute,  capturer le regard et l&rsquo;intérêt tant du grand public que de l’amateur éclairé.</p>
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		<title>Si ça marche pour le Châtelet, ça peut marcher pour l&#8217;ENO</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/si-ca-marche-pour-le-chatelet-ca-peut-marcher-pour-leno/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2015 15:41:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;English National Opera a connu récemment une période de crise, financière et artistique. Réduction drastique de son budget, départ précipité de son directeur John Berry&#8230; L&#8217;institution londonienne semble à la recherche d&#8217;un nouveau souffle. Et ses responsables ont eu une idée, qui rappellera aux Français la recette employée par Jean-Luc Choplin au Châtelet : monter &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;English National Opera a connu récemment une période de crise, financière et artistique. Réduction drastique de son budget, départ précipité de son directeur John Berry&#8230; L&rsquo;institution londonienne semble à la recherche d&rsquo;un nouveau souffle. Et ses responsables ont eu une idée, qui rappellera aux Français la recette employée par Jean-Luc Choplin au Châtelet : monter des <em>musicals</em>, genre pour lequel il existe néanmoins une offre déjà abondante dans la capitale britannique. Après le succès remporté la saison dernière par Bryn Terfel et Emma Thompson dans <em>Sweeney Todd</em>, c&rsquo;est cette année <strong>Glenn Close</strong> qui incarnera Norma Desmond dans <em>Sunset Boulevard</em>, en avril prochain. 43 représentations de ce <em>musical</em> créé en 1993 sont prévues, 43 soirées pour lesquelles l&rsquo;ENO renoncera au principe de l&rsquo;alternance. Entre la dernière de <em>La</em> <em>Flûte enchantée</em> le 19 mars et la première de <em>Madame Butterfly</em> le 16 mai, cette production semi-scénique occupera exclusivement la salle du Coliseum, la musique de sir Andrew Lloyd Webber supplantant de façon temporaire celle Wagner (<em>Tristan</em> en juin) ou de Philip Glass (<em>Akhnaten </em>en mars).</p>
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		<title>LLOYD WEBBER, Love Never Dies — Londres (Adelphi Theatre)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-retour-du-fantome/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Oct 2010 21:49:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien de ce qui touche à l’opéra n’est étranger à notre revue. C’est pourquoi il nous a paru absolument indispensable de vous rendre compte d’un ouvrage qui n’aura certainement aucun retentissement planétaire mais qui a l’originalité de se présenter comme la suite du célébrissime Phantom of the Opera du même compositeur. Quelques mots sur ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rien de ce qui touche à l’opéra n’est étranger à notre revue. C’est pourquoi il nous a paru absolument indispensable de vous rendre compte d’un ouvrage qui n’aura certainement aucun retentissement planétaire mais qui a l’originalité de se présenter comme la suite du célébrissime <em>Phantom of the Opera</em> du même compositeur.</p>
<p>Quelques mots sur ce premier <em>Phantom</em>, créé en 1986 à Londres et en 1988 à Broadway. Auteur de shows à succès comme <em>Jesus-Christ Superstar, Evita</em> ou <em>Cats,</em> qui ont marqués l’histoire du genre, Lloyd Webber réalisait là un ouvrage de facture finalement beaucoup plus classique que ces réussites précédentes : une histoire romantique et romanesque à souhait (l’incontournable « amour impossible »), que tout le monde connait plus ou moins ; un livret découpé à la perfection et d’ailleurs très respectueux du roman original de Gaston Leroux; une musique que les grincheux qualifieront de « soupe » mais indéniablement efficace et séduisante, et d’une certaine exigence (l’ouvrage réclame d’ailleurs une technique vocale mixte entre l’opéra et la comédie musicale et comporte très peu de dialogues parlés); une dose d’humour, avec des pastiches d’opéras tout à fait roboratifs ; une production spectaculaire (1 )et  d’une certaine poésie. Le résultat ? <em>The</em> <em>Phantom of the Opera</em> a été donné dans près de 150 villes de 25 pays (mais pas en France (2)) et devant plus de 100 millions de spectateurs. C’est le plus grand succès commercial de toute l’histoire du musical, dépassant même les célébrissimes <em>Misérables</em> : ses recettes atteignent en effet des montants qui donneraient le vertige à Jérôme Kerviel lui-même : plus de 5 milliards de dollars.</p>
<p>Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que Sir Andrew n’a pas collectionné les succès après celui-ci. <em>Aspect of Love </em>(1989) tint 4 ans sur West End mais échoua à Broadway ; <em>Sunset Boulevard</em> (1993) attira les foules (notamment en affichant des grands noms : Patti LuPone à Londres et Glenn Close à New-York, cette dernière chantant d’ailleurs comme une casserole (3)) mais n’arriva jamais à couvrir ses coûts d’exploitation. Et qui se souvient de <em>Whistle Down the Wind</em> (1996), <em>The Beautiful Game</em> (2000) ou <em>The Woman in White</em> (2004) ? On comprend alors pourquoi Lloyd-Webber s’est attaché  à mener à bien cette resucée du <em>Phantom</em> qu’il entreprend dès la fin des années 90. La première ébauche d’intrigue, conçue par Frederick Forsyth (4), ne plait pas à Sir Andrew : l’auteur abandonnera là sa collaboration pour publier un <em>Phantom of Manhattan</em> sans grand retentissement. Sir Andrew s’attaque à nouveau au projet début 2006, entouré d’une batterie de scénaristes : le scénario se dessine, mais pas assez pour concrétiser un livret. Début 2007, il s’attache les services de <strong>Ben Elton</strong> pour mettre en œuvre ces grandes lignes tout en travaillant en parallèle sur la musique. Mais la première partition sera entièrement détruite par Otto … le chat du compositeur ! Après bien des vicissitudes, l’ouvrage est achevé et un « concept album » enregistré. Prévu pour ouvrir simultanément à Londres, New-York et Shangaï, <em>Love never dies</em>, après de multiples rebondissements, voit ses ambitions réduites et limitées à la seule scène anglaise où il ouvre le 9 mars 2010. L’accueil est partagé : la presse anglaise est extrêmement positive (mais quel crédit lui accorder ?) tandis que celle des États-Unis est sarcastique, le <em>Financial Times</em> titrant « <em>Paint never dries </em>(5) ». Le public est en revanche plutôt enthousiaste : il faut dire que Sir Andrew, sans vraiment se renouveler, a réussi à retrouver une imagination mélodique qu’il semblait avoir perdu. L’ouvrage contient de véritables tubes, comme « The Beauty Underneath », qui fait écho au premier duo Phantom / Christine de l’ouvrage original, ou « The Coney Island Waltz » aux couleurs mélancoliques. Mais c’est au niveau du scénario que le bât blesse.</p>
<p>L’intrigue se situe, théoriquement, 10 ans après les événements du premier opus ; Théoriquement car le premier ouvrage se termine en 1881 et que nous sommes en 1907 dans le second ! Les décors spectaculaire mais un peu tape-à-l’œil de <strong>Jerry Mitchell</strong> s’inspirent avec bonheur d’Alfons Mucha. Ramené aux Etats-Unis par Madame Giry et sa fille Meg, le Fantôme y a fait fortune en créant Phantasma, un parc d’attraction à Coney Island. Il y fabrique des automates et des trains… fantômes, tout en composant de la musique de bastringue pour que Meg puisse lever la jambe dans la revue du soir. Il n’a pas renoncé à l’amour de Christine Daé. Celle-ci s’est retirée de l’art lyrique après son mariage avec Raoul. Mais le vicomte de Chagny a perdu sa fortune au jeu à Monte-Carlo et a sombré dans la boisson. Recevant une proposition d’un montant pharaonique d’un certain Mr Y, Christine accepte de se rendre à Phantasma pour y chanter un air qui sera composé pour elle. Elle débarque à Coney Island avec son mari et son fils de 10 ans, Gustave. Elle ne tarde pas à découvrir que Mr Y n’est autre qu’Erik, le Fantôme dont elle est toujours amoureuse. De son côté, le Fantôme ne met pas beaucoup de temps à comprendre que Gustave est son fils et non celui de Raoul. Erik décide de laisser toute sa fortune à son fils, mais ses intentions sont surprises par Meg. Celle-ci est désormais folle de rage de voir ses sacrifices aussi mal récompensés.</p>
<p>A l’acte suivant, Raoul est parti se saouler dans un bar louche et Erik lui propose un marché qu’il accepte : si Christine refuse de chanter, Raoul repartira avec elle ; sinon, il repartira seul. Bien sûr, Christine chante, et avec succès, le morceau que le fantôme lui a dédié. Raoul rentre donc en France. Gustave disparait pendant le concert. C’est Meg qui l’a kidnappé dans le but de le noyer. Erik arrive à temps pour tenter de la dissuader. Meg révèle que le Fantôme doit sa réussite à ce qu’elle s’est prostituée auprès de diverses autorités locales pour permettre la construction du parc. En tentant de la désarmer, une balle part accidentellement et Christine est tuée. Gustave accepte Erik comme son père.</p>
<p>Comme on le voit, on aura rarement vu une intrigue aussi abracadabrantesque. Contrairement au <em>Phantom</em> original, aucun romantisme dans ce scénario que n’aurait jamais osé les pires romans feuilletons du XIXe siècle. Fort heureusement, la production de <strong>Jack O&rsquo;Brien</strong> est tellement bien menée qu’on ne se rend finalement compte qu’après coup de l’absurdité de tout ceci.</p>
<p>L’autre problème, c’est la distribution des parties musicales : Meg n’a le droit qu’à de la musique de cabaret ; le seul morceau notable de Christine est l’air que lui a composé le Fantôme (comme dans le premier ouvrage), mais sans la situation dramatique associée ; le meilleur moment est le duo « The Beauty Underneath » déjà cité, mais c’est un duo entre le Fantôme … et son fils, très étrange dramatiquement.</p>
<p>L’autre point fort du show réside dans une distribution sans faille, du moins le jour où nous étions présents car une alternance est mise en place. L’Erik de <strong>Tam Mutu</strong> est confondant d’aisance scénique et vocale. Seul reproche : il est trop jeune et trop sexy pour le personnage qu’il est sensé incarner. L’incroyable Gustave d’<strong>Harry Polden</strong> triomphe d’un rôle particulièrement difficile. <strong>Sierra Boggess</strong> dispose de suffisamment de moyens pour un rôle à mi-chemin entre l’opéra et le musical. <strong>Summer Strallen</strong> est, quant à elle, entre la meneuse de revue et la chanteuse de variétés, aussi à l’aise dans un cas que dans l’autre. La sonorisation est efficace, sans excès et l’orchestre mené avec enthousiasme par <strong>David Charles Abell.</strong></p>
<p>Faut-il alors aller voir ce nouveau <em>Phantom</em> ? Pourquoi pas, si vous aviez apprécié le premier et si, d’humeur indulgente, vous acceptez à l’avance de ne pas en retrouver toute la magie. Sinon …</p>
<p><strong> </strong></p>
<pre>1 On doit au metteur en scène Harold Prince quelques grands succès du « musical » : <em>Cabaret</em>, <em>Candide</em>, <em>Follies</em> ou encore <em>Evita</em>, mais aussi des productions lyriques comme un très émouvant <em>Faust</em> au Metropolitan dans les années 90. Toutefois, de même que le principal morceau du <em>Phantom</em> rappelle un peu trop un air de la <em>Fanciulla del West</em>, Prince n’a pas hésité à s’inspirer fortement de certaines scènes de la version muette jouée par Lon Chaney

Au tournant des années 80 – 90, l’Opéra-comique a accueilli un spectacle du même nom produit par Ken Hill et réutilisant des airs connus d’opéras célèbres sur lesquels un texte anglais avait été arrangé. C’était affligeant, mais cette adaptation ne s’en est pas moins donnée de par le monde, spéculant probablement sur la confusion du public avec l’ouvrage de Lloyd Webber

3 Patti LuPone, à qui ont avait promis Broadaway, fit un procès à Lloyd Webber, de même que Faye Dunaway, rejetée au motif qu’elle chantait encore plus mal que Glenn Close

4 Frederick Forsyth est l’auteur de nombreux romans à suspenses, dont, dans les années 70, le best-seller <em>Chacal</em> sur une tentative d’assassinat du général De Gaulle, porté à l’écran par Fred Zinnemann en 1973 puis par Michael Caton-Jones en 1997 

5 Littéralement « La peinture ne sèche jamais » : jeu de mots sur l’expression « I'd rather watch paint dry » (« Je préfèrerais encore regarder de la peinture sécher »), expression de l’ennui le plus profond.</pre>
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