Débuts enchanteurs pour Ambronay 2017

L'Orfeo - Ambronay

Par Fabrice Malkani | ven 15 Septembre 2017 | Imprimer

Pour son concert d’ouverture, le festival d’Ambronay a choisi cette année de donner L’Orfeo, belle manière de célébrer dans l’abbatiale le quatre-cent cinquantième anniversaire de Monteverdi. En familier des lieux, le chef argentin Leonardo García Alarcón fait entendre et comprendre, en dirigeant cette œuvre fondatrice, le thème fédérateur, « Vibrations : souffle », qui assurera à la programmation 2017 toute sa cohérence.

Alors que la même œuvre, donnée en majeure partie par les mêmes interprètes en juin à la Basilique de Saint-Denis, exaltait sa dimension théâtrale et spéculative à l’aide d’une mise en scène, de lumières et d’une imagerie qui avaient toute leur place dans cet autre lieu, c’est ici l’illusion confondante du naturel et de la simplicité qui prévaut, sans préjudice de l’efficacité dramatique. Avec les musiciens remarquables de la Cappella Mediterranea, la musique paraît consubstantielle aux murs et aux piliers de l’abbaye, le chant des solistes et du Chœur de Chambre de Namur s’élève, dans sa beauté, comme une évidence pour le public qui se trouve ainsi au cœur de la (re)création artistique. Au bonheur que procure cette subtile alchimie des sons s’ajoute celui de voir le plaisir des interprètes, leurs sourires, les regards qu’ils échangent – tout autant que la précision de leurs attaques, le raffinement et la concentration de leur jeu.


L’Orfeo, Ambronay 2017 © Bertrand Pichène

On ne peut que redire ici tout le bien que l’on pense des chanteurs, de la poignante Messagère, chantée par Giuseppina Bridelli, de la tendre Espérance et de la touchante Proserpine incarnées par Anna Reinhold comme des basses Konstantin Wolff et Salvo Vitale dans les rôles respectifs de Pluton et de Charon. Nicholas Schott, berger, esprit puis Écho, n’a rien perdu de sa fraîcheur et de son entrain. C’est ce soir Mariana Flores qui prête à Eurydice son tempérament et l’élégance de sa voix, tandis que l’on retrouve Valerio Contaldo en merveilleux Orfeo, expressif avec justesse dans le bonheur comme dans la douleur, tout ensemble pugnace et fragile. La parfaite homogénéité des sons et des voix, la pulsation constamment perceptible de cet ensemble vivant signent un grand moment de ce festival.

 

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