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	<title>Claude - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Claude - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Robert Badinter, le librettiste</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/robert-badinter-le-librettiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Robert Badinter, décédé dans la nuit du 8 au 9 février, aimait la musique et l&#8217;opéra. Il vénérait Bach, aurait pris sur une île déserte tel opéra de Mozart &#8211; Così &#8211; ou de Strauss. Il aimait sans doute plus encore Victor Hugo. On discerne aisément ce que l&#8217;auteur de l&#8217;Abolition devait à celui du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Robert Badinter, décédé dans la nuit du 8 au 9 février, aimait la musique et l&rsquo;opéra. Il vénérait Bach, aurait pris sur une île déserte tel opéra de Mozart &#8211; Così &#8211; ou de Strauss. Il aimait sans doute plus encore Victor Hugo. On discerne aisément ce que l&rsquo;auteur de <em>l&rsquo;Abolition</em> devait à celui du <em>Dernier jour d&rsquo;un condamné</em> dans son engagement contre la peine de mort, comme on n&rsquo;a pas de mal à comprendre l&rsquo;écho qu&rsquo;a pu avoir sur l&rsquo;avocat l&rsquo;histoire de <em>Claude Gueux</em> qu&rsquo;Hugo écrit peu après le précédent. Badinter en tirera un livret d&rsquo;opéra que Thierry Escaich mettra en musique pour l&rsquo;Opéra de Lyon, la ville des canuts qui se trouvent au coeur de l&rsquo;oeuvre. Un prologue, seize scènes, un épilogue, <em>Claude</em> concentre les grands combats de l&rsquo;ancien Garde des Sceaux pour la justice, le droit, l&rsquo;humanisme, contre l&rsquo;arbitraire et la barbarie. Une oeuvre puissante venue couronner une vie de combats et créée en mars 2013. Elle donne un écho particulier à une phrase qui rassemble aujourd&rsquo;hui ces deux passionnés qui ont inscrit dans la durée de toute une vie leurs idéaux moraux et qu&rsquo;on lit dans <em>Claude Gueux</em> : « La patience est faite d&rsquo;espérance ».</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Interview Qobuz : Robert Badinter et Thierry Escaich parlent de l&#039;opéra &quot;Claude&quot;" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/17bDNX0ZokM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<item>
		<title>Claude &#8211; Escaich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/claude-escaich-un-chant-damour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2015 05:42:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour Michel Foucault, dans l’incipit de Surveiller et punir, le système carcéral s’est constitué, des siècles durant, dans l’idée qu’« [i]l est juste qu’un condamné souffre physiquement plus que les autres hommes ». La médiatisation de la prison des Baumettes à Marseille en 2012 rappelle que la question des conditions de détention des prisonniers demeure encore brûlante. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Pour Michel Foucault, dans l’incipit de <em>Surveiller et punir</em>, le système carcéral s’est constitué, des siècles durant, dans l’idée qu’<em>« </em><em>[i</em><em>]l est juste qu’un condamné souffre physiquement plus que les autres hommes »</em>. La médiatisation de la prison des Baumettes à Marseille en 2012 rappelle que la question des conditions de détention des prisonniers demeure encore brûlante. Ce n’est pas tout à fait un hasard si <strong>Robert Badinter</strong>, ancien garde des Sceaux, détracteur de la peine de mort qu’il a incliné à faire abolir en 1981, s’est intéressé au personnage de Claude Gueux dans le roman éponyme de Victor Hugo, un homme condamné et révolté entre quatre murs.</p>
<p class="rtejustify">Immortalisant la création de <em style="line-height: 1.5;">Claude</em>, le 27 mars 2013 (<a href="http://www.forumopera.com/spectacle/la-justice-saisie-par-lopera">voir le compte-rendu</a>), fruit d’une collaboration féconde entre Robert Badinter, librettiste pour l’occasion, et le compositeur et organiste <strong style="line-height: 1.5;">Thierry Escaich</strong>, ce DVD témoigne de la réussite de cet opéra qui tient tout d’abord à la mise en scène magistrale d’<strong style="line-height: 1.5;">Olivier Py</strong>. Celui-ci a en effet su rendre avec intelligence et ingéniosité toute la dureté et la froideur de l’enfer carcéral dans lequel les personnages, victimes ou bourreaux, sont réduits à leur état d’humanité primitive. Les plans d’ensemble nous permettent d’observer les allers retours incessants des détenus dans leurs cellules ainsi que des bêtes en cage, et les structures métalliques tout comme les lumières blanchâtres de <strong style="line-height: 1.5;">Bertrand Killy</strong> achèvent de nous plonger dans une ambiance austère et suffocante. Pour Robert Badinter, la prison est elle-même un personnage à part entière, monstre qui engloutit et détruit les prisonniers comme la mine avaleuse d’hommes du <em style="line-height: 1.5;">Germinal</em> de Zola.</p>
<p class="rtejustify">La captation permet de considérablement dramatiser le spectacle et offre l’avantage de nous faire voir de plus près le jeu bluffant de <strong style="line-height: 1.5;">Jean-Sébastien Bou</strong> qui interprète le rôle principal de Claude. Servi par la vraisemblance d’une réalisation qui plus est élégante, le baryton livre une interprétation d&rsquo;une densité remarquable qui n’a d’égal que sa diction, parfaitement intelligible. Si Hugo décrivait le personnage d’Albin comme un <em style="line-height: 1.5;">« jeune homme pâle, blanc, faible »</em>, <strong>Rodrigo Ferreira</strong>, ce contre-ténor à la voix éthérée, conserve de ce portrait une attachante fragilité. A travers un cadrage subtil, le tableau de la complicité de Claude et Albin possède la tendresse d’une <em style="line-height: 1.5;">pieta</em> avant de se mouvoir en un chant d’amour genétien. Enfin, l’apparition en travelling avant de <strong style="line-height: 1.5;">Jean-Philippe Lafont </strong>en Directeur est formidable, au sens étymologique du terme, et, vu de près, le chant brutal qui anime son visage de tortionnaire inspire véritablement l’effroi. On regrettera cependant la diction imparfaite de certains interprètes non francophones, comme <strong>Philip Sheffield</strong> qui interprète le Deuxième personnage, ainsi que la moindre qualité du livret en regard de la musique, comme souvent dans l&rsquo;opéra en vérité.</p>
<p class="rtejustify">En arrière-plan, le chœur et les voix qui s’en détachent émettent un chant d’espoir irréel que Claude, rongé par la faim, semble entendre dans un accès de fièvre. Sous la baguette de <strong style="font-size: 14px; line-height: 21px; text-align: justify;">Jérémie Rohrer</strong>, la musique de Thierry Escaich, inquiétante et sourde à la fois, s&rsquo;entremêle ainsi d&rsquo;instants de grâce où se retrouve la verve moralisatrice et humaniste de Victor Hugo : <em>« Cette tête de l&rsquo;homme du peuple, cultivez-là, défrichez-là, arrosez-là, fécondez-là, éclairez-là, moralisez-là, utilisez-là : vous n&rsquo;aurez pas besoin de la couper »</em>.</p>
<p class="rtejustify"> </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/FCjOFs1ydPg?rel=0" width="560"></iframe></p>
<p><strong><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00TOTNZM8/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B00TOTNZM8&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21&amp;linkId=5K4XIH4ZSAGSEVTV">Commander ce DVD Claude / Thierry Escaich</a></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>ESCAICH, Claude — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-justice-saisie-par-lopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 18:09:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Événement attendu de la saison 2012-2013, commande du directeur de l’Opéra de Lyon, Serge Dorny, la création de Claude mercredi 27 mars réunissait d’emblée trois atouts majeurs qui ont fait de cette soirée un grand moment de la création contemporaine : le livret de Robert Badinter d’après Claude Gueux (1834) de Victor Hugo, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Événement attendu de la saison 2012-2013, commande du directeur de l’Opéra de Lyon, Serge Dorny, la création de <em>Claude</em> mercredi 27 mars réunissait d’emblée trois atouts majeurs qui ont fait de cette soirée un grand moment de la création contemporaine : le livret de Robert Badinter d’après <em>Claude Gueux</em> (1834) de Victor Hugo, la musique de Thierry Escaich, la mise en scène d’Olivier Py. La représentation bénéficie de la direction sensible et inspirée de <strong>Jérémie Rhorer</strong>, de la qualité des musiciens et des Chœurs de l’Opéra de Lyon, de l’implication de chaque instant des chanteurs. Opéra engagé, <em>Claude </em>réalise sur la scène lyrique ce qui fut le combat d’un homme politique majeur de notre époque – l’abolition de la peine de mort mais aussi la dénonciation constante des conditions dégradantes de la détention pénitentiaire – en lui donnant une résonance universelle. Le livret de Robert Badinter, désireux de donner à voir et à entendre « la justice saisie par l’opéra » (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4722&amp;cntnt01returnid=34">notre brève</a>), est fondé à la fois sur l’œuvre de Victor Hugo, sur l’étude du dossier de Claude Gueux et sur la connaissance intime qu’a l’ancien Garde des Sceaux de la machine judiciaire et de l’appareil carcéral. Il fait preuve aussi d’un sens dramatique sûr et repose sur des contrastes et des situations propres à susciter l’adhésion, voire l’empathie du public.</p>
<p>			Claude, devenu ici un canut lyonnais incarcéré pour avoir participé à l’édification de barricades, est enfermé à la prison de Clairvaux où il se distingue par sa force et son sens de la justice. Son charisme lui vaut l’admiration des autres prisonniers, le don de pain et d’amour d’un co-détenu, Albin, qu’il protège de la brutalité de ses compagnons, et la haine du directeur, qui le sépare de celui qu’il aime. Après l’avoir supplié en vain de retrouver Albin, Claude décide de tuer le directeur et de se tuer ensuite. Échouant à mettre fin lui-même à ses jours, il est jugé et condamné à mort.</p>
<p>			L’émotion est présente à tous les niveaux : par les paroles du livret faisant alterner les langages et les affects (Hugo y côtoie entre autres une évocation de la Chanson du Galérien), par les images de la superbe mise en scène d’<strong>Olivier Py</strong> dans les décors de <strong>Pierre-André Weitz</strong>. On pense plus d’une fois à <em>Wozzeck</em> pour la puissance de l’évocation de la misère, de l’injustice et de la révolte. La musique de Thierry Escaich parle immédiatement à tous, elle est accessible, d’apparence simple, illustrative, quasi cinématographique dans sa fluidité et ses effets (ainsi l’utilisation de la harpe ou de l’orgue). Ce qui n’empêche pas l’œuvre d’être aussi un opéra d’idées – la prison de Clairvaux, que le librettiste a tenu à faire visiter au compositeur et au metteur en scène, devient ainsi, en quelque sorte, le personnage principal de l’œuvre. Les structures mobiles, la façade de cellules aux lits de fer, le travail des prisonniers figurés par une roue qui passe de main en main, portant en son centre une croix, leur force physique utilisée à mouvoir le bloc de la prison par des poignées, comme des galériens, sont autant d’images fortes qui accompagnent sans redondance le texte et la musique. L’abstraction est aussi présente dans la présence initiale des trois personnages – évoquant des Parques masculines ou les juges des enfers – ou dans le procès stylisé qui conclut l’opéra. Olivier Py y superpose de très belles images, non prévues dans le livret, telle cette Ballerine (évoquant le personnage de la Petite Fille) en blanc, dansant sur ses pointes devant la guillotine placée au fond de la scène tandis que tombe une pluie de flocons, ou encore cette conclusion qui voit Claude assis manger à satiété le pain dont il a manqué presque toute sa vie.</p>
<p>			Dans le rôle écrasant de Claude, le baryton <strong>Jean-Sébastien Bou </strong>est en tous points remarquable. Vocalement d’abord, par l’ampleur de sa voix et la chaleur de son timbre qui exprime également l’intensité du désespoir. Scéniquement aussi, investi tout entier dans la violence dont il est victime et dans celle qui l’anime contre ses geôliers, ne se ménageant à aucun moment dans des scènes d’une rare intensité physique. Dans ce rôle de composition (bien éloigné du Gardefeu de <em>La Vie parisienne</em> vue en ce même lieu à l’automne 2011), il réussit parfaitement à exprimer la force qui émane d’un être inculte et en même temps d’une grande sensibilité. Sa tessiture de baryton le met sur un pied d’égalité avec le directeur de la prison et souligne mieux ce qui les sépare. Ce dernier est incarné par <strong>Jean-Philippe Lafont</strong>, parfait dans ce rôle monolithique, dont la partie chantée ou parlée tient du grommellement et de l’invective (voilà qui change du rôle-titre du <em>Roi Pausole</em> donné à Genève !). L’affrontement entre ces deux-là est au cœur de la question centrale justice/injustice.<br />
			Pour le personnage d’Albin, le contre-ténor <strong>Rodrigo Ferreira </strong>compose un être fragile mais capable de révolte, dont la voix insuffisamment affirmée peut passer au début pour une interprétation de l’état de faiblesse dans lequel il se trouve. Le rôle – pour lequel avait été annoncé l’année dernière le sopraniste Fabrice di Falco – gagnerait en conviction avec plus de puissance vocale et une meilleure articulation.<br />
			Les seconds rôles sont de grande qualité : mentionnons tout particulièrement <strong>Laurent Alvaro</strong> en Surveillant général (et Entrepreneur) et <strong>Rémy Mathieu </strong>en Premier personnage (et Premier surveillant) au timbre clair et à la diction impeccable.<br />
			 <br />
			Il est vrai que l’écriture vocale ne ménage pas d’airs : ni aria ni duos ni véritables ensembles – il y a là un contraste assez saisissant, d’ailleurs, entre la musique, très lyrique, et le chant, qui s’apparente davantage à une sorte de récitatif. Peut-on composer du beau chant sur un tel sujet ? L’absence de chant lyrique est-elle l’expression de la privation d’humanité des personnages de l’œuvre ? Même les textes de Victor Hugo, chantés par le chœur, le sont de manière si brutale et précipitée qu’ils ne sont pas intégralement compréhensibles. Faut-il y voir aussi le signe de la difficulté à percevoir cette parole dans ce contexte étouffant, qui se conclut sur la phrase ambivalente du Premier Personnage : « Une fois la justice en marche, qui aurait pu l’arrêter ? ».</p>
<p>			Les spectateurs manifestent unaninement leur enthousiasme. Moment d’émotion dans la salle lorsque Robert Badinter se lève pour applaudir les artistes : à l’admiration du public pour un spectacle qui émeut et donne à réfléchir se mêle le sentiment de vivre un moment historique.</p>
<p>			 </p>
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