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	<title>Cardillac - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Cardillac - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>HINDEMITH, Cardillac — Florence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cardillac-florence-le-meilleur-orfevre-francais-a-florence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 May 2018 05:27:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voir Cardillac d’Hindemith a l’affiche d’un théâtre relève d’une forme d’audace. C’est d’autant plus délicieux, lorsque l’orfèvre serial killer jaloux et obsédé par ses œuvres au point de ne pouvoir s’en séparer, prend ses quartiers au Maggio Musicale de Florence, lui que le livret décrit comme créateur supérieur aux maîtres florentins. Cela n’aura pas suffit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Voir <em>Cardillac</em> d’Hindemith a l’affiche d’un théâtre relève d’une forme d’audace. C’est d’autant plus délicieux, lorsque l’orfèvre serial killer jaloux et obsédé par ses œuvres au point de ne pouvoir s’en séparer, prend ses quartiers au Maggio Musicale de Florence, lui que le livret décrit comme créateur supérieur aux maîtres florentins. Cela n’aura pas suffit à assurer une salle comble et ce malgré la présence en fosse de <strong>Fabio Luisi</strong>, de <strong>Martin Gantner </strong>dans le rôle titre ou encore de <strong>Jennifer Larmore</strong> en Dame.</p>
<p>	Paris s’était essayé, sous le mandat de Gerard Mortier, à présenter <em>Cardillac</em> <a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/cardillac_bastille05.htm">dans une mise en scène classieuse et poétique de André Engel</a>. On retrouve la même volonté chez <strong>Valerio Binasco</strong> ici à Florence, la poésie en moins mais la transposition temporelle du même ordre dans un Paris des Années folles. Les scènes de rue révèlent une belle gestion du groupe des choristes, très actifs et personnages à part entière. Les scènes d’intérieur s’appuient sur un décor au réalisme méthodique : la chambre nuptiale de la Dame étouffe sous le duvet des coussins, un lit moelleux et rond trône en son centre cependant que les rideaux des embrasures de fenêtre se soulèvent d’une bise nocturne qui préfigure l’arrivée de l’amant (la ressemblance est ici très forte avec la production parisienne). L’atelier, à jardin, et l’appartement, à cours, de Cardillac sont séparés par un escalier. L’orfèvre reste dans son royaume, sa fille se morfond dans le sien. Enfin, quelques trouvailles simples de direction d’acteur racontent l’histoire de cette obsession maladive : Cardillac passe un sautoir au cou de sa fille pour en admirer l’ouvrage. Quelques minutes plus tard, quand celle-ci part préparer le dîner, il la retient. Elle s’attend à un geste tendre mais subit le geste brusque de son père qui lui ôte le bijou et lui tourne le dos, obnubilé par son art.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="219" src="/sites/default/files/styles/large/public/cardillac4.jpg?itok=d7FHyX9g" title="© Maggio Musicale Fiorentino" width="468" /><br />
	© Maggio Musicale Fiorentino</p>
<p dir="ltr">Espérons que cette mise en scène lisible et fluide ainsi que la qualité musicale fera bouche à oreille. Fabio Luisi, qui prend la direction du Mai musical cette saison, soigne des ambiances et des couleurs qui peignent les tableaux les uns après autres. Il installe son plateau dans un véritable chausson soyeux et cisèle le drame avec simplicité mais vigueur. La distribution tient parfaitement son rang. Certes la diction allemande du choeur et de quelques solistes est à parfaire. Ce n’est pas le cas de Jennifer Larmore aussi bien-disante qu’en voix, dans un numéro de grande dame séductrice sur le retour. <strong>Johannes Chum</strong>, son cavalier, possède ce qu’il faut de lumière dans le timbre pour donner corps à l’amant rongé par le désir et excité par la peur de la malédiction des bijoux de l’orfèvre. <strong>Ferdinand von Bothmer</strong> propose un officier volontaire dont la puissance vocale épouse le caractère ombrageux du jeune militaire près à défier le père pour ravir la fille. Il résiste avec style aux assauts de l’orchestre dans les parties les plus tendues. <strong>Gun-Brit Barkmin</strong>, solide soprano entendue un peu partout en Chrysothémis, se voit chahutée plus d’une fois, et concède quelques aigus trop bas. Le timbre un rien acide et le peu de nuances dans le chant n’aident pas au portrait de la jeune fille, éprise de son père et qui ne parvient pas à couper le cordon. Mais le jeu scénique rattrappe ce que la voix ne sait dépeindre. Enfin, <strong>Martin Gantne</strong>r effectue une prise de rôle remarquable dans le rôle de l’assassin orfèvre. Silhouette inquiétante pendant tout le premier acte, le chant ne le sera pas moins grâce à un métal sombre et une vaillance à toute épreuve.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>HINDEMITH, Cardillac — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/en-noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Hondermarck]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Oct 2010 06:12:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Créé en 1926 à Dresde, entré au répertoire de l’Opéra de Vienne l’année suivante, Cardillac est de ces (rares) œuvres du XXe siècle à la postérité plutôt heureuse. La création en fut assez houleuse pour assurer la publicité. Reprise à travers toute l’Allemagne et l’Autriche (trois mises en scène ont précédées à Vienne cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>	 </p>
<p>	Créé en 1926 à Dresde, entré au répertoire de l’Opéra de Vienne l’année suivante, <em>Cardillac</em> est de ces (rares) œuvres du XX<sup>e</sup> siècle à la postérité plutôt heureuse. La création en fut assez houleuse pour assurer la publicité. Reprise à travers toute l’Allemagne et l’Autriche (trois mises en scène ont précédées à Vienne cette nouvelle production : 1927, 1964, 1994), l’œuvre connut une belle carrière en Angleterre et aux Etats-Unis… Et l’on comprend aisément ce succès : avec <em>Cardillac</em>, (comme avec son autre œuvre majeure : <em>Mathis der Maler</em>), <strong>Hindemith</strong> propose une intrigue condensée, à la structure presque classique – on devine airs, duos, trios –, et dont la musique refuse le dodécaphonisme absolu. Ses détracteurs les plus modernes le qualifiaient de « néoclassique » : c’était faux. La partition est souvent fort intéressante ; et Hindemith introduit quelque chose de tout à fait nouveau dans l’opéra de son temps, qu’il résume dans son concept de musique utilitaire (« Gebrauchsmusik »). Le sentiment ou l’émotion ne doivent plus être au cœur de l’écriture musicale : le drame se suffit à lui-même, il passe sur les personnages sans les atteindre.</p>
<p>	 </p>
<p>	Il est donc en un sens paradoxal que le cinéma expressionniste allemand (par ailleurs contemporain de l’ouvrage) ait servi de point de départ à la mise en scène de <strong>Sven-Eric Bechtolf</strong>. Transformé en <em>M le maudit</em>, l’orfèvre du roi Cardillac (qui aime tellement ses œuvres qu’il n’hésite pas à tuer ceux qui oseraient les lui acheter) évolue dans un Paris abstrait de noir et de blanc, et y croise pêle-mêle un <em>Nosferatu</em> plus vrai que nature, les héros de <em>L’aurore</em> de Murnau, et dans un autre style quelques membres de la <em>Famille Adams</em>. Mais ce choix d’un expressionisme qu’exécrait Hindemith se révèle finalement judicieux. En signifiant à quel point chacun des protagonistes est figé dans un rôle, adoptant des postures cinématographiques outrancières et stéréotypées, la mise en scène réussit à montrer le caractère profondément déshumanisé et pessimiste de l’œuvre. Une prouesse ! A l’heure de la mort, c’est à ses bijoux et à eux seulement que vont les pensées de Cardillac.</p>
<p>	 </p>
<p>	Difficile dans ce cadre pour les chanteurs de montrer leurs qualités propres. Hindemith pense tout de même à son public, et concède à la noirceur de l’ensemble deux interventions féminines lumineuses. Celle de la « dame » d’abord (Cardillac mis à part, aucun rôle n’est explicitement nommé), qui livre un superbe solo au premier acte. La très wagnérienne et tragique <strong>Ildiko Raimondi</strong> s’en accommode parfaitement, avec tout ce qu’il faut de candeur, voire de naïveté dans ce court rôle. <strong>Juliane Banse</strong> se hisse au même niveau dans le rôle difficile de la fille de Cardillac. Tiraillée entre son amour du père et son engagement auprès de l’officier, elle évolue sur scène comme une bête apeurée. La voix, éthérée, gracile – mais parfaitement soutenue – exprime à merveille les contradictions du personnage.</p>
<p>	 </p>
<p>	Chez les hommes, <strong>Juha Uusitalo</strong> s’essoufle en deuxième partie de spectacle. Il faut dire que la partition est tout sauf clémente pour le rôle-titre : les phrases sont longues, les pauses rares, les monologues nombreux. On aurait également aimé un peu plus de cynisme dans la construction de son personnage : attendons d’entendre son prochain Wotan dans le <em>Ring </em>ici-même – ou bien dans <em>Siegfried</em> à Paris – pour un jugement plus formel. Les deux prétendants, l’officier et le cavalier, sont solidement assumés, respectivement par le très ovationné <strong>Herbert Lippert</strong> et par le non moins méritant <strong>Matthias Klink</strong>. </p>
<p>	 </p>
<p>	La formation relativement restreinte exigée par Hindemith est emmenée d’une main ferme par le nouveau « Generalmusikdirektor » de la maison, <strong>Franz Welser-Möst</strong>, que l’on avait déjà vu à son aise dans un très beau <em>Tannhaüser</em> en début de saison. La densité extrême de la partition est parfaitement rendue, avec une belle précision (parfois presque chirurgicale). La pantomime de l’acte I permet au flûtiste de réaliser ses fugues les plus réussies. Outre la qualité des interventions solistes dans cet orchestre, saluons les mérites du chœur : figurant la foule de Paris dans ce qu’elle a de plus terrifiant, il est le dernier acteur de ce drame des années 20 en noir et blanc.</p>
<p>	 </p>
<p>	<strong>Maximilien Hondermarck</strong></p>
<p>	 </p>
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