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	<title>Gloriana - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gloriana - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, Gloriana — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gloriana-madrid-tardive-mais-eclatante-revanche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Apr 2018 06:31:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est Philippe II qui doit se retourner dans sa tombe ! Non contente d’avoir décapité sa cousine et ruiné son Invincible Armada, Elizabeth I est devenue l’héroïne d’un opéra grandiose et triomphe à Madrid même, sous les acclamations du public du Teatro Real. Avouez que la coïncidence ne manque pas de piquant. En réalité, la création &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est Philippe II qui doit se retourner dans sa tombe ! Non contente d’avoir décapité sa cousine et ruiné son Invincible Armada, Elizabeth I est devenue l’héroïne d’un opéra grandiose et triomphe à Madrid même, sous les acclamations du public du Teatro Real. Avouez que la coïncidence ne manque pas de piquant. En réalité, la création espagnole de <em>Gloriana </em>pourrait bien revêtir une dimension historique car le spectacle conçu par <strong>David McVicar</strong> et <strong>Ivor Bolton</strong> réussit à en extraire la substantifique moelle et à en libérer tout le potentiel théâtral. Soixante-cinq ans après voir vu le jour, cet « enfant rejeté » comme l’appelait Britten (« slighted child »), rarement donné en dehors du Royaume-Uni, prend ainsi une tardive mais magnifique revanche qui conduira peut-être enfin à sa réhabilitation et à sa diffusion.</p>
<p>L’échec de <em style="line-height: 1.5">Gloriana</em> en 1953 était sans nul doute couru d’avance. Au-delà des réactions hostiles nourries tant par la jalousie de rivaux que par l’homosexualité et l’antimilitarisme de Britten (émigré aux Etats-Unis pendant la guerre), l’<em style="line-height: 1.5">Establishment</em> réuni pour célébrer le couronnement d’Elizabeth II ne pouvait que fustiger ce portrait sans concession et si loin du panégyrique attendu. Le livret de William Plomer montre, certes, le sens du devoir de la souveraine et son abnégation, mais également son orgueil, pour ne pas dire sa vanité, capricieuse. Impardonnable crime de lèse-majesté, il ose dévoiler sa déchéance physique lorsque, avec son amant, nous la surprenons dans l’intimité, sans fard ni perruque. Toutefois, si la partition regorge de beautés, même dans le si décrié divertissement à Norwich<em style="line-height: 1.5">,</em> sur le plan dramaturgique, celles et ceux qui s&rsquo;aventurent à le monter doivent surmonter nombre de difficultés : des protagonistes aux contours sommairement dessinés, à l’exception du rôle principal, et surtout la structure morcelée, voire éclatée de cet ouvrage protéiforme où se mêlent vers et prose, anglais ancien et moderne. David McVicar suscite d’autant plus l’admiration qu’il réussit à fluidifier le discours et, malgré des changements d’atmosphère parfois abrupts, à maintenir sa lisibilité, ce qui n’est pas un mince exploit. Tout est immédiatement en place, juste, limpide et signifiant, l’Ecossais possédant un sens imparable du rythme et le regard d’un cinéaste, plus vif, mobile, moins emphatique et souvent plus nuancé, grâce auquel il parvient à transformer en tableaux vivants et confondants de naturel le huis clos le plus intime, le plus tendu, comme les triomphes et liesses collectives.  </p>
<p>L’évocation, y compris musicale, de l’Angleterre élisabéthaine voulue par Britten et son librettiste (les <em>lute songs</em>, dont le bouleversant « Happy were he could finish forth his fate » écrit sur des paroles originales du comte d&rsquo;Essex, le <em>mask of Gloriana</em>, les danses du II), rend périlleuse toute tentative de transposition. Le metteur en scène l’a parfaitement compris, mais il ne donne pas davantage dans la reconstitution muséale. McVicar a également la sagesse d’éviter l’anecdote et se concentre sur l’essentiel, nous épargnant ces gesticulations fastidieuses avec lesquelles certains croient devoir occuper en permanence l’esprit du spectateur, en l’occurrence déjà absorbé par un drame à l’écriture touffue. <strong style="line-height: 1.5">Robert Jones</strong> a réalisé un décor unique, plus symboliste que réaliste, dans des tonalités bleu nuit et dorées, dominé par une porte monumentale et les anneaux mobiles d’une manière d’astrolabe géant. Les lumières virtuoses d’<strong style="line-height: 1.5">Adam Silverman </strong>flattent les étoffes, en particulier celles que porte Elizabeth pour lesquelles <strong style="line-height: 1.5">Brigitte Reiffenstuel</strong> s’appuie sur l’iconographie de l’époque, et elles magnifient la prestation des acteurs, installant le climat de chaque scène dont David McVicar saisit la dynamique intrinsèque. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/gloriana_4888.jpg?itok=I2uHb-fO" title="Queen Elizabeth I (Anna Caterina Antonacci) et Robert Devereux (Leonardo Capalbo) © Javier del Real | Teatro Real" width="277" /><br />
	Queen Elizabeth I (Anna Caterina Antonacci) et Robert Devereux (Leonardo Capalbo) © Javier del Real | Teatro Real</p>
<p>Ainsi, fragment de théâtre dans le théâtre, le <em style="line-height: 1.5">mask </em>donné pour la Reine à Norwich serait trop long, certains commentateurs craignant d’ailleurs que, à l’image de Robert Devereux, l’auditeur ne s’ennuie et ne décroche. Or, moment de félicité sinon d’ivresse avant la catastrophe, il remplit une fonction importante dans le processus tragique (observée dès <em style="line-height: 1.5">L’Orfeo</em> de Monteverdi). Plutôt que de manier les ciseaux, il faut y croire et l’investir. Clin d’œil aux pratiques élisabéthaines, des travestis s’invitent dans la saynète enlevée avec juste ce qu’il faut de légèreté et une naïveté rafraîchissante, mais sans interdire l’émotion. La splendide chanson de l’Esprit du Masque nous révèle le ténor radieux et ductile de <strong style="line-height: 1.5">Sam Furness</strong> (le Novice dans <a href="https://www.forumopera.com/billy-budd-madrid-avec-les-cintres-pour-greement"><em style="line-height: 1.5">Billy Budd</em></a><a href="https://www.forumopera.com/billy-budd-madrid-avec-les-cintres-pour-greement"> </a>ici même en 2017, après avoir interprété le rôle-titre d’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/servir-loeuvre-ou-sen-servir"><em style="line-height: 1.5">Albert Herring </em></a>à Toulouse en 2013). Honneur aux <em style="line-height: 1.5">comprimarii,</em> pour mettre en exergue la verve savoureuse de <strong style="line-height: 1.5">James Creswell</strong> en Chanteur de balades, lequel semble plus que jamais s’être échappé du <em style="line-height: 1.5">Beggar’s Opera</em>, et à la Confidente de la Reine, aux accents si touchants, d’<strong style="line-height: 1.5">Elena Copons.</strong></p>
<p>Elizabeth, lit-on ici ou là, devrait être confiée à un <em>lirico-spinto</em>, voire à un soprano dramatique. De tels moyens sont-ils vraiment indispensables ? Par ailleurs, il est permis de se demander s’ils ne nuiraient pas à la crédibilité du personnage. Septuagénaire parfaitement saine d’esprit, meneuse d’hommes et croqueuse de jeunes gens comme semble vouloir le souligner David MacVicar en l’entourant de fringants gardes du corps, la soi-disant Reine Vierge n’en doit pas moins affronter les ravages du Temps, un déclin magistralement interprété par <strong>Anna-Caterina Antonacci</strong>. Elle finit par boiter et tremble de tous ses membres, mais conserve sa dignité et son port de reine jusque dans cet ultime et saisissant monologue où, reflet du dénuement moral et de la solitude où elle se trouve, les mots mêmes perdent leur habillage musical. La richesse des couleurs, la variété des ciselures prime sur le volume quand il s’agit de traduire la complexité d’une telle figure. Entre deux voix et entre deux âges, entre Virna Lisi et Jessica Lange, Anna Caterina Antonacci l’aborde avec un luxe d’intentions infiniment délectable. Tendre et voluptueuse dans les bras de son cher Robin, péremptoire et incisive dans la fureur que déclenche chez elle l’arrogance de Penelope, elle nous fend le cœur dans son dernier et lancinant duo avec l’objet de cet amour impossible et qu’elle doit détruire – thème récurrent chez le musicien britannique, qui n’a pas son pareil pour traduire l’ambivalence des sentiments.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="348" src="/sites/default/files/styles/large/public/gloriana_5381.jpg?itok=3plPPobY" title="Queen Elizabeth I (Anna Caterina Antonacci) © Javier del Real | Teatro Real" width="468" /><br />
	Queen Elizabeth I (Anna Caterina Antonacci) © Javier del Real | Teatro Real</p>
<p>Difficile d’exister à côté d’une cantatrice de cette envergure. Du reste, le comte d’Essex semble avoir un peu moins inspiré Britten que sa royale maîtresse. Alfredo dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dans-son-juste-ecrin"><em style="line-height: 1.5">La Traviata </em></a><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dans-son-juste-ecrin">de McVicar </a>à Genève (2013) puis à Barcelone (2014), <strong style="line-height: 1.5">Leonardo Capalbo</strong> s’impose néanmoins par l’intensité de son jeu et un charisme indéniable, ses <em style="line-height: 1.5">lute songs </em>dévoilant un raffinement que des débuts très fougueux et une émission d’abord assez appuyée ne laissaient guère présager. Adversaire puis complice du favori d’Elisabeth, Lord Mountjoy hérite du physique râblé et du galbe élégant de <strong style="line-height: 1.5">Duncan Rock</strong>, familier de l’univers de Britten (<em style="line-height: 1.5">Death in Venice </em>au Teatro Real, <em style="line-height: 1.5">T<a href="https://www.forumopera.com/the-rape-of-lucretia-glyndebourne-la-revanche-de-la-femme-de-douleurs">he Rape of Lucretia</a></em>, <em style="line-height: 1.5"><a href="https://www.forumopera.com/billy-budd-madrid-avec-les-cintres-pour-greement">Billy Budd,</a> <a href="https://www.forumopera.com/a-midsummer-nights-dream-glyndebourne-si-tete-dane-metait-conte">A Midsummer Night’s Dream</a>) </em>qui tire son épingle du jeu malgré une partie moins développée et peu gratifiante. Notons au passage que cette production madrilène réussit à concilier une distribution de haut niveau et un <em style="line-height: 1.5">casting </em>digne des <em style="line-height: 1.5">Tudor </em> ou de <em style="line-height: 1.5">Game of Thrones </em> &#8211; détail peut-être frivole, mais ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir. Trompée par son mari et humiliée par sa rivale (Antonacci est impayable dans l’épisode du bal où elle subtilise ses trop riches atours), Frances (<strong style="line-height: 1.5">Paula </strong><strong style="line-height: 1.5">Murrihy</strong>) tend à se replier sur son quant-à-soi tandis que la Penelope de <strong style="line-height: 1.5">Sophie Bevan</strong> (Pamina <em style="line-height: 1.5">in loco </em>en 2016) crève l’écran et darde d’insolents aigus avant que son cri de désespoir ne nous glace le sang. Robert Cecil et Walter Raleigh, les éminences grises d’Elisabeth, sont impeccablement servis par<strong style="line-height: 1.5"> Leigh Melrose</strong> et <strong style="line-height: 1.5">David Soar</strong>, avec une mention particulière pour les manières insinuantes du premier où affleure déjà Quint (<em style="line-height: 1.5">The Turn of the Screw</em>).</p>
<p>Si <em style="line-height: 1.5">Gloriana </em>occupe une place unique dans les opéras de Britten, c’est également par l’ampleur sans précédent (et sans suite) des ressources convoquées en 1953 par le compositeur qui, d’ailleurs, ne se limitait pas aux forces vives de Covent Garden. Alors que le corps de ballet devait exécuter les pavane, gaillarde et autre courante jouées au II, sans oublier cette <em style="line-height: 1.5">volta </em>que réclame Elizabeth – dont les pas sont ici joliment réglés par <strong style="line-height: 1.5">Colm Serry</strong> – <em style="line-height: 1.5">Gloriana</em> alignait une pléiade de figurants et une maîtrise en plus du chœur de l’Opéra pour donner à entendre la voix des « boys of Essex ». De la délicate complainte <em style="line-height: 1.5">a cappella </em>des suivantes d’Elizabeth aux <em style="line-height: 1.5">tutti </em>exaltés en passant par l’impitoyable <em style="line-height: 1.5">vox populi </em>qui exige la mort du traître, la performance du <strong style="line-height: 1.5">Coro Titular del Teatro Real</strong> n’appelle que des louanges et contribue à la réussite de cette production. Il faut saluer le travail de préparation d’<strong style="line-height: 1.5">Andrés Máspero </strong>comme celui d’<strong style="line-height: 1.5">Ana González</strong> avec les <strong style="line-height: 1.5">Pequeños Cantores de la JORCAM. </strong></p>
<p>Fédérer une équipe aussi vaste serait, faut-il le dire, impossible sans une parfaite connexion entre la fosse et le plateau, le chef et le metteur en scène et, de fait, une même urgence, une même intelligence quasi organique de l’œuvre les anime et forge un geste unique, musico-dramatique. Directeur musical de l’<strong style="line-height: 1.5">Orquesta Titular del Teatro Real</strong> depuis 2014, Ivor Bolton sait en tirer le meilleur pour rencontrer les exigences de la partition. Il réussit à tendre l’arc tragique, maîtriser ses climax et ses élans mélodramatiques, mais également ses ruptures et sa déroutante diversité stylistique, de la poésie néoélisabéthaine aux déflagrations si modernes de cuivres et de percussions. Il assume la pompe, la restitue dans sa plénitude en évitant l’écueil de la raideur, l’innervant ou glissant avec une habileté remarquable cette ombre fugitive et menaçante par laquelle Britten instille le doute et suggère l’ambiguïté des apparences. Cette nouvelle production de <em style="line-height: 1.5">Gloriana </em>a été montée en coproduction avec l’ENO et le Vlaamse Opera, qui l’auront vraisemblablement programmée au cours d&rsquo;une prochaine saison. En outre, elle a été filmée et pourrait donc être immortalisée en DVD, surclassant aisément les versions, fort décevantes, déjà disponibles sur ce<a href="https://www.forumopera.com/dvd/neo-neo-elisabethain"> support</a>. </p>
<p> </p>
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		<title>Gloriana</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/neo-neo-elisabethain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Dec 2013 12:09:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Après avoir longtemps traîné une réputation d’opéra sinon maudit, du moins raté, Gloriana de Britten a peu à peu repris le chemin des théâtres. Les sopranos en fin de carrière y vont un support idéal, le caractère vieillissant du personnage central faisant peut-être accepter une certaine usure vocale. On disposait donc déjà de deux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Après avoir longtemps traîné une réputation d’opéra sinon maudit, du moins raté, <em>Gloriana </em>de Britten a peu à peu repris le chemin des théâtres. Les sopranos en fin de carrière y vont un support idéal, le caractère vieillissant du personnage central faisant peut-être accepter une certaine usure vocale. On disposait donc déjà de deux DVD pour cette œuvre, l’un immortalisant la production très classique, pour ne pas dire terne, montée à l’ENO en 1984 (Arthaus), l’autre réalisé par Phyllida Lloyd d’après sa propre mise en scène conçue en 1999 pour Opera North (Opus Arte). Dans le premier, la mezzo Sarah Walker, dans l’autre, la soprano Josephine Barstow, ce qui en dit long sur la nature hybride du rôle d’Elizabeth Ière : sa créatrice, Joan Cross, avait été la première Ellen Orford de <em>Peter Grimes </em>en 1945 pour finir en Mrs Grose du <em>Tour d’écrou</em> en 1954. Si Opus Arte propose un nouveau <em>Gloriana</em>, ce n’est pas uniquement pour le centenaire de Britten, mais parce que le premier publié par ce label était en fait une version amputée de nombreuses scènes, pour une durée totale d’une heure quarante, contre deux heures trente pour le DVD Arthaus et l’intégrale gravée par Sir Charles Mackerras en 1993.</p>
<p>
			Avec ce spectacle, coproduit avec l’opéra de Hambourg, Covent Garden reprenait pour la première fois une œuvre qu’il avait bien mal accueillie soixante ans auparavant presque jour pour jour. Et <strong>Richard Jones</strong> a eu l’idée de nous montrer non pas la reine Elisabeth Ière telle que nous pouvons l’imaginer aujourd’hui, mais telle qu’on la fantasmait à l’époque du couronnement de la seconde Elisabeth, comme le conte A.S. Byatt dans son roman <em>La Vierge dans le jardin</em>. Nous sommes donc conviés à une représentation de <em>Gloriana </em>donnée peu après la guerre, dans une vaste salle des fêtes de village, avec décors presque naïfs et coulisses apparentes – radiateurs, murs de briques et néons – où évoluent régisseur, machinistes, accessoiristes,chef de chœur, maître de ballet, etc. <strong>Ultz</strong> propose ainsi des costumes néo-néo-élisabéthains dans le sens où ils sont de forme vaguement Renaissance, mais revus par les années 1950 (à la scène 1 de l’acte II, les habitants de Norwich n’arborent qu’un couvre-chef élisabéthain par-dessus leur tenue de tous les jours), et les coiffures sont typiquement <em>fifties</em>. Pourtant, cette transposition porte surtout sur l&rsquo;aspect visuel, mais ne débouche pas sur grande chose en termes de direction d&rsquo;acteur. De plus, la distanciation ironique est efficace pour désacraliser les scènes les plus grandiloquentes, mais elle tue les moments d’émotion.</p>
<p>			Ce problème est d’autant plus sensible que l’interprète du rôle-titre est plus à l’aise dans la véhémence que dans les pages déchirantes, là où Josephine Barstow savait nous arracher des larmes. Brünnhilde dans la dernière tétralogie donnée à Londres &#8211; Sylvia Fisher, Gloriana dans les années 1960, était très appréciée en Isolde et en Ortrud -, <strong>Susan Bullock</strong> est en pleine possession de ses moyens vocaux, mais elle ne nous touche à aucun moment. Malgré une puissance vocale indéniable et de réelles qualités d’articulation, le timbre est d’une couleur assez quelconque et l’actrice limitée à quelques grimaces sans grande dignité. <strong>Toby Spence</strong> a lui aussi du mal à imposer un véritable personnage, malgré un chant raffiné (mais qui manque un peu de coffre, en revanche) ; le rôle d’Essex lui permet surtout de briller dans les confrontations avec sa souveraine. Autour d’eux, Covent Garden a réuni une solide troupe, avec le Raleigh narquois de <strong>Clive Bailey</strong>, le Chanteur des rues aux graves caverneux de <strong>Brindley Sherratt</strong> ou la très gracieuse Dame d&rsquo;atours de <strong>Nadine Livingston</strong>. Déjà aux commandes de l’orchestre en 1999 pour le premier <em>Gloriana </em>paru chez Opus Arte, <strong>Paul Daniel </strong>défend avec panache les couleurs de ce Britten moins aimé mais pas moins britténien pour autant.<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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