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	<title>Le Petit Chaperon rouge - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Le Petit Chaperon rouge - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>APERGHIS, Le Petit Chaperon rouge — Dijon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Histoire de loup (1976) était l’un de ses premiers opéras, d’après Freud. Passionné par la voix comme par le théâtre, Georges Aperghis, infatigable travailleur, nous offre un catalogue qu’il ne cesse d’enrichir depuis plus de cinquante ans, et on comprend mal la frilosité de nos scènes à l’endroit de ses œuvres. Le Petit Chaperon rouge, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Histoire de loup</em> (1976) était l’un de ses premiers opéras, d’après Freud. Passionné par la voix comme par le théâtre, Georges Aperghis, infatigable travailleur, nous offre un catalogue qu’il ne cesse d’enrichir depuis plus de cinquante ans, et on comprend mal la frilosité de nos scènes à l’endroit de ses œuvres. <em>Le Petit Chaperon rouge</em>, d’après le conte de Perrault, échappe heureusement à ce silence, à la faveur de la riche tournée accomplie par l’<strong>Ensemble Justiniana</strong>. L’ouvrage, programmé par Laurent Joyeux, aurait dû être donné en février, mais le Covid a entraîné son report cette saison. Tania Bracq, séduite par <em>Le Petit chaperon rouge</em>, nous avait communiqué ses émotions (<a href="/le-petit-chaperon-rouge-rennes-aperghis-et-la-petite-danseuse-de-degas">Aperghis et la petite danseuse de Degas</a>) il y a six mois, à Rennes.</p>
<p>Chacun connaît le récit où, trop confiante, l’héroïne sera dévorée par le loup après que celui-ci se soit substitué à la grand-mère, sa première victime. Aperghis a certainement lu Freud et Bettelheim, mais aussi visionné, écouté Tex Avery et les cartoons. Si le loup est évidemment masculin, séducteur et prédateur, des deux figures féminines, la grand-mère est virile, jouée par un comédien, et seul le petit chaperon rouge incarne la féminité, avec sa fraîcheur primesautière. Par-delà les qualités individuelles de chacun, il faut déjà saluer le travail parfaitement abouti de <strong>Charlotte Nessi</strong>, qui signe la mise en scène et le difficile casting. En effet constituer une équipe de musiciens, chanteurs, acteurs, mimes, excellant autant dans le jeu de leur instrument que dans le chant, les polyphonies qu’invente Aperghis, que dans les acrobaties, les tours de magie… relève du miracle : la comédie musicale la mieux réglée n’est pas plus exigeante que cette production. Le décor, unique, dont le volume s’agencera par le jeu des lumières comme par l’ouverture en fond de scène du rideau d’un music-hall, élégant, raffiné, s’accorde parfaitement à la transposition de l’intrigue. Le défilé de présentation des personnages sur l’avant-scène introduit idéalement à cette lecture plurielle, déjantée, où le cocasse, le gag se marient à la poésie et à l’émotion. Tous les hommes sont en habit, noir, seyant, à l’élégance de Fred Astaire. La grand-mère abandonnera très vite le fauteuil roulant pour s’afficher en déshabillé rouge sur une méridienne, friande de loups vigoureux. Quant à sa petite-fille, naturellement vêtue de rouge, elle se muera en danseuse en tutu, violoniste en pointes, objet de convoitise des séducteurs, supposés chasseurs de loups, bien qu’eux-mêmes redoutables prédateurs.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/chaperon.y.petit_163.jpg?itok=m519PBh_" title="Anna Swieton (le petit chaperon rouge) © Yves Petit" width="468" /><br />
	Anna Swieton (le petit chaperon rouge) © Yves Petit</p>
<p>Par la pluralité de ses lectures, le spectacle s’adresse aux enfants comme à leurs parents, mais aussi et surtout au passionné d’art lyrique et de théâtre musical. Le langage, résolument contemporain, fait appel à un effectif instrumental réduit (une violoniste, deux pianistes, deux clarinettistes, un saxophoniste, des percussions). Les « souffleurs » sont poly-instrumentistes, et la palette sonore se renouvelle au fil des scènes. Tous les acteurs disent, chantent, parfois <em>recto-tono</em>, souvent de manière mélodique, en parlé-chanté, assorti d’un travail sur les phonèmes comme l’aime Aperghis. Le livret, détourne, combine, superpose, répète, varie. Ambigu, il dévoie la raison. La musique, fidèle servante, n’est pas moins essentielle : avec la précision diabolique d’une musique de cirque, elle accompagne l’action et les mouvements : ici, un instrument double rythmiquement le texte du comédien, là elle se présente comme ritournelle confiée à un trio d’anches (clarinettes, de la petite à la basse, et saxophone), enfin les polyphonies conclusives des hommes <em>a cappella</em>. Le propos est savamment construit mais paraît naturel tant il colle à l’action dramatique. <strong>Arthur Goudal</strong>, Monsieur Loyal et animateur du spectacle, use avec maestria de tous les ressorts du comique pour captiver l’attention. Le réglage du moindre geste, individuel ou collectif, participe au bonheur que nous donnent les artistes. Chacun d&rsquo;entre eux est admirable.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/chaperon.y.petit_247.jpg?itok=STyGpp-A" title="les loups © Yves Petit" width="468" /><br />
	les loups © Yves Petit</p>
<p>Un spectacle complet, qui associe intimement les voix, les instruments et le théâtre et les arts du cirque, pour une lecture déjantée, cocasse et séduisante.  Des centaines d’enfants du primaire avaient envahi l’auditorium, et le sympathique brouhaha s’était enflé jusqu’aux cris lorsque la salle avait été plongée dans l’obscurité. Le silence revint vite pour atteindre une qualité exceptionnelle, traduisant la fascination que l’œuvre exerce. Nul doute que les adultes – certainement accompagnés de plus jeunes – n’aient trouvé leur compte à la seconde représentation, donnée le lendemain.</p>
<p> </p>
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		<title>APERGHIS, Le Petit Chaperon rouge — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-chaperon-rouge-rennes-aperghis-et-la-petite-danseuse-de-degas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Petite Danseuse de quatorze ans d&#8217;Edgar Degas est poignante car sous son museau effrontément pointé, elle reste la victime désignée des abonnés de l&#8217;opéra, en quête de chair fraîche dans les coulisses du palais Garnier. Dans la magnifique version proposée par l&#8217;Ensemble Justiniana à l&#8217;Opéra de Rennes, le Petit Chaperon rouge porte également tutu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Petite Danseuse de quatorze ans</em> d&rsquo;Edgar Degas est poignante car sous son museau effrontément pointé, elle reste la victime désignée des abonnés de l&rsquo;opéra, en quête de chair fraîche dans les coulisses du palais Garnier. Dans la magnifique version proposée par l&rsquo;<strong>Ensemble Justiniana</strong> à l&rsquo;Opéra de Rennes, le <em>Petit Chaperon roug</em>e porte également tutu et pointes et finit par se faire croquer.</p>
<p>Avec cette œuvre, Georges Aperghis renoue avec la première version écrite du conte, celle de Charles Perrault qui ne s’embarrasse pas d&rsquo;un « Deus ex machina » comme plus tard les frères Grimm : aucun chasseur ne vient ici au secours de la jeune fille.</p>
<p>Le compositeur se plait à égarer l&rsquo;auditeur par des fausses pistes, des possibles ébauchés puis abandonnés, comme la vie en propose. Ainsi il garde le spectateur toujours en éveil. Le procédé est ici pleinement exploité puisque chaque moment de l&rsquo;histoire est répété à plusieurs reprises mais avec autant de fluidité que de variété pour multiplier les points de vue, les métaphores : la narration bégaie pour mieux faire entendre la polysémie du texte.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/yves_petit.png?itok=H1F8-7R6" title=" © Yves Petit" width="314" /><br />
	 © Yves Petit</p>
<p>La remarquable mise en scène où <strong>Charlotte Nessi </strong>creuse avec jubilation cette veine plurielle dans ce qu&rsquo;elle a de plus sombre ou de plus humoristique, explorant de multiples univers, depuis le cartoon jusqu&rsquo;au cinéma muet en passant par le cirque ou la pantomime. Le cadre de caf conc&rsquo; – autre lieu cher à Edgar Degas – et les belles lumières imaginées par <strong>Gérard Champlon</strong>, tout en harmonie noire et blanche (avec de flamboyants costumes rouges dus, comme les fracs, aux ateliers de l&rsquo;Opéra de Paris) servent parfaitement le propos. Ce dernier n&rsquo;est pas celui d&rsquo;un conte rebattu vieux de plusieurs siècles mais bien entendu celui des dangers de la prédation car les loups peuvent se cacher partout sans toujours manifester leur dessein. D&rsquo;ailleurs, des éléments de fourrure (queue, manchettes, plastron) n&rsquo;agrémentent les tenues des artistes que de manière intermittente.</p>
<p>C&rsquo;est <strong>Arthur Goudal</strong>, comédien-chanteur haut en couleur qui est le grand ordonnateur de la soirée. Majordome en queue-de-pie, il déploie une hystérie dégingandée tout à fait irrésistible pour nous guider dans les arcanes du conte avec le soutien d&rsquo;<strong>Axel Delignières</strong>.</p>
<p>La direction d&rsquo;acteur millimétrique galvanise également les musiciens enthousiasmants de naturel, alors qu&rsquo;ils assument avec brio de véritables morceaux de comédie ce qui est assez rare pour être souligné : <strong>Teddy Gauliat-Pitois, Pierre Chalmeau</strong> au piano, <strong>Patrick Ingueneau</strong> aux saxophones, <strong>Carjez Gerretsen</strong> et <strong>Eric Lamberger</strong> aux clarinettes sont tour à tour les convives du restaurant ou la meute hurlante qui menace la violoniste-danseuse <strong>Anna Swieton</strong>, épatante, elle aussi. L&rsquo;écoute entre les artistes est parfaite, l&rsquo;humour musical évident, les couleurs chambristes de la partition parfaitement mises en en valeur,</p>
<p>L&rsquo;expressivité des instruments en fait des personnages à part entière. Détournés de leur utilisation musicale, ils deviennent les accessoires loufoques de l&rsquo;histoire, ici un stéthoscope, là un cigare&#8230; Car la mise en scène se régale de tous les possibles du Théâtre : jeu avec des accessoires invisibles ; faux passage à tabac, mise en abyme avec ce loup qui déclare qu&rsquo;il ne « sent pas » la scène et abandonne son rôle ; Mère-Grand travestie qui, lassée d&rsquo;être baladée en fauteuil roulant, choisit de se lever et alanguie sur une méridienne en déshabillé de soie enjoint au loup de bien tirer la chevillette. Il n&rsquo;est pas jusqu&rsquo;à la dimension phallique de tous ces instruments à vent face aux seules cordes du violon qui ne soit valorisée ! Car, nous dit la morale, « tous les loups de sont pas de même sorte » et il convient de s&rsquo;en méfier.</p>
<p>Pour le jeune public, quel brillant lever de rideau sur l&rsquo;art théâtral comme sur la musique contemporaine !</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-chaperon-rouge-rennes-aperghis-et-la-petite-danseuse-de-degas/">APERGHIS, Le Petit Chaperon rouge — Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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