<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>l&#039;Inondation - Oeuvre - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/oeuvre/linondation/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/oeuvre/linondation/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:22:22 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>l&#039;Inondation - Oeuvre - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/oeuvre/linondation/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-streaming-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/mettre-en-scne-et-en-musique-le-temps-qui-passe-streaming/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de L&#8217;inondation  (visible jusqu&#8217;au 02 octobre 2020), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 24 mars 2016. « Je m’étais dit que si un jour j’abordais l’opéra, ce serait parce que je pourrais l’aborder comme j’aborde le théâtre, c’est-à-dire en tant qu’auteur. Et &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-streaming-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe-streaming/"> <span class="screen-reader-text">FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-streaming-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe-streaming/">FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>L&rsquo;inondation </em> (<a href="https://www.arte.tv/fr/videos/092446-000-A/l-inondation-de-francesco-filidei-et-joel-pommerat-a-l-opera-comique/">visible jusqu&rsquo;au 02 octobre 2020</a>), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 24 mars 2016</strong><strong>. </strong></p>
<hr />
<p><em>« Je m’étais dit que si un jour j’abordais l’opéra, ce serait parce que je pourrais l’aborder comme j’aborde le théâtre, c’est-à-dire en tant qu’auteur. Et bien sûr, avec la collaboration essentielle d’un autre partenaire, le compositeur, qui n’existe pas au théâtre ».</em></p>
<p>Pour réaliser ce vœu d&rsquo;écrire un livret original et non à partir de ses propres pièces – <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/sans-espoir-ni-lumiere">Thanks to my Eyes,</a> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/amer-kaleidoscope-miroir-de-notre-epoque">Au Monde</a>, <a href="https://www.forumopera.com/pinocchio-aix-en-provence-ce-qui-sappelle-avoir-du-nez">Pinocchio</a></em> – <strong>Joël Pommerat, </strong>écrivain de spectacle, aura dû faire les bonnes rencontres successives et obtenir les aides lui permettant franchir toutes les étapes en laissant, cette fois-ci, le temps au temps.</p>
<p>Sept années pour la gestation en symbiose avec le compositeur italien<strong> Francesco Filidei </strong>dont c’est le deuxième opéra<strong>. </strong>Une année entière pour écrire à la fois les paroles et la musique en divers ateliers d’essais de mise en mots et  de composition musicale. Ceci en collaborant avec des chanteurs et musiciens afin d’élaborer un langage commun, d’imaginer le décor et les costumes. Puis, de mettre au point la vidéo avec <strong>Renaud Rubiano</strong>, les décors et la scénographie avec <strong>Eric Soyer</strong>, les costumes avec <strong>Isabelle Deffin</strong>.</p>
<p>Pour minuter, orchestrer, valider, répéter, il aura  fallu ensuite un an de travail supplémentaire en divers lieux disponibles. Pas étonnant que le résultat de tant de passion aboutisse à un triomphe auprès des spectateurs pour une expérience d’opéra vraiment unique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="309" src="/sites/default/files/styles/large/public/2_linondation_dr_stefan_brion.jpeg?itok=NtU6QM45" title="© Stefan Brion" width="468" /><br />
	© Stefan Brion</p>
<p>Comme à l’origine de la plupart des œuvres lyriques qui empoignent le public, il y a ici une œuvre littéraire au contenu dramatique fort avec des personnages mémorables. Bien qu’il ait terminé sa courte vie à Paris – et écrit le scénario du film de Jean Renoir <em>Les Bas-fonds</em> d’après Gorki – la saisissante nouvelle éponyme de l’écrivain russe Evgueni Zamiatine publiée dans son pays en1929 n’a été traduite en français qu’en 1989. Malgré cette origine russe, afin de rendre leur opéra universel et intemporel, Joël Pommerat et Francesco Filidei l’ont situé dans un pays indéterminé et un passé suffisamment proche pour être familier.</p>
<p>Les acteurs-chanteurs intensément habités évoluent de manière naturelle et fluide dans un décor frontal –  réaliste mais plutôt glauque – compartimenté sur quatre niveaux reliés. Ils sont entourés au plus près, à la fois dans la fosse et dans les loges cour et jardin, par un orchestre de cordes, vents, piano, célesta et harpe auquel s’ajoute pléthore de percussions permettant de multiples bruitages très fins se mêlant à des dialogues elliptiques, obsessionnels mais hautement signifiants, rappelant un peu les poèmes  à jouer de Jean Tardieu dans les années 1950. Moments de violence et scènes intimes mettent en évidence la solitude de chacun. Éclairages subtils et fractionnement de l’action permettent de représenter leur état mental.</p>
<p>L’histoire est ordinaire. Dans un petit immeuble, un couple sans enfant se décompose. À la mort de son père, avec lequel elle vivait seule au dernier étage, ce couple recueille une toute jeune fille dont le mari s’éprend ; il en devient férocement jaloux. Les voisins du dessus s’en mêlent avec bienveillance. Après un orage, la montée des eaux d’un fleuve non déterminé (très bien suggéré en vidéo) provoque la panique. Tandis que le  couple, réfugié chez ses voisins, couche sur leur canapé où ils ont un rapport sexuel furtif, la jeune fille dort dans la chambre des enfants. La décrue remettra chacun chez soi. Arrive le printemps, l’homme et la jeune fille sont de plus en plus proches. La femme délaissée découvrant qu’elle est enceinte, devient muette ; la musique donne à entendre son silence. Se sentant outragée, elle assassine la jeune fille et fait disparaître son corps. Après avoir accouché d’une fille, hantée par le souvenir de la jeune fille qu’elle a tuée, elle devient folle et succombe à son délire.</p>
<p>Les tessitures vocales ayant été minutieusement choisies et aussi grâce à une direction d’acteurs très exigeante, tous les interprètes – y compris les enfants dont les voix se mêlent au soprano juvénile de <strong>Norma Nahoun, </strong>doublée par l’actrice <strong>Cypriane Gardin – </strong>font vraiment corps avec leurs rôles.</p>
<p>Que ce soit <strong>Chloé Briot</strong>  (La Femme) mezzo, presque soprano capable de monter brièvement au contre-ut, ou <strong>Boris Grappe,</strong> baryton clair, parfait dans le rôle essentiel et complexe de L’Homme, le ténor, <strong>Enguerrand de Hys</strong> dans celui du sympathique voisin, bon père de famille ou La Voisine attentive de <strong>Yael Raanan-Vandor</strong> servie par un beau mezzo grave ou encore le contre-ténor <strong>Guilhem Terrail</strong> au chant vibrant et lyrique qui interprète le Narrateur tout en assurant celui du policier, sans oublier <strong>Vincent Le Texier</strong>, campant un impressionnant médecin chantant en staccato de sa voix de basse expérimentée : tous se déclarent enrichis et heureux d’avoir participé à cette aventure au long cours.</p>
<p>Accrochés par le drame humain dans lequel ils pénètrent peu à peu, happés par l’<strong>Orchestre </strong><strong>Philharmonique de Radio France</strong> dirigé par <strong>Emilio Pomarico</strong>, subjugués par un univers sonore fracassant tout en pouvant  entendre soudain voler une mouche, les spectateurs demeurent, pour la plupart, fascinés durant deux longues heures. Un triomphe mérité !</p>
<p><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/092446-000-A/l-inondation-de-francesco-filidei-et-joel-pommerat-a-l-opera-comique/">Voir la vidéo</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-streaming-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe-streaming/">FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>FILIDEI, l&#039;Inondation — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-rennes-les-eaux-glacees-de-la-passion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jan 2020 09:54:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/les-eaux-glaces-de-la-passion/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est un Joël Pommerat inattendu qui s’offre aux spectateurs bretons après un grand succès à l’Opéra-Comique en septembre dernier et en attendant une fin de tournée en Pays de Loire dans deux semaines ainsi qu&#8217;une possible consécration pour le compositeur aux Victoires de la Musique. Pour sa seconde création lyrique, après un formidable Pinocchio crée &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-rennes-les-eaux-glacees-de-la-passion/"> <span class="screen-reader-text">FILIDEI, l&#039;Inondation — Rennes</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-rennes-les-eaux-glacees-de-la-passion/">FILIDEI, l&#039;Inondation — Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un<strong> Joël Pommerat</strong> inattendu qui s’offre aux spectateurs bretons après un grand succès à l’<a href="https://www.forumopera.com/linondation-paris-favart-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe">Opéra-Comique </a>en septembre dernier et en attendant une fin de tournée en Pays de Loire dans deux semaines ainsi qu&rsquo;une possible consécration pour le compositeur aux Victoires de la Musique.</p>
<p>Pour sa seconde création lyrique, après un formidable <em>Pinocchio</em> crée avec Philippe Boesmans, le dramaturge s’associe avec <strong>Francesco Filidei</strong> – dont c’est également le second opéra – dans une veine qui tranche avec l’onirisme où il excelle. On s’avoue un peu déboussolé de ne pas retrouver la puissance métaphorique de l’auteur de <em>Cendrillon</em> ou du <em>petit Chaperon Rouge</em> dans une œuvre qui relève néanmoins parfaitement du registre lyrique : celui de la tragédie où le torrent passionnel se révèle aussi inexorable que destructeur.</p>
<p>L’écriture de <em>l’Inondation</em>, assez originale, aurait pourtant pu emporter le spectateur fort loin du prosaïsme choisi par l’équipe artistique puisque, fait plutôt rare, livret, musique et mise en scène sont nés de concert avec, même, des séances d’improvisations musicales avec les chanteurs et le continuo.</p>
<p>Le sujet du livret est celui d’une nouvelle soviétique de 1929 d’<strong>Evgueni Zamiatine</strong>, important auteur russe de l’entre-deux-guerres mort en exil à Paris en 1937. L’argument ne manque pas d&rsquo;âpreté : un couple en mal d’enfant accueille une adolescente tout juste orpheline, qui – ironie cruelle – a l’âge de leur mariage. L’homme la séduit sous le regard abasourdi de son épouse qui laisse s’installer un invivable ménage à trois. Enfermée dans la culpabilité liée à son infertilité, l’épouse est longtemps incapable de se révolter.</p>
<p>Dans une association classique entre émotions, inconscient et élément liquide, l’inondation qui menace la ville est métaphore des forces souterraines à l’œuvre. Ici l’eau qui monte se fait l’écho de la pulsion meurtrière de la mère qui finit par assassiner la jeune fille. Libérée, l’épouse peut alors enfin devenir mère. La scène initiale est celle du meurtre, forte, car alors dépourvue d&rsquo;un mobile intelligible pour le spectateur, avant qu’un long flashback ne le replonge dans la genèse de la catastrophe.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/1_linondation_dr_stefan_brion.jpg?itok=nXKPIJHt" title="© Stefan Brion" width="468" /><br />
	© Stefan Brion</p>
<p>La scénographie d’<strong>Éric Soyer </strong>présente une maison, vue en coupe, permettant au spectateur d’observer simultanément les habitants des trois étages qui la composent. Le couple assassin du rez-de-chaussée est aussi peu loquace que les cinq membres formant la famille du premier ou les résidents du dernier étage. La simultanéité des scènes de vie quotidienne rend plus glaçante encore la transgression : chacun se plaint d’entendre les voisins, pourtant on joue aux cartes au palier supérieur tandis que les digues sont emportées juste en dessous.</p>
<p>La nouvelle russe déjà était tissée de silence ; de ce silence naitra le drame. Pour lui donner chair, Joel Pommerat fait le choix du prosaïsme, d’un ordinaire fade, étouffant et immobile où seul le passage des saisons donne conscience du temps qui passe. Il choisit, dit-il, de situer l’action dans « une sorte de passé-présent non réaliste… que l’on pourrait situer dans les années 50-60-70 » D’où des décors, des lumières (Éric Soyer), des costumes (<strong>Isabelle Deffin</strong>) aussi réalistes que volontairement dépourvus de séduction.</p>
<p>Cette austérité visuelle est redoublée par les lignes vocales, contraintes, refusant toute sensualité et qui ne permettent pas toujours aux chanteurs de donner la pleine mesure de leurs capacités. L’incommunicabilité domine cet ordinaire atone où chacun est emprisonné dans son néant intérieur sous l’apparence de la normalité.</p>
<p>Notable exception, <strong>Chloé Briot</strong>, mezzo charnue aux superbes aigus bénéficie, de par son rôle, d’une palette expressive plus large : en état de sidération, passive, écrasée, elle est tout aussi poignante, intense que lorsque l’emporte la logorrhée – crue non plus liquide mais désormais verbale – d’une formidable scène d’aveu confinant à la folie.</p>
<p>Le poids des jours, obsédant, n’empêche pas les autres interprètes d’incarner puissamment les personnages grâce à une formidable direction d’acteur, juste, précise, dépourvue d’outrance et favorisée sans doute par une connivence de longue date entre le metteur en scène avec plusieurs de ses interprètes, déjà vus dans Pinocchio notamment. C’est le cas de Chloé Briot, déjà nommée, ainsi que de <strong>Boris Grappe</strong> qui incarne son époux infidèle avec une belle densité, Le souffle est long, la diction claire et la projection flatteuse en dépit de medium parfois légèrement engorgés.</p>
<p>Face à eux, la jeune fille est doublement interprétée par <strong>Cypriane Gardin</strong>, jeune comédienne toute en nuances, et le soprano solaire et incarné de <strong>Norma Nahoun</strong>. Ce dédoublement aussi mystérieux que séduisant est plurivoque : éclaire-t’il un autre possible ? L&rsquo;obsession de l’épouse qui démultiplie le réel ? L’irruption de la folie dans sa psyché traumatisée ? Celle de la fatalité, dont le flot ravageur emporte tout jusqu’au rationnel ?</p>
<p>Le narrateur de <strong>Guilhem Terrail</strong> pourrait nous éclairer, mais s’en garde bien. Le haute-contre brosse un personnage tout en gravité, à la voix bien placée, en dépit d&rsquo;aigus légèrement en dehors en seconde partie de soirée.</p>
<p><strong>François Rougier, Nicholas Isherwood</strong> et surtout <strong>Yael Raanan-Vandor</strong> complètent la distribution vocale avec autant d’intensité que de précision.</p>
<p>Face à la banalité triviale du quotidien qui nous est donné à voir, la magie se concentre toute entière dans la musique. Le jeune chef <strong>Leonhard Garms</strong> emporte totalement l’adhésion à la tête d’un <strong>Orchestre Symphonique de Bretagne</strong> concentré, intense et chatoyant. Francesco Filidei enrichit sa très belle partition d’une multitude d’instruments, d’appeaux, de sons improbables remarquablement évocateurs, en imitation de la nature, de la vie de l’immeuble (oh, ce bruit de sommier qui grince….) ou encore au diapason de la vie intérieure des personnages comme le rire cassé, grinçant de l&rsquo;épouse basculant dans un délire rédempteur. Le compositeur propose également tout au long de l’œuvre un superbe travail rythmique remarquablement porté par les musiciens. Des éléments très réussis comme cette puissante respiration mécanique, flux &#8211; reflux qui ponctue les progrès du fatum et en accentue l&rsquo;inéluctabilité. Des eaux glacées où s&rsquo;immerger sur <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/092446-000-A/l-inondation-de-francesco-filidei-et-joel-pommerat-a-l-opera-comique/" rel="nofollow">Arte Concert</a> car, une nouvelle fois, l&rsquo;Opéra de Rennes propose à ses spectateurs une production d&rsquo;audience nationale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-rennes-les-eaux-glacees-de-la-passion/">FILIDEI, l&#039;Inondation — Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Sep 2019 16:07:15 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/mettre-en-scne-et-en-musique-le-temps-qui-passe/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Je m’étais dit que si un jour j’abordais l’opéra, ce serait parce que je pourrais l’aborder comme j’aborde le théâtre, c’est-à-dire en tant qu’auteur. Et bien sûr, avec la collaboration essentielle d’un autre partenaire, le compositeur, qui n’existe pas au théâtre ». Pour réaliser ce vœu d&#8217;écrire un livret original et non à partir de ses &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe/"> <span class="screen-reader-text">FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe/">FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Je m’étais dit que si un jour j’abordais l’opéra, ce serait parce que je pourrais l’aborder comme j’aborde le théâtre, c’est-à-dire en tant qu’auteur. Et bien sûr, avec la collaboration essentielle d’un autre partenaire, le compositeur, qui n’existe pas au théâtre ».</em></p>
<p>Pour réaliser ce vœu d&rsquo;écrire un livret original et non à partir de ses propres pièces – <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/sans-espoir-ni-lumiere">Thanks to my Eyes,</a> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/amer-kaleidoscope-miroir-de-notre-epoque">Au Monde</a>, <a href="https://www.forumopera.com/pinocchio-aix-en-provence-ce-qui-sappelle-avoir-du-nez">Pinocchio</a></em> – <strong>Joël Pommerat, </strong>écrivain de spectacle, aura dû faire les bonnes rencontres successives et obtenir les aides lui permettant franchir toutes les étapes en laissant, cette fois-ci, le temps au temps.</p>
<p>Sept années pour la gestation en symbiose avec le compositeur italien<strong> Francesco Filidei </strong>dont c’est le deuxième opéra<strong>. </strong>Une année entière pour écrire à la fois les paroles et la musique en divers ateliers d’essais de mise en mots et  de composition musicale. Ceci en collaborant avec des chanteurs et musiciens afin d’élaborer un langage commun, d’imaginer le décor et les costumes. Puis, de mettre au point la vidéo avec <strong>Renaud Rubiano</strong>, les décors et la scénographie avec <strong>Eric Soyer</strong>, les costumes avec <strong>Isabelle Deffin</strong>.</p>
<p>Pour minuter, orchestrer, valider, répéter, il aura  fallu ensuite un an de travail supplémentaire en divers lieux disponibles. Pas étonnant que le résultat de tant de passion aboutisse à un triomphe auprès des spectateurs pour une expérience d’opéra vraiment unique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="309" src="/sites/default/files/styles/large/public/2_linondation_dr_stefan_brion.jpeg?itok=NtU6QM45" title="© Stefan Brion" width="468" /><br />
	© Stefan Brion</p>
<p>Comme à l’origine de la plupart des œuvres lyriques qui empoignent le public, il y a ici une œuvre littéraire au contenu dramatique fort avec des personnages mémorables. Bien qu’il ait terminé sa courte vie à Paris – et écrit le scénario du film de Jean Renoir <em>Les Bas-fonds</em> d’après Gorki – la saisissante nouvelle éponyme de l’écrivain russe Evgueni Zamiatine publiée dans son pays en1929 n’a été traduite en français qu’en 1989. Malgré cette origine russe, afin de rendre leur opéra universel et intemporel, Joël Pommerat et Francesco Filidei l’ont situé dans un pays indéterminé et un passé suffisamment proche pour être familier.</p>
<p>Les acteurs-chanteurs intensément habités évoluent de manière naturelle et fluide dans un décor frontal –  réaliste mais plutôt glauque – compartimenté sur quatre niveaux reliés. Ils sont entourés au plus près, à la fois dans la fosse et dans les loges cour et jardin, par un orchestre de cordes, vents, piano, célesta et harpe auquel s’ajoute pléthore de percussions permettant de multiples bruitages très fins se mêlant à des dialogues elliptiques, obsessionnels mais hautement signifiants, rappelant un peu les poèmes  à jouer de Jean Tardieu dans les années 1950. Moments de violence et scènes intimes mettent en évidence la solitude de chacun. Éclairage subtils et fractionnement de l’action permettent de représenter leur état mental.</p>
<p>L’histoire est ordinaire. Dans un petit immeuble, un couple sans enfant se décompose. À la mort de son père, avec lequel elle vivait seule au dernier étage, ce couple recueille une toute jeune fille dont le mari s’éprend ; il en devient férocement jaloux. Les voisins du dessus s’en mêlent avec bienveillance. Après un orage, la montée des eaux d’un fleuve non déterminé (très bien suggéré en vidéo) provoque la panique. Tandis que le  couple, réfugié chez ses voisins, couche sur leur canapé où ils ont un rapport sexuel furtif, la jeune-fille dort dans la chambre des enfants. La décrue remettra chacun chez soi. Arrive le printemps, l’homme et la jeune fille sont de plus en plus proches. La femme délaissée découvrant qu’elle est enceinte, devient muette ; la musique donne à entendre son silence. Se sentant outragée, elle assassine la jeune fille et fait disparaître son corps. Après avoir accouché d’une fille, hantée par le souvenir de la jeune fille qu’elle a tuée, elle devient folle et succombe à son délire.</p>
<p>Les tessitures vocales ayant été minutieusement choisies et aussi grâce à une direction d’acteurs très exigeante, tous les interprètes – y compris les enfants dont les voix se mêlent au soprano juvénile de <strong>Norma Nahoun, </strong>doublée par l’actrice <strong>Cypriane Gardin – </strong>font vraiment corps avec leurs rôles.</p>
<p>Que ce soit <strong>Chloé Briot</strong>  (La Femme) mezzo, presque soprano capable de monter brièvement au contre-ut, ou <strong>Boris Grappe,</strong> baryton clair, parfait dans le rôle essentiel et complexe de L’Homme, le ténor, <strong>Enguerrand de Hys</strong> dans celui du sympathique voisin, bon père de famille ou La Voisine attentive de <strong>Yael Raanan-Vandor</strong> servie par un beau mezzo grave ou encore le contre-ténor <strong>Guilhem Terrail</strong> au chant vibrant et lyrique qui interprète le Narrateur tout en assurant celui du policier, sans oublier <strong>Vincent Le Texier</strong>, campant un impressionnant médecin chantant en stacato de sa voix de basse expérimentée : tous se déclarent enrichis et heureux d’avoir participé à cette aventure au long cours.</p>
<p>Accrochés par le drame humain dans lequel ils pénètrent peu à peu, happés par l’<strong>Orchestre </strong><strong>Philharmonique de Radio France</strong> dirigé par <strong>Emilio Pomarico</strong>, subjugués par un univers sonore fracassant tout en pouvant  entendre soudain voler une mouche, les spectateurs demeurent, pour la plupart, fascinés durant deux longues heures. Un triomphe mérité !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/linondation-paris-opera-comique-mettre-en-scene-et-en-musique-le-temps-qui-passe/">FILIDEI, l&#039;Inondation — Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
