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	<title>Ligia Digital - label - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ligia Digital - label - Forum Opéra</title>
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		<title>MONDONVILLE &#8211; Daphnis et Alcimadure</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mondonville-daphnis-et-alcimadure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est au regretté Jean-Christophe Maillard qu’est due la redécouverte de la partition de Daphnis et Alcimadure. On ignore souvent que le champion de la musette de cour hérita de son père, le musicologue Jean Maillard, un goût immodéré pour la recherche. Roberte Machard y consacra sa thèse et présida à la publication, dès 1981, du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est au regretté Jean-Christophe Maillard qu’est due la redécouverte de la partition de <em>Daphnis et Alcimadure</em>. On ignore souvent que le champion de la musette de cour hérita de son père, le musicologue Jean Maillard, un goût immodéré pour la recherche. Roberte Machard y consacra sa thèse et présida à la publication, dès 1981, du fac-simile de la toute première édition, parisienne. Cette même année, Montpellier osait la recréation, soignée, mais musicalement datée, suivant celle de Roger Blanchard pour l’ORTF. &nbsp;Depuis, les noms des créateurs des personnages principaux (Jélyotte en Daphnis, Melle Fel chantant Alcimadure,) ont conduit certains de nos meilleurs chanteurs (1) à en illustrer quelques airs. L’ouvrage aurait dû renaître à Narbonne (ville natale de Mondonville) en 2020 dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier. Le Covid en eut raison. C’est donc à Montauban et à Toulouse que la résurrection eut lieu, deux ans plus tard. Le présent enregistrement en est le témoignage.</p>
<p>L’ouvrage, dédié à la Dauphine, fut donné en 1754 à Fontainebleau, en présence de Louis XV et de la Cour, un an après une autre pastorale, <em>Daphnis et Eglé</em>, de Rameau. La Fontaine (Livre XII, fable 24) conte l’intrigue dont le dénouement est modifié par Mondonville pour une fin heureuse, conforme aux attentes du public. Le berger Daphnis, est épris de la bergère Alcimadure, qui lui préfère sa liberté. Il tente de la séduire à l’occasion d’une fête paysanne. Pour éprouver le galant, le frère d’Alcimadure, Jeanet, joue au rival, déguisé en soldat. Daphnis et les chasseurs sauvent la jeune femme de l’agression d’un loup. Devant l’indifférence de façade de la belle, Daphnis «&nbsp;ne veut plus que la mort&nbsp;». Elle trahit alors son amour et l’union motive les réjouissances finales. Aimable pastorale dans un décor qu’on imagine de Watteau…</p>
<p>Si le genre est alors à la mode, c’est le premier ouvrage lyrique produit en languedocien (2). L’ Ancien régime cultivait ses provinces et leurs particularismes. Or, entre Bordeaux et Avignon, tous les chanteurs de l’Académie royale de musique convoqués pour la création parlaient l’occitan, langue chantante, méditerranéenne par excellence. De surcroît, pour colorer sa partition, Mondonville use de danses régionales et introduit délibérément un «&nbsp;air du pays&nbsp;» (<em>Poulido pastourélo</em>). La danse, en dehors des entrées, airs et pas traditionnels (3) sous-tend l’écriture&nbsp;: toujours on avance, avec de nombreuses reprises, qui impriment les mélodies dans la mémoire.</p>
<p>Un témoin du temps (ms. de Munich) écrit : «&nbsp;Les partisans de la musique française qui ne défendent plus le terrain qu’en se battant en retraite, s’applaudissent fort de l’opéra gascon, et les admirateurs de la musique italienne s’en réjouissent à leur tour. Les premiers parce que l’ouvrage est d’un patriote (sic.), et les autres parce qu’il se rapproche du goût italien&nbsp;». De fait la pastorale représente une synthèse harmonieuse des deux&nbsp;: une ouverture à l’italienne, mais un prologue comme l’exigeait la tradition versaillaise, des chœurs également importants, de nombreuses danses, une écriture vocale à mi-chemin des deux écoles.</p>
<p>A l’instigation de Clémence Isaure, personnage fictif, solidement installé dans l’imaginaire collectif, les Jeux floraux auraient été fondés ou restaurés au XIVe siècle pour maintenir le lyrisme courtois (4). Le prologue, intitulé « Les jeux floraux », se déroule dans ses jardins. Après une ouverture animée (allegro), délicate (larghetto) et réjouissante (presto), où flûtes et hautbois concertent en duo, les vers de Voisenon, de belle facture, introduisent l’ouvrage : « Pour que l’Amour soit aimable et charmant, il faut au sentiment joindre le badinage », ce que pratiquait l’abbé libertin.</p>
<p>Tout est danse, et les rythmiques les plus variées, les timbres des mélodies, mais aussi les couleurs instrumentales (le duo de bassons, en mineur, dès le prologue) sont propres à séduire le plus grand nombre. Les scènes sont brèves. Les airs, courts, avec reprises et da capo, parfois proches du récitatif accompagné s’enchaînent avec vivacité aux récits aussi comme aux choeurs. Les procédés d’écriture, avec le recours fréquent aux oppositions « majeur-mineur », sont simples et participent au tour populaire de l’ouvrage. C’est surtout à l’orchestre qu’il faut chercher un traitement réjouissant, où le renouvellement de l’instrumentation (flûtes [5], hautbois, bassons, cors – pour les chasseurs, à l’acte II –, trompettes et timbales), des métriques et des tempi varient les scènes. Les vents, abondamment sollicités, sont fréquemment mis en valeur. Peut-être l’enregistrement aurait-il pu souligner davantage leur caractère concertant, ponctuel.</p>
<p>Le sourire n’est pas exclusif de l’émotion, et là réside un des défis de la pastorale. Il est relevé par une distribution sans faiblesse. Daphnis, <strong>François-Nicolas Geslot</strong>, porte l’essentiel de la partition. Authentique ténor (haute-contre) à la française, il ne tombe pas dans le travers du gentil amoureux plaintif, efféminé. L’émission réjouit, égale dans tous les registres, avec de superbes aigus, des tenues soutenues à souhait. La tendresse n’est pas exempte de vigueur, dès le premier air où il chante son désespoir amoureux. L’ Alcimadure d’<strong>Elodie Fonnard</strong> n’est plus une oie. La voix est ductile, légère dans tout son ambitus, et se joue des traits (6). Son évolution est traduite avec art, de sa défiance de la gent masculine à l’amour auquel elle cède à la fin de l’ouvrage. Chacun de ses airs nous réjouit. Le duo des amants réunis, inséré dans une scène animée, avec chœurs et danses variées participe aux réjouissances finales.<strong> Fabien Hyon</strong>, Jeanet, organisateur de l’intrigue, pseudo soldat fanfaron, chasseur, pour le bien de sa sœur, sert son personnage avec art. La voix est bien timbrée, elle excelle dans le débit rapide (ainsi l’air où il vante l’engagement militaire), cependant, le rôle appelle peut-être un jeu plus proche du bouffe. Si elle n’intervient qu’au prologue, écrit en français, <strong>Hélène Le Corre</strong> nous vaut une belle Isaure&nbsp;: voix chaude, ronde, charnue, stylistiquement exemplaire, pour un exercice peu valorisant, quelque peu formel, dont elle se tire à son avantage.</p>
<p>Les chœurs, riches et abondants (la suite d’Isaure, les chasseurs, les bergers, les villageois), participent à l’action, intervenant durant les airs, à l’unisson ou en polyphonie : clairs, précis, équilibrés, ils n’appellent que des éloges. Le travail de <strong>Joël Suhubiette</strong> hisse <em>Les Eléments</em> au meilleur niveau. L’orchestre <em>Les Passions</em>, fondé par son chef, <strong>Jean-Marc Andrieu</strong>, il y a plus de trente ans, n’a qu’un défaut&nbsp;: l’absence de reconnaissance, car, ancré en région, avec conviction et ardeur, son écho ne semble parvenir à Paris que très amoindri. Tous les pupitres sonnent comme on les attend, à l’égal de ceux des formations renommées. Seul le continuo, appliqué, anémique, déçoit. Tout juste pourrait-on, ici et là, accuser les contrastes, accorder davantage d’importance à l’inégalité (7) et au rebond. Les flûtes (d’Allemagne, bien que le chef soit un virtuose de la flûte à bec) sont remarquables, à l’égal des hautbois et bassons. Les pages purement instrumentales (ouverture, airs, danses) n’ont pas à rougir de celles de Rameau. On sort réjoui de l’écoute&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;le petit dieu d’amour [qu’invoquait Daphnis dans son premier air] est un enchanteur&nbsp;».</p>
<p>L’ouvrage est plus qu’un aimable divertissement et une curiosité linguistique appartenant au patrimoine régional. Il soutient avantageusement la comparaison avec les nombreuses pastorales contemporaines. Les comédies-vaudevilles de Gluck, reprenant des livrets français de la Foire (à partir de 1757-58), adoptent le même style, à ceci près que les passages parlés vont conduire à la naissance de l’opéra-comique… Il ne reste plus qu’à souhaiter que <em>Daphnis et Alcimadure</em> retrouve enfin la scène.</p>
<p>La riche brochure d’accompagnement (100 p.) reproduit le texte de l’ouvrage, sa transcription moderne en occitan, et sa traduction française. Elle comporte en outre une introduction de Bernadette Lespinard, accompagnée d’une bibliographie. Enfin, Jean-Marc Andrieu précise ses sources et les critères retenus (parties, diapason, prononciation).</p>
<p>________________________</p>
<pre>(1) Françoise Masset, Carolyn Sampson, Reinoud Van Mechelen, Virginie Thomas).&nbsp;
(2) L’Avignonnais Jean-Joseph Mouret avait introduit le provençal dans une entrée des <em>Festes de Thalie</em> dès 1714.&nbsp;
(3) Loure, gigues, tambourins, menuet, contredanse…&nbsp;
(4) Ils furent dotés du statut d’Académie en 1694 par Louis XIV. 
(5) Pourquoi avoir substitué la flûte au hautbois dans l’air « Non. Ni los clarins » du II (Daphnis) ?
(6) Comme le temps le veut, le dessus chante « Gazouillez, petits oiseaux à l’ombre du feuillage » dès son entrée. Que d’oiseaux notre XVIIIe siècle n’a-t-il pas invités !
(7) En plusieurs endroits, Mondonville précise « notes égales »… sans que la distinction soit clairement perceptible.</pre>
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		<title>Natura amorosa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/natura-amorosa-luscignolo-la-gallina-il-cuculo-il-cigno-et-jean-tubery/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 04:36:36 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les trente ans de l&rsquo;ensemble <em>La fenice</em>, fêtés en 2020, se conjuguent maintenant au progressif retour à la liberté, au retour des beaux jours, et nous rappellent, outre bien des souvenirs personnels, l’extraordinaire et fructueux parcours de <strong>Jean Tubéry</strong>, le cornettiste et découvreur de tant de musiques. Plus de cent CD ont été enregistrés depuis 1990, couvrant pratiquement tous les domaines de la musique baroque du continent.</p>
<p>Comment trouver un meilleur choix pour saluer ce renouveau tant attendu que leur dernier enregistrement « Natura amorosa », sorti il y a quelques mois déjà ? <em>La fenice</em> visite ou revisite un répertoire parcourant la Renaissance et le premier baroque. La littérature musicale du temps abonde en évocations champêtres, où les chants d’oiseaux sont légion. Si la plupart des pièces retenues et organisées sont bien connues et souvent illustrées au disque, cette approche personnelle leur confère une nouvelle jeunesse, une fraîcheur réjouissantes. Non justifiée pour les chansons comme pour le répertoire de <em>frottoles</em> et de madrigaux, l’exécution<em> a cappella</em> des pièces vocales – héritage de la renaissance palestrinienne du XIXe siècle – engendre trop souvent une certaine monotonie, également contraire à leur esprit. Ici, l’écueil est surmonté magistralement. Ainsi, le célébrissime <em>Chant des oiseaux</em>, de Janequin, choisit-il la variété et le renouvellement des interprètes au fil des couplets. Cette approche, légitime, est ravissante. Le concert des oiseaux, vocal et instrumental, a-t-il été mieux illustré ? Les couleurs, les timbres de chacun des intervenants, y compris de la registration du positif, sont un constant bonheur. Le célèbre madrigal d’Arcadelt « Il bianco e dolce Cigno » supporte fort bien le même traitement. Avant que le rossignol de Jacob Van Eyck nous offre son chant varié – que l’on retrouve plus loin dans une transcription parisienne pour clavecin – la pièce mélancolique de Jean de Castro est d’un bel effet. Le mixage de chants d’oiseaux bien contemporains ajoute une note qui serait bienvenue si son usage n’était systématique. La séduction de « Dolcissimo uscignolo » de Monteverdi, paré de nouveaux atours, est incontestable. Les voix s’accordent idéalement, comme le concert instrumental qui les supplée.  Monteverdi sera illustré avec le même bonheur à quatre reprises, dont le <em>Zefiro torna (la ciacona) </em> sur lequel s’achève l’enregistrement. Des pièces vocales et instrumentales de figures moins connues (Riccio, Merula,Quagliati, Pesenti…) renouvellent le propos. On retiendra particulièrement la canzon <em>La gallina</em>, où le cornet s’en donne à cœur joie. Le rare Paolo Quagliati est remarquablement représenté par deux œuvres, dont le séduisant madrigal <em>Vedi l’Alba bella Clori</em>.  Le chant jubilatoire et virtuose de <strong>Fanie Antonelou</strong>, <strong>Saskia Salembier </strong>et de <strong>Nicolas Achten</strong> ainsi que de Jean Tubéry participe à la réussite. Vingt et une pièces variées à l’envi qui réjouissent, tant par leur choix que par leur réalisation, exemplaire. Le livret, richement illustré, comporte les textes et leur traduction française.</p>
<p> </p>
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		<title>Magnificat à la Chapelle Royale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/magnificat-a-la-chapelle-royale-blanchard-magnifie-pour-30-ans-de-passions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2016 07:22:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît la vocation des Passions, l’Orchestre baroque de Montauban : ils n’ont de cesse de défricher le répertoire, particulièrement celui des compositeurs méridionaux, avec le concours régulier du Chœur de chambre de Joël Suhubiette, Les Eléments, ou de celui du Capitole de Toulouse. Trentenaire oblige, fêté dignement, Les Passions nous proposent trois grands motets d’Antoine-Esprit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connaît la vocation des Passions, l’Orchestre baroque de Montauban : ils n’ont de cesse de défricher le répertoire, particulièrement celui des compositeurs méridionaux, avec le concours régulier du Chœur de chambre de<strong> Joël Suhubiette</strong>, Les Eléments, ou de celui du Capitole de Toulouse. Trentenaire oblige, fêté dignement, Les Passions nous proposent trois grands motets d’Antoine-Esprit Blanchard, dont deux gravés pour la première fois, réalisés <strong>Jean-Marc Andrieu</strong>, qui préside aux destinées de la formation qu’il a créée.  Enregistrés en public lors d’un mémorable concert du Festival de Radio France – Montpellier – Régions, Forum Opéra <a href="http://www.forumopera.com/breve/blanchard-sort-de-lombre-a-montpellier">en avait rendu compte</a>. Rappelons que Blanchard succéda à Bernier comme sous-maître de la Chapelle royale, et s’illustra avec Mondonville comme un des derniers représentants du grand motet versaillais après la mort de Delalande, Lalouette et Couperin.</p>
<p>L’orchestre est à quatre parties, qui se réduisent à deux violons et basse continue dans les passages les plus intimes. Richement coloré, il sonne de façon sensiblement différente de celui de ses prédécesseurs et contemporains de la Chapelle royale : Blanchard a intégré les pratiques en cours dans la sinfonie. Si les ritournelles des récits et des chœurs en rondeau sont d’un recours fréquent ,  le style dramatique de nombreux numéros, particulièrement dans le<em> In exitu Israel</em>, est du plus bel effet. A signaler l’écriture violonistique exigeante et raffinée. L’orchestre s’affranchit souvent de la doublure des chœurs. Aucun numéro ne laisse indifférent. S’il fallait n’en retenir que quelques-uns, ce seraient les chœurs ouvrant et concluant le <em>De profundis</em> , mais plus encore l’<em>In exitu Israel</em>, œuvre majeure par ses proportions, sa force et sa variété (le spectaculaire tremblement de terre du n°5, l’ample finale, puissant, d’une écriture admirable). Les chœurs, essentiels et nombreux, sont une parfaite réussite. Chacune des interventions est un régal, ponctuelle comme dans les numéros les plus développés. Les Eléments se situent au plus haut niveau, à l’égal des plus réputés. L’homogénéité des pupitres, la qualité d’émission, de projection, le modelé, l’articulation, tout est là. Les polyphonies sont d’un soin rare, toujours transparentes et lisibles, les chœurs homophones grandioses, bien projetés. <strong>Anne Magouët</strong> affectionne ce répertoire et son chant s’épanouit particulièrement au <em>De profundis</em> et dans le dernier motet. Une mention spéciale pour <strong>Cécile Dibon-Lafarge</strong>, que l’on découvre ce soir, issue du chœur : la voix est sonore, longue et séduisante. <strong>Nicolas Geslot</strong>, le haute-contre idéal du chant français, à la diction toujours très claire donne une belle leçon de style. Outre son timbre et son phrasé, on admire son aisance à passer sans la moindre défaillance d’un registre à l’autre. La qualité d’émission, le soutien de <strong>Bruno Boterf</strong> sont remarquables, tout comme son intelligibilité. Si <strong>Alain Buet</strong> ne se cantonne pas dans la musique baroque, il l’illustre avec talent. La direction de Jean-Marc Andrieu, très engagée, attentive, est remarquable à plus d’un titre. Elle excelle à modeler le son et les équilibres, à imposer les tempi appropriés, mais surtout à donner cet élan, cette énergie vitale qui font que toujours la musique avance, avec naturel. L’élégance, la force, la souplesse, la sensibilité sont au rendez-vous. Pour leurs trente ans, les Passions se hissent au plus haut niveau, parmi les formations baroques d’excellence. Le travail inlassable, humble et passionné que conduit Jean-Marc Andrieu, déjà porteur d’une riche production, connaît ici une véritable consécration.</p>
<p>Le riche livret bilingue (français – anglais), d’une  cinquantaine de pages, est introduit par une étude pertinente de Bernadette Lespinard, spécialiste de Blanchard, auquel elle a consacré sa thèse. Il comporte comme il se doit les textes chantés et leurs traductions dans les deux langues.</p>
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		<item>
		<title>King Arthur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mais-ou-est-donc-le-corps-du-roi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2014 13:10:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Un King Arthur de plus. Un Roi Arthur sans stars, mais un Roi Arthur enregistré par une vraie petite troupe, qui a donné l’œuvre plusieurs fois en version semi-scénique avant d’affronter l’épreuve du disque. Cela s’entend notamment dans l’interprétation très animée de « Your Hay It Is Mowed » au dernier acte, émaillée de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Un <em>King Arthur</em> de plus. Un <em>Roi Arthur</em> sans stars, mais un <em>Roi Arthur</em> enregistré par une vraie petite troupe, qui a donné l’œuvre plusieurs fois en version semi-scénique avant d’affronter l’épreuve du disque. Cela s’entend notamment dans l’interprétation très animée de « Your Hay It Is Mowed » au dernier acte, émaillée de force cris et grognements. Pourquoi pas, mais n’aurait-il pas été moins risqué de s’attaquer à un Purcell moins fréquenté ? Justement, <strong>Frédérique Chauvet</strong> dirigeait il y a peu la même équipe dans <em>The Indian Queen</em>, titre qui connaît en ce moment un regain d’intérêt (voir notre <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5978&amp;cntnt01returnid=34">brève</a>), mais qui ne compte pas autant de versions que <em>King Arthur</em>. Mais peut-être <strong>BarokOpera Amsterdam</strong> a-t-il justement souhaité aborder une œuvre bien connue, après s’être consacré à des raretés, enregistrées chez Arcobaleno alors que l’ensemble s’appelait encore « Il Teatro Musicale » : <em>Arion</em>, tragédie lyrique de Jean-Baptiste Matho (1714), et <em>Le 66</em> d’Offenbach, opérette de 1856, que l’on entendra le 2 février prochain à la Péniche-Opéra.</p>
<p>
			Quand nous disions « un <em>Roi Arthur</em> sans stars », il y en a quand même une dans ce disque, enfin, une ex-star des <em>nineties </em>: <strong>Derek Lee Ragin </strong>en personne. On se souvient que ce contre-ténor fut jadis incontournable dans Haendel (René Jacobs l’imposa dans <em>Flavio </em>et <em>Giulio Cesare</em>, John Eliot Gardiner dans <em>Agrippina </em>et <em>Saul</em>, Christophe Rousset dans <em>Scipione</em>, Marc Minkowski dans <em>Teseo</em>) et que sa voix fut mixée par les techniciens à celle de la soprano Ewa Malas-Godlewska pour fabriquer la voix de Farinelli dans le film du même nom. Même s’il est difficile de savoir exactement qui chante quoi (le livret d’accompagnement indique les noms des chanteurs par typologie vocale, sans préciser les « rôles » qu’ils interprètent, mais compte tenu de l’ordre non-alphabétique on peut supposer que le premier nom de chaque catégorie est le plus important), on reconnaît aussitôt le timbre un peu inconsistant et la diction extrêmement maniérée du contre-ténor américain. Si l’on suit cette règle, c’est à <strong>Wendy Roobol</strong> qu’il faut attribuer les interventions de la soprano soliste, et c’est elle dont la voix bien trop droite met régulièrement nos oreilles à l’épreuve. Ses aigus forte soigneusement dépourvus du moindre vibrato tournent au hululement dans la passacaille du quatrième acte, « No joys are above the pleasures of love ». Son « Fairest Isle » glacial et désincarné semble piaillé par une voix d’enfant. Pour l’air du Génie du froid, on a pris l’habitude d’entendre de véritables voix de basse : la présente version ne fait intervenir que des chanteurs qualifiés de « baryton ». Sans faute en revanche pour les ténors, aux voix agréables et bien timbrées. Voilà néanmoins un <em>Roi Arthur</em> qui, sur le plan vocal en tout cas, manque singulièrement de corps, malgré les belles sonorités déployées par les instrumentistes.</p>
<p>			Les Parisiens pourront en tout cas juger des mérites de ce <em>King Arthur</em> en direct, lors du passage de la troupe au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, du 7 au 12 février prochain. Les informations communiquées par cette salle laissent entendre qu’il y a réellement cinq « solistes », les autres chanteurs formant le chœur : le baryton Pieter Hendriks, le ténor Mattijs Hoogendijk, les sopranos Wendy Roobol, Mijke Sekhuis, et le contre-ténor Gunther Vandeven (Derek Lee Ragin ne sera apparemment pas de la fête).</p>
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