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	<title>Le Chalet - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Le Chalet - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Le Chalet</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-chalet-retour-en-grace-envisageable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2018 06:32:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Eternel problème de l’opéra-comique français : comment faire en sorte qu’il intéresse et touche le public d’aujourd’hui ? Les codes en paraissent si désuets qu’on se demande par quelle magie l’on pourrait transcender la bêtise de certains livrets, ou disons plutôt leur charme naïf. Des dialogues parlés qui semblent interminables, une intrigue limitée à trois fois rien… &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Eternel problème de l’opéra-comique français : comment faire en sorte qu’il intéresse et touche le public d’aujourd’hui ? Les codes en paraissent si désuets qu’on se demande par quelle magie l’on pourrait transcender la bêtise de certains livrets, ou disons plutôt leur charme naïf. Des dialogues parlés qui semblent interminables, une intrigue limitée à trois fois rien… Electrochoc ou restauration prudente, quelle serait la meilleure solution ? <em>Le Chalet</em> d’Adolphe Adam est riche de fort belle musique, et n’est pas si loin de <em>La Dame blanche </em>de Boieldieu, antérieure d’une dizaine d’années. On aimerait revoir cette œuvre un jour sur une scène française, ce qui ne semble hélas pas être pour demain. En attendant, l’Opéra de Toulon a eu le courage, <a href="https://www.forumopera.com/le-chalet-toulon-en-demi-teinte">en ouverture de saison 2016-17</a>, d’en proposer une version de concert.</p>
<p>Evacuer l’aspect visuel ne suffit pourtant pas à surmonter toutes les difficultés, à commencer par le fameux texte dont Scribe était le co-auteur : pour l’occasion, les dialogues ont été entièrement réécrits et abrégés. Apparemment, l’auteur de cette révision n’est autre que Stéphane Topakian, créateur du label Timpani qui a enregistré l&rsquo;œuvre en studio une semaine avant ledit concert. Non content d&rsquo;en modifier la lettre, il s’est permis d’en moderniser un peu l&rsquo;esprit. Peut-être en partie grâce à cette intervention, ces dialogues sont fort bien dits par les artistes, et l’essentiel est là.</p>
<p>Dirigé par l’excellent <strong>Guillaume Tourniaire</strong>, toujours très à son affaire dans la musique française, l’orchestre de l’Opéra de Toulon livre une ouverture élégante, et cette délicatesse de ton ne se dément pas durant le reste de l’œuvre, qui conserve toute sa vivacité. La participation du chœur maison permet une véritable intégrale (la version <a href="https://www.forumopera.com/cd/le-chalet-avec-vue-sur-vallons">récemment publiée par Malibran</a> omettait cet aspect de la partition, or le chœur est présent dans six des dix-sept numéros musicaux que l’on compte sur le disque Timpani) ; leur texte n’est pas toujours très intelligible, mais ce n’est pas très grave.</p>
<p>Si l’on passe aux solistes, on commencera par avouer un gros coup de cœur pour l’exquise <strong>Jodie Devos</strong>, qui succède tout à fait dignement aux grands sopranos légers que la France possédait jadis : on songe à Liliane Berton, par exemple. Son soprano léger, le piquant et le sourire qu’elle a dans la voix permettent de rêver au retour d’œuvres comme <em>Les Noces de Jeannette</em> et autres titres injustement rangés au rayon des ringardises à oublier.</p>
<p>Bénéficiaire du seul air à être resté (un peu) présent dans les mémoires, ou du moins dans certaines, « Vallons de l’Helvétie », <strong>Ugo Rabec</strong> prête à Max un superbe timbre grave mais doté de l’agilité nécessaire pour interpréter un air à vocalises quasi rossinien. Et même si son nom ne l’indique pas, ce chanteur, ancien élève de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, est né en France et possède une diction parfaite. A l’écouter, on se demande quand sonnera enfin pour cette basse l’heure des grands rôles – dommage qu’il ait dû se faire remplacer en Raimondo dans <em>Lucia </em>en septembre dernier au TCE. On ne voit guère à lui reprocher qu’une sobriété de jeu qui l’empêche d’appuyer le moindre effet et peut-être de remporter des succès faciles auprès d’un certain public.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/breve/sebastien-droy-vole-au-secours-de-la-reine-de-chypre">« Sauveur » de <em>La Reine de Chypre</em></a> en juin dernier, <strong>Sébastien Droy </strong>est le moins enthousiasmant des trois solistes. Dans ce répertoire, le ténor ne manque pas de qualités, mais ses premières interventions laissent entendre plusieurs aigus un peu tirés, comme si la voix touchait là ses limites.</p>
<p>Malgré tout, si cette belle parution ne suffit pas à donner des idées aux programmateurs, c’est qu’il y a vraiment quelque chose de pourri dans les théâtres français.</p>
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		<title>ADAM, Le Chalet — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-chalet-toulon-en-demi-teinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Sep 2016 21:33:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est par une soirée en demi-teinte que commence la saison de concerts de l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon. On se réjouissait de réentendre une œuvre devenue rarissime à l’affiche depuis le milieu du siècle dernier, Le Chalet, d’Adolphe Adam. Pour étoffer le programme, après l’ouverture de Lakmé les solistes sont mis à contribution dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est par une soirée en demi-teinte que commence la saison de concerts de l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon. On se réjouissait de réentendre une œuvre devenue rarissime à l’affiche depuis le milieu du siècle dernier, <em>Le Chalet</em>, d’Adolphe Adam. Pour étoffer le programme, après l’ouverture de <em>Lakmé </em>les solistes sont mis à contribution dans trois airs de cette œuvre, un duo des <em>Pêcheurs de perles</em>, un air de <em>Chérubin </em>et un trio du <em>Toréador</em>. Sont-ils fatigués par les séances de travail destinées à l’enregistrement du <em>Chalet </em>pour le label Timpani ? Une annonce informe le public d’une indisposition vocale de <strong>Jodie Devos</strong> et l’air de Lakmé dit des clochettes l’oblige en effet, en dépit d’une maîtrise technique qui laisse intacte la souplesse et le dosage de l’émission, à une prudence perceptible dans le suraigu, où les notes sont atteintes mais à peine tenues. On pourrait d’ailleurs se demander s’il était raisonnable, compte tenu de son malaise, de maintenir le programme tel quel. Mais ni <strong>Sébastien Droy </strong>ni <strong>Ugo Rabec </strong>ne semblent en meilleure forme. Le ténor cisèle « Fantaisie aux divins mensonges » mais l’émission serrée, la projection courte sont soulignées par la lenteur pesante qu’impose le chef d’orchestre. Quant au baryton, sa voix semble bien claire et peu imposante pour Nilakhanta dans « Ton doux regard se voile ». Le duo suivant « Ton cœur n’a pas compris le mien » qui réunit Nadir et Leïla expose moins Jodie Devos, qui se détend, mais Sébastien Droy ne se libère toujours pas et là encore la lenteur de la direction plombe le lyrisme. L’extrait de <em>Chérubin </em>ne sollicite guère l’aigu et Jodie Devos peut faire admirer l’expressivité de sa voix. Réunis pour le trio bouffe du <em>Toréador</em> les trois artistes s’y montrent efficaces mais les hommes manquent un peu de brio, surtout Ugo Rabec que les graves du rôle de Belflor poussent dans ses retranchements, en regard de leur partenaire qui semble libérée de ses craintes, à en juger par la crânerie de sa vocalisation funambulesque.</p>
<p>Ces réserves ne seraient sans doute pas primordiales si l’écriture vocale, pour Adolphe Adam, ne se référait encore, même allusivement, au modèle de la virtuosité italienne adaptée au goût français par Rossini. C’est perceptible dans <em>Le Toréador</em>, de 1849, et plus encore dans <em>Le Chalet</em>, de 1834. Ce n’est pas que le musicien adhère par conviction à cette esthétique ; mais en user revient pour lui à exploiter la recette du succès, celle qui lui permettrait d’atteindre son objectif tel qu’il l’expose dans sa correspondance avec le bibliothécaire du Roi de Prusse, s’enrichir, et pour cela dépouiller ses compositions de tout ce qui pourrait déconcerter le public. Aucun risque avec <em>Le Chalet</em>. Même si le sujet dérive d’une œuvrette de Goethe, Max joue un peu le même rôle qu’Alidoro dans <em>Cenerentola</em>, celui d’un révélateur et d’un guide. L’œuvre a en commun avec <em>Guillaume Tell</em>, toujours à l’affiche, le Tyrol suisse et avec <em>Le Comte Ory </em>un chœur à boire, outre un librettiste dont la prosodie est familière aux auditeurs. Scribe a même écrit le texte du <em>Philtre</em>, deux ans plus tôt, avec un personnage malheureux en amour qui veut devenir soldat. C’est donc tout naturellement qu’Adam glisse dans <em>Le Chalet</em> tyroliennes et marches militaires, un genre qui plaît, à l’heure de la conquête de l’Algérie et de la nostalgie autour des cercueils des survivants de la Grande Armée, et qui a le grand avantage d’entraîner l’auditeur sans lui laisser le loisir de mesurer la faible pertinence du livret, exclusivement destiné à l’amuser. A cet égard, de petits rires étouffés attestaient que l’impact comique de certaines répliques est toujours intact, aussi peut-on protester avec d’autant plus de force contre quelques modifications du texte probablement destinées à le moderniser mais d’une inutile vulgarité. Cette efficacité comique dépendait évidemment des solistes ; chacun à sa mesure a composé et campé son personnage. Comme lors de la première partie, Ugo Rabec se révèle le maillon faible, la projection restant limitée et l’agilité, si nécessaire, nettement déficitaire. En revanche Sébastien Droy semble avoir retrouvé l’influx et la projection qui lui avaient fait défaut, usant à bon escient de voix mixte, de voix de tête ou de falsetto pour la zone la plus aigüe, comme c’était encore l’usage dominant à l’époque de la création. Ses mimiques sont justes et il donne une image amusante sans être caricaturale du brave garçon. Jodie Devos ne lui cède en rien pour l’expressivité et parvient à communiquer les états d’âme successifs, la détermination, la colère, la frayeur, l’émoi amoureux qui n’ose s’avouer, tant par un jeu de comédienne que par la mobilité d’une voix en prise avec la sensibilité. Ses atouts techniques lui permettent de briller dans les agilités dont Adam a gratifié Betly. La direction de <strong>Guillaume Tourniaire</strong> évite ici les alanguissements regrettés en première partie et conserve à l’œuvre le rythme allant que même les épanchements sentimentaux ne peuvent entraver. Il obtient une belle réponse de l’orchestre, déjà remarquable dans l’ouverture de <em>Lakmé </em>donnée en introduction au concert lyrique, ainsi que des chœurs, manifestement bien préparés. Accueil très chaleureux, joyeuse satisfaction de ceux qui découvraient l’œuvre – dernière exécution à Toulon en 1962 –, voilà qui pouvait adoucir la déception d’une affluence moyenne. Il reste à souhaiter que l’enregistrement, réalisé avant le concert, soit exempt des approximations constatées.</p>
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		<title>Le Chalet</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-chalet-avec-vue-sur-vallons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Aug 2016 06:54:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ces derniers temps, c’est en Allemagne qu’il fallait aller pour entendre une de ces œuvres qui, après avoir été au cœur du répertoire français, semble désormais interdite, comme sous l’effet d’un tabou inévitable. Le Chalet d’Adolphe Adam est, avec Zampa et Les Noces de Jeannette, l’un des opéras-comiques retenus pour orner les murs du foyer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ces derniers temps, c’est <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/sauve-de-la-convention">en Allemagne</a> qu’il fallait aller pour entendre une de ces œuvres qui, après avoir été au cœur du répertoire français, semble désormais interdite, comme sous l’effet d’un tabou inévitable. <em>Le Chalet</em> d’Adolphe Adam est, avec <em>Zampa </em>et <em>Les Noces de Jeannette</em>, l’un des opéras-comiques retenus pour orner les murs du foyer de la Salle Favart. Si Hérold fut fort bien traité durant « l’ère Deschamps », ni Adam ni Victor Massé n’ont encore pu reparaître dans ces lieux où ils triomphèrent jadis. Faute de coproducteur intéressé par une résurrection scénique, <em>Le Chalet</em> dort encore sur les rayonnages des bibliothèques. Du moins l’Opéra de Toulon en propose-t-il le 16 septembre une version de concert, excellente occasion pour le label Malibran de remettre en avant l’un des deux seuls enregistrements de cette œuvre.</p>
<p>A l’époque déjà lointaine où notre collègue Geoffroy Bertran proposait sur Forum Opéra une <a href="http://www.forumopera.com/v1/opera-n16/adam.htm">discographie « adamique »</a>, il n’avait connaissance que de l’autre version, qui émane également de la Radiodiffusion française. Plus récent, car il date de 1965, cet autre <em>Chalet</em> est gâté par une distribution qui fait frémir, les deux jeunes premiers étant incarnés par Denise Boursin, toujours crispante par ses accents teintés de niaiserie, et par Joseph Peyron, excellent dans les rôles de second couteau ridicule mais qui n’a rien à faire ici, même si Daniel n’est certes pas le plus intelligent des ténors d’opéra-comique. Mieux vaut donc écouter le concert de 1954 selon Malibran, 1957 selon l’INA. En bonus, Malibran propose quelques airs dans des enregistrements « historiques ». D’autres labels proposèrent jadis d’autres œuvres d’Adam (<em>Le Farfadet</em> récemment exhumé par Les Frivolités Parisiennes, dans la série « Gaieté Lyrique », ou <em>La Poupée de Nuremberg</em> chez Cantus Line).</p>
<p><strong>Nadine Sautereau</strong> est impeccable en Betly : le timbre n’a rien de pincé, rien de vieillot, et l’interprète sait rendre le caractère d’un personnage qui se pique d’indépendance. Avec <strong>Pierre Giannotti</strong>, c’est à un chanteur un peu plus « vieille France » que l’on a affaire : certaines couleurs rappellent un peu Alain Vanzo, mais avec moins de poésie. Un peu plus de talent dramatique n’aurait pas été de refus ; peut-être est-ce la raison qui explique pourquoi cet artiste doté d’une voix apparemment puissante fut presque toute sa vie cantonné aux seconds rôles (<strong>Edmond Tirmont</strong>, en bonus, aurait pu, avec des moyens peut-être moins généreux, lui donner des leçons de vigueur). Quant à <strong>Julien Giovannetti</strong>, son beau timbre renvoie à toute une génération de barytons français de l’immédiat après-guerre. Son « Vallons de l’Helvétie » est plein de noblesse et n’a pas à rougir de la comparaison avec la version d’<strong>Etienne</strong> <strong>Billot</strong> reproduite en bonus, dont on peut trouver qu’elle manque un peu d’allant, malgré la belle voix de l’interprète, un peu plus basse que Julien Giovannetti.</p>
<p>Autrement dit, si vous voyez resurgir la version « Gaieté Lyrique », fuyez-la comme la peste et préférez sans hésiter celle-ci. Maintenant, si un label voulait laisser traîner ses micros du côté de Toulon le 16 septembre, on serait ravi de disposer d’une captation de la délicieuse Jodie Devos en Betly, encadrée par Sébastien Droy et Ugo Rabec. [Depuis, ce vœu a été exaucé, puisque Timpani s&rsquo;est chargé d&rsquo;enregistrer ce nouveau <em>Chalet</em>, intégrale à paraître « en première mondiale »]</p>
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		<title>ADAM, Le Chalet — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sauve-de-la-convention/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2013 21:07:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  L’édition 2013 du festival Rossini in Wildbad maintient la tradition bien établie de proposer une rareté qui se rattache aux titres rossiniens à l’affiche. Mais passer de Mercadante, de Mayr ou de Pacini à Alphonse Adam, n’est-ce pas mélanger un torchon aux serviettes ? La notoriété extraordinaire dont jouit le compositeur français en son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			L’édition 2013 du festival Rossini in Wildbad maintient la tradition bien établie de proposer une rareté qui se rattache aux titres rossiniens à l’affiche. Mais passer de Mercadante, de Mayr ou de Pacini à Alphonse Adam, n’est-ce pas mélanger un torchon aux serviettes ? La notoriété extraordinaire dont jouit le compositeur français en son temps ne survit aujourd’hui qu’à travers la musique du ballet <em>Giselle</em>. Qui connaît encore<em> Le Chalet</em> ? Toutefois, comme toujours à Bad Wildbad, les associations imaginées par la direction artistique n’ont rien de hasardeux : <em>Guillaume Tell</em>, à l&rsquo;affiche également de cette édition 2013, et <em>Le Chalet</em> ont en commun le décor montagnard du Tyrol suisse, l’existence d’un pouvoir étranger &#8211; l’Autriche- auquel on se vend ou auquel on résiste, et l’usage du français. On trouvera aussi chez Adolphe Adam une inspiration « tyrolienne » qui s’abreuve au <em>Guillaume Tell</em> et une écriture qui ne se refuse rien des séductions du chant orné à la Rossini, mais qui les dose de façon très calculée. En effet il ne s’agit pas pour lui d’épouser une esthétique mais d’en user comme d’une recette à succès, en équilibrant ces « écarts » à l’italienne par l’abondance des rythmes martiaux qui flattent le militarisme franchouillard. La correspondance suivie – de 1836 à 1850 – qu’il entretint avec le bibliothécaire du Roi de Prusse ne laisse aucun doute à ce sujet quant à ses ambitions et à son objectif : plaire, s’enrichir, et pour cela dépouiller ses compositions de tout ce qui pourrait déconcerter le public.<br />
			 </p>
<p>			Voguant donc sur la vogue de <em>Guillaume Tell, </em>Adolphe Adam met en musique l’histoire du stratagème conçu par Max pour amener sa sœur Betly à épouser Daniel, un riche et gentil garçon qui lui a demandé sa main mais qu’elle vient de repousser tant elle est jalouse de son indépendance car depuis quinze ans que son frère aîné est mercenaire à la solde de l’Autriche, elle a grandi sans tuteur ni maître. Max, qu’elle n’a pas reconnu, décide alors de lui faire peur en ordonnant aux soldats qu’il commande de se comporter chez elle en pays conquis. Impuissante à protéger ses biens elle demande à Daniel de dire « pour rire » qu’il est son mari. Max demande alors à voir le contrat de mariage. Elle le signe, mais c’est sans valeur, dit-elle à Daniel en aparté, puisque légalement elle dépend de son frère. En signant le document à son tour il se fait reconnaître et tout est bien qui finit bien. Scènes parlées et airs se succèdent conformément à la nature déclarée de l’œuvre, qui fait aussi la part belle aux chœurs, ceux des compagnons et compagnes de Daniel et Betly, commérages moqueurs, refrains sentimentaux, rengaines folkloriques ou ceux, martiaux ou à boire, des soldats que commande Max. L’atmosphère générale est au sourire car pas un instant on ne prend au sérieux le drame sentimental : Daniel a un bon fond mais manque de subtilité, et Betly, qui prétend être maîtresse d’elle-même, est totalement dépourvue du caractère nécessaire à affronter l’adversité. Sa déconfiture finale est donc prévisible et inévitable.<strong> Nicola Berloffa</strong>, le metteur en scène, semble penser au contraire que Betly est une anticipation du féminisme. Nous la voyons plutôt comme un nouvel exemple de « l’éternel féminin » qui serait incapable de trouver son bonheur sans la clairvoyance des hommes. Quant au traitement du choeur des soldats « Du vin et du tabac » doit-il dégénérer en rixe d’ivrognes ? C’est pousser le bouchon trop loin car ainsi il perd le caractère bon enfant qu’il devrait conserver, puisqu’il s’agit de faire peur « pour rire », et que ces soldats dévoués corps et âme à leur chef ne peuvent être que sympathiques. Cette approche biaisée de l’esprit de l’œuvre, on la retrouve dans les costumes de <strong>Claudia Möbius</strong>, en particulier ceux des choristes : à l’entrée du chœur féminin, une robe en lamé rouge suscite aussitôt l’idée que l’on va voir Paris Hilton à la ferme. Le décor de <strong>Caroline Stauch</strong> va à l’essentiel : un coucou au mur, par l’ouverture en fond de scène le profil enneigé des cimes alpestres et une table mobile sous laquelle Betly s’abritera pendant le sac de sa cave.<br />
			<br />
			Heureusement, si l’aspect visuel ne conquiert pas, en dépit des efforts de <strong>Kai Luczak</strong> dans la gestion des lumières, il en va autrement sur le plan vocal et musical. La clarté de la diction de<strong> Diana Mian </strong>est certes perfectible mais elle a une voix pleine et lyrique qui soustrait le personnage aux acidités possibles, et suffisamment souple pour exécuter joliment les agilités à l’italienne dont Adam a gratifié Betly. Ses partenaires masculins ne sont pas en reste, au contraire. Installé en France depuis longtemps le ténor<strong> Artavazd Sargsyan</strong> a une diction d’une clarté exemplaire, et une apparente facilité d’émission jusque dans la zone aigüe, unie à une bonne projection, qui lui permettent de ne jamais forcer, et de conserver ainsi à son chant l’impression de la liberté, du naturel, de l’élégance propres à ce répertoire. Il recueille, et c’est justice, un vif succès. L’emploi du frère clairvoyant est dévolu au baryton <strong>Marco Filippo Romano</strong>, en passe de devenir un pilier de Bad Wildbad. Son émission saine et souple lui permet d’affronter facilement les passages d’agilité du rôle et d’en exprimer clairement les nuances puisque ce meneur d’hommes est aussi un homme sensible qui s’émeut au paysage de son enfance, un homme décidé qui sait feindre la brutalité comme exhaler la bienveillance. Un bémol cependant pour la diction, exemplaire de justesse avant de se gâter brusquement dans le dernier tiers de l’œuvre. Rien de tel en revanche pour celle des choristes, d’une qualité digne d’éloges, tout comme leur qualité d’interprètes, attentifs et nuancés. Tout ce beau monde est placé, comme les musiciens de l’orchestre des <strong>Virtuoses de Brnö</strong>, sous la direction de<strong> Federico Longo</strong>, un chef dont un concert l’an dernier nous avait révélé l’élégance. Elle est au rendez-vous, et contribue sans nul doute à l’équilibre du rendu, qui parvient à estomper le clinquant et le pompier qui menacent parfois, pour faire danser les rythmes et sublimer la caresse du lyrisme. Un rien de trop ou de moins et l’œuvre serait rendue à l’aimable convention dont elle participe. Ce n’est pas un mince compliment que de dire que Federico Longo l’en a préservée !</p>
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