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	<title>L&#039;Isle des Foux - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>L&#039;Isle des Foux - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>DUNI, L&#8217;Isle des Foux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 13:35:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la publication du Peintre amoureux de son modèle et des Deux Chasseurs et la Laitière, la reconnaissance d&#8217;Egidio Duni poursuit lentement son chemin avec cet enregistrement de L&#8217;Isle des Foux dont nous avions commenté récemment la version donnée en concert à l&#8217;Église Saint-Germain avec une équipe quasiment identique. Nous renvoyons donc nos lecteurs à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la publication du<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em> Peintre amoureux de son modèle</em> et des <em>Deux Chasseurs et la Laitière</em></a>, la reconnaissance d&rsquo;Egidio Duni poursuit lentement son chemin avec cet enregistrement de <em>L&rsquo;Isle des Foux </em>dont nous avions commenté récemment la version <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/duni-lisle-des-foux-paris-eglise-saint-germain-des-pres/">donnée en concert à l&rsquo;Église Saint-Germain</a> avec une équipe quasiment identique. Nous renvoyons donc nos lecteurs à ces précédents articles : au premier pour découvrir les théâtres de foires du XVIIIe siècle et la naissance de l&rsquo;opéra-comique, au second pour un résumé du livret du présent ouvrage et de la vie d&rsquo;Egidio Duni. En synthèse, Duni est né à Matera en 1708. Il parcourt l&rsquo;Europe et se fait remarquer à la cours francophile du Duché de Parme, ce qui l&rsquo;incite à s&rsquo;installer en France en 1757. Il est l&rsquo;un des inventeurs du vaudeville, qui deviendra progressivement l&rsquo;opéra-comique.<em>&nbsp;</em><em style="font-size: revert;">L’Isle des Foux</em><span style="font-size: revert;"> (1760) est dérivée d&rsquo;une comédie de Goldoni. Le nouveau gouverneur de l&rsquo;île doit, selon la tradition, libérer les fous qu&rsquo;il juge guéris. Aucun ne l&rsquo;est bien entendu : d&rsquo;ailleurs le gouverneur, réputé sain d&rsquo;esprit, a lui-même des comportements assez imprévisibles. Une petite intrigue </span>amoureuse est ajoutée à la farandole de personnalités déséquilibrées qui ont chacune droit à leur ariette. Le succès de l&rsquo;ouvrage est la démonstration de l&rsquo;inanité des théories rousseauistes sur la musique puisque Duni abandonne sa langue maternelle pour composer sur un livret en français. En guise d&rsquo;avertissement à son <em>Peintre amoureux de son modèle</em> (1757), Duni avait déjà déclaré : « Tandis qu&rsquo;à Paris un auteur s&rsquo;efforcoit de prouver que la Langue qu&rsquo;on y parle n&rsquo;étoit pas faites pour estre mise en Musique, Moi Italien à Parme je ne mettois en chant que des Paroles Françoises. Je suis venu ici rendre hommage à la Langue qui m&rsquo;a fourni la mélodie, du Sentiment, et des Images. L&rsquo;Auteur anti-François auroit dû aller en Italie et ne faire Chanter que des Paroles Italiennes ». Et v&rsquo;lan.</p>
<p>Le livret accompagnant le CD est d&rsquo;un très grand intérêt. Le chef et musicologue Iakovos Pappas y analyse le traitement bienveillant de la folie dans le livret d&rsquo;Anseaume et Marcouville, à une époque où les « maisons de fous » s&rsquo;apparentaient davantage à des prisons pour détenus dangereux. Son exceptionnelle érudition lui permet également de relever des aspects parodiques peu évidents pour un auditeur contemporain : citations musicales (<em>Platée</em>, <em>Dardanus</em>), ou dramatiques (<em>Le Cid</em>), « gouverneur »&nbsp;comme figure de Louis XV, calembours musicaux (la phrase « dire tout bas » est chantée&#8230; plus bas, c&rsquo;est-à-dire plus grave). Enfin, Pappas conclut par un amusant <em>Avertissement contre les N*****</em> (le titre est bien dans le style de ceux des pamphlets de l&rsquo;époque : il ne manque que le « Édité à Amsterdam ») : les N***** sont ceux que l&rsquo;auteur (qui aime bien la provoc&rsquo;) appelle les <em>ninananaux</em> : « niais-navrant-navet-naufrage », un terme par lequel il qualifie les enregistrements et spectacles supposément comiques mais « qui ne font rire personne et bailler beaucoup ». Par ailleurs auteur d&rsquo;un <em>Bréviaire du</em> <em>Récitatif</em>, Pappas insiste ici sur l&rsquo;attention à apporter à la déclamation et aux tons de voix utilisés pour accentuer les effets comiques.</p>
<p>Comme au concert, le ténor <strong>Christophe Crapez</strong> est un Fanfolin avec une belle autorité mais aussi du charme (il ne faut pas oublier qu&rsquo;il séduira Nicette : on ne peut donc en faire un barbon caricatural), et à la prononciation irréprochable. <strong>Chloé Jacob</strong> offre un beau timbre chaud aux couleurs variées, délicatement émouvante. La vis comica d&rsquo;<strong>Angelo Heck</strong>, l&rsquo;avare Sordide, est moins sensible sans support visuel mais sa belle voix de basse est toujours aussi séduisante. <strong>Jean-Christophe Born</strong> campe son Spendrif avec un humour juste. Contrairement au concert, le rôle de Brisefer est défendu par <strong>Charles Mesrines</strong> et non par Jean-Christophe Born. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/flotow-lombre-paris-grevin/">On y retrouve </a>ses belles qualités de timbre et une diction irréprochable. <strong>Élizabeth Fernandez</strong> et <strong>Ainhoa</strong> <strong>Zuazua Rubira</strong> sont d&rsquo;une joyeuse exubérance. Léger bémol : l&rsquo;uniformité de la prise de son. Certains chanteurs sont parfois captés trop loin du micro : de ce fait, avec la réverbération induite, le texte n&rsquo;est pas toujours facile à suivre. Dans d&rsquo;autres cas, c&rsquo;est la balance avec l&rsquo;orchestre qui se fait au détriment des voix.</p>
<p>Par rapport au concert accompagné au seul clavecin, l&rsquo;enregistrement bénéficie d&rsquo;un orchestre, ici l&rsquo;ensemble <strong>Almazis</strong>, composés de belles individualités (on a davantage l&rsquo;impression d&rsquo;avoir affaire à un ensemble de solistes qu&rsquo;à un orchestre uniforme). Les couleurs sont plaisantes, la formation est pleine de vivacité. A la tête de celle-ci, <strong>Iakovos Pappas</strong> insuffle un rythme virevoltant et léger. Sous sa direction, l&rsquo;orchestre intervient dans l&rsquo;action, par exemple par de légers effets comiques soulignant les paroles prononcées. On notera également la joyeuse cacophonie qui conclut la fin de l&rsquo;air « Malheur à qui soupire » ou la folie musicale qui illustre le finale. Au-delà de ces effets comiques, l&rsquo;orchestration de Duni apparait comme particulièrement léché pour une pochade humoristique. Il est à noter que le compositeur a choisi de ne pas composer d&rsquo;ouverture : comme au théâtre, on plonge ici directement dans l&rsquo;action. Le diapason utilisé est à 415 Hz (tempérament Rameau).</p>
<p>Au global, un CD qui met de bonne humeur : ce n&rsquo;est pas à négliger dans ces temps moroses. A quand la prochaine redécouverte ?</p>
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		<title>DUNI, L&#8217;Isle des Foux &#8211; Paris (Eglise Saint-Germain-des-prés)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/duni-lisle-des-foux-paris-eglise-saint-germain-des-pres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 May 2024 05:50:20 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1669, Pierre Perrin se voit attribuer pour douze ans « le Privilège royal pour l&rsquo;établissement des Académie d&rsquo;Opéra ou Représentations en Musique en Vers françois, et dans les autres villes du Royaume ». Il est dès lors la seule personne autorisée à monter des représentations lyriques en France. Malgré son monopole, Perrin se retrouve au bord de la faillite (on songe aux débuts de <em>Canal Plus</em>) et se voit obligé de revendre son privilège à Lully afin de payer ses dettes. Ce privilège interdit à quiconque « de faire chanter aucune pièce entière en France, soit en vers françois ou autres langues, sans la permission par écrit dudit sieur Lully, à peine de dix mille livres d&rsquo;amende, et de confiscation des théâtres, machines, décorations, habits… ». Rien que ça. Durant cette période, Lully ne monte bien sûr que des ouvrages… de Lully. Les autres compositeurs sont contraints d’attendre l’avènement du streaming. Marc-Antoine Charpentier, par exemple, se consacre à la musique religieuse et, grâce à un adoucissement du privilège, à des musiques de scène pour Molière. Après la mort de Lully en 1687, il donnera <em>David</em> <em>et</em> <em>Jonathas</em> en 1688, mais au Collège Louis-le-Grand toutefois, donc dans un cadre semi privé. En 1693, <em>Médée</em> sera son seul opéra à l&rsquo;Académie Royale de Musique. Après Lully, les titulaires du privilège de l’Opéra se succèdent, avec des assouplissements divers toutefois : Jean Nicolas de Francine, Pierre Guyenet, la Ville de Paris (à l’époque de Duni) puis les Menus Plaisirs. En dépit du versement d’une soulte royale, l’Opéra n’est jamais bénéficiaire. Toute ressemblance avec des monopoles existant ou ayant existé serait purement fortuite. De son côté, en 1680, la Comédie-Française avait également obtenu le monopole des représentations théâtrales en langue française. Ces deux institutions se trouvent en concurrence avec d&rsquo;autres entreprises de spectacles avec lesquelles elles sont toujours prêtes à chicaner ou intriguer pour protéger leur monopole. Parmi celles-ci, on compte les troupes venues d’Italie pour se produire en France en italien, et qui n’enfreignent donc pas le monopole de la langue française. Le Théâtre-Italien (ou Comédie-italienne) obtient un grand succès, mais assorti de tracas administratifs divers : toléré, interdit, protégé par le régent Philippe d’Orléans en 1716, subventionné, interdit à nouveau en 1779, fusionné avec l’Opéra-comique, etc. : on dirait les politiques du Diesel. Cette histoire de fous se poursuit d&rsquo;ailleurs au siècle suivant : Offenbach était initialement limité à des sortes de pantomimes à deux ou trois personnages. Son génie (et ses protections) lui permirent toutefois de bénéficier d&rsquo;indulgence quand il s&rsquo;attaqua à des ouvrages de plus en plus ambitieux. C’est dans ce contexte que naît le vaudeville. Le nom viendrait de <em>Vaudevire</em>, un recueil de chansons satiriques normandes étalées sur plusieurs siècles et qui se chantaient dans le Val-de-Vire. Le vaudeville en tant que genre théâtral naît à la fin du XVIIe siècle sur des tréteaux aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent. Il s’agit de pièces courtes, des comédies mêlées d’ariettes. Les airs sont en effet brefs et la musique facile. À l’origine, les mélodies sont reprises de chansons existantes puis, avec le temps, des compositeurs s’associent au genre. Charles-Simon Favart compose également des livrets plus élaborés. Le &nbsp;vaudeville donnera progressivement naissance à l’opéra-comique. La pièce peut se conclure par un finale avec une vague morale où chacun des protagonistes chante d’abord un court verset avant que la compagnie entière ne termine en chorale.</p>
<p>Né à Matera le 11 février 1708, Egidio Duni, quatrième fils du maître de chapelle local, compose un premier opéra, <em>Nerone</em> (Rome, 1735) qui obtient un grand succès. A Londres, il créée un <em>Demofoonte</em> (1735), en anglais. Il étudie à l&rsquo;université de Leyde, compose pour Milan, Florence, Venise, Naples&#8230; Il devient entre temps maître de chapelle à la basilique San Nicola de Bari. Son <em>Ipermestra</em> <em>e Ciro riconosciuto </em>(Gênes, 1748) lui vaut l&rsquo;attention de la cour de Parme. En 1749, il entre au service de Filippo di Borbone, duc de Parme et gendre de Louis XV. Duni rencontre Goldoni à Parme en 1756. L&rsquo;ambiance française de la cour le pousse à s&rsquo;intéresser au théâtre musical français. Son activité pendant cette période est peu documentée mais on sait qu&rsquo;il compose une <em>Olympiade</em> en 1755 et qu&rsquo;il obtient un grand succès avec <em class="MuiTypography-root MuiTypography-italic css-uehu9e">La Buona figliola&nbsp;</em>sur un livret de Goldoni (lequel déclara plus tard préférer la musique de Piccini quoiqu&rsquo;il eut Duni en haute considération pour son esprit et sa culture !). Toutefois, l&rsquo;accueil est suffisant pour que Duni songe à viser plus haut : il sollicite Jean Monnet, qui n’est pas encore le père de l’Europe mais le directeur de l&rsquo;Opéra-Comique. Il compose alors <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em>Le peintre amoureux de son modèle</em> </a>(Paris, 1757) qui obtient en grand et durable succès. Il épouse l&rsquo;actrice Catherine Elisabeth Superville. Ses ouvrages sont bien accueillis et son style évolue. La musique de <em>La Fille mal gardée (</em>1758) est ainsi entièrement originale. Dans <em>L&rsquo;Isle des Foux </em>(1760), il unit l&rsquo;ariette à l&rsquo;italienne aux ensembles de style plus français. Le succès le conduit à abandonner la foire pour devenir directeur musical de la Comédie-italienne (1761), poste expressément créé pour lui par Charles Favart. Avec Monsigny, Philidor et Grétry, il est donc l&rsquo;un des pères de l&rsquo;opéra-comique. Il se retire en 1770 après son dernier ouvrage, <em>Thémire</em>, mais se consacre à l&rsquo;enseignement jusqu&rsquo;à sa mort à Paris cinq ans plus tard (<a href="https://www.treccani.it/enciclopedia/egidio-romualdo-duni_(Dizionario-Biografico)/">sources et informations plus détaillées sur la vie de Duni en italien ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;intrigue de <em>L&rsquo;Isle des Foux</em> est d&rsquo;une grande simplicité. Acte I : Fanfolin, le nouveau gouverneur, vient de prendre ses fonctions dans l&rsquo;île des fous. La coutume veut qu&rsquo;il libère ceux qui se sont assagis. Fanfolin a donc un entretien avec chacun d&rsquo;eux. Brisefer se présente comme un vaillant guerrier mais Fanfolin lui lit les notes laissées par le gouverneur précédent pour qui il n&rsquo;est qu&rsquo;un fanfaron. Sordide, avare maladif, est le tuteur de Nicette. Il est d&rsquo;autant plus opposé au mariage de celle-ci que sa fortune est en réalité celle de la jeune fille. Il confie sa précieuse cassette au gouverneur. Spendrif est tout aussi dépensier que Sordide est avare. Il se plaint auprès de Fanfolin que ses amis l&rsquo;aient abandonné avec sa fortune. Pour le mettre à l&rsquo;épreuve , Fanfolin lui offre une belle somme d&rsquo;argent. Spendrif promet de ne pas la dépenser avec ses anciens amis mais annonce immédiatement qu&rsquo;il va se lancer dans dépenses somptuaires pour les faire enrager. Follette et Glorieuse sont deux sœurs : l&rsquo;une n&rsquo;est pas belle mais a de l&rsquo;esprit, l&rsquo;autre offre les qualités inverses. Toutes deux sont persuadées de leurs charmes incomparables et que le gouverneur ne tardera pas à leur succomber. Venue se plaindre du sort que lui fait subir son tuteur, Nicette tombe sous le charme de Fanfolin. Cet amour est partagé mais les deux jeunes gens n&rsquo;osent pas se l&rsquo;avouer réciproquement. Spendrif déclare son amour à Glorieuse qui ne le trouve pas assez bien pour elle. Inquiet pour son trésor, Sordide a repris sa cassette et l&rsquo;a cachée auprès d&rsquo;un arbre, attirant l&rsquo;attention de Follette par son attitude. Aidée de sa sœur, Follette dérobe la cassette au cours d&rsquo;une partie de colin-maillard. Acte II : Nicette feint de dormir pour éprouver les sentiments de Fanfolin. Elle lui déclare son amour dans son sommeil. Sordide vient se plaindre du vol auprès de Fanfolin qui n&rsquo;en a cure. Follette accepte de rendre la cassette&#8230;. en échange d&rsquo;un mariage avec Sordide, ce que celui-ci promet sans en penser un mot. Resté seul, il laisse libre court à sa misogynie puis éclate de colère lorsqu&rsquo;il voit que Nicette a quitté sa maison sans son autorisation. Le duo se transforme en trio avec le retour de Follette qui accuse Sordide d&rsquo;inconstance, puis en quatuor avec l&rsquo;arrivée de Fanfolin qui déclare prendre Nicette sous sa protection. Un officier vient prévenir le gouverneur que Brisefer et Spendrif ont pour projet de se battre pour la main de Glorieuse. Fanfolin laisse la situation (et la cassette récupérée de Follette) aux mains de l&rsquo;officier. Sordide et Follette accablent Nicette de reproches et de menaces. Au retour de Fanfolin, Nicette lui demande de la libérer de l&rsquo;île et de tous ces fous qui la jalousent ou la persécutent. Sur ordre du gouverneur, les pensionnaires ont retrouvé leurs cages. À la demande de Nicette, le gouverneur les libère et conclut philosophiquement « La folie, la plus jolie, est celle de l&rsquo;amour » rejoint par Nicette, puis par Sordide qui chante « Non ! La folie, la plus jolie, est celle de l&rsquo;argent » et ainsi de suite pour un joyeux ensemble final.</p>
<p>Comme pour <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em>Le Peintre amoureux de son rival</em> et pour<em> Les Deux chasseurs et la laitière</em>,</a> la musique de Duni est constamment pétillante et joyeuse, bien troussée et sans prétention, mais jamais mémorable. Nous avouerons que les intentions parodiques du compositeur à l&rsquo;encontre des ouvrages sérieux de son époque nous sont passées un peu au dessus de la tête : sans doute certaines allusions étaient-elles plus claires pour le public de l&rsquo;époque, comme de nos jours les citations de <em>Guillaume Tell</em> dans <em>La Belle Hélène</em>.</p>
<p>Le ténor <strong>Christophe Crapez,</strong> qui a chanté plusieurs fois le rôle depuis une première redécouverte à La Péniche-Opéra en 2014, est tout à fait à l&rsquo;aise en Fanfolin qu&rsquo;il incarne avec rondeur, jovialité, sans histrionisme et avec une superbe articulation d&rsquo;autant plus appréciable que le programme ne comporte pas de livret détaillé et que, bien entendu, l&rsquo;église n&rsquo;est pas (encore) équipée pour le surtitrage. Entendue il y a peu dans un des rôles principaux du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-le-tribut-de-zamora-saint-etienne/"><em>Tribut de Zamora</em></a> à Saint-Etienne, <strong>Chloé Jacob</strong> a pour elle une belle voix de soprano au timbre rond et à l&rsquo;émission puissante. Il est dommage de l&rsquo;avoir reléguée côté cour, rendant sa voix plus sensible à l&rsquo;écho de l&rsquo;édifice et la chanteuse moins visible de beaucoup de spectateurs. <strong>Angelo Heck</strong> offre une belle voix de basse avec, là encore, une superbe articulation. Sa <em>vis&nbsp;</em><i>comica</i> est remarquable quoique sans exagération, avec un visage et une gestuelle également très expressifs. <strong>Jean-Christophe Born</strong> offre une interprétation racée du double rôle de Brisefer et Spendrif, là encore très bien articulé. <strong>Élizabeth Fernandez</strong> est une Follette pétillante et qui brûle les planches. <strong>Ainhoa Zuazua Rubira</strong> offre un beau timbre soprano, riche et profond. Maître d&rsquo;œuvre de cette redécouverte, <strong>Iakovos Pappas</strong> dirige et joue d&rsquo;un clavecin virevoltant mais un peu sec dans sa nudité : la parution prochaine du CD, enregistré avec une formation orchestrale plus touffue, son ensemble Almazis, devrait corriger cette impression.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/duni-lisle-des-foux-paris-eglise-saint-germain-des-pres/">DUNI, L&rsquo;Isle des Foux &#8211; Paris (Eglise Saint-Germain-des-prés)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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