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	<title>Falstaff - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<title>Falstaff - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>d&#8217;après VERDI, Falstaff, les joyeux joujoux de Windsor &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dapres-verdi-falstaff-les-joyeux-joujoux-de-windsor-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est sur ces paroles, librement traduites en français, que s’achève ce singulier Falstaff. Depuis le Théâtre de la Foire, les XVIIIe et XIXe siècles pratiquèrent intensément les parodies d’opéras. Le public populaire riait au détournement facétieux des ouvrages les plus sérieux, réduits à la farce.  Cet opéra participatif, pour petits et grands, sous-titré « Les joyeux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est sur ces paroles, librement traduites en français, que s’achève ce singulier <em>Falstaff</em>. Depuis le Théâtre de la Foire, les XVIIIe et XIXe siècles pratiquèrent intensément les parodies d’opéras. Le public populaire riait au détournement facétieux des ouvrages les plus sérieux, réduits à la farce.  Cet opéra participatif, pour petits et grands, sous-titré « Les joyeux joujoux de Windsor » (1), en rejoint l’esprit. Il a subi un régime amincissant (2), puisque sa durée a été ramenée à 1h 10, soit à peu près la moitié de l’habituelle version. L’intrigue a été transportée dans le monde des jouets. Depuis la poupée mécanique, chère aux romantiques, jusque <em>Casse-noisette</em> et sa descendance, l’opéra et le ballet ont intégré cette dimension ludique et souriante. Tous les acteurs sont supposés être des automates. Falstaff, autrefois le jouet préféré de la famille se sent délaissé et « veut reconquérir le cœur des enfants ». Avec la même lettre écrite aux deux nouvelles poupées, Alice et Meg, s’amorce l’action. Ainsi, avec ses complices Bardolfo et Pistola, comme avec le Dr Caïus et Ford, l’action rejoindra-t-elle la trame originale, avec des textes français, et six interventions chantées du public. Avant le lever du rideau, celui-ci était convié à répéter ou apprendre ces six pièces, et une centaine de personnes étaient rassemblées pour la circonstance, dispersées dans la salle. Arrivé avec un bon quart d’heure de retard à la répétition (2), quelles n’ont pas été ma surprise et mon admiration : elle était conduite avec sourire et efficacité et les fruits en paraissaient évidents, l’enthousiasme des jeunes (et moins jeunes), manifeste, promettait.</p>
<p>L’orchestre a pris place, nourri, mais réduit (les vents à un par pupitre, avec un saxophone baryton). Apparait alors devant le rideau de scène une figure clownesque de Super Mario (qui se révèlera être Pistola) désopilante, colorée, bientôt rejointe par son double (ou contraire si l’on en juge au costume), Bardolfo (voix de soprano, à moustaches, puisque le rôle est nomalement dévolu à un ténor). Leur numéro, hilarant, leste, introduit l’ouvrage et lui donne sa dimension : une farce. <strong>Carlo Merico</strong> et <strong>Jasmine Monti</strong> se révèleront ensuite comme de remarquables chanteurs. Chacune de leurs apparitions sera bienvenue. Le décor figure une chambre d’enfant, où les jouets, colorés à souhait, arborent des tenues cocasses, très caractérisées, du costume aux coiffures (les nattes de Mrs Quickly, la perruque blonde de Fenton). Falstaff est sans doute parent lointain d’Obélix, ne serait-ce que par la bedaine, Alice a des traits communs avec Barbie&#8230; La référence à l’enfance est constante. Le seul handicap visuel réside dans le caractère indigent des décors, indignes d’une scène lyrique. Le jeu des chanteurs est inégal : si Bardolfo et Pistoia s’y montrent très professionnels, la distribution française paraît en retrait, quelque peu convenue.</p>
<p>Le travail de réduction orchestrale, et d’assemblage cohérent n’appelle que des éloges. L’amoureux de l’ouvrage original y retrouve sans peine les moments-clés, dans l’ordre dramatique initial. Les assemblages sont réalisés de façon fluide et efficace, y compris les incises du chœur formé par le public. L’orchestre, conduit par <strong>Frédéric Rouillon</strong> traduit fidèlement la partition, et même réduite, l’écriture en est sauve. Les bois s’y montrent colorés, véloces et parfaitement en place.  Un grand bravo pour la fugue finale, si complexe, au final de laquelle prend part le public (« Dans la farine »).</p>
<p>Le parti-pris bouffon a certainement infléchi l’approche vocale des solistes, les privant d’une partie de la richesse de leur personnage. <strong>Nicolas Rigas</strong> s’empare du rôle dont la dimension bouffe lui convient. S’il n’a pas toute la truculence attendue, et que l’aspect pathétique est délibérément gommé (ce sont des joujoux…) il faut préciser que c’était Florent Karrer qui avait été distribué à l’origine. Notre Ford, <strong>Samuel Namotte</strong>, superman de circonstance, a la voix sonore, bien projetée, parfois instable, mais dans ce contexte, là n’est pas l’essentiel. Son dialogue avec Pistola, puis avec Falstaff, travesti en Monsieur Fontaine, son monologue « est-un rêve ou la réalité » sont de bonne tenue. Fenton, épris de Nannetta, exprime bien sa sensibilité. La voix de <strong>Blaise Rantoanina </strong>séduit toujours et son sonnet amoureux est un des moments vocaux les plus appréciés. <strong>Julien</strong> <strong>Desplantes</strong>, artiste du chœur, nous vaut un Caius qui a de la prestance, s’acquittant fort bien de ce rôle ingrat. Alice, la rusée, est <strong>Charlotte Bonnet</strong>, fraîche, piquante, aux jolis aigus. Ravissante lorsqu’elle entraîne Fenton derrière le paravent. Mais comment croire un instant que Nannetta est sa fille ? Ce sera là la seule réserve à l’endroit de<strong> Raphaële Andrieu</strong>, dont le chant traduit une maturité réjouissante, mais un peu hors-sujet. Pris hors contexte son air de la reine des Fées est fort beau. Une Mrs Quickly de luxe,<strong> Marie Gautrot</strong>, dont l’assurance vocale et comique est constante. La voix est ample, aux graves solides, sans la vulgarité affectée de certaines interprètes. Ses généreuses tresses rousses trouvent leur pendant blond chez Meg (<strong>Clélia Moreau</strong>), que le livret et la partition placent un peu en retrait. On a dit tout le bien que l’on pensait du jeu de<strong> Jasmine Monti</strong>, Bardolfo cocasse. Le chant s’accorde idéalement au personnage et au jeu collectif, dès les premières répliques. Les mêmes observations valent pour son comparse Pistola, <strong>Carlo Merico,</strong> joli baryton.</p>
<p>Au final, une matinée dont on sort partagé, réductrice par son approche, qui fleure bon la comédie musicale, et sa destination. Certes, la proposition méritait d’être retenue, et le plaisir des auditeurs était visible. Cependant, on en mesure les limites : le sourire, même ponctuellement teinté de tendresse, ne suffit pas à qui connaît son <em>Falstaff</em>. La proposition aura-t-elle participé du renouvellement des publics et de la transmission des répertoires ? C’est tout ce qu’on espère.</p>
<ol>
<li>
<pre>1. Judicieux rappel de l’ouvrage de Shakespeare qui fournit le plus de matière au livret (<em>Les joyeuses commères de Windsor</em>).. 
2. L’arrangement dramaturgique est signé Andrea Piazza, celui de la musique étant dû à Massimo Fiocchi Malaspina.. 
3. Mon TER ayant été purement et simplement supprimé au dernier moment, il m’a fallu prendre le train (de la répétition) en marche,</pre>
</li>
</ol>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un Falstaff est toujours prometteur d’émotions et tout semblait réuni pour une soirée riche en bonheurs : un chef aguerri, fin connaisseur de l’ouvrage, une distribution sans réelle faiblesse, un vrai travail de troupe. C’était compter sans l’imagination décoiffante de la mise en scène illisible, déjantée, dérisoire et superficielle, de David Hermann, dont les partis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un <em>Falstaff </em>est toujours prometteur d’émotions et tout semblait réuni pour une soirée riche en bonheurs : un chef aguerri, fin connaisseur de l’ouvrage, une distribution sans réelle faiblesse, un vrai travail de troupe. C’était compter sans l’imagination décoiffante de la mise en scène illisible, déjantée, dérisoire et superficielle, de <strong>David Hermann</strong>, dont les partis pris trahissent le livret comme la partition, les privant d’une large part de leur efficacité dramatique. L’ingéniosité est manifeste à la découverte d’un décor, délibérément laid, le reste à l’avenant. L’emboitage de structures de panneaux de particules figurant le pied d’un immeuble d’habitations dont chaque loggia comporte son antenne parabolique est astucieux. Recto, un kébab, dont le comptoir et l’armoire frigorifique garnie de cannettes de sodas nourriront l’ivresse de nos (supposés) joyeux compères, verso l’appartement cossu des Ford, traversant, avec bibliothèque au premier et salon au rez-de-chaussée, cuisine surplombant le kébab. De sa fenêtre seront jetés des sacs d’ordures ménagères. Sur la gauche du comptoir, une poubelle où les buveurs se soulageront (le <em>vomitorium</em> antique). Côté cour, une Porsche de plâtre, qui signe la réussite professionnelle de Ford. Une pièce d’eau, certainement une piscine (invisible des fauteuils d’orchestre) dans laquelle le pauvre Falstaff s’ébattra, et qui permettra l’apparition (réussie) de la Reine des fées. Le parc de Windsor, devant le kébab, le grand chêne de Herne, sont caricaturés, sans que cela fasse rire. A retenir cependant le costume de Falstaff, sorte de chamane d’Asie centrale, dont le dépouillement et les mauvais traitements rejoindront l’esprit de l’œuvre. Les assemblages des structures recomposées au fil des tableaux réalisent une véritable prouesse technique qui forcerait l’admiration si elle servait la proposition. « Il faut que cela semble simple, simple, simple » écrivait Verdi à Boito. Ce n’est pas le cas ce soir, et l’on ne trouve pas de réponse satisfaisante aux interrogations que suscite la production. Convenons qu’il est de plus en plus rare de voir <em>Falstaff</em> autrement que transposé, dans les cadres et les époques les plus variés, comme si l’ouvrage était promis à perdre sa crédibilité en trahissant pour l’essentiel la volonté du compositeur et du librettiste (1).</p>
<p>La direction d’acteur est remarquable, fouillée, affûtée, toute de vitalité et de verve et, même si le propos dérange pour le moins, il faut en reconnaître la virtuosité. Et, puisque l’on distribue les bons points (et les punitions ?), il faut commencer par souligner la complicité de chacun pour réaliser un travail de troupe, où les individualités (les femmes, comme les hommes) s’effacent au profit d’ensembles animés, toujours précis, alors que le rythme verbal est incroyablement rapide, et pas seulement dans la pétulance des commérages des quatre femmes. La complexité, la richesse des ensembles qui dominent la partition sont rendues avec justesse et efficacité, bravo !</p>
<p>La distribution, homogène, est sans faiblesse. <strong>Bruno Taddia</strong> campe un Falstaff jeune, séduisant, svelte, dépourvu de la bedaine – essentielle –,  virevoltant, a contrario du vieux briscard séducteur, truculent, amoureux de la vie et qui ne renonce à aucun de ses plaisirs. Ce Don Juan plus rossinien que verdien est vocalement irréprochable. La voix est sonore, colorée, agile, saine dans tous les registres y compris le falsetto. La ligne est châtiée, la diction limpide et soignée. Si l’on s’en tient aux apparences physiques des personnages, il est, avec Nannetta, celui dont la séduction serait propre aux conquêtes &#8230;  Pas plus que l’âge, la condition sociale, égal marqueur, n’est suggérée. Où sont la noblesse du hâbleur, vieillard pathétique et sublime, d’une drôlerie attendrissante ? L’ironie comme moyen d’exorciser le constat doux-amer de l’inéxorabilité du temps ? Ses deux monologues perdent ainsi leur force et leur vérité, quelles que soient les qualités du chanteur. <strong>Andrew Manea</strong> compose un Ford à l’avenant, un peu fruste d’expression, celle-ci certainement bridée par la mise en scène. Jaloux, colérique, manipulateur, cela reste superficiel, artificiel. N’aurait-il pas été bienvenu de rendre le cupide docteur Caïus un peu plus repoussant ? Le chant, assuré, de <strong>Yoann Le Lan </strong>est irréprochable, mais la comédie sent l’artifice.  Le duo Bardolfo, cocasse, (<strong>Loïc Félix)</strong>, et Pistola (<strong>David Shipley</strong>) fonctionne fort bien, les deux voix s&rsquo;accordant au jeu de nos compères.</p>
<p>Mrs Alice Ford, confiée à <strong>Angélique Boudeville</strong>, manque de fraîcheur et de piquant. La voix est belle, aux aigus ravissants, mais comment croire en cette rouée séductrice ? En Mrs Quickly,<strong> Kamelia Kader </strong>connaît bien son rôle, maintes fois chanté. Les graves sont solides, le timbre approprié. On recherche vainement sa drôlerie, sa vulgarité un peu grasse.  La Meg Page, réservée, discrète, de <strong>Marie Lenormand</strong>, est un peu en retrait. Portons à leur crédit la vitalité et la précision de leurs échanges, de leurs ensembles. <strong>Julia Muzychenko </strong>incarne la fille d’Alice, Nannetta. Son charme exquis, délicieux, sa voix fruitée, le timbre frais et velouté de son air du III (en Reine des Fées « Sul fil d’un soffio etesio ») , ses aigus filés, aériens, tout ravit. Son amoureux, Fenton, est <strong>Kevin Amiel</strong>, qui connaît bien le rôle.  Si son « Apriamo il paravento », au II, reste prudent, notre ténor trouve la poésie enjouée du « Dal labro il canto estasiata » qui ouvre le second tableau du III. Tous ses dialogues avec Nanetta sont savoureux.</p>
<p>On se souvient de l’extraordinaire vie que <strong>Michael Schønwandt</strong> donnait à l’ouvrage à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-paris-bastille/">Bastille</a>, en 24 . (2) Ce soir, l’orchestre national de Montpellier exulte sous la baguette de son ancien directeur musical, et on le comprend. Rien n’est plus difficile que de traduire l’ironie, l’humour d’une partition souvent chambriste, dont l’écoute sera un constant régal : la vitalité, la précision et la transparence du tissu orchestral fascinent, sous la baguette souple, incisive et inspirée du chef. La fluidité narrative – chaque mot trouvant son illustration instrumentale – le jeu des répliques, tout traduit à merveille le raffinement et la débauche d’énergie joyeuse et tendre d’une des plus belles partitions de tout le répertoire. Toujours préparés par Noëlle Gény, les chœurs réduits à n’intervenir qu’à deux reprises avant le magistral dernier tableau, se montrent exemplaires de cohésion, d’équilibre et de précision. Eux aussi sont galvanisés par leur ancien mentor. La périlleuse fugue finale « Tutto nel mondo è burla » est jubilatoire, parfaitement en place et fait oublier les déboires de cette réalisation qui convainc rarement.</p>
<p>Oublions cette banale comédie de boulevard, privée d’une large part d’humanité et de vérité de ses acteurs, pour n’en retenir que les interprètes, dont la direction est admirable d’intelligence et d’efficacité.</p>
<pre>(1) Marthaler à Salzbourg, dominé par la figure d’Orson Welles, Strehler situant l’action dans une ferme de la plaine du Pô, Langridge la plaçant dans l’Angleterre de l’entre-deux guerres, Podalydès entre asile et sanatorium... la liste pourrait être longue.

(2) Desservi par une distribution quelconque dont on n’a retenu que les noms de Marie-Nicole Lemieux et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur.</pre>
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		<item>
		<title>VERDI, Falstaff- Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Lille, Caen et Luxembourg, Marseille découvre ce Falstaff transposé au milieu du XXe siècle – à en juger par les costumes – par Denis Podalydès dans une structure hospitalière entre asile et sanatorium, ainsi qu’il le révèle dans la longue note d’intention. Comment lui est venue cette idée ? Il ne l’explique pas, alors faisons une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Lille, Caen et Luxembourg, Marseille découvre ce <em>Falstaff </em>transposé au milieu du XXe siècle – à en juger par les costumes – par <strong>Denis Podalydès</strong> dans une structure hospitalière entre asile et sanatorium, ainsi qu’il le révèle dans la longue note d’intention. Comment lui est venue cette idée ? Il ne l’explique pas, alors faisons une hypothèse : c’est le premier personnage qui la lui a inspirée, puisque Cajus est présenté comme « docteur ». Et le reste en découle : Ford, qui lui a promis sa fille, sera le chef du service dont Cajus est le pharmacien. Dans la même logique le vin réclamé par Falstaff est fourni en perfusion, celui-ci sera « shooté » avant l’opération destinée à le débarrasser de son obésité morbide et il aura ainsi des visions effrayantes avant de retrouver sa lucidité, délesté de ses kilos.</p>
<p>Reste la question : pourquoi Falstaff se trouve-t-il dans cette institution ? Y a-t-il été convoqué ou y est-il entré de son plein gré pour s’y soumettre à un traitement chirurgical ? C’est ce que suggère le spectacle, où on assistera à son éventration, les kilos surabondants prenant la forme d’un énorme ballon blanc, et Falstaff délivré de leur poids se mettra à danser tel un ludion. C’est spectaculaire, mais est-ce l’esprit de l’œuvre ? Jusqu’à la fin, Falstaff persévère dans son être, et si finalement il change, c’est contraint et forcé par les évidences qu’il ne voyait pas jusqu’alors. Ce que Falstaff perd, à la fin du <em>Falstaff</em> que Verdi et Boito ont signé, ce ne sont pas des kilos, mais ce qui faisait de lui une « enflure ». Pour que crève la bouffissure d’un narcissisme qui le rendait aveugle aux autres et donc incapable de comprendre comment ils le perçoivent, il faudra, outre les sévices du rendez-vous nocturne, qu’il découvre que ceux qu’il croyait dominer se moquent de lui. Cette mise en scène a-t-elle mis la leçon en évidence ? Nous n’en sommes pas convaincu.</p>
<p>De l’option de Denis Podalydès découle le décor unique et dépouillé conçu par <strong>Éric Ruf</strong>, que des accessoires – lits d’hôpital, tables, armoires-vestiaires, draps sur un étendoir – transforment en espaces divers, chambrée ou buanderie. Faut-il préciser que le pittoresque et la fantaisie des lieux prescrits – auberge de la Jarretière, intérieur bourgeois de Ford, forêt  hantée – font défaut ? Certes, le metteur en scène explique que ces noms correspondent à divers endroits de l’établissement, qu’ils seraient en somme une nomenclature propre aux résidents, mais visuellement c’est bien triste. Malgré le soin visible et constant apporté aux éclairages, le spectacle manque de couleurs, et ce ne sont pas les uniformes des commères – ici devenues infirmières – qui suffiront à l’égayer<strong>. </strong></p>
<p><strong>Christian</strong> <strong>Lacroix</strong>, quand il les habille en bourgeoises, semble s’être amusé à pasticher les robes fleuries de Patou ou la « Jolie Madame » de Balmain au début des années 1950, sans leur donner de véritable personnalité. Les hommes n’en ont pas davantage : quand ils ne portent pas la blouse de leur fonction, Ford et Cajus sont en costume trois pièces, Bardolfo et Pistola sont vêtus des pyjamas fournis par l’administration, comme aussi Falstaff avant qu’il ne revête la tenue de campagne du séducteur, le smoking, pour finir dans la blouse du patient avant la nudité de l’éventration fantasmée. Seul Fenton échappe à cette uniformité, sans que sa tenue dénote une excentricité particulière.</p>
<p>Heureusement, si la proposition ne nous a pas conquis, l’exécution musicale et vocale nous a comblé ! Dépassant encore sa lecture déjà si attentive à Parme le mois dernier, <strong>Michele Spotti </strong>nous éblouit par une précision constante qui détaille les moindres ciselures de cette partition-bijou. Verdi l’a sertie de joyaux mélodiques et harmoniques à profusion, de maintes autocitations d’une espiègle brièveté. La direction en épouse les contours capricants, laissant chanter le lyrisme et faisant cingler l’ironie, suivie amoureusement par un orchestre d’où jaillissent, croassent, susurrent, étincellent, les atours de l’ultime parade verdienne. Toute la science, tout l’humour, toute la tendresse du compositeur dans ce feu d’artifice, sont magistralement communiqués dans cette interprétation.</p>
<p>Ce bonheur musical sans mélange, car l’intensité sonore de la fosse ne nuit jamais au plateau, on le savoure grâce à une distribution sans faille. Certes, le Falstaff de <strong>Giulio Mastrototaro </strong>n’est pas le monstre que l’on peut souhaiter, ni scéniquement, malgré la prothèse de caoutchouc, ni vocalement car le timbre est clair. Mais le personnage est sans nul doute conforme aux souhaits du metteur en scène, qui veut un Falstaff sympathique ; la projection est bonne, aussi vigoureuse que nécessaire, l’extension suffisante, et la minutie de la mise au point du rôle se devine dans l’exacte caractérisation de chaque intervention, où chaque syllabe est ciselée. Du beau travail !</p>
<p>Malgré leurs tenues uniformes, <strong>Carl Ghazarossian </strong>et <strong>Frédéric Caton</strong>, respectivement Bardolfo et Pistola, tirent aisément leur épingle du jeu, tant vocalement que scéniquement grâce à leur solide métier. Privé du ridicule qui caractérise sa scène du premier acte, le Cajus de <strong>Raphaël Brémard </strong>campe le cadre dévoyé sous l’uniforme du bourgeois respectable d’une voix bien sonore. En chef de service cocaïnomane dépendant de son fournisseur et mari craignant de porter les cornes, <strong>Florian Sempey </strong>donne à entendre toute l’humanité de Ford dans le monologue où celui-ci exhale son désarroi, un air extraordinaire où Figaro croise Iago que le baryton magnifie.</p>
<p>Etranger à l’action sinon parce qu’il permettra à Alice de damer le pion à son mari l’amoureux Fenton est dévolu à <strong>Alberto Robert</strong>, un jeune ténor mexicain auquel sans être prophète on peut prédire un bel avenir, car il use de sa voix bien timbrée avec une musicalité exquise, et l’expressivité de son visage témoigne d’une aptitude évidente à l’interprétation théâtrale. Sa Nanetta n’est pas en reste : <strong>Hélène Carpentier </strong>lui confère un charme juvénile, une grâce scénique et une fraîcheur vocale qui rendent le personnage délicieux, et ensemble ces jeunes amoureux forment un couple vocal et scénique des plus séduisants. Elle ravit dans l’air de la reine des fées, d’une souplesse aérienne, et démontre depuis le début toute l’aisance scénique souhaitable.</p>
<p>Remarquable, voire sensationnelle la Meg d’ <strong>Héloïse Mas</strong>, qui donne au personnage féminin le moins étoffé une présence vocale et scénique délectable. Egale à elle-même bien que le personnage soit beaucoup plus sage qu’à Parme <strong>Teresa Iervolino </strong>confirme qu’elle est une grande Quickly sans assombrir ou forcer sa voix. Alice, enfin, la maîtresse femme révoltée avant la lettre contre le machisme, trouve dans la virtuosité de <strong>Salomé Jicia </strong>une interprète à même de faire briller le rôle de tous les ornements prévus, et désormais d’une désinvolture scénique complète, jusqu’à braver l’équilibre dans sa scène avec Falstaff. Ces trois commères confirmées et l’aspirante Nanette démontrent par ailleurs leur souplesse physique en se livrant à des évolutions dansantes volubiles comme leurs propos. Leurs ensembles sont une successions de délices, où la fusion des timbres et la complexité des alliances enchantent. On a admiré évidemment la complexité des enchevêtrements vocaux masculins et féminins du premier acte. On savoure celui de la fugue finale malgré un léger flottement, peut-être dû à la complexité du mouvement scénique auquel les artistes du chœur ont participé pleinement. Aux saluts le succès est tel qu’il semble déconcerter un temps le directeur de l’Opéra. Aimez-vous la musique de Falstaff ? Encore trois représentations !</p>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-parme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=201793</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette édition 2025 du festival Verdi reprend une production de Falstaff créée sur la même scène du Teatro Regio en 2017 dans une mise en scène de Jacopo Spirei et les décors de Nikolaus Webern. Trois ans avant le Brexit, elle proposait une vision de l’Angleterre contemporaine où, pour reprendre une formule familière, « tout f…le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette édition 2025 du festival Verdi reprend une production de <em>Falstaff </em>créée sur la même scène du Teatro Regio en 2017 dans une mise en scène de <strong>Jacopo Spirei </strong>et les décors de <strong>Nikolaus Webern</strong>. Trois ans avant le Brexit, elle proposait une vision de l’Angleterre contemporaine où, pour reprendre une formule familière, « tout f…le camp ». L’ Union Jack s’affiche en guise de rideau de scène, mais ses couleurs sont passées et les traces bien visibles montrent que ce symbole de la grandeur britannique a servi plusieurs fois de nappe. Où cela ? Peut-être dans cette arrière-salle sordide, où contre la paroi du fond une photographie de la reine Elizabeth surmonte le laisser-aller et probablement la crasse, comme les mimiques de Quickly l’indiqueront pendant son ambassade.  Auprès d’une table flanquée de piles de vaisselle sale roupille sur une chaise un vieil homme obèse. A ses pieds, mais on ne les verra que lorsqu’ils bondiront, peut-être pour éviter un coup de pied, deux escogriffes, vraisemblablement deux écornifleurs, vêtus au « décrochez-moi-ça ». Mais ils semblent les chiens de garde de Falstaff, auquel un bourgeois énervé reproche avec véhémence de l’avoir maltraité, avant de les accuser de l’avoir volé après l’avoir fait boire. Falstaff le traite par le mépris et il promet de se venger. Ce n’est autre que l’étriqué Docteur ( titre ou qualité ?) Cajus.</p>
<p>Il trébuche, le sol est inégal, mais son ivresse n’est pas responsable : rien ne va droit, on s’en rendra compte aussi en découvrant la rue dans laquelle vivent les Commères où les maisons ont encore grand air mais semblent pencher du côté où elles vont tomber, vision surréaliste et cependant significative d’un état du monde, de ce monde. Cette option, outre son charme et sa pertinence, a sa fonctionnalité : il suffira d’abord d’ouvrir une façade pour faire de la demeure victorienne de Ford le lieu de rendez-vous des commères, et ensuite d’ajouter de la verdure au dernier acte pour transformer cet espace urbain en jungle où le piège sera tendu. Cet espace, au début, c’est celui où se réunissent les adolescents qui découvrent l’amour, tourmenté pour une jeune fille qui semble épier quelqu’un qui ne la recherche pas, commenté par ceux qui chuchotent à la vue d’un couple. Ils ont évidemment leurs téléphones et en usent à qui mieux mieux, et c’est ainsi que Fenton et Nanetta se donnent rendez-vous. Tout cela est fait avec une rapidité gracieuse si bien que cela n’a rien de pesant ou de lassant.</p>
<p>Ajoutons que les costumes de <strong>Silvia Aymonino</strong> proposent un éventail pittoresque qui va du négligé initial pour Falstaff au complet bleu qu’il revêt pour son entreprise galante, en passant par la tenue conformiste de Ford, celle de ses compagnons de fouille, clonés sur l’Inspecteur Clouzeau, la minijupe de Nanetta, et le kilt de cuir de Fenton, un choix qui pourrait expliquer entre autres choses l’hostilité de Ford à son mariage avec Nanette pour qui il veut le conformiste Cajus. Cette fantaisie vestimentaire est évidemment exaltée dans la mystification carnavalesque de Falstaff, comme une fête d’ <em>Absolutely fabulous</em>.</p>
<p>Une adaptation donc, une transposition, mais aucune trahison de l’esprit de l’œuvre, et c’est assez rare pour qu’on s’en réjouisse hautement. La distribution est à la hauteur des attentes, et si quelque voix manque un peu d’ampleur, cela peut tenir à l’humanité de l’interprète, qui ne peut avoir le rendu constant d’une machine, cela peut tenir à quelque éclats de l’orchestre, dont la vitalité semble parfois débordante. <strong>Gregory Bonfatti</strong> est abonné à Cajus, auquel il donne le juste ton geignard du personnage. <strong>Roberto</strong> <strong>Covatta</strong> en Bardolfo a la gouaille déjantée qui convient et il est à croquer en reine des fées. <strong>Eugenio Di</strong> <strong>Lio </strong>est l’autre élément du couple de parasites et sa haute taille contribue plaisamment au disparate visuel quand leur conduite est parallèle. <strong>Caterina Piva </strong>est une Meg aussi gracieuse que la décrit Quickly, et tient son rôle au mieux.</p>
<p>Une annonce relative à la santé de <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong> nous a fait craindre l’accident, mais rien de tel ne s’est produit, et après sa Gilda impeccable en concert le vendredi elle a assuré de même en semblant se promener dans le haut de la tessiture et par des notes longuement tenues dans le flirt de Nanetta et Fenton. Dans ce rôle <strong>Dave Monaco </strong>qui portait le kilt avec aisance, incarnant avec un naturel séduisant ce jeune amoureux empressé et jamais rebuté par les rebuffades d’un père borné, la souplesse de la voix épousant celle de sa partenaire dans des duos délicieux.</p>
<p>L’homme fort, c’est-à-dire intelligent, clairvoyant, ou du moins qui croit l’être, ce Ford si conformiste qui s’habille en fonction des circonstances – sa tenue « décontractée » pour rencontrer Falstaff incognito – et peut-être aussi pour asseoir sa réputation d’homme riche – était chanté par <strong>Alessandro Luongo</strong>, dont la projection, sans être insuffisante, avait parfois du mal à l’emporter sur l’orchestre, mais dont l’interprétation de l’air où Ford revient brusquement à ce qu’il prend pour la stupéfiante réalité cochait toutes les intentions expressives. Ford est le deuxième visiteur de Falstaff ; le premier était la perfide Quickly, campé par une désopilante <strong>Teresa Iervolino</strong>, l’avant-veille fille de barrière, ce soir feinte entremetteuse qui se retrouve cernée par la crasse et n’aura de cesse de se réconforter, retournée rendre compte de son ambassade, avec force verres de whisky – enfin, on suppose. Chantant de sa voix naturelle, sans la forcer pour chercher l’effet, elle allie la drôlerie du personnage à la séduction de son timbre velouté.</p>
<p>Alice, celle que tout Windsor convoite, à en croire Falstaff, a l’assurance de <strong>Roberta Mantegna</strong>. Son personnage a l’élégance discrète d’une grande bourgeoise, elle semble régner sans heurts sur sa maison où les domestiques lui obéissent au doigt et à l’œil. Son débit et son discours sont mélodieux sans mièvrerie. Est-elle une épouse fidèle, une femme vertueuse ? Oui, sans doute, car elle repousse les propositions indécentes de Falstaff, mais si le prétendant n’avait pas été un ivrogne obèse plus très frais ? Mais dans l’œuvre elle est l’incarnation du bon sens : il faut poser des barrières à cet homme outrecuidant.  Si on peut s’amuser à ses dépens, pourquoi pas ? Puisqu’il a eu la sottise de croire qu’il lui suffisait de prétendre pour obtenir, elle le « chauffe » pour mieux le frustrer, avant de le punir. D’ailleurs Il faut que les gens se plaisent : Fenton plait à Nanette et elle lui plaît, qu’ils s’épousent, et si son mari n’est pas assez raisonnable pour le comprendre, elle n’hésitera pas à lui forcer la main. Il est la dupe, lui aussi.</p>
<p>Et Falstaff ne manque pas l’occasion de le lui dire, lui qui vient d’être à nouveau victime de la comédie larmoyante que lui a jouée Quickly et de sa haute opinion de lui-même. Falstaff, c’était <strong>Misha Kiria, </strong>comme en 2017. Ne l’ayant pas vu alors, nous ne saurons dire s’il a mûri le personnage, mais autant son Taddeo de Pesaro cet été nous a laissé froid, autant son « pancione » nous a impressionné. Non seulement le jeu est magistral mais l’organe vocal est particulièrement remarquable d’extension et de puissance. Le chanteur sait exhiber ce mélange de bougonnerie, de forfanterie, d’abattement, qui constitue la complexité passionnante du personnage. Sans nul doute il est aujourd’hui un des plus grands interprètes du rôle.</p>
<p>A la fin du troisième acte, le personnage sort du cadre vient à l’avant-scène pour s’adresser au spectateur, dans cette fugue finale si magistrale qu’on ne peut lui résister. <em>Tutti gabbati</em>, tous des dupes ! Qui ? Les êtres de sexe masculin ? Ou bien les êtres humains, quel que soit leur genre ? La première réponse limiterait la leçon. La deuxième se  veut universelle. Est-ce que l’octogénaire Verdi, l’agnostique dont le <em>Requiem</em> s’adressait d’abord à son ami mort, nous avertit par ce ricanement salutaire : tout finira ? Shakespeare est mort, et nous mourrons tous. Il faut rire de tout ! Et la fugue nous emporte dans son tourbillon, chœur et orchestre confondus, entraînés par le tourbillon d’un chef  devenu démiurge. Michele Spotti semblait épuisé, aux saluts. Epuisé, mais heureux. Et nous l’étions aussi..</p>
<p>Et puis s&rsquo;est ouvert, descendant des cintres un drapeau palestinien, et des huées ont jailli. La fête était finie.</p>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Sep 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Verdi a eu la coquetterie de prodiguer toute la science dont il est capable quand il le veut, ses subtilités harmoniques, ses trois finales impeccablement développés, sa fugue impeccable tout en éclatant de rire pour la conclusion joyeusement sceptique. » Ces lignes de Lucien Rebatet n&#8217;ont pas pris une ride, et elles résument la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Verdi a eu la coquetterie de prodiguer toute la science dont il est capable quand il le veut, ses subtilités harmoniques, ses trois finales impeccablement développés, sa fugue impeccable tout en éclatant de rire pour la conclusion joyeusement sceptique. » Ces lignes de Lucien Rebatet n&rsquo;ont pas pris une ride, et elles résument la quadrature du cercle qui attend l&rsquo;équipe en charge de mettre en scène <em>Falstaff</em> : unir le comique le plus débridé à une musique d&rsquo;une richesse qui fait penser à de la dentelle vocale et orchestrale. Trop souvent, les interprètes sacrifient l&rsquo;un au profit de l&rsquo;autre. On rit, mais en négligeant les trésors déversés à pleines mains par le vieux maestro, ou on adopte un ton d&rsquo;oratorio bien malvenu, de façon à permettre aux chanteurs et à l&rsquo;orchestre de se tirer des pièges de l&rsquo;écriture. Mais, pour l&rsquo;ouverture de la saison de La Monnaie, <strong>Laurent Pelly</strong> et <strong>Alain Altinoglu</strong> ont travaillé main dans la main pour équilibrer la balance de l&rsquo;œuvre, et parvenir à une réussite éclatante. Leur secret ? Ne plus voir l&rsquo;humour et la musique comme deux notions séparées, mais réaliser que le rire est DANS la partition même, qui va donc dicter tous les choix visuels.</p>
<p>Les premières mesures, célébrissimes, nous donnent à entendre un vrombissement mêlé de vivacité, comme si les instruments s&rsquo;amusaient d&rsquo;être trop à l&rsquo;étroit dans la fosse d&rsquo;orchestre, et le rideau se lève sur une taverne stylisée, ridiculement petite, où Falstaff et le docteur Caïus s&rsquo;engueulent à qui mieux mieux sans trop y croire. Les crépitements vocaux qui suivent trouvent un écho dans un jeu de scène déjanté, avec d&rsquo;impayables morceaux de danse, comme si la scène était créée par ce qui émane de la fosse. Idem pour la deuxième scène, chez Ford et Alice, où le pépillement des bois accompagne l&rsquo;apparition d&rsquo;un intérieur à la fois bourgeois, fou et coloré, avec des escaliers qui ne mènent nulle part, comme dans un dessin de Escher. Les personnages bondissent, miment, courent, les rires fusent dans la salle, et les deux premiers actes ne connaissent aucun temps mort. Les moments de réflexion, où l&rsquo;action est suspendue, se déroulent dans un décor soudain devenu entièrement obscur ou subtilement modifié par les éclairages de <strong>Joël Adam</strong>. Au troisième acte, si différent des précédents, changement complet, avec un monde de féérie, de brouillard, des arbres tirés d&rsquo;un tableau de Magritte, des elfes et des voiles, avant que le comique ne reprenne ses droits avec l&rsquo;apparition hilarante de Falstaff, qu&rsquo;on se gardera de spoiler. Tout est réglé de main de maître, avec des équilibres millimétrés, et une compréhension intime de ce qu&rsquo;est le théâtre en musique. Plus qu&rsquo;un dialogue entre la fosse et la scène, c&rsquo;est à une fécondation du théâtre par la musique que l&rsquo;on assiste en direct.</p>
<p>Alain Altinoglu est comme enivré des mille possibilités que Verdi offre à l&rsquo;orchestre. Mais le rythme trépidant qu&rsquo;il impose à chacun n&#8217;empêche pas de goûter des alliages instrumentaux d&rsquo;une saveur inédite. On entend vraiment les dialogues de la contrebasse avec le piccolo, les solos suraigus du violoncelle, ou toutes les autres trouvailles d&rsquo;un maestro de 80 ans qui est passé du « zim-boum » des œuvres de la décennie 1840 à une maîtrise instrumentale stupéfiante. <strong>L&rsquo;orchestre symphonique de La Monnaie</strong> est galvanisé, et s&rsquo;ouvre ou se referme comme un éventail, dans une disponibilité fascinante. Les <strong>choeurs de La Monnaie</strong> n&rsquo;ont pas grand chose à chanter, mais ils le font avec une précision sans faille. Et la fugue finale, si périlleuse, est un festival de joies vocales.</p>
<p>On ne dira jamais assez à quel point <em>Falstaff</em> est un opéra de troupe, une musique et une pièce du collectif, où l&rsquo;esprit d&rsquo;équipe est pierre angulaire, comme le souligne le chef dans une passionnante introduction jointe au programme. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en s&rsquo;oubliant en tant qu&rsquo;individu que le chanteur pourra rendre justice à l&rsquo;opéra, et la quasi-totalité de la partition est constituée d&rsquo;échanges. L&rsquo;esprit de groupe est-il là ? Oui, mille fois oui, à tous les points de vue, dans l&rsquo;oblation de soi que chacun apporte, renonçant à briller individuellement pour mettre en valeur ses partenaires, mais aussi dans la circulation de l&rsquo;énergie d&rsquo;un protagoniste à l&rsquo;autre, chacun semblant passer à autrui la flamme qu&rsquo;il vient de recevoir. Il n&rsquo;y a donc pas grand sens à détailler trop les prestations individuelles. Mais comment résister devant les graves opulents de la Mrs Quickly campée par une plantureuse <strong>Daniela Barcellona</strong> ? Comment faire silence devant l&rsquo;art consommé de <strong>Lionel Lhote</strong>, qui tutoye désormais les plus grands, dont le Ford équilibre parfaitement noblesse du chant et petitesse du mari jaloux ? Comment ne pas fondre devant le couple d&rsquo;amoureux formé par <strong>Bogdan Volkov</strong> et <strong>Benedetta Torre,</strong> campés au sommet de leurs tessitures respectives et des décors, comme ravis vers le ciel ? Tous les autres rôles sont à leur place, dans une compréhension parfaite de la mécanique de la pièce, et visiblement ravis de s&rsquo;amuser autant.</p>
<p>Quant à <strong>Simon Keenlyside</strong>, il est permis de regretter que sa voix ait un peu perdu de cette fêlure, de cet émail légèrement ébreché, qui la rendait immédiatement reconnaissable. Mais s&rsquo;il a moins à offrir en terme de personnalité vocale, il n&rsquo;a rien lâché en termes de maîtrise et d&rsquo;endurance, et le style est toujours aussi châtié. C&rsquo;est donc logiquement qu&rsquo;il nous offre un « pancione » touchant davantage que grotesque, qui nous ferait presque croire qu&rsquo;il a vraiment été irrésistible à l&rsquo;époque où il était page du Duc de Norfolk. Même aux moments les plus désopilants, la rigueur ne perd pas ses droits, et le baryton parvient à rappeler tout ce que l&rsquo;écriture de Verdi doit au bel canto.</p>
<p>Un public debout fait un accueil triomphal à toute l&rsquo;équipe artistique au moment du rideau final. La saison de La Monnaie commence en force.</p>
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		<title>Discothèque idéale : Verdi – Falstaff (Karajan, Warner – 1956)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-verdi-falstaff-karajan-warner-1956/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Sep 2025 05:59:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mais dans cette intégrale – la première gravée en stéréo –, ce qui se joue dépasse la simple addition de qualités individuelles. Dès les premières mesures, Karajan entraîne l’auditeur dans une mécanique infernale : l’action s’emballe, irrésistible, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Qui, depuis, a su conjuguer avec une telle évidence la précision du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Mais dans cette intégrale – la première gravée en stéréo –, ce qui se joue dépasse la simple addition de qualités individuelles. Dès les premières mesures, <strong>Karajan</strong> entraîne l’auditeur dans une mécanique infernale : l’action s’emballe, irrésistible, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Qui, depuis, a su conjuguer avec une telle évidence la précision du moindre détail et ce sentiment de totale liberté ? Le Philharmonia, mené tambour battant, chante, rit, rutile, cajole : plus qu’un accompagnateur, il s’impose presque comme le véritable protagoniste de cette comédie endiablée. Les solistes, il est vrai, se fondent idéalement dans cette vision à la fois théâtrale et d’une rigueur absolue. <strong>Tito Gobbi</strong> et <strong>Rolando Panerai</strong> se complètent à merveille, chacun donnant au mot un relief d’une vérité saisissante. <strong>Luigi Alva</strong>, timbre d’or et de miel, incarne peut-être le plus idéal des Fenton de la discographie ; sa Nannetta, <strong>Anna Moffo</strong>, fait ici des débuts discographiques éclatants. Autour d’eux, <strong>Schwarzkopf,</strong> irrésistible de beauté et de naturel dans l’un de ses rares rôles comiques, <strong>Fedora Barbieri</strong>, impayable Quickly, et Nan Merriman, qui prête à Meg une vraie densité humaine, complètent un plateau d’anthologie. Près de trois quarts de siècle après son enregistrement, ce <em>Falstaff</em> n’a rien perdu de sa verve ni de son évidence. C’est toujours vers lui que l’on revient pour savourer toute la malice shakespearienne et la modernité de l’ultime chef-d’œuvre verdien.</p>
<p style="font-weight: 400;">Tito Gobbi (Falstaff), Luigi Alva (Fenton), Rolando Panerai (Ford) ,Elisabeth Schwarzkopf (Alice Ford), Anna Moffo (Nannetta), Fedora Barbieri (Mrs Quickly), Nan Meriman (Meg Page), Renato Ercolani (Bardolfo), Nicola Zaccaria (Pistola), Tomaso Spataro (Dr Cajus)<br />
Philharmonia Orchestra &amp; Chorus; Herbert von Karajan (direction). Parution : EMI (Warner) 1956</p>
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		<title>Festival Verdi 2025 : Shakespeare à l&#8217;honneur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-verdi-2025-shakespeare-a-lhonneur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Oct 2024 03:56:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Shakespeare sera le fil rouge du 25e Festival Verdi de Parme et de Busseto. Du 20 septembre au 18 octobre 2025, le programme s’articulera autour des trois opéras tirés des pièces du Barde immortel&#160;: Macbeth dans l&#8217;édition de 1847 au Teatro Giuseppe Verdi de Busseto (27 septembre, 3, 9, 17 octobre 2025), Otello (26 septembre, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Shakespeare sera le fil rouge du 25e Festival Verdi de Parme et de Busseto. Du 20 septembre au 18 octobre 2025, le programme s’articulera autour des trois opéras tirés des pièces du Barde immortel&nbsp;: <em>Macbeth</em> dans l&rsquo;édition de 1847 au Teatro Giuseppe Verdi de Busseto (27 septembre, 3, 9, 17 octobre 2025), <em>Otello </em>(26 septembre, 5, 11, 19 octobre 2025) et <em>Falstaff</em> (3, 12, 16 octobre 2025) au Teatro Regio de Parme.</p>
<p>Les deux premiers ouvrages sont des nouvelles productions, le troisième est une reprise de la mise en scène de <strong>Jacopo Spirei</strong>, créée en 2017.</p>
<p><em>Otello </em>et <em>Falstaff </em>seront joués pour la première fois sur la base de nouvelles éditions critiques</p>
<p>Le <em>Gala Verdiano</em> (10 octobre) et la <em>Messa da Requiem</em> (18 octobre) complèteront ce programme, ainsi que les événements Ramificazioni* et ceux du Théâtre Girolamo Magnani de Fidenza, non encore annoncés.</p>
<pre>* Ramificazioni renouvelle la volonté du Festival Verdi d'explorer l'héritage transmis par le Maître de Busseto, en explorant la manière dont la relation avec Shakespeare a été abordée par les compositeurs qui l'ont précédé et suivi, et en confiant sa réalisation à de grands interprètes de notre temps.</pre>
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		<item>
		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2024 06:15:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=171970</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est avec Falstaff mis en scène par Dominique Pitoiset que s’ouvre la nouvelle saison de l’Opéra Bastille. Créée voici un quart de siècle cette production, maintes fois reprise, n’accuse nullement son âge, sans doute parce qu’elle demeure fidèle au livret même si l’action a été transposée à la fin du dix-neuvième siècle, comme en témoignent &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec Falstaff mis en scène par <strong>Dominique Pitoiset</strong> que s’ouvre la nouvelle saison de l’Opéra Bastille. Créée voici un quart de siècle cette production, maintes fois reprise, n’accuse nullement son âge, sans doute parce qu’elle demeure fidèle au livret même si l’action a été transposée à la fin du dix-neuvième siècle, comme en témoignent les costumes d’<strong>Elena Rivkina</strong>, notamment les robes des personnages féminins, particulièrement seyantes, et la présence sur le plateau d’une superbe voiture d’époque. Le décor unique est constitué de grands panneaux coulissants qui occupent le fond de scène et représentent tour à tour la façade de l’hôtellerie de la Jarretière et celle de la demeure de Ford, l’entrée du Parc de Windsor et un garage. Toute l’action se déroule en extérieur. Lors du dernier tableau le grand Chêne de Herne est une image projetée sur les façades dans une lumière bleutée. Sur le plateau sont disséminés divers accessoires utiles à l’action, table, fauteuils, paravent et bien sûr un grand panier à linge au premier acte. La direction d’acteurs, alerte et précise, est d’une lisibilité parfaite.</p>


<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="599" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Falstaff.-Sebastien-Mathe.-3.jpg" alt="" class="wp-image-171971"/></figure>


<p>A côté des deux vétérans <strong>Ambrogio Maestri</strong> et <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> qui ont déjà interprété leurs rôles in loco en 2013, l’OnP a engagé pas moins de cinq jeunes chanteurs qui effectuent leurs débuts &#8211; dont certains sont prometteurs &#8211; sur notre première scène nationale : <strong>Nicholas Jones</strong>, membre de la troupe lyrique de l’Opéra de Paris et <strong>Alessio Cacciamani</strong>, tirent aisément leur épingle du jeu dans les rôles de Bardolfo et Pistola. <strong>Iván Ayón-Rivas</strong> campe un Fenton de bon aloi doté d’une voix claire et bien projetée. A ses côtés, <strong>Federica Guida</strong>, dont la largeur vocale et la longueur du souffle captent d’emblée l’attention, incarne une Nanetta volontaire qui ne s’en laisse pas conter. L’on aurait cependant souhaité des aigus un peu plus éthérés et diaphanes sur la phrase récurrente « Anzi rinnova come fa la luna. » Le baryton ukrainien <strong>Andrii Kimach</strong> dispose de moyens solides et d’une bonne projection. En dépit d’un chant avare de nuances et d’un timbre à la séduction limitée, son Ford bougon et colérique demeure convaincant en toutes circonstances. Enfin <strong>Olivia Boen</strong>, dont la voix limpide et homogène passe aisément la rampe, dessine un portrait tout en délicatesse d’Alice Ford. Rusée et sûre d’elle à la fois, son héroïne gagnerait à être un peu plus rouée. La soprano américaine recueille cependant une ovation bien méritée au rideau final.</p>
<p><strong>Gregory bonfatti</strong> est un Docteur Caïus sonore, quant à <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> .et <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>, elles complètent avec bonheur le groupe des commères. La première grâce à son timbre délicatement fruité, la seconde grâce à sa faconde et la maîtrise d’un rôle qu’elle a mis à son répertoire depuis de nombreuses années et qu’elle incarne avec une gourmandise non dissimulée et une vis comica irrésistible. La contralto québécoise possède le grave opulent que réclame la partition et sa voix réussit à passer la rampe dans le grand vaisseau de Bastille. Enfin <strong>Ambrogio Maestri</strong> est le grand triomphateur de la soirée. Le baryton italien sur qui le temps ne semble pas avoir de prise est assurément l’un des meilleurs Falstaff actuels. Depuis de nombreuses années il a promené son « Pancione » sur les plus grandes scènes et peaufiné son interprétation qui demeure un modèle. Drôle sans être caricatural, volontiers émouvant comme en témoigne son air « Va, vecchio John » au début du troisième acte il domine aisément le plateau.</p>
<p>Tout ce beau monde est mené tambour battant par la baguette vive et nerveuse de <strong>Michael Schønwandt</strong> qui propose une direction éminemment théâtrale ovationnée par le public après l’entracte et aux saluts finals. Saluons enfin la prestation remarquable des chœurs dans la fugue qui conclut l&rsquo;ouvrage, rondement menée.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-paris-bastille/">VERDI, Falstaff &#8211; Paris (Bastille)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Opéra Royal de Wallonie-Liège accueille en ce début d&#8217;année un Falstaff produit par la Fondazione Teatro Regio di Parma et offre ainsi aux Liégeois un spectacle enthousiasmant, rythmé, pétri d&#8217;intelligence. « Le monde entier est une farce, et l’homme est né bouffon », mais comme toujours avec ce type de répertoire, c&#8217;est d&#8217;une précision millimétrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège accueille en ce début d&rsquo;année un <em>Falstaff</em> produit par la Fondazione Teatro Regio di Parma et offre ainsi aux Liégeois un spectacle enthousiasmant, rythmé, pétri d&rsquo;intelligence.</p>
<p>« Le monde entier est une farce, et l’homme est né bouffon », mais comme toujours avec ce type de répertoire, c&rsquo;est d&rsquo;une précision millimétrique que naissent la légèreté et une impression de grande liberté. <strong>Jacopo Spirei</strong>, remarquable metteur en scène, ne s&rsquo;y est pas trompé.</p>
<p>Le sol se dérobe sous les pieds de Falstaff dès l&rsquo;ouverture. Dès lors, s&rsquo;imposent les perspectives saoules du fantastique décor de <strong>Nikolaus Webern</strong> qui évoquent les paysages de Chaïm Soutine, le drame en moins. Ici, alcool et pulsions suffisent à biaiser notre vision du monde. Cette plongée dans l&rsquo;inconscient est superbement rendue dans la scène du parc où les façades s&rsquo;envolent dans une image délicieusement surréaliste pour dévoiler les bosquets sauvages : sous le vernis social, l&rsquo;animalité mène le monde.</p>
<p>La pénible prise de conscience que fait Falstaff, <strong>Pietro Spagnoli</strong> la porte avec une gouaille enthousiasmante et une lucidité désabusée particulièrement touchantes. Si le timbre est clair, l&rsquo;autorité vocale n&rsquo;en n&rsquo;est pas moins impérieuse ; le legato suave, le jeu des couleurs, des nuances, d&rsquo;une liberté qui régale l&rsquo;oreille. Face à lui, pour sa première incursion dans le répertoire comique, <strong>Carolina</strong> <strong>López Moreno</strong> fait merveille. Les graves poitrinés sont sensuels et sonores, les registres unifiés et la projection altière : son lyrico-spinto, corsé, bellement maîtrisé, chatoie autant que son abattage en impose. Son mari n&rsquo;a rien a lui envier : la prestance de <strong>Simone</strong> <strong>Piazzola</strong>, sa justesse de comédien comme son excellente technique en font un Ford distingué.</p>
<p>Aux époux répondent le couple grunge de Nannetta et Fenton qui pétille de jeunesse et d&rsquo;allant. Tous deux colorent leurs incarnations d&rsquo;une notable poésie quand ils en ont l&rsquo;occasion : c&rsquo;est le cas de <strong>Giulio Pelligra</strong> – bien qu&rsquo;un peu court de souffle – dans son chant d&rsquo;extase « Dal labbro il canto ». <strong>Francesca</strong> <strong>Benitez</strong>, propose pour sa part une partition mutine aux aigus glorieux et aux graves bien campés avec un beau sens de la ligne mélodique dans « Sul fil d&rsquo;un soffio ». Dès ses premières interventions, ses contre-notes pianissimi donnent le frisson.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/AM-CHIURI-A.-MAREV-P.-BOLLEIRE-P.-DERHET-MA-BOUCHARD-LESIEUR-C.-LOPEZ-MORENO-P.-SPAGNOLI-F.-BENITEZ-G.-PELLIGRA-S.-PIAZZOLA-c-J-Berger_ORW-Liege-1024x681.jpg" alt="Falstaff@ J Berger" class="wp-image-157179"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>@ J. Berger</sup></figcaption></figure>


<p>Le Caius d&rsquo;<strong>Alexander Marev</strong> tient lui aussi parfaitement sa partie, sans oublier <strong>Marianna Pizzolato</strong> qui emporte tous les suffrages en Mistress Quickly et son « Reverenza » aussi équilibré vocalement que drolatique.</p>
<p>Il faut dire que la direction d&rsquo;acteurs ne mérite que des éloges. Chaque personnage est parfaitement dessiné, prenant un relief et une humanité singulière, jusqu&rsquo;au chœur et aux figurants qui donnent vie à ce Windsor de fantaisie. Certains chanteurs s&rsquo;en trouvent magnifiés comme la rayonnante Meg de <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> dotée d&rsquo;un timbre soyeux et d&rsquo;une belle conduite de la ligne mélodique. L&rsquo;on aurait aimé plus l&rsquo;entendre, tout comme les impayables Pistola de <strong>Patrick Bolleire</strong> et Bardolfo de <strong>Pierre Derhet</strong>. Le premier possède une émission franche et directe. le second, de brillants aigus. Tous deux, transfuges égarés de<em> the Full Monty</em> sont proprement hilarants.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Giampaolo Bisanti</strong> dirige l&rsquo;<strong>O</strong><strong>rchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège</strong> avec son intelligence habituelle, même si le premier acte, survitaminé, tout en couleurs chaudes et en son généreux, s&rsquo;avère finalement un peu uniformément sonore, comparativement aux raffinements délicats expérimentés avec succès dans la dernière partie du spectacle, notamment par le biais d&rsquo;incursions assez magiques des vents et des cuivres.</p>
<p>La synergie visible au sein de toute l&rsquo;équipe artistique emporte l&rsquo;adhésion de bout en bout pour cette très jolie version de l&rsquo;ultime opéra d&rsquo;un Verdi octogénaire, qui choisit si joliment de terminer sa carrière sur une note légère.</p>
<p>Un spectacle à l&rsquo;affiche de la Maison liégeoise jusqu&rsquo;au 9 mars avant une représentation à Charleroi le 16 mars prochain.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-liege/">VERDI, Falstaff &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Caen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-caen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Dec 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un coup de cafard ? Hop, un vieux vinyle du Falstaff de Toscanini sur la platine, et ça repart ! Il faut dire que les qualités musicales de l’œuvre, quand elle est bien dirigée, restent magiques. Grâce à l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et à son chef Antonello Allemandi, on se laisse emporter en confiance par l&#8217;irrésistible impétuosité &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un coup de cafard ? Hop, un vieux vinyle du <em>Falstaff</em> de Toscanini sur la platine, et ça repart ! Il faut dire que les qualités musicales de l’œuvre, quand elle est bien dirigée, restent magiques. Grâce à l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et à son chef <strong>Antonello Allemandi</strong>, on se laisse emporter en confiance par l&rsquo;irrésistible impétuosité du flot musical : tempi parfaitement en adéquation, lecture fine et bonne cohésion entre la fosse et le plateau, bref, une excellente exécution qui enchante les spectateurs des villes coproductrices du spectacle, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-lille/">Lille</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-luxembourg/">Luxembourg</a>, et donc ce soir Caen.</p>
<p>L’œuvre se prête facilement, contrairement à d’autres, à des transpositions qui – pourvu qu’elles soient drôles et bien en situation –, sont tout à fait admissibles. C’est ainsi que l’on a vu par le passé un Falstaff déguisé en coq <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-massy-chicken-run/">se pavaner parmi les poules de sa basse-cour</a>, un autre confronté aux <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-garsington-sister-suffragette/">suffragettes de l’époque victorienne</a>, un autre encore chez <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-chez-douglas-sirk/">Douglas Sirk</a>… Ce soir, <strong>Denis Podalydès</strong> a choisi le cadre d’un l’hôpital. Falstaff, en surpoids chronique, est contraint de se faire soigner et même opérer, mais ce lieu clos, quasi carcéral, ne l’empêche pas, bien au contraire, de tenter de nouvelles conquêtes dans la gent féminine hospitalière. Bien sûr, le décor est froid et impersonnel, comparé à l’auberge de la Jarretière, à l’hôtel particulier de Ford ou surtout à la forêt de Windsor, mais les choses fonctionnent plutôt bien, comme notamment la scène du dernier acte où Falstaff, sous l’emprise de l’anesthésie (et peut-être aussi d’une bonne dose de morphine ?) rêve à la concrétisation de sa conquête finale d’Alice, qui se matérialise sous nos yeux dans une étonnante danse onirique ; et à la fin quand Falstaff est enfin libéré de sa bedaine, devenue boule lumineuse qui va se perdre dans les cintres au milieu d’une joyeuse hilarité générale.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1294" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/FALSTAFF-6.jpg" alt="" class="wp-image-152821"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Grand Théâtre de Luxembourg / Alfonso_Salgueiro</sup></figcaption></figure>


<p>Vocalement parlant, l’ensemble est d’une grande unité, et globalement d’une grande égalité. Falstaff est interprété par <strong>Elia Fabbian</strong>, qui remplace Tassis Christoyannis accidenté. Son Falstaff roublard et bien en voix, même s’il manque parfois un peu de finesse, est bien dans la tradition, à laquelle s’ajoute sa position de malade hospitalisé : ainsi mis en état de faiblesse, il doit ruser sans cesse pour essayer d’arriver à ses fins, et puiser pour cela dans ses dernières forces. On retrouve bien le personnage créé par Orson Welles – lui-même malade – dans son film, qui a inspiré le metteur en scène. Sans que le point de vue humoristique soit gommé, le côté émouvant de ce personnage d’une immense naïveté reste donc sous-jacent. On n’en éprouve pas pour autant plus de sympathie pour le bonhomme, mais on compatit néanmoins à la grande cruauté de tout ce qui lui est infligé, ici d’une manière particulièrement appuyée.</p>
<p>Autour de lui gravite tout une pléiade d’excellents chanteurs. <strong>Gezim Myshketa</strong> a une voix idéale pour Falstaff, mais pour le moment chante Ford, dont contrairement à beaucoup d’autres, il n’accentue pas le côté désespéré de son air, le tirant plus vers un humour désabusé. <strong>Kevin Amiel</strong> chante d’une voix bien timbrée un Fenton ahuri dont Nanetta fera ce qu’elle voudra. <strong>Luca Lombardo</strong> en Dr. Cajus est rendu plus crédible par le cadre hospitalier où il trouve un véritable emploi. Quant à <strong>Loïc Félix</strong> et <strong>Damien Pass</strong> (Bardolfo et Pistola), ils complètent parfaitement le groupe masculin. À noter l’excellente prononciation de tous, qui rend audible tout le texte.</p>
<p>Du côté des joyeuses commères, on remarque particulièrement la Meg Page de <strong>Julie Robard-Gendre</strong>, dont la belle voix de mezzo redonne à ce personnage souvent un peu sacrifié toute son importance, ce qui rend les ensembles mieux équilibrés. <strong>Silvia Beltrami</strong> est une Mrs. Quickly dans la grande tradition des Fedora Barbieri et Jocelyne Taillon, et <strong>Clara Guillon</strong> une Nanetta décidée émettant des sons filés de toute beauté. Enfin Alice Ford est interprétée par <strong>Gabrielle Philiponet</strong>, qui mène fort bien, comme il est de règle, le jeu et toute la bande. La voix est belle, l’actrice très efficace, et le personnage tout à fait crédible. Pour revenir à l’ensemble féminin, il est dommage que celui-ci manque parfois un peu de précision et de cohésion, petit bémol qu’il serait facile de corriger.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-caen/">VERDI, Falstaff &#8211; Caen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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