Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra ?
Dans le public, Eugène Onéguine au Capitole avec Ludovic Tézier et Cyrano de Bergerac au Théâtre du Châtelet avec Placido Domingo. Sur scène, à la tombée du rideau de la première de Mireille à l’Opéra de Metz. La joie d’avoir donné vie à ce rôle d’une grande difficulté entourée de l’équipe rêvée et
l’achèvement d’un travail de plusieurs années.
Mon pire souvenir sur scène ?
Dans La Rondine à l’Opéra de Nancy, nous avions des bougies prévues sur les tables de café à l’acte 2. Pour des questons de sécurité nous n’avions pas pu répéter avec les bougies allumées avant la Générale. La salle est pleine, et quand Rambaldo entre pour me demander de repartir avec lui, je dois me jeter de désespoir sur l’une des tables. Là, mes cheveux tombent dans la flamme. En voyant les réactions du public (cris et mouvements d’effroi), je réalise que j’ai pris feu. Je dois une fière « chandelle! » à mon collègue Marc Scoffoni qui m’a sauvé avec son manteau pour éteindre l’incendie capillaire… Je précise que je n’avais pas de perruque! José Cura à la baguette arrête l’orchestre à la fin de la phrase. Regards mutuels : « ça va? Oui oui ». Le spectacle s’est poursuivi…
Le chanteur du passé avec lequel j’aurais aimé me produire.
Jon Vickers… dans Otello de Verdi
La qualité que vous préférez chez un ténor ?
Sentir qu’il est au service de l’oeuvre
Celle que vous appréciez chez une soprano ?
Je croyais être la seule soprano !!!!
À part chanter, ce que j’ai dû faire de plus compliqué sur scène ?
Sur la même production des Pêcheurs de Perles, tout d’abord une scène nue puis, portant une robe longue en soie très glissante, j’ai dû escalader une vague figée de 8 mètres de haut avec la peur à chaque pas que la robe vienne sous mon pied et me fasse glisser. Je portais un harnais, si je lâchais l’effet aurait été raté. C’est presque arrivé à la dernière représentation, le ténor (Marc Laho) m’a rafrapée.
Votre principal trait de caractère ?
La franchise
Votre principal défaut ?
La franchise
Vos occupations favorites (à part chanter bien sûr) ?
Lire, monter à cheval, cuisiner pour ma famille
Votre idée du bonheur ?
Apprécier tous les petits bonheurs (une odeur, une lumière, une impression, une personne, un moment…)
Ce que vous détestez par dessus tout ?
Les gens qui se mentent à eux-mêmes et l’imprimé léopard
Votre truc contre le stress ?
Le yoga
Votre livre de chevet ?
Aujourd’hui, Brûlant Secret de Stefan Zweig et Moi, je fais l’histoire de la musique de Richard Strauss
Le livre que vous emportez sur une île déserte ?
Impossible de choisir, puis-je me faire livrer un container ?
Le livre/film qui a changé ma vie ?
Cyrano de Bergerac les 2, en pleine adolescence… la découverte de la puissance des mots
Mon plus grand moment de grâce face à une œuvre d’art.
Seule dans le musée du Belvédère à Vienne, le saisissement devant le petit tableau d’un bateau qui part dans la brume de Caspar David Friedrich.
Mon pire souvenir avec un chef ?
Proposition indécente et propos complètement déplacés en pleine répétition.
Un opéra dont j’aurais voulu être le créateur du rôle-titre ?
Tosca parce que c’est mon premier émoi opératique. Sur les conseils de mon professeur d’analyse musicale au lycée, j’ai emprunté le CD de Tosca (Karajan, Leontyne Price, Giuseppe di Stefano .. ) dans la bibliothèque familiale. Une fois retentis les premiers accords, je n’ai pu décrocher jusqu’à la dernière note…
Le chanteur du passé dont l’écoute m’a le plus appris ?
Beverly Sills et Mirella Freni
Le chanteur du présent que je trouve d’une générosité rare ?
Stéphanie D’Oustrac
Si j’étais un personnage de Disney ?
Vaïana
Le compositeur auquel j’ai envie de dire “mon cher, ta musique n’est pas pour moi” ?
Bach, mais je me réjouis de t’écouter
Ma personnalité historique préférée ?
Simone Veil
Le rôle que je ne chanterai plus jamais ?
Le Feu, le Rossignol dans L’Enfant et les Sortilèges de Ravel
Le dernier rôle que je voudrais chanter ?
Tosca
Comment je voudrais mourir ?
Sans m’en apercevoir après une belle journée en compagnie de mes proches
Ma devise
Remède à ma charge mentale : il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions !


