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	<title>Hans ROTT - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Hans ROTT - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Nicht Wiedersehen : Récital Günther Groissböck, Malcolm Martineau &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nicht-wiedersehen-recital-gunther-groissbock-malcolm-martineau-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les vraies voix de basse sont assez rares, celles qui se consacrent au Lied le sont encore davantage. Or c’est le cas de Günther Groissböck, chanteur autrichien né en 1976, qui a fait ses classes auprès de Robert Holl et José van Dam avant d’apprendre le métier à l’opéra de Zurich. Il avait frappé le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les vraies voix de basse sont assez rares, celles qui se consacrent au Lied le sont encore davantage.</p>
<p>Or c’est le cas de <strong>Günther Groissböck</strong>, chanteur autrichien né en 1976, qui a fait ses classes auprès de Robert Holl et José van Dam avant d’apprendre le métier à l’opéra de Zurich. Il avait frappé le public du festival de Bayreuth en Gurnemanz en 2011, celui de Salzbourg en chantant le Baron Ochs en 2014, ou celui de la Scala de Milan en Zarastro ; pas mal pour des débuts !</p>
<p>Depuis lors, il poursuit une brillante carrière internationale, tout en réservant chaque année quelques soirées à des récitals de Lieder, un genre exigeant qui, en Autriche et dans le monde germanique en général, n’a rien perdu de ses lettres de noblesse, et est même souvent considéré comme la quintessence de l’art du chant.</p>
<p>Le disque qu’il a enregistré l’an dernier, dont le récital d’hier porte le titre, malgré un programme un peu plus large, n’avait pas échappé à la vigilance de ForumOpera suscitant <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/nicht-wiedersehen-groissbock-grand-format/">l’enthousiasme de notre confrère Thierry Verger</a>.</p>
<p>Le premier contact avec la voix est extrêmement favorable : Groissböck possède un instrument fabuleux, particulièrement bien timbré, brillant, très sonore, avec des couleurs cuivrées qui conviennent magnifiquement au répertoire épique et aux grandes partitions d’opéra, une voix terrible, de celles qui font peur aux enfants ! C’est justement dans la veine épique qu’il débute son récital avec quelques lieder de Schumann, parmi lesquels <em>Belsatzar</em> et surtout <em>Die beide Grenadiere</em>, brillamment rendus avec relief et un réel sens du récit. La diction est claire, le texte parfaitement articulé, Groissböck s’entend à travers son récit à créer des atmosphères, à construire le fil d’une narration et à le dérouler avec talent.</p>
<p>Le récital se poursuit avec trois lieder de Hans Rott, compositeur trop tôt réduit au silence par la maladie mentale et des délires de persécution, mort à 25 ans, camarade de classe de Gustav Mahler, qui puisa dans la première symphonie de Rott quelques éléments thématiques de ses propres symphonies <em>Titan</em> et <em>Résurection</em>. Les rares lieder de ce compositeur, une dizaine au total, restent largement à découvrir, et ce n’est pas le moindre mérite de Groissböck que d’en mettre quelques uns à son programme ; il nous tarde de découvrir les autres. Abordant une veine plus poétique (notamment avec le <em>Wandrers Nachtlied</em>), la voix montre cependant ses limites&nbsp;: encombré par la taille de son instrument, le chanteur peine un peu à renouveler sa palette de couleurs&nbsp;; l’allègement de la voix, la nuance piano, le ton de la confidence, le <em>parlando</em> qui sont autant de moyens expressifs à disposition des interprètes de lieder, font ici défaut, comme si le chanteur en avait peur&#8230;</p>
<p>Au piano, <strong>Malcolm Martineau</strong> relève les défis de virtuosité avec brio, mais sans réussir à susciter l’émotion cependant.</p>
<p>Les lieder de Bruckner, cinq partitions un peu perdues au sein d’une œuvre chorale importante, sont elles aussi des pages à découvrir, dans une veine lyrique un peu inattendue. La première partie du récital s’achève par les trois lieder d’Hugo Wolf sur des textes de Michel-Ange, pages sombres et introspectives, d’une amertume proche du désespoir, difficiles à défendre en concert. Toujours en contrôle, le chanteur peine à lâcher prise pour laisser entrevoir une part de lui-même.</p>
<p>Avec Strauss, qui ouvre la seconde partie, on aborde – en principe – le lyrisme pur. On admire toujours le très grand respect du texte, l’interprétation très contrôlée, une réelle sensibilité poétique, mais on se surprend à trouver la voix surdimensionnée, l’interprétation sur-investie, qui seraient plus appropriées pour un accompagnement avec orchestre. Ne serait-il pas temps de faire preuve d’un peu plus de naturel, d’un peu de spontanéité et d’explorer le sentiment d’intimité en complicité avec un pianiste qui semble prêt à tenter l’aventure ?</p>
<p>Le récital se termine par des extraits du <em>Knaben Wunderhorn</em> de Mahler, présentés quasiment enchaînés les uns aux autres, créant une magnifique tension dramatique, mais toujours en force. La concentration et l&rsquo;intensité dans l&rsquo;interprétation sont clairement les forces de ce chanteur, à un niveau impressionnant. Dès qu’il essaye une nuance piano, l’émission de la voix recule, elle perd de sa couleur, dévoilant une étrange vulnérabilité dont il n’a pas l’audace de faire une véritable force expressive.</p>
<p>Ce grand garçon sympathique à carrure d’athlète serait-il aussi un grand timide qui craint l’introspection&nbsp;?</p>
<p>Un seul bis viendra clore la soirée, <em>An die Musik</em>, chanté avec ferveur et sincérité.</p>
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		<title>Nicht Wiedersehen !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/nicht-wiedersehen-groissbock-grand-format/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un conseil d’ami : si, pendant les prochains congés de Noël, vous parvenez à vous accorder 62 minutes, alors installez-vous confortablement et savourez le dernier opus signé Günther Groissböck, intitulé Nicht Wiedersehen !, qu’il a enregistré en août dernier dans la Mozart-Saal de Salzbourg, en compagnie du fascinant Malcolm Martineau. Vous ne le regretterez pas ! Groissböck compose &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un conseil d’ami : si, pendant les prochains congés de Noël, vous parvenez à vous accorder 62 minutes, alors installez-vous confortablement et savourez le dernier opus signé <strong>Günther Groissböck</strong>, intitulé <em>Nicht Wiedersehen !</em>, qu’il a enregistré en août dernier dans la Mozart-Saal de Salzbourg, en compagnie du fascinant <strong>Malcolm Martineau</strong>. Vous ne le regretterez pas !</p>
<p>Groissböck compose un programme qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Saluons tout d’abord le choix des quinze pièces proposées : trois compositeurs et une alternance subtile de pièces connues et d’autres à (re-)découvrir. On commence par Richard Strauss, <em>Zueignung</em>, histoire d’appâter le chaland, suivi de <em>Allerseelen</em>, toujours extrait des <em>Acht Gedichte</em>, de la même veine, et puis on glisse vers des pièces moins populaires mais tellement saisissantes : <em>Das Thal</em> sur un texte de Ludwig UIhland, avec ses innombrables sauts de tonalités, où la profondeur du grave et son naturel font merveille (écouter la dernière strophe et l’admirable conclusion au piano). Dans <em>Der Einsame</em> (d’après Heine), la solitude est triste et l’abysse sous nos pieds ; Groissböck s’enfonce par les derniers mots (« uralte Nacht ») de façon spectaculaire dans l’immense profondeur de la nuit. Il sait aussi dépeindre la passion (<em>Heimliche Aufforderung</em>) avec une virilité qui affleure dans chaque vers.</p>
<p>Il y a aussi cinq lieder de Gustav Mahler, dont<em> Nicht Wiedersehn ! </em>qui donne son titre à l’album ainsi que des extraits du cycle du <em>Knaben Wunderhorn</em>. Ce sont de nouvelles occasions d’apprécier l’art du chant de Groissböck ; il démontre que l’on peut avoir une basse profonde et pourtant chantante. Et que le cantabile s’accommode tellement bien de la clé de fa, quand la lecture est aussi intelligente (<em>Zu Straβburg auf der Schanz’</em>)</p>
<p>Et puis, entre les sept pièces de Strauss et les cinq de Mahler, il y a la découverte magique de Hans Rott. Ses dates (1858-1884) disent assez la brièveté de sa carrière ; l’écoute des trois lieder proposés disent en revanche la fulgurance de son génie. Hans Rott, on l’imagine, a laissé peu d’œuvres, mais suffisamment pour qu’on puisse conjecturer sur la place qui aurait été la sienne dans le paysage musical, si la mort ne l’avait fauché si prématurément. Il fut rapidement oublié un bon siècle durant et sortit des ténèbres en 1989, lorsque sa symphonie en mi majeur fut créée par le Cincinnati Philharmonia Orchestra sous la direction de Gerhard Samuel, dans une édition interprétative préparée par Paul Banks.</p>
<p>Rott faisait partie d’un cercle viennois proche de Bruckner ; très vite malheureusement sa maladie psychiatrique se révéla, accentuée par ses déboires musicaux, notamment en 1880 lorsque Hans Richter refusa de diriger sa symphonie. Et puis, suite à un grave incident avec un passager dans un train, il fut arrêté et interné à Vienne : « folie hallucinatoire et délire de persécution » (il était persuadé que Johannes Brahms lui en voulait à mort). Il mourut, interné, de la tuberculose. « Ce que la musique a perdu avec sa mort, est incommensurable », commenta tout de même son ami Gustav Mahler. Dans les quelques œuvres qu’il a produites, le lied figure en bonne place mais avec seulement une petite dizaine de pièces achevées.<br />
	Il faudra absolument s’attarder sur les trois lieder proposés. <em>Der Sänger </em>(sur un poème de Goethe), encore empreint de classicisme viennois, avec un appareil pianistique conséquent, suit remarquablement l’évolution du récit de ce poème, qui est l’un des plus emblématiques de la littérature allemande. Le bref <em>Geistesgruβ </em>et plus encore le célèbre<em> Wandrers Nachtlied </em>nous plongent quant à eux dans le romantisme à la C.-D. Friedrich.</p>
<p>C’est toute une culture germanique que possède sur le bout des doigts Günther Groissböck. Viennois (il a débuté dans la troupe du Wiener Staatsoper en 2002, avant d’intégrer celle de l’opéra de Zurich, puis de voler de ses propres ailes), un vrai, en ce sens qu’il maîtrise parfaitement et le dialecte et le parler <em>wienerisch</em> que l’on a pu goûter, et comment, <a href="https://www.forumopera.com/der-rosenkavalier-berlin-staatsoper-vienne-sinvite-a-berlin">à Berlin en 2020</a>, et qui font de lui aujourd’hui un Baron von Ochs parmi les plus recherchés. </p>
<p>Dans un tout autre registre donc, il nous livre ici un opus majeur et qui restera.</p>
<p> </p>
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