<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Malibran - label - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/label/malibran/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/label/malibran/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 Mar 2023 04:02:51 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Malibran - label - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/label/malibran/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>La troupe de l&#039;Opéra de Paris &#8211; Michel Sénéchal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-troupe-de-lopera-de-paris-michel-senechal-mon-dieu-cest-larithmetique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2019 07:54:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-troupe-de-lopera-de-paris-michel-senechal-mon-dieu-cest-larithmetique/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme le dit fort bien le préambule de notre Encyclopédie subjective du ténor, il y en a pour tous les goûts, des ténors : des barytonnants, des sans aigu, des grands, des petits… Et puis, comme nous le rappelions lors de son décès, il y a ceux qui, comme Michel Sénéchal semblent nés pour chanter les &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-troupe-de-lopera-de-paris-michel-senechal-mon-dieu-cest-larithmetique/"> <span class="screen-reader-text">La troupe de l&#039;Opéra de Paris &#8211; Michel Sénéchal</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-troupe-de-lopera-de-paris-michel-senechal-mon-dieu-cest-larithmetique/">La troupe de l&#039;Opéra de Paris &#8211; Michel Sénéchal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme le dit fort bien le préambule de notre <a href="https://www.forumopera.com/dossier/encyclopedie-subjective-du-tenor">Encyclopédie subjective du ténor</a>, il y en a pour tous les goûts, des ténors : des barytonnants, des sans aigu, des grands, des petits… Et puis, comme nous le rappelions <a href="https://www.forumopera.com/actu/michel-senechal-1927-2018-limmortelle-grenouille">lors de son décès</a>, il y a ceux qui, comme <strong>Michel Sénéchal</strong> semblent nés pour chanter les grenouilles, ainsi que quelques autres créatures étranges : les poètes asexués, les théières en porcelaine britannique, les petits vieillards qui débitent des problèmes de robinet, les assassins collectionneurs d’épouses… Si, à ces débuts, Michel Sénéchal trouva à s’employer comme ténor mozartien, s’il s’essaya dans le grand répertoire français, il devint très vite évident que sa nature le destinait à des personnages bien particuliers, à ces rôles qu’on dit « de caractère ».</p>
<p>En l’intégrant à sa série d’hommages à la défunte Troupe de l’Opéra de Paris, le label Malibran rend à Michel Sénéchal le meilleur des services possibles, puisque le programme de ce disque ne nous le montre, pour ainsi dire, que dans les rôles qui lui convenaient et dans lesquels son profil vocal serait encore apprécié : les haute-contre à la française, l’opéra-comique de Boieldieu jusqu’à Delibes, l’opérette, et ces œuvres de Ravel où il semble insurpassable, <em>L’Heure espagnole</em> où il est un Gonzalve suffocant de raffinement alambiqué, ainsi que la partition l’exige, et <em>L’Enfant et les sortilèges</em> où, non content d’être une terrifiante incarnation de l’Arithmétique, il est aussi la plus éloquente des Rainettes, et une parfaite théière en Wedgwood.</p>
<p>C’est par la reine des grenouilles, la nymphe Platée, que s’ouvre (chrono)logiquement ce parcours. En exhumant l’opéra bouffon de Rameau, le festival d’Aix-en-Provence révélait non seulement une œuvre, mais aussi un interprète. Evidemment, en 1956, la France était encore loin de la renaissance baroqueuse qu’elle allait connaître trois décennies plus tard, mais par bonheur, l’extrait choisi ici nous épargne les tempos d’escargot et les semelles de plomb que chaussent ailleurs les instrumentistes. <em>Zémire et Azor</em> va très bien à Michel Sénéchal, mais il faut s’attendre un Achille plus galant qu’héroïque dans <em>Iphigénie en Aulide</em>.</p>
<p>Pour Mozart, excellent choix aussi : non pas un improbable Tamino ou Ottavio en français, comme cela se faisait à l’époque, mais un Pedrillo en allemand. Double satisfaction, d’entendre le chanteur dans un rôle à son exacte mesure, et dans la version originale qui plus est.</p>
<p><em>La Dame blanche</em> et <em>Le Comte Ory</em> étaient deux piliers du répertoire de Michel Sénéchal, où il excelle par la qualité de sa diction et par l’ironie dont l’artiste était toujours capable. On regrette que <em>Si j’étais roi</em> et <em>Le Roi l’a dit</em> aient disparu des scènes depuis plusieurs dizaines d’années, car il y a fort à parier que leur redécouverte ravirait le public. Avec <a href="https://www.forumopera.com/cd/mireille-nayez-pas-peur">Vincent de <em>Mireille</em></a> et Wilhelm Meister de <em>Mignon</em>, Michel Sénéchal atteint en revanche ses limites car malgré tout son art, il n’avait pas la couleur souhaitée pour ces rôles. Autant le dire tout de suite, le bonus du disque, une cavatine de <em>Faust</em> enregistrée à 20 ans avec accompagnement de piano, nous montre le ténor sous un assez mauvais jour, avec une préciosité et une surarticulation totalement hors de propos. Tout aussi invraisemblable, Pinkerton, non pas à cause de la VF, mais tout simplement parce que l’interprète est à cent lieues de la voix du rôle.</p>
<p>Mais, on l’a dit, il y a Ravel ! Si la version de studio de <em>L’Enfant</em> dirigée par Lorin Maazel est bien connue, on prêtera une oreille attentive au <em>live</em> de <em>L’Heure espagnole</em> sous la baguette de Peter Maag, où ce Gonzalve d’anthologie exhale ses « Impressions d’hamadryade »…</p>
<p>Et même si l’opérette n’en vint que sur le tard à constituer l’ordinaire de Michel Sénéchal, on est bien aise de l’entendre en pleine possessions de ses moyens dans un <em>Barbe-Bleue</em> auquel il devait prêter cette truculence qui fit jusqu’au bout tout le sel de ses incarnations.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-troupe-de-lopera-de-paris-michel-senechal-mon-dieu-cest-larithmetique/">La troupe de l&#039;Opéra de Paris &#8211; Michel Sénéchal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Madame Favart</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 07:01:36 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au tout début du XXe siècle, le Rondeau des Vignes de Madame Favart était encore assez connu pour figurer dans un « Album Musica » consacré à Offenbach, aux côtés de la Lettre de la Périchole ou de la Barcarolle des Contes d’Hoffmann. En 1939, ce même air, « Ma mère aux vignes m’envoyit [sic] », fut encore jugé assez &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/"> <span class="screen-reader-text">Madame Favart</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/">Madame Favart</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au tout début du XX<sup>e</sup> siècle, le Rondeau des Vignes de <em>Madame Favart</em> était encore assez connu pour figurer dans un « Album Musica » consacré à Offenbach, aux côtés de la Lettre de la Périchole ou de la Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em>. En 1939, ce même air, « Ma mère aux vignes m’envoyit [sic] », fut encore jugé assez populaire pour qu’Yvonne Printemps le chante dans le film <em>La Valse de Paris</em>, où Pierre Fresnay lui donnait la réplique dans le rôle du compositeur. Après la guerre, on donna encore l’œuvre deux fois à la Radio : en 1953 (c’est la version que réédite aujoud’hui Malibran) et en 1960 avec notamment Suzanne Lafaye et Camille Maurane. On en vit même une représentation à la télévision française en 1957, préservée par l’INA. Impossible donc de conclure à l’oubli radical : cela pourrait-il s’expliquer, comme pour <em>La Fille du tambour-major</em>, par la présence d’un élément militaro-patriotique (le troisième acte se déroule sur le champ de bataille de Fontenoy, victoire française remportée en 1745) ?</p>
<p>Avec cette œuvre de 1878, on retrouve la bonne humeur souriante qui caractérise la plupart des œuvres d’Offenbach d’après la guerre franco-prussienne, sans rien – hélas pour notre époque friande de sarcasme – de l’ironie mordante de ses chefs-d’œuvre créés sous le Second Empire. Il faut pour la porter une interprète de premier plan. Justement, Juliette Simon-Gérard, après avoir créé à 19 ans le rôle de Justine Favart (elle venait de créer Serpolette des <em>Cloches de Corneville </em>l’année précédente), devait enchaîner l’année suivante avec la susdite<em> Fille du tambour-major</em>. A son époux, le ténor Simon-Max, était dévolu le rôle du jeune premier, Hector de Boispréau, un peu moins exigeant sur le plan théâtral. Celle qu’on appelle ici Madame Favart, actrice forcément hors pair, aurait selon le livret succédé à Adrienne Lecouvreur dans le cœur de Maurice de Saxe, avec cette différence qu’elle aurait, elle, repoussé ses avances.</p>
<p>Autant dire que le rôle-titre de <em>Madame Favart</em> ne saurait être confié qu’à une interprète des plus soides, possédant idéalement cette aura scénique qu’on imagine avoir été celle d’une Hortense Schneider. Même si son nom est sans doute bien oublié de la jeune génération, <strong>Fanély Revoil </strong>(1906-1999) fut de celles-là. Créatrice du rôle de Lucine dans <em>Le Testament de la tante Caroline</em> de Roussel, à l’affiche ces jours-ci au Théâtre de l’Athénée, elle se consacra presque exclusivement à l’opérette et à l’opéra-comique. Elle fut notamment Nicklausse dans l’intégrale des <em>Contes d’Hoffmann</em> dirigée en 1948 par André Cluytens. Et comme chacun de ses enregistrements permet de le vérifier, Fanély Revoil était une « nature », un tempérament né pour le théâtre. Son interprétation du fameux Rondeau susmentionné ferait passer Yvonne Printemps pour une timide débutante, en comparaison. Tous ses airs et toutes ses interventions dans les dialogues parlés sont autant de leçons d’interprétation. Dommage simplement que la qualité sonore de cette diffusion radio ne soit pas toujours aussi limpide qu’on le souhaiterait.</p>
<p>Autour de l’héroïne, la RTF avait réuni du très beau linge, familier de ce style. On ne présente plus <strong>Michel Dens</strong>, aussi à l’aise dans le grand répertoire d’opéra que dans les œuvres plus frivoles. Son Favart a toutes les qualités requises, qu’il déploie dans les charmantes pages qu’Offenbach offre au personnage. <strong>Liliane Berton</strong> fut la plus délicieuse des sopranos légers de son temps, qui ne chercha jamais à s’aventurer au-delà des emplois que son organe lui destinait : elle est naturellement exquise en Suzanne. <strong>René Lenoty</strong> n’était probablement pas le plus suave des ténors de l’après-guerre, mais cette tessiture est toujours un peu le parent pauvre de ces concerts d’opérette, et il faut s’estimer heureux d’échapper à l’inévitable Joseph Peyron, Hector de la version de 1960. Et on ne saurait oublier les seconds rôles, campés par des personnalités hautes en couleur : on salue l’excellent <strong>René Hérent</strong>, inénarrable en marquis de Pontsablé, tout comme il excellait en Guillot de Morfontaine dans la <em>Manon</em> enregistrée en 1955 par Victoria de Los Angeles (il tenait le rôle Salle Favart depuis 1918 !). Gilbert Moryn a moins à chanter mais est un Cotignac savoureux.</p>
<p>En complément de programme, un hommage supplémentaire à Fanély Revoil, à travers une quinzaine d’airs, d’opérette surtout, avec des tubes (deux extraits de <em>La Périchole</em>), mais avec surtout des titres que l’on aimerait voir revenir sur les scènes, comme <em>Le Cœur et la main</em> de Lecoq, <em>La Petite Fonctionnaire</em> de Messager, <em>Fragonard</em> de Pierné ou <em>Virginie Déjazet de </em>Georges Van Paris.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/">Madame Favart</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#039;Opéra sous l&#039;occupation</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopera-sous-loccupation-cest-reparti-comme-en-1940/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2019 05:43:33 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopera-sous-loccupation-cest-reparti-comme-en-1940/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Donner à entendre, en deux disques, un échantillon de ce que fut la vie lyrique en France sous l’Occupation, voilà ce que propose le label Malibran avec le coffret L’Opéra sous l’Occupation. Le titre est en effet un peu réducteur, puisque l’on trouvera ici bien davantage qu’un écho de la programmation du Palais Garnier : ces &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopera-sous-loccupation-cest-reparti-comme-en-1940/"> <span class="screen-reader-text">L&#039;Opéra sous l&#039;occupation</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopera-sous-loccupation-cest-reparti-comme-en-1940/">L&#039;Opéra sous l&#039;occupation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Donner à entendre, en deux disques, un échantillon de ce que fut la vie lyrique en France sous l’Occupation, voilà ce que propose le label Malibran avec le coffret <em>L’Opéra sous l’Occupation</em>. Le titre est en effet un peu réducteur, puisque l’on trouvera ici bien davantage qu’un écho de la programmation du Palais Garnier : ces 36 plages reflètent aussi les représentations données à l’Opéra-Comique, les spectacles d’opérette, le répertoire des concerts, la mélodie, et jusqu’au dernier cri en matière de création musicale. Et bien sûr, il s’agit uniquement d’enregistrements d’époque : la qualité sonore n’est pas toujours irréprochable, et des gravures postérieures offriront un tout autre confort acoustique, mais la valeur de document est ici irremplaçable. Certains titres font désormais figure de classiques absolus (« Les Chemins de l’amour » par <strong>Yvonne Printemps</strong>), de références en termes d’interprétation (les Poulenc par Bernac), mais le mélomane trouvera ici bien des gravures quasi inconnues d’œuvres essentielles, ou découvrira des partitions tombées dans un oubli quasi-total.</p>
<p>Parmi les créations lyriques effectuées à Paris sous l’occupation allemande et aujourd’hui disparues des mémoires figure ainsi la <em>Ginevra</em> de Marcel Delannoy, montée Salle Favart en 1942. <em>Le Bourgeois de Falaise</em>, opéra-bouffe de Maurice Thiriet d’après une pièce de Regnard, avait été créé en 1937 mais c’est l’une des œuvres « contemporaines » dont <strong>Roger Désormière</strong> enregistra des extraits en 1943, et on peut le comprendre à en juger par l’air reproduit ici. Le cycle de mélodies avec orchestre de Gustave Samazeuilh, <em>Le Cercle des heures</em>, datait de 1933 mais appartenait lui aussi au domaine de la musique récente (à défaut d’être moderne, car cette superbe partition aurait pu être écrite deux décennies plus tôt). La modernité, on la trouvera bien plutôt dans <em>La Danse des morts</em>, une œuvre d’Honegger un peu délaissée mais qui mériterait de reprendre le chemin des salles des concerts, et surtout dans les <em>Trois Petites Liturgies de la présence divine</em> d’Olivier Messiaen, créées le 21 avril 1945. Les <em>Trois Complaites du soldat</em> d’André Jolivet furent, comme les nouveautés de Poulenc, créées par <strong>Pierre Bernac</strong>, dont la voix, bien vaillante en 1943 pour les Jolivet, paraît curieusement moins timbrée dans les deux mélodies où il est accompagné au piano par Poulenc lui-même (peut-être à une date bien postérieure à la fin de la guerre ?).</p>
<p>Un peu plus ancien était l’opéra <em>La Tour de feu</em>, de Sylvio Lazzari, repris en 1944 à l’occasion de la mort du compositeur. Mais sous l’Occupation, <em>Pelléas </em>n’avait même pas encore atteint le demi-siècle. En réaliser la première intégrale discographique – en vingt 78 tours – relevait à la fois du pari le plus fou sur le plan matériel (faute de cire en quantité suffisante, il fallait se contenter d’un nombre limité de prises) et du défi symbolique puisqu’il s’agissait d’un opéra typiquement français. L’Opéra-Comique ne présentait pas alors seulement des œuvres du même genre, et la direction du théâtre voulut parfois plaire à l’Occupant, notamment en affichant <em>Ariane à Naxos</em> en création nationale (et en français), comme en témoigne l’air de Zerbinette confié à <strong>Janine Micheau</strong>, qui se joue des difficultés accumulées par Richard Strauss, peut-être renforcées par le changement de langue. Ariane était alors <strong>Germaine Lubin</strong>, dont on trouvera ici la Mort d’Isolde non pas dans la version française enregistrée avant la guerre (« Doux et calme »), mais bien en allemand. Plus inattendu, le duo italien de Félix (ou Felice) Blangini (1781-1841) gravé en 1944 par la même Lubin et le tout jeune <strong>Gérard Souzay</strong>.</p>
<p>Au chapitre des reprises d’œuvres historiques, se rangent <em>L’Etoile</em> de Chabrier, admirablement défendue par <strong>Fanely Révoil</strong>, <em>La Dame blanche</em> de Boieldieu avec le très suave <strong>Louis Arnoult</strong>, ou <em>La Damnation de Faust </em>où une certaine <strong>Mona Laurena</strong>, sans démériter en Marguerite, devait surtout sa présence à sa « collaboration horizontale » avec le directeur (allemand) de Radio-Paris. C’est une démarche musicologique qui poussa Reynaldo Hahn, dans ce qui était encore la Zone libre, à rendre son vrai visage à la <em>Mireille </em>de Gounod. <em>Les Indes galantes</em> allaient devoir attendre 1952 pour être montées avec faste à l’Opéra de Paris, mais dix ans avant, le violoniste Maurice Hewitt en enregistra quelques extraits avec la Mélisande du <em>Pelléas </em>de Désormière, <strong>Irène Joachim</strong>, et un des Pelléas de l’époque, <strong>Camille Maurane</strong>, sans doute un peu léger pour Huascar.</p>
<p>Curiosité cocardière, les deux chants patriotiques sur lesquels s’ouvre le premier disque, mais comment résister à l’élan et à la pure beauté de la voix de <strong>Georges Thill</strong> ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopera-sous-loccupation-cest-reparti-comme-en-1940/">L&#039;Opéra sous l&#039;occupation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Postillon de Lonjumeau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-postillon-de-lonjumeau-son-portrait-tout-crache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2019 05:44:18 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-postillon-de-lonjumeau-son-portrait-tout-crache/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors que l’Opéra-Comique vient de postillonner copieusement, en reproposant le chef-d’œuvre d’Adolphe Adam dont les dernières représentations françaises étaient sans doute celles de Dijon en 2004, le label Malibran publie un enregistrement inédit du Postillon de Lonjumeau, qui vient s’ajouter à celui qui figurait déjà à son catalogue, réunissant Henry Legay et Janine Micheau en &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-postillon-de-lonjumeau-son-portrait-tout-crache/"> <span class="screen-reader-text">Le Postillon de Lonjumeau</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-postillon-de-lonjumeau-son-portrait-tout-crache/">Le Postillon de Lonjumeau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que l’Opéra-Comique vient de <a href="/le-postillon-de-lonjumeau-paris-favart-le-prix-du-contre-re">postillonner copieusement</a>, en reproposant le chef-d’œuvre d’Adolphe Adam dont les dernières représentations françaises étaient sans doute celles de Dijon en 2004, le label Malibran publie un enregistrement inédit du <em>Postillon de Lonjumeau</em>, qui vient s’ajouter à celui qui figurait déjà à son catalogue, réunissant Henry Legay et Janine Micheau en 1952. Il s’agit cette fois d’une captation plus récente, et surtout réalisée en direct au cours d’une représentation. Autrement dit, l’un des atouts en sera incontestablement cette vie théâtrale qu’il est toujours malaisé de recréer en concert ou en studio.</p>
<p>Surtout, par rapport aux distributions « de prestige », ce <em>Postillon</em>-ci offre l’avantage de ressembler bien davantage à ce que l’on peut attendre dans ce genre de répertoire. Si gâtés qu’ils aient été par la nature, des artistes non francophones se montrent forcément gênés dans les importants dialogues parlés. Sur ce plan, la version de studio publiée en 1986 par EMI pâtissait du français ampoulé et improbable de John Aler et de June Anderson, malgré leurs efforts méritoires et indépendamment de leurs qualités strictement vocales. Même Jean-Philippe Lafont paraissait bien guindé dans le rôle de Biju. Du fait du succès de cette œuvre outre-Rhin, il existe aussi des enregistrements en allemand (YouTube propose deux vidéos où Helge Rosvaenge et Nicolaï Gedda interprètent le grand air de <em>Der Postillon von Longjumeau</em>), mais ce n’est bien sûr pas tout à fait la même chose. Grâce à une distribution sans stars, mais rompue à ce style, la version Malibran nous livre un portrait fidèle du <em>Postillon</em>, un instantané pris sur le vif plutôt qu’une photo Harcourt habilement retouchée. Surtout pour une intrigue dont tout le sel repose sur la transformation de quelques rustiques en personnages sophistiqués, il est bon de pouvoir sentir la différence entre le premier acte et les suivants : la truculence du maréchal-ferrant, on l’entend ici, et l’on comprend aisément que, dans les autres versions, on ait préféré dispenser mesdemoiselles Micheau et Anderson de l’éloge de la soupe aux choux que prononce Madeleine.</p>
<p>La présente captation repose donc avant tout sur <strong>Charles Burles</strong>, le seul nom que les plus jeunes générations connaîtront peut-être, grâce à ses enregistrements les plus tardifs, comme Hadji dans la <em>Lakmé</em> de Natalie Dessay (1998), alors qu’il avait été Gérald face à Mady Mesplé en 1970. En la personne de ce ténor né à Marseille en 1936 – et encore bien vivant –, on trouvera un parfait représentant du style de l’opéra-comique français, et un interprète qui eut toujours l’intelligence et la modestie de ne chanter que les rôles auxquels sa voix convenait. Les aigus tant attendus sont émis avec toute la souplesse souhaitable, et avec cet effet de quasi-androgynie qu’ils produisent en général. On trouvera sur la deuxième galette de ce coffret quelques extraits d’un concert de 1963 où le ténor chante, outre deux airs du <em>Postillon</em>, celui de <em>La Dame blanche</em> qui lui permet de monter jusqu’au contre-mi bémol.</p>
<p>Autour de lui, on découvre des artistes qui, loin du battage médiatique, n’en ont pas moins fait une solide carrière. Qui connaît aujourd’hui <strong>Anne-Marie Sanial</strong> ? En fouillant sur Internet, on apprend que vers les années 1960-70, cette soprano chanta notamment dans quelques opérettes, ce qui explique sa capacité à assurer le texte parlé du <em>Postillon</em> (on peut la voir en Arlette – Adèle en VO – d’une <em>Chauve-Souris</em> montée en français à l’Opéra de Monte-Carlo, publiée en DVD par les Editions Montparnasse). La voix est charmeuse et saine, typique d’une certaine école française, non sans quelque acidité dans l’extrême aigu, mais la prise de son n’est pas non plus d’une qualité optimale, ceci expliquant peut-être cela. Engagé en 1952 par la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux, le baryton <strong>Jacques Doucet </strong>avait été Escamillo à l’Opéra-Comique ; il était plus tard devenu directeur artistique du Capitole de Toulouse. Egalement baryton, <strong>Jean Brun </strong>fut Wagner dans un <em>Faust</em> enregistré en 1976 par Alain Lombard, où Giacomo Aragall tenait le rôle-titre et où Montserrat Caballé était Marguerite ; dans le rôle de Biju, il exécute avec brio le seul air de la partition qui n’incombe pas aux deux personnages principaux.</p>
<p><strong>Richard Blareau </strong>fut à la tête de l’orchestre de l’Opéra-Comique de 1947 à 1972, ce qui faisait de lui le candidat idéal pour enregistrer les piliers du répertoire maison, dont <em>Si j’étais roi</em>, du même Adolphe Adam, ainsi que toute une série d’opérettes françaises ou viennoises en traduction.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-postillon-de-lonjumeau-son-portrait-tout-crache/">Le Postillon de Lonjumeau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Hervé, Le Joueur de flûte, Trombolino, Le Retour d&#039;Ulysse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/herve-le-joueur-de-flute-trombolino-le-retour-dulysse-autour-dhelene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2019 10:52:11 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/herve-le-joueur-de-flute-trombolino-le-retour-dulysse-autour-dhelene/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les ténors José Dupuis et Jean-Laurent Kopp, le baryton Couder et la mezzo Léa Silly sur les planches du Théâtre des Variétés en 1864 : La Belle Hélène, bien sûr. Oui, mais pas seulement, car ces artistes, qui allaient créer les rôles de Pâris, de Ménélas, d’Agamemnon et d’Oreste en décembre, avaient déjà été réunis quelques &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/herve-le-joueur-de-flute-trombolino-le-retour-dulysse-autour-dhelene/"> <span class="screen-reader-text">Hervé, Le Joueur de flûte, Trombolino, Le Retour d&#039;Ulysse</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/herve-le-joueur-de-flute-trombolino-le-retour-dulysse-autour-dhelene/">Hervé, Le Joueur de flûte, Trombolino, Le Retour d&#039;Ulysse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les ténors José Dupuis et Jean-Laurent Kopp, le baryton Couder et la mezzo Léa Silly sur les planches du Théâtre des Variétés en 1864 : <em>La Belle Hélène</em>, bien sûr. Oui, mais pas seulement, car ces artistes, qui allaient créer les rôles de Pâris, de Ménélas, d’Agamemnon et d’Oreste en décembre, avaient déjà été réunis quelques mois auparavant, sur les mêmes planches, pour une autre œuvre lyrique travestissant l’antiquité : <em>Le Joueur de flûte</em>, opéra-bouffe en un acte dû à celui en qui l’on reconnaît parfois le « vrai » créateur de l’opérette : Hervé.</p>
<p>Puisque le Palazzetto Bru Zane a décidé de remettre Hervé à l’affiche, on ne se plaindra pas que le label Malibran remette en avant un disque réunissant trois œuvres en un acte de Florimond Ronger, pour désigner sous son vrai nom le « compositeur toqué » : <em>Le Retour d’Ulysse</em>, qui vient de connaître un joli succès <a href="https://www.forumopera.com/le-retour-dulysse-paris-marigny-le-mythe-demythifie">au Théâtre Marigny</a> (créé en 1862,  le susdit Couder y tenant le rôle-titre), <em>Le Joueur de flûte</em> (1864) et <em>Trombolino</em> (1868).</p>
<p><em>Le Retour d’Ulysse</em> est ici le moins bien traité : l’ouverture est supprimée, ainsi que tous les dialogues parlés, ce qui rend difficile de goûter tout le sel de cette bouffonnerie qui a sans doute besoin de la scène pour produire tout son effet. Néanmoins, et c’est une fois de plus tout le prix de ces concerts radiodiffusés dans les années 1950 et 1960, on y entend une équipe de chanteurs-acteurs qui s’ébattent dans ce répertoire comme des poissons dans l’eau. <strong>Jean Giraudeau</strong> est-il jamais meilleur que dans l’opérette ? Après avoir été le Mari dans la version de référence des <em>Mamelles de Tirésias</em> enregistrée, il retrouve comme partenaire la créatrice du rôle de Thérèse, <strong>Denise Duval</strong>, régulièrement sollicitée pour les concerts d’opérette de la RTF (<em>Geneviève de Brabant, Les Brigands, La Jolie Parfumeuse</em> d’Offenbach, <em>Au temps des croisades</em> de Claude Terrasse…). C’est avec un chic inimitable que l’égérie de Poulenc chante les exquises sottises que débitent Penilla ou Pénélope (préfigurant Hélène, celle-ci évoque les obstacles qui feront non pas cascader mais « trébucher ma vertu »). <strong>Gilbert Moryn</strong> est un très truculent brigand Trombolino, et <strong>Joseph Peyron </strong>un Coqsigru délicieusement niais.</p>
<p>Il est permis de trouver plus consistant le livret du <em>Joueur de flûte</em>, même s’il serait peut-être difficile aujourd’hui de faire passer un texte truffé d’allusions à la fois érudites et comiques, notre connaissance de l’antiquité n’étant plus tout à fait celle du public instruit des années 1860. Un exemple : dans le vaudeville final, le sénateur Cucurbitus chante ce couplet : « Romaines de la décadence, Engloutisseuses de quibus, Luttez de luxe, d’élégance ! Aux courses de Vincennius Fabriquez-vous un visage De rouge et de plâtrage ; Un autre siècle viendra Où tout ça changera, Où la femme simple et pure, Méprisant la parure, Dira, montrant ses enfants, Voilà mes diamants »… Combien de personnes aujourd’hui utilisent encore le mot <em>quibus</em> pour désigner l’argent, et combien de spectateurs saisiront l’allusion finale à Cornélie, mère des Gracques ? Père de Georges Courteline, Jules Moinaux n’était pas n’importe qui, et Offenbach fit à plusieurs reprises appel à ses services de librettiste (<em>Les Deux Aveugles</em>, <em>Le Voyage de M. Dunanan père et fils</em>, <em>Les Géorgiennes</em>). Il se trouve par ailleurs que <em>Le Joueur du flûte</em> semble avoir particulièrement inspiré Hervé, qui fait ici preuve de plus de finesse qu’en d’autres occasions.</p>
<p>Là encore, une distribution de choc avait été réunie. <strong>Fanély Revoil</strong> se révèle une comédienne redoutable, truculente héroïne de théâtre de boulevard comme put jadis l’être une Jacqueline Maillan. <strong>Aimé Doniat</strong> n’est pas le ténor qu’était Dupuis, mais son baryton léger est agile, le falsetto passe comme une lettre à la poste, et quel personnage ! <strong>Gaston Rey</strong> parle autant qu’il chante, mais il le fait tellement bien qu’on lui pardonne tout. <strong>Freda Betti</strong> et <strong>René Hérent </strong>complète idéalement cette fine équipe.</p>
<p>Peut-être, après tout, est-ce dans ce format bref que le génie d’Hervé se révèle le mieux ; il y a en tout cas dans ce répertoire encore matière à bien des redécouvertes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/herve-le-joueur-de-flute-trombolino-le-retour-dulysse-autour-dhelene/">Hervé, Le Joueur de flûte, Trombolino, Le Retour d&#039;Ulysse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mireille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mireille-nayez-pas-peur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Mar 2019 14:28:25 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mireille-nayez-pas-peur/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est vrai qu’à la lecture de la distribution, on pourrait avoir des craintes, tant l’enregistrement de Mireille que réédite le label Malibran semble incarner une certaine idée de l’opéra français que d’aucuns jugent irrémédiablement désuète et tout juste bonne à faire ricaner. Malgré l’immense admiration que l’on éprouve pour Michel Sénéchal, on se demande ce &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mireille-nayez-pas-peur/"> <span class="screen-reader-text">Mireille</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mireille-nayez-pas-peur/">Mireille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est vrai qu’à la lecture de la distribution, on pourrait avoir des craintes, tant l’enregistrement de <em>Mireille</em> que réédite le label Malibran semble incarner une certaine idée de l’opéra français que d’aucuns jugent irrémédiablement désuète et tout juste bonne à faire ricaner. Malgré l’immense admiration que l’on éprouve pour <strong>Michel Sénéchal</strong>, on se demande ce que vient faire dans le rôle de Vincent ce Goro, ce Basilio des <em>Noces</em>, celui qui fut inoubliable en Platée. Son timbre et son style n’ont pas valu à <strong>Renée Doria</strong> que des admirateurs, et certains de nos confrères ont tôt fait de rayer d’un trait de plume toutes ses incarnations. De l’orchestre anonyme dirigé par <strong>Jésus Etcheverry</strong>, on ne sait trop qu’attendre a priori.</p>
<p>Eh bien, justement, il faut vaincre tous les possibles a priori et écouter en toute objectivité cette version. A cette condition, on pourra faire une belle découverte. Certes, il y a quelques bruitages envahissants : les cigales pendant tout le premier acte, ou le glouglou du Rhône au deuxième tableau du troisième acte. Evidemment, Andreloun n’est pas confié à une voix d’enfant ou même à une femme, mais – sur le papier, c’est presque un gag – à un chanteur de charme qui s’était fait un nom dans l’opérette, le baryton léger <strong>Aimé Doniat</strong>. Mais si la direction lénifiante de Michel Plasson vous a gâté plus d’une intégrale d’opéra français, vous apprécierez l’impétuosité de Jésus Etcheverry, qui emporte la partition sans jamais s’amollir, et qui arrache <em>Mireille</em> à tout risque de nunucherie. Même les redoutables magnanarelles sont pleines de vigueur (avec des éclats de rire particulièrement sonores mais pas faux pour autant) : par bonheur, le Chœur de Paris ne ressemble en rien aux troupeaux de rombières qu’on pouvait entendre ici et là à la même époque.</p>
<p>Venons-en aux solistes. Oubliez la trompette à laquelle ressemblait Michel Sénéchal dans ses rôles de caractère : il évite ici la caricature et parvient à conférer à son Vincent une certaine dignité, à en faire un héros assez crédible, bien que sans doute juvénile et frêle. Le personnage lorgne davantage vers l’opéra-comique que vers l’opéra, et au dernier acte, notamment avec « Anges du paradis », on touche néanmoins aux limites de l’exercice, mais reste une admirable diction du français, malgré certaines voyelles un peu flûtées, un peu précieuses.</p>
<p>Quant à Renée Doria, sauf cas d’aversion viscérale insurmontable, il faudrait vraiment être sourd pour ne pas rester ébahi devant l’élégance avec laquelle elle incarne la malheureuse héroïne (et de l’élégance, il en faut pour rendre acceptable « Oh, c’Vincent » avec son élision du e muet qu&rsquo;on attendrait plutôt dans une opérette), et par le naturel déconcertant avec laquelle elle semble triompher de toutes les embûches que Gounod avait semées sur le chemin de Madame Carvalho, sans que le « brillant » exigé par la créatrice ne lui pose le moindre problème (« Oh légère hirondelle » est inclus en bonus à la fin du deuxième disque). Si vous n’aimez pas cette façon de chanter, c’est bien que l’obstination des grandes maisons de disque à faire disparaître le style français a porté ses fruits.</p>
<p>Vous reconnaîtrez au moins que <strong>Robert Massard </strong>est le plus bel Ourrias dont on puisse rêver, sanguin, robuste, bien chantant mais avec le côté brut du personnage. Vous saluerez bien bas <strong>Adrien Legros</strong>, en vous émerveillant que notre pays ait pu posséder une telle basse sans qu’on lui fasse enregistrer tous les pères nobles de l’opéra français. <strong>Solange Michel</strong> a le parfait bon goût de nous épargner en Taven les goules et autres stryges : sa sorcière n’est qu’une vieille femme assez inoffensive, et c’est fort bien ainsi. On appréciera aussi la Vincenette impeccable de <strong>Christiane Stutzmann</strong>, la mère de Nathalie. Eh oui, il n’y a là que des chanteurs francophones, et même français, dans ce disque : il fut un temps où il était parfaitement possible de rassembler une telle distribution pour les piliers du répertoire. A quand la prochaine fois ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mireille-nayez-pas-peur/">Mireille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Brigands</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Feb 2019 08:01:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/"> <span class="screen-reader-text">Les Brigands</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/">Les Brigands</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant <a href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach</a>, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le label Malibran a choisi de rapprocher deux œuvres composées de part et d’autre de la guerre franco-prussienne : <em>Les Brigands</em>, créé en 1869, et <em>Pomme d’Api</em>, créé en 1873. Bien que datant de ce Second Empire auquel Offenbach est indissociablement lié, bien que porté par un livret signé Meilhac et Halévy, <em>Les Brigands</em> n’appartient pas à la poignée de grands classiques du maître de l’opérette, même si la production Jérôme Deschamps, maintes fois reprises en divers lieux depuis sa création à l’Opéra-Bastille en 1993, a beaucoup contribué à populariser ce titre. Quant à <em>Pomme d’Api</em>, acte unique dont la distribution se limite à trois personnages, c’est un chef-d’œuvre, et un titre très apprécié des troupes d’amateurs du fait des effectifs légers qu’il réclame.  </p>
<p>Assez logiquement, si <em>Pomme d’Api </em>n’a pas trop à souffrir des ciseaux de la RTF – pourquoi réduire encore une œuvre déjà brève ? –, ces mêmes ciseaux se sont donné libre cours sur <em>Les Brigands</em>. Si le premier acte est à peu près épargné, le deuxième démarre sans son chœur de cuisiniers, ce qui n’est pas encore trop grave, mais on constate l’absence très regrettable du deuxième air de Fiorella, « Sait-on jamais pourquoi l’on aime ? », et le troisième acte est particulièrement tronqué par la suppression d’un important ensemble où presque tous les personnages sont réunis, avant le final. Autre trahison, qui n’était hélas que trop prévisible : Fragoletto, rôle travesti créé par Zulma Bouffar, et où brillait Colette Alliot-Lugaz dans la version Gardiner de 1988, est forcément confié ici à une voix masculine, ce qui bouleverse l’équilibre des timbres dans le duo du Notaire avec Fiorella, le trio des Marmitons avec Falsacappa et Pietro, et plus généralement dans les ensembles. On ne s’offusquera pas de voir que plusieurs rôles de ténor sont attribués à des barytons : le comte de Gloria-Cassis, mais aussi Falsacappa en personne, pourtant créé par José Dupuis (qui avait été Pâris, Fritz ou Barbe-Bleue).</p>
<p>Mais on l’a dit, faute de la lettre, on a ici l’esprit, avec une véritable troupe constituée de fortes personnalités, parfois plus acteurs que chanteurs, ce dont on ne se plaindra pas pour les rôles secondaires. <strong>Denise Duval</strong> trouve en Fiorella un personnage à sa mesure, même si, on l’a dit, elle perd ce qui est sans doute le plus bel air de la partition. Baryton léger, habitué de l’opérette, <strong>Willy Clément </strong>à l’envergure du chef des brigands. <strong>René Lenoty </strong>n’a pour défaut que d’être un homme là où Offenbach avait prévu une voix de femme. <strong>René Hérent</strong> a peu à chanter, mais il compose dans les dialogues un Pietro délicieusement dépassé par les événements. Bien connu dans la mélodie française, <strong>Jean-Christophe Benoît </strong>se déchaîne dans le fameux « Y a des gens qui se disent espagnols ». A défaut d’en avoir tous les aigus, <strong>Duvaleix</strong> a la faconde du Caissier. <strong>André Vessières</strong> est un Capitaine somptueux de bêtise, et <strong>Michel Hamel</strong> un prince (ou duc) raffiné.</p>
<p>Le son de ces <em>Brigands</em> de 1953 est parfois un peu lointain. Rien de tel avec <em>Pomme d’Api</em> diffusé une décennie plus tard, qui constitue une véritable concurrence pour l’enregistrement de studio dirigé en 1982 par Manuel Rosenthal, au point qu’on serait tenté de parler de version de référence, avec trois chanteurs-acteurs hors pair. <strong>Joseph Peyron</strong>, dont le timbre et la diction ont souvent défiguré quantité de concerts, est ici idéal en Gustave, jeune homme un peu niais et soumis à son oncle, et il trouve même des grâces irrésistibles. Avec <strong>Gaston Rey</strong>, qui perd hélas un peu son accent méridional dans le trio du gril (et des côtelettes), Rabastens trouve un interprète aussi truculent que pouvait l’être Jean-Philippe Lafont dans le spectacle <em>Vive Offenbach </em>à l’Opéra-Comique en décembre 1979. <strong>Lina Dachary</strong> enfin, dont a pu trouver ailleurs que le timbre sonnait un peu désuet, est ici tout à fait à sa place dans le rôle-titre, par sa gaieté robuste et par sa diction limpide : elle offre une interprétation bien différente de celle de Mady Mesplé dans la version EMI.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/">Les Brigands</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pelléas et Mélisande</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pelleas-et-melisande-allemonde-outre-atlantique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jan 2019 06:53:13 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pelleas-et-melisande-allemonde-outre-atlantique/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Arrivant peu après une année de centenaire debussyste, c&#8217;est un Pelléas assez rare au disque que nous offre le label Malibran, écho des fameux Met Broadcasts, datant de la toute fin de l’année 1962, et donc d&#8217;un autre centenaire, celui de la naissance du compositeur. Evidemment, il est dommage qu’il manque plusieurs secondes par endroits, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pelleas-et-melisande-allemonde-outre-atlantique/"> <span class="screen-reader-text">Pelléas et Mélisande</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pelleas-et-melisande-allemonde-outre-atlantique/">Pelléas et Mélisande</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Arrivant peu après une année de centenaire debussyste, c&rsquo;est un <em>Pelléas </em>assez rare au disque que nous offre le label Malibran, écho des fameux Met Broadcasts, datant de la toute fin de l’année 1962, et donc d&rsquo;un autre centenaire, celui de la naissance du compositeur. Evidemment, il est dommage qu’il manque plusieurs secondes par endroits, et donc plusieurs répliques, mais peu importe au fond la qualité fluctuante de la bande (sur le premier CD principalement), car face à un tel document, toutes les réserves tombent. La distribution est en effet de nature à faire bondir – de stupeur, de joie ou d’effroi – tout pelléastre qui se respecte.</p>
<p>Le chef, d’abord. <strong>Ernest Ansermet</strong>, qui avait gravé dix ans auparavant l’une des plus belles intégrales de studio – la plus belle, diront d’aucuns – réussit à enseigner l’idiome debussyste à l’orchestre du Met : alors qu’il venait de faire ses débuts new-yorkais en septembre 1962, avec deux représentations de <em>L’Amour sorcier</em>, et qu’il ne reviendrait plus au Met après les cinq représentations de <em>Pelléas</em> données en novembre-décembre, le chef suisse propose un kaléidoscope de couleurs variées, où l’on entend passer du Moussorgski, ce qui est encore assez compréhensible compte tenu de l’admiration de Debussy pour <em>Boris</em>, mais même du Stravinski (<em>Petrouchka</em>, ou même <em>L’Histoire du soldat</em>). Rarement la forêt aura été aussi dense et menaçante, et l’on ne sait vraiment pas « ce qu’il y a ici, toute la nuit ».</p>
<p>A cet orchestre brillant répond une équipe de prestigieux solistes qui permet d’entendre <em>Pelléas</em> chanté à pleine voix. Toute réticence face à un Pelléas ténor devrait être dissipée par la présence de <strong>Nicolai Gedda</strong>, romantique à souhait mais pas seulement, tantôt très policé, tantôt chien fou, exalté et en même temps inquiétant parce que sa voix, maintenue dans un registre inhabituellement grave, paraît beaucoup moins solaire que dans son répertoire ordinaire. Du Pelléas de Gedda, on connaissait jusqu’ici une captation munichoise de novembre 1971 dirigée par Rafael Kubelik, publiée par Orfeo en 2016, mais dix ans auparvavant, le ténor suédois avait d’autres atouts à faire valoir. On s’émerveille de la liberté, du naturel absolu de sa déclamation, de l’ardeur qu’il déploie dans la scène de la tour, ou du malaise qu’il communique à « J’étouffe ici ». Une chance que la représentation radiodiffusée ait été la dernière de la série, car les deux premières offraient en Pelléas un baryton, Theodor Uppman, le fameux créateur de Billy Budd, qui tenait le rôle au Met depuis 1953.</p>
<p>En 1962, à 30 ans, <strong>Anna Moffo</strong> en est encore à son zénith, bien avant la crise vocale qui la frappera quelques années plus tard. On s’étonnera peut-être d’entendre Mélisande interprétée par une grande voix familière du répertoire italien, une voix chaude, passionnée, tout le contraire de certaines sopranos chlorotiques, mais il n’y a là nul contresens. Confier Mélisande à une Manon, une Thaïs, c’est revenir exactement à ce qu’était Mary Garden, la créatrice du rôle. On avait simplement oublié que Mélisande pouvait avoir cette vigueur et ces élans, ces épanchements et ces emportements, cette tendresse et cette sensualité… L’alchimie avec Gedda semble avoir fonctionné, car tous deux allaient, à partir de l’année suivante, former le couple idéal du Met en Manon et Des Grieux (de Massenet).</p>
<p>De <strong>George London</strong>, l’amateur d’opéra français aura peut-être en mémoire sa participation aux <em>Contes d’Hoffmann</em> de Cluytens (deuxième version), où il était un Coppélius pas très agile, un Miracle dépourvu d’ironie. Peut-être parce qu’il était cadré par Ansermet, son Golaud au français excellent stupéfie par le gigantisme de la voix. Pas la peine d’en rajouter dans la colère de la scène d’ « Absalon, Absalon », cet homme-là est déjà tout en débordement, c’est un bouillonnement d’énergie constant, qui s’étrangle sur un sanglot assez terrible au dernier acte.</p>
<p>Le seul risque, avec un Golaud aussi monumental, est de ne pas trouver un Arkel à sa mesure. Roi d’Allemonde au Met de 1953 à 1983, <strong>Jerome Hines</strong> est une vraie basse telle qu’on a un peu perdu l’habitude d’en entendre dans le rôle. Si la couleur des timbres ne permet pas toujours de distinguer le grand-père et le petit-fils au cinquième acte, cet Arkel plein de noblesse se révèle malgré tout assez magistral.</p>
<p><strong>Blanche Thebom</strong>, pour sa part, prouve qu’un format wagnérien peut s’avérer idéal pour Geneviève, et la mezzo américaine nous rappelle un âge d’or où savoir articuler le français était une nécessité pour tout chanteur, nécessité hélas trop souvent perdue de vue dans le dernier tiers du XX<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>Surprise suprême, on entend en Yniold celle qui serait la Violetta de Zeffirelli, la Lulu de Chéreau et Boulez ! Agée d’à peine 25 ans, <strong>Teresa Stratas</strong> commençait seulement à occuper le devant de la scène certains soirs au Met, mais elle était encore largement cantonnée aux tout petits rôles, une servante dans <em>Elektra</em>, la comtesse de Ceprano, ou Barberine après avoir longtemps été une Paysanne dans <em>Les Noces de Figaro</em>… Sa prestation relève sans doute plus de la curiosité, car son français est hésitant et on pourra lui reprocher une légère tendance à surjouer le côté puéril d’Yniold.</p>
<p>Voilà en tout cas un enregistrement qui parviendra peut-être à faire de nouveaux convertis à la cause debussyste, grâce aux sortilèges purement vocaux et instrumentaux de cette version hors-normes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pelleas-et-melisande-allemonde-outre-atlantique/">Pelléas et Mélisande</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Normandie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 12:03:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Début février 2019, à Compiègne et à Paris, l’ensemble Les Frivolités Parisiennes présentera l’opérette Normandie, œuvre de Paul Misraki. Immortel compositeur de tubes comme « Tout va très bien, madame la marquise » ou « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », parmi tant d’autres titres, Paul Misraki est mort il y a exactement vingt ans, et il aurait &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/"> <span class="screen-reader-text">Normandie</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/">Normandie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Début février 2019, à Compiègne et à Paris, l’ensemble Les Frivolités Parisiennes présentera l’opérette <em>Normandie</em>, œuvre de Paul Misraki. Immortel compositeur de tubes comme « Tout va très bien, madame la marquise » ou « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », parmi tant d’autres titres, Paul Misraki est mort il y a exactement vingt ans, et il aurait eu 110 ans cette année. Double anniversaire qui est passé un peu inaperçu, même si le monde la chanson et de la musique de film lui doit évidemment plus que celui de l’art lyrique. Malgré tout, Paul Misraki composa plusieurs opérettes et comédies musicales, dont <em>Le Chevalier Bayard</em> (1948), qui fut créé par Yves Montand, Henri Salvador et Ludmilla Tcherina. En 1936, <em>Normandie</em> fut sa première œuvre scénique, sur un livret dû au cinéaste Henri Decoin, les lyrics étant signés André Hornez, co-auteur du <em>Chevalier Bayard</em> avec Bruno Coquatrix. Grand succès aux Bouffes-Parisiens, <em>Normandie</em> inclut l’une des chansons qui continuent de faire la gloire du compositeur « Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine », et l’on comprend que Radio-Lille ait eu l’idée de recréer, vingt ans après la création, cette opérette bien troussée qui, au fil de ses onze tableaux, promenait les spectateurs dans tous les recoins du célèbre paquebot, du pont supérieur jusqu’à la salle des machines…</p>
<p>La partition de Paul Misraki laisse entendre ce qu’aurait pu devenir l’opérette si le destin l’avait voulu. A côté d’un hommage à un passé révolu (« Ah comment pouvez-vous douter de ma tendresse ? » est explicitement désigné comme « Valse 1900 »), on y entend surtout des rythmes hispaniques (la rumba « Le vent du large me frôle », par exemple) et surtout américains, tendance Gershwin et déjà swing. Bien sûr, l’humour du livret a parfois un peu vieilli : l’intrigue repose sur la présence à bord de trois milliardaires américains, trois « rôles à accent », façon René Koval dans <em>Pas sur la bouche</em> ou dans <em>Passionnément</em>, ce qui n’est hélas pas très crédible quand il s’agit de déclamer des textes truffés de jeux de mots… La gaieté revendiquée par les chansons peut aujourd’hui sonner comme de l’inconscience dans le contexte des années 1930, mais il est difficile de juger le texte d’après la version nécessairement très réduite qui en était proposée à la radio. On relèvera malgré tout quelques chansons délicieusement coquines, comme l’excellent « Je voudrais en savoir davantage » confié à l’innocente Betty (« j’enrage / Quand je pense aux jeunes mariées / Qui connaissent les derniers outrages / Quand moi j’ignore même les premiers… »).</p>
<p>Pour ce genre d’ouvrage, on s’en doute, pas question de faire appel à de grandes voix, et l’on entend ici plutôt trois catégories d’artistes : des comiques, pour les trois Américains et pour Catherine la « femme d’affaires » ou plutôt poule de luxe ; des divettes d’opérette pour les trois jeunes filles ; des chanteurs de charme pour leurs trois galants. Pour les trois jeunes hommes, si <strong>René Lenoty </strong>faisait déjà carrière en 1926, et n’avait donc plus tout à fait l’âge d’un jeune premier en 1956 (d’autant qu’en 1936, Petit-Louis était apparemment interprété par un adolescent), <strong>Aimé Doniat </strong>et <strong>Dominique Tirmont </strong>entrent tout à fait dans ce cadre, barytons légers alors idoles des jeunes filles. Du côté des demoiselles, les voix sont plus ou moins pointues, plus ou moins acidulées, mais elles ont ce charme et ce chien qu’a la grande Mireille dans <em>Phi-Phi</em>, et cette diction impeccable qui laissent rêveur de nos jours &#8211; comment faisait donc ces artistes pour être à tout instant compréhensibles lorsqu’elles chantaient ? A <strong>Gabrielle Ristori </strong>échoit le tube de <em>Normandie</em>, dont elle s’acquitte avec brio. Quant aux trois barbons, <strong>Duvaleix </strong>(le père, Albert, et non le fils, Christian) était surtout un acteur de cinéma, mais <strong>Robert Burnier</strong> avait également fait une belle carrière dans l’opérette, créant notamment le rôle de Kermao dans <em>Coups de roulis </em>; <strong>Numès fils</strong> retrouve ici le personnage qu’il incarnait en 1936, tout comme <strong>Marcel Cariven</strong> qui dirigeait l’orchestre des Bouffes-Parisiens lors de la création.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/">Normandie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Geneviève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-ernest-et-berthe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Dec 2018 09:05:15 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-ernest-et-berthe/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vous admirez Ernest Blanc au point de vous être procuré l’intégrale des Cloches de Corneville dans laquelle il chante le rôle du marquis Henri ? Dans ce cas-là, n’hésitez pas : par rapport à l’immense stature de ce baryton au sein de l’école française du chant, les enregistrements seront toujours trop peu nombreux pour qu’on laisse passer &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-ernest-et-berthe/"> <span class="screen-reader-text">Geneviève</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-ernest-et-berthe/">Geneviève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Vous admirez <strong>Ernest Blanc</strong> au point de vous être procuré l’intégrale des <em>Cloches de Corneville</em> dans laquelle il chante le rôle du marquis Henri ? Dans ce cas-là, n’hésitez pas : par rapport à l’immense stature de ce baryton au sein de l’école française du chant, les enregistrements seront toujours trop peu nombreux pour qu’on laisse passer ce témoignage de son art. Dans ce concert radiophonique proposant une version traduite dans notre langue de la rare <em>Genoveva</em> de Schumann, Ernest Blanc, l’un des quelques artistes français à s’être illustré à Bayreuth, tient le rôle de… Siegfried ! En 1956, il n’avait pas encore gravi la Colline sacrée (son premier Telramund viendrait deux ans plus tard), mais les débuts à l’Opéra de Paris avaient eu lieu, et cet artiste âgé d’à peine 33 ans se révèle déjà dans toute sa majesté.  Ah, évidemment, ce n’est pas lui que l’on entend le plus (puisque son personnage part pour la croisade au premier acte et n’en revient qu’au troisième), mais il a quand même de fort belles scènes, avec airs et duos.</p>
<p>L’héroïne de cet opéra est confiée à une chanteuse dont les jeunes générations risquent fort de ne jamais avoir entendu le nom, et qui fut pourtant l’une meilleures artistes françaises de son temps. Certes, <strong>Berthe Monmart</strong> ne fit pas une immense carrière internationale, et son portrait ne fut pas reproduit dans les magazines sur papier glacé : ce n’en fut pas moins une voix admirable, qui ne s’illustra pas seulement dans le répertoire national (superbe Louise, excellente Pénélope), mais aussi dans les plus grandes œuvres des compositeurs étrangers. A qui voudrait connaître son talent, on ne saurait trop conseiller de se tourner vers le catalogue du label Malibran, sans lequel il ne serait plus guère possible d’écouter Berthe Monmart. Le personnage pudique de Geneviève de Brabant lui convient à merveille, et l’on regrette que Schumann n’ait pas accordé à son héroïne des airs plus ambitieux.</p>
<p>A signaler, le disque offre en complément de programme, quatre airs qui figuraient déjà dans le volume Malibran consacré à la soprano dans « La Troupe de l’Opéra de Paris » : un « Divinité du Styx » gâché par un raccord brutal en milieu d’air, un superbe « Abscheulicher » en français, un « Océan ! » d’<em>Obéron</em> parfaitement maîtrisé, et un premier air d’Agathe du <em>Freischütz</em> que la saturation des aigus rend un peu délicat à écouter, mais où Berthe Monmart montre quelle grande artiste elle fut, à une époque où la France ne manquaient pas de grandes voix. La preuve, s’il en fallait une : on entend, dans des minuscules rôles anonymes, rien moins qu’<strong>Andrée Esposito</strong>, <strong>Nadine Sautereau </strong>ou <strong>Jean Mollien</strong> (passons sur <strong>Joseph Peyron</strong>, infatigable déchiffreur dont le timbre n’avait hélas rien de bien suave).</p>
<p>Dans cette <em>Geneviève</em>, on entend aussi le ténor <strong>Jean Giraudeau</strong>, qui fait preuve ici de la plus grande discipline pour conférer à son chant cette dignité qui n’était pas toujours son fort, l’accent parigot s’imposant toujours un peu dans sa diction. Les allègements auxquels il recourt dans l’aigu contribuent pour beaucoup à la qualité de son interprétation du perfide Golo. Mezzo à la voix ferme et expressive, <strong>Gisèle Desmoutiers </strong>est une Marguerite très présente, et l’on retrouve dans le reste de la distribution les piliers habituels des concerts radiophoniques : <strong>Pierre Froumenty</strong>, puissant Hidulfus, <strong>André Vessières</strong>, ou <strong>Lucien Lovano</strong>. Animé d’une certaine conviction, le chœur de la RTF livre une prestation très correcte.</p>
<p>Pour le centenaire de la mort de Schumann, la RTF proposa l’habile adaptation française due au compositeur Gustave Samazeuilh, également traducteur de <em>Tristan et Isolde</em>. Prix de Rome 1930, élève de Dukas et de Philippe Gaubert, <strong>Tony Aubin </strong>était un chef très respectable, qui dirige avec beaucoup d’énergie une partition dont la force dramatique n’est pas toujours le principal atout (et les coupures imposées n’arrangent rien : voir notamment celles qui amputent le troisième acte).</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/genevieve-ernest-et-berthe/">Geneviève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
