Deux Roméo pour une Juliette

Gala Roméo et Juliette - Salzbourg

Par Jean Michel Pennetier | lun 16 Mai 2016 | Imprimer

Ce concert de gala autour de Roméo et Juliette devait clore en beauté le festival de Pentecôte. Malheureusement, il ne tient pas pleinement ses promesses, offrant un programme un peu peu paresseux et des performances mitigées. En Roméo de Gounod, Juan Diego Flórez offre un timbre ensoleillé et, dans l'acoustique favorable du Grosses Festspeilhaus, le chanteur n'a aucune peine à se faire entendre. Reste que la voix manque toujours de la largeur nécessaire pour rendre pleinement justice au rôle. Dramatiquement, il reste trop extérieur et semble s'écouter chanter. Après un air et un duo, le chanteur péruvien offre en bis deux chansons populaires en s'accompagnant lui-même à la guitare. Pour l'occasion, il tombe le noeud papillon : un geste sympathique après un long concert, mais un peu déplacé après un programme aussi maigre. Angela Gheorghiu connait sa Juliette sur le bout des cordes vocales et produit surtout du beau son, parfois au détriment de l'articulation du texte, difficile à comprendre. On est plus sceptique à l'écoute de la mélodie de Nino Rota, sans grand intérêt, et trop grave pour ses moyens. Quant au bis, Gianni Schicchi, on l'a malheureusement entendu trop souvent !  Benjamin Bernheim produit son effet dans le madrigal de Roméo aux côtés de Gheorghiu. Belle voix, magnifiquement articulée, très stylée, avec une bonne projection. Malheureusement, le timbre est un peu passe-partout. On est satisfait d'entendre le rare Romeo e Giulietta de Riccardo Zandonai, mais le chanteur est un peu au dessous des exigences du rôle qui demande un aigu plus vaillant.  Sa  « Donna è mobile » donnée en bis ne le met pas en valeur, avec pas mal de raucités et une certaine instabilité.

Entre ces courts extraits lyriques, le programme offre de larges extraits symphniques qui « plombent un peu l'ambiance ». Curieux choix que la suite symphonique de Roméo et Juliette de Prokofiev, alors que le ballet avait été donné dans son intégralité la veille. Marco Armiliato dirige avec efficacité mais sans grand génie des Wiener Symphoniker simplement corrects.

 

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