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	<title>Le Mage - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Le Mage - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Dix airs d&#8217;opéra pour partir du bon pied le matin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Dec 2015 05:41:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;opéra, ça se termine toujours mal ; c&#8217;est tragique, triste et déprimant. Pas forcément. La preuve en dix morceaux spécialement choisis pour bien démarrer sa journée. 1. « Gemo in un punto e fremo » (Antonio Vivaldi, L&#8217;Olimpiade &#8211; 1734) D&#8217;une manière générale, Antonio Vivaldi est un compositeur recommandé le matin, ne serait-ce que pour son écriture &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;opéra, ça se termine toujours mal ; c&rsquo;est tragique, triste et déprimant. Pas forcément. La preuve en dix morceaux spécialement choisis pour bien démarrer sa journée.</strong></p>
<hr />
<p><strong>1. « Gemo in un punto e fremo » (Antonio Vivaldi, <em>L&rsquo;Olimpiade</em> &#8211; 1734)</strong></p>
<p>D&rsquo;une manière générale, Antonio Vivaldi est un compositeur recommandé le matin, ne serait-ce que pour son écriture souvent tonique. Prenez par exemple « Gemo in un punto e fremo », l&rsquo;air de Licida déchiré de remords à la fin du 2e acte de <em>L&rsquo;Olimpiade</em>. L&rsquo;énergie sauvage impulsée par le rythme obsédant de cette partition vaut tous les jus d&rsquo;orange, tasses de café ou comprimés de vitamine C.  [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/T_FfJVmdkLg" width="420"></iframe></p>
<p><strong>2. « Régnez, plaisirs et jeux » (Jean-Philippe Rameau, <em>Les Indes galantes </em>&#8211; 1736)</strong></p>
<p>En démarrant votre journée au milieu du faste orchestral et vocal de l&rsquo;Acte des Sauvages, vous pourrez vous prendre pour Louis XV jusqu’au soir. Au milieu des plaisirs et des ris dont Zima déclare ouvert le règne en ces bois, vous serez vraiment le Bien-Aimé, porté par une euphorie durable et communicative. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/p4ZMnrG1rog" width="560"></iframe></p>
<p><strong>3. « Ah! sì, per voi già sento » (Gioachino Rossini, <em>Otello</em> – 1816)</strong></p>
<p>Dans un fracas d&rsquo;armes et de trompettes, Otello, façon Rossini, fait son entrée sur scène en une aria vivement conseillée à ceux qui peinent le matin à s&rsquo;extirper de leur couette. Passé le tumulte liminaire, la première partie de l&rsquo;air, songeuse, prolonge quelques minutes la sensation de demi-sommeil avant qu&rsquo;une cabalette martiale ne vienne, à renfort de roulades virtuoses, sonner l&rsquo;heure de se lever d&rsquo;un pied forcément conquérant. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bHV6_dJiqfw" width="420"></iframe></p>
<p><strong>4. « Dich teure halle » (Richard Wagner, <em>Tannhäuser </em>&#8211; 1845)</strong></p>
<p>Parce que chaque jour nouveau à conquérir est comme une Wartburg à redécouvrir, la joie innocente d’Elisabeth devrait vous aider à prendre un bon départ : c’est sûr, le chant de Tannhäuser l’éveillera et l’arrachera aux rêves lugubres. Oubliez donc toute mélancolie, et ne songez plus qu’au bonheur de retrouver vos proches et vos collègues de travail… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/pi6SEdW59JY" width="560"></iframe></p>
<p><strong>5. « Je suis gai, soyez gais » (Jacques Offenbach, <em>La belle Hélène</em> – 1864)</strong></p>
<p>Bien avant Émile Coué et sa fameuse méthode, Offenbach avait compris que rien ne valait l’autosuggestion pour voir la vie du bon côté. Au 3e acte de <em>La belle Hélène</em>, Pâris, déguisé en grand Augure de Vénus, se fait le porte-parole de la pensée positive. Ses « je suis gai, soyez gais » sous forme de Tyrolienne débridée et ponctuée de « La laï tou » en voix de fausset sont un appel euphorique à envisager sa journée comme une partie de plaisir. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UBK7UNN-waU" width="420"></iframe></p>
<p><strong>6. « Ah, parais » (Jules Massenet, <em>Le Mage</em> &#8211; 1891)</strong></p>
<p>Pendant que le Roméo de Gounod appelle le soleil à se lever, le Zarâstra de Massenet incite à surgir de l’ombre « l’astre de son ciel », qui n’est autre que sa bien-aimée Anahita. Quel que soit l’astre qui illumine vos jours, il ne saurait tarder à paraître si vous sortez du lit pour affronter cette journée, encouragé par les phrases caressantes de cet air, parmi les plus beaux du compositeur stéphanois. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ndZNCkPgPMY" width="420"></iframe></p>
<p><strong>7. « ¡ Ay ba ! » (Vicente Lleó, <em>La Corte del Faraón</em> &#8211; 1910)</strong></p>
<p>Bon, une fois n’est pas coutume, vous allez vous accorder cinq minutes supplémentaires de grasse matinée, mais en musique, bien sûr. Et quoi de mieux pour flatter votre penchant à l’indolence que cet air tiré d’une zarzuela-péplum ? Les onomatopées du texte et le balancement lascif du refrain évoquent les soupirs voluptueux des troublantes Babyloniennes, dont le corps se ploie tels palmiers secoués par le vent, et dont les lèvres appellent les baisers goulus… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/hvmGjVrPl7A" width="420"></iframe></p>
<p><strong>8. « Nessun dorma » (Giacomo Puccini, <em>Turandot</em> – 1926)</strong></p>
<p>Il y a d’abord les premiers mots de l’air chanté par Calaf dans <em>Turandot</em> : en français, « Que personne ne dorme », autrement dit, inutile de trainer au lit. Puis, le concert phénoménal donné par les trois ténors aux Thermes de Caracalla en 1990, lors de la Coupe du monde de football dont « Nessun dorma « devint aussitôt l’hymne. Si, depuis, des stades entiers se lèvent en l’entonnant, pourquoi pas vous ? [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/raJkCwQB2CY" width="560"></iframe></p>
<p><strong>9. « C&rsquo;est ça la vie » (Moisés Simóns, <em>Toi, c&rsquo;est moi</em> &#8211; 1934)</strong></p>
<p>« C’est ça, la vie » gazouille Viviane dans <em>Toi, c’est moi</em>, l’opérette de Moïsés Simons, compositeur cubain exilé à Paris dans les années 1930, et l’on veut bien la croire lorsque la vie chaloupe ainsi sur un rythme sud-américain qui est tout à la fois gage de soleil, de bonne humeur et de caresses sucrées. Allez hop, debout et on danse !  [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TgPKnZb6MqE" width="420"></iframe></p>
<p><strong>10. « News has a kind of mystery » (John Adams, <em>Nixon in China</em> &#8211; 1987)</strong></p>
<p>Et si, un matin, au lieu d’ouvrir le robinet à nouvelles du monde que sont les chaînes de radio, vous vous accordiez un moment de réflexion sur la nature mystérieuse de l’information ? Cette méditation n’aura rien de soporifique, c’est promis. Vertige de l’histoire pour Richard Nixon, mais un solide plein d&rsquo;enthousiasme pour vous grâce à l’ostinato frénétique de John Adams dans son premier opéra. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/f9EzSEFeyoA" width="560"></iframe></p>
<p> </p>
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		<title>Le Mage</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tout-sauf-un-fond-de-tiroir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2013 09:54:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  On l’a dit lorsque fut enfin recréé ce Mage après un peu plus d’un siècle de sommeil ininterrompu (voir compte rendu), il est assez extraordinaire que nous puissions entendre une œuvre de Massenet à peu près inconnue et qui n’a surtout rien d’une partition négligeable ou de seconde zone. Les raisons de son oubli &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			On l’a dit lorsque fut enfin recréé ce <em>Mage </em>après un peu plus d’un siècle de sommeil ininterrompu (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4405&amp;cntnt01returnid=54">compte rendu</a>), il est assez extraordinaire que nous puissions entendre une œuvre de Massenet à peu près inconnue et qui n’a surtout rien d’une partition négligeable ou de seconde zone. Les raisons de son oubli sont surtout liées à « des circonstances défavorables », comme le rappelle fort opportunément Jean-Christophe Branger dans l’un des textes que le Palazzetto Bru Zane a inclus dans le livre accompagnant l’enregistrement : faillite de l’éditeur attitré de Massenet, Hartmann, non-reconduction des directeurs de l’opéra, Ritt et Gailhard, cabale favorable à la <em>Salammbô </em>de Reyer. Avec ce grand opéra (cinq actes, un ballet, un sujet héroïco-religieux à la manière du <em>Prophète </em>de Meyerbeer), Massenet montrait qu’il pouvait parfaitement se plier aux règles du genre, avec un résultat tout à fait cohérent – sans doute plus que son Hérodiade, par exemple, mais qui n’a pas eu pour passer à la postérité assez d’airs mémorables, en dehors du « Ah, parais » chers aux ténors d’hier et d’aujourd’hui. On y retrouve pourtant cette inspiration belliqueuse qui éclatait déjà dans <em>Le Roi de Lahore</em> et qui animait en partie <em>Esclarmonde</em>, œuvre dont la composition précède immédiatement celle du Mage, déjà dans une veine orientale, surnaturelle et antiquisante.</p>
<p>
			Pour monter une œuvre aussi rare, l’opéra de Saint-Etienne, soutenu par le Palazzetto Bru Zane, a évidemment rencontré quelques difficultés lorsqu’il s’est agi de trouver les interprètes prêts à endosser des rôles conçus pour les meilleurs gosiers de l’opéra de Paris à la fin du XIXe siècle : le grand wagnérien Delmas dans le rôle du grand-prêtre, Caroline Fiérens, une Ortrude, dans le rôle de sa fille, Marie Lureau-Escalaïs en reine du Touran, et pour le Mage lui-même, Edmond Vergnet, créateur de Jean dans <em>Hérodiade</em>, dont le répertoire allait du duc de Mantoue à Florestan, de Don Ottavio à Lohengrin. Quelques grands noms d’aujourd’hui ont un temps circulé, avant de se rétracter, mais la distribution finalement retenue est loin d’être de seconde zone.</p>
<p>			En ce qui concerne le premier couple, Anahita et Zarâstra, on serait tenté de reprendre la formule de Verlaine dans les « Chevaux de bois » mis en musique par Debussy : « Le gars en noir et la fille en rose, L’une a la chose et l’autre a la pose ». <strong>Luca Lombardo</strong>, le ténor qui a sans doute aujourd’hui interprété le plus grand nombre de rôles massenétiens dans sa carrière, était souffrant lors des concerts durant lesquels l’œuvre fut enregistrée : cela s’entend souvent, hélas, malgré sa grande connaissance du style, et l’on peut aussi se demander si, même au mieux de sa forme, sa personnalité vocale aurait été idéalement adaptée à ce rôle héroïque. L&rsquo;excellente <strong>Catherine Hunold</strong> a, elle, de la voix à revendre, et son profil wagnérien est un peu surdimensionné pour un rôle conçu pour un soprano plus léger ; tandis que son partenaire monopolise tout ce qui lui reste de force, elle doit au contraire se surveiller pour ne pas écraser la partition, et elle y parvient remarquablement.</p>
<p>			Quant à Amrou et Varedha, ceux justement pour qui deux artistes prestigieux ont déclaré forfait, on se dit qu’on a peut-être même gagné au change, car les « remplaçants » trouvés sont d’excellents chanteurs-acteurs de premier plan. Récemment Marc-Antoine dans <em>Cléopâtre </em><a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5340&amp;cntnt01returnid=54">à Marseille</a>, <strong>Jean-François Lapointe</strong> est un baryton de grande envergure, parfaitement capable de faire revivre ces œuvres injustement négligées. Quant à <strong>Kate Aldrich</strong>, son aisance dans les rôles de mezzo tirant vers le soprano et son excellent français font d’elle une interprète idéale ici, tout à fait apte à tenir tête au premier rôle féminin. Quant aux comparses, ils sont bien mieux que cela, avec un <strong>Marcel Vanaud</strong> redoutablement sonore, un <strong>Julien Dran</strong> délicat et un <strong>Florian Sempey</strong> renouant avec la grande tradition des barytons français. La direction de <strong>Laurent Campellone</strong> avait pu sembler parfois brutale ou précipitée au concert, mais au disque on remarque surtout la fluidité avec laquelle il conduit les admirables forces vocales et orchestrales de l’Opéra de Saint-Etienne. Voilà donc un <em>Mage </em>pour lequel on pourrait sans doute rêver d’un autre Mage, mais qui n’en constitue pas moins un document indispensable pour la connaissance de Massenet.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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		<title>MASSENET, Le Mage — Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/celeste-anahita/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Nov 2012 19:21:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Dans un contexte exotique, une princesse captive, un grand-prêtre, un roi, une mezzo amoureux du ténor qui lui préfère la soprano… Non, ce n’est pas d’Aïda qu’il s’agit, mais de l’un des derniers opéras de Massenet à ne pas avoir été redonné depuis plus d’un siècle : Le Mage, créé avec succès en 1891, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Dans un contexte exotique, une princesse captive, un grand-prêtre, un roi, une mezzo amoureux du ténor qui lui préfère la soprano… Non, ce n’est pas d’<em>Aïda</em> qu’il s’agit, mais de l’un des derniers opéras de Massenet à ne pas avoir été redonné depuis plus d’un siècle : <em>Le Mage</em>, créé avec succès en 1891, mais hélas sans lendemain. Après trente et une représentations à l’Opéra de Paris, plus rien (sauf à La Haye en 1896). Tous les ingrédients semblaient pourtant réunis pour donner à notre première scène nationale : un livret inspiré d’un épisode plus mythique qu’historique, un conflit politique qui se superpose à des sentiments passionnés, et un grand ballet au quatrième acte, que demander de plus ? Eh bien, tout simplement, davantage d’airs mémorables, sans doute. En dehors du « Ah, parais ! » du héros à la fin du deuxième acte, <em>Le Mage</em> manque de morceaux détachables et brillants, ce qui l’a peut-être desservi aux yeux des chanteurs. Avec ses fanfares en coulisses, l’orchestration est pourtant d’une richesse remarquable, non sans un certain wagnérisme à la française, et Massenet tire de la masse chorale quelques effets impressionnants, sans oublier l’évocation du tonnerre et du feu ; quant à l’orientalisme et aux invocations divines, ces deux caractéristiques nous rapprochent de quelques grandes réussites du compositeur, depuis <em>Le Roi de Lahore</em>, son premier succès, donné à l’Opéra de Paris en 1877, ou <em>Esclarmonde</em>, créé à l’Opéra-Comique juste deux ans avant <em>Le</em> <em>Mage</em>. Après cette résurrection en concert qui a prouvé la validité musicale de cette œuvre, il faut espérer qu’un directeur de théâtre osera la remonter à la scène, malgré tous les effets spéciaux que suppose le livret (et dont les metteurs en scène d’aujourd’hui sont passés maîtres dans l’art de se dispenser entièrement).</p>
<p><strong>Laurent Campellone</strong> croit visiblement en cette musique, et c’est sans doute à lui qu’on doit la résurrection du <em>Mage</em>. Le chef se dépense sans compter, à la tête de la phalange stéphanoise dont il sait tirer le meilleur, et les chœurs ne sont pas en reste, qui contribuent pleinement eux aussi à la réussite de cette passionnante entreprise. La partition est ici donnée dans son intégralité, et il faut bien reconnaître que le ballet n’est pas ce qu’il y a de meilleur dans cet opéra, même si les différentes « danses festives et initiatiques » réveillent parfois l’auditeur grâce à quelques audaces qui sortent du style plus convenu.</p>
<p>
			L’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne a eu fort à faire pour recruter les chanteurs capables d’interpréter <em>Le Mage</em>, plusieurs grands artistes français se sont désistés en cours de route, mais la distribution finalement réunie permet de ne pas regretter l’absence de ces noms prestigieux. Après avoir été sur cette même scène Werther, Lentulus de <em>Roma</em>, Thésée d’<em>Ariane</em>, Jean de <em>Hérodiade </em>et Jean Gaussin de <em>Sapho</em>, <strong>Luca Lombardo</strong> s’imposait ici, même si le personnage de Zarâstra, conçu pour un ténor héroïque à la Jean de Reszké, pouvait a priori ne pas correspondre tout à fait à son profil vocal. Annoncé souffrant, le ténor français a tenu à assurer les deux concerts – sans lui, ils auraient été purement et simplement annulés, puisque personne d’autre ne connaît aujourd’hui cette partition – mais il se présente évidemment affaibli, privé d’éclat dans ses aigus, même si la couleur typiquement française de son timbre reste très appréciable dans ce répertoire. Espérons que pour l’enregistrement à paraître, quelques raccords seront possibles, pour donner une image plus fidèle du personnage. <strong>Jean-François Lapointe</strong> met sa véhémence au service du grand-prêtre Amrou, qui n’a guère pour camper son personnage que son duo avec sa fille (magnifiquement interprété par Hjördis Thébault et Pierre-Yves Pruvot sur leur disque <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3561&amp;cntnt01returnid=55"><em>Patrie !</em></a>), le reste du rôle étant réduit à de brèves interventions. Curieusement, le « Chef touranien », qu’on rangerait vite parmi les figures secondaires, se voit accorder une sorte d’arioso dans lequel il évoque tous les présents offerts par Zarâstra au roi : <strong>Florian Sempey</strong> y est magistral d’autorité, et si l’on a jusqu’ici surtout applaudi le jeune baryton dans des personnages comiques, il s’impose admirablement dans les quelques répliques qu’il a ici à déclamer. <strong>Julien Dran</strong> ouvre l’opéra avec la mélopée mélismatique du prisonnier touranien, avec ses notes haut perchées qu’il exécute d’une voix souple. <strong>Marcel Vanaud</strong> en roi étonne par la force inaltérée de sa voix, certes marquée d’un vibrato prononcé mais toujours extrêmement sonore. Face à cette équipe masculine, deux voix de femme, une soprano et une mezzo, une gentille et une méchante, comme on pourrait s’y attendre. Mais Anahita, la reine aimée de Zarâstra, paraît finalement moins développée que sa rivale infortunée. Dans ses notes de programme, Jean-Christophe Branger compare le rôle à ceux d’Eudoxie dans <em>La Juive</em>, voire de Lakmé. Or, c’est à un grand soprano dramatique que Saint-Etienne a fait appel, en la personne de <strong>Catherine Hunold</strong>. On ne se plaindra pas qu’un format vocal supérieur ait été choisi, car la reine doit se faire entendre par-dessus un orchestre fourni et un chœur nombreux. Dans un monde bien fait, les scènes de France et de Navarre se disputeraient cette chanteuse d’exception, à l’aise d’un bout à l’autre d’une tessiture très étendue, à la diction soignée et à l’expressivité constante ; heureusement, l’opéra de Rennes lui confie en février prochain une Brünnhilde à ne pas manquer. Amante torturée, Varedha la prêtresse occupe en fait le devant de la scène, et <strong>Kate Aldrich</strong> livre une prestation impressionnante, avec une aisance bienvenue dans le maniement du français. Arc-boutée contre son pupitre pour darder ses aigus ou claironner ses graves, la mezzo américaine s’investit totalement dans son personnage.</p>
<p>			Après une telle réussite, on n’attend plus qu’une chose : que Saint-Etienne commence d’ores-et-déjà à préparer la Biennale Massenet de 2014, où Laurent Campellone pourra nous révéler <em>Bacchus</em>, jamais plus entendu depuis 1909 !</p>
<p>			.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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