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	<title>Persée - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 14 Feb 2025 23:14:35 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Persée - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Incendie au TCE : la représentation de Persée annulée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/incendie-au-tce-la-representation-de-persee-annulee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2025 19:59:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Ah ! Vous aimez Persée ; il cause vos alarmes. » Mérope ne croyait pas si bien dire. Cinq minutes après le début de ce Persée de Lully en version de concert, alors qu&#8217;Hervé Niquet dirigeait dos à l&#8217;orchestre, faisant lui-même dos au public dans la fosse (suivant une disposition historique), que les deux David (Tricou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Ah ! Vous aimez Persée ; il cause vos alarmes. » Mérope ne croyait pas si bien dire.<br />
Cinq minutes après le début de ce <em>Persée</em> de Lully en version de concert, alors qu&rsquo;<strong>Hervé Niquet</strong> dirigeait dos à l&rsquo;orchestre, faisant lui-même dos au public dans la fosse (suivant une disposition historique), que les deux <strong>David</strong> (<strong>Tricou</strong> et <strong>Witczak</strong>) venaient de commencer à chanter, la lumière de la salle s&rsquo;est brutalement rallumée avant que l&rsquo;alarme ne retentisse.<br />
C&rsquo;est tout le public et le personnel du bâtiment (ses 3 salles et son restaurant) qui a du sortir et se déverser dans l&rsquo;avenue Montaigne, causant une inévitable pagaille malgré le professionnalisme des évacuateurs. Il faut dire que, lorsque nous quittions les lieux, beaucoup poireautaient encore devant le bâtiment, fascinés par la grande échelle sans doute, feignant de ne pas entendre les évacuateurs leur demander plusieurs fois de se diriger vers la place pour permettre aux camions de pompiers de manœuvrer plus rapidement, puis leur annoncer que le spectacle était tout bonnement annulé.<br />
Message aux théâtres : un bon vieux mégaphone, ça sert toujours.<br />
Message aux spectateurs hébétés : vos refus d&rsquo;obtempérer causent des retards qui peuvent être dramatiques pour ceux qui ne sont pas encore sortis et pour la préservation d&rsquo;un monument historique.<br />
Selon les infos ou rumeurs glanées sur place, l&rsquo;incendie se serait déclaré dans les cuisines du sous-sol. Tout le monde a pu être évacué.<br />
On ne sait pas pour le moment si le concert sera reprogrammé.</p>
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		<title>Persée 1770</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/persee-1770-avec-de-vrais-morceaux-de-lully-dedans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Mar 2017 17:09:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Diriger l’Académie royale de musique n’était sans doute pas plus facile que de diriger l’Opéra national de Paris : manque chronique de moyens, difficulté à renouveler le répertoire, caprices des stars… Il n’y a peut-être que les grèves qui n’étaient pas encore à l’ordre du jour au XVIIIe siècle. En tout cas, la stratégie marketing était &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Diriger l’Académie royale de musique n’était sans doute pas plus facile que de diriger l’Opéra national de Paris : manque chronique de moyens, difficulté à renouveler le répertoire, caprices des stars… Il n’y a peut-être que les grèves qui n’étaient pas encore à l’ordre du jour au XVIII<sup>e</sup> siècle. En tout cas, la stratégie marketing était déjà un art pratiqué avec brio. Faire du neuf avec du vieux, et présenter le tout sous un emballage susceptible d’attirer le chaland, voilà ce que surent pratiquer les directeurs successifs lorsque, après la mort de Rameau et avant l’arrivée de Gluck, le genre lyrique connut à Paris une période de creux relatif. Le nom de Lully trônait toujours au sommet du Parnasse français, et en reprenant sa musique, on était sûr de satisfaire les partisans de la tragédie lyrique à l’ancienne. La ruse consistait alors à ne garder de la musique de Lully que le strict nécessaire, en confiant à des compositeurs bien vivants le soin de « toiletter » la partition. Derrière ce « remaniement » se cache en fait un résultat qui tient autant de la création, sinon davantage. Mais le nom de Lully était plus vendeur que ceux de Dauvergne, Rebel et Bury réunis, et il l’est toujours, apparemment, puisque ce <em>Persée 1770</em> est attribué au seul Lully sur le devant du disque.</p>
<p>On ne cherchera pas ici à établir le pourcentage exact des ingrédients, qui justifierait ou non que le nom du Florentin figure en aussi bonne place : c’est un <em>Persée</em> « avec de vrais morceaux de Lully dedans » qui nous est proposé, mais le tableau d’ensemble n’en est pas moins celui d’une œuvre bien postérieure d’un siècle aux succès du compositeur de <em>Cadmus et Hermione</em>. Aux deux bouts de ce <em>Persée</em>, nous sommes incontestablement en 1770, avec la superbe ouverture et le grand final du quatrième acte, tous deux signés Dauvergne, nouvelle confirmation de l’éminence de celui dont nous avions déjà salué <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/commediante-tragediante">l’admirable <em>Hercule mourant</em></a>. Les interventions de ses collègues sont un peu moins frappantes, Bernard de Bury pour l’acte II et François Rebel pour le III.</p>
<p>Enfin, même s’il s’agit ici d’une prise de son en direct, les micros semblent avoir accompli leur action bénéfique, puisque l’écoute du disque ne confirme pas certaines impressions négatives décrites au sortir du concert <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/persee-lully-paris-tce-lully-transgenique">par notre collègue Guillaume Saintagne</a>. Les problèmes de projection et d’équilibre sonores ont été résolus, et même les reproches concernant la diction des uns ou des autres n’ont plus de raison d’être. Somme toute, le disque nous permet de savourer pleinement les divers talents présents dans une distribution réunissant bon nombre de ceux que le CMBV considère désormais comme sa « troupe » officieuse. On ne citera ici que quelques noms parmi les nombreux solistes. <strong>Mathias Vidal</strong> excelle dans un rôle trop court pour lui donner toutes les occasions de briller. Le jaloux Phinée anime <strong>Tassis Christoyannis</strong> d’une véhémence inaccoutumée et tout à fait bienvenue. <strong>Cyrille Dubois</strong> est un Mercure des plus suaves, et <strong>Thomas Dolié</strong> cumule quatre petits rôles alors qu’il aurait mérité un personnage de premier plan. Méduse, rendu par Rebel à une voix de femme (Lully avait prévu un timbre grave), donne à <strong>Marie Kalinine </strong>la possibilité de renouer avec les fastes de son Armide de Sacchini. <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> hérite de quelques airs virtuoses dont elle ne fait qu’une bouchée.</p>
<p>Quant à <strong>Hervé Niquet</strong>, il impose des tempos toujours très rapides, souvent efficaces, mais ce qu’il reste ici de récitatif lullyste aurait peut-être eu besoin de respirer plus paisiblement. Les choristes et les instrumentistes du Concert Spirituel n’en réalisent pas moins un fort beau travail. Quant au livre qui accompagne les galettes, il est somptueusement illustré, raison supplémentaire de se procurer ce <em>Persée</em> qui, répétons-le, n’a pas tant que ça à voir avec celui qu’enregistrait Christophe Rousset en 2001 pour le label Astrée.</p>
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		<item>
		<title>LULLY, Persée — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/persee-lully-paris-tce-lully-transgenique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2016 21:02:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hervé Niquet nous invitait l&#8217;autre soir à Paris à une expérience aussi excitante que risquée : entendre un Persée de Lully remanié, ou plutôt enflé, 90 ans après sa création, durant les années 1770 ; celles du XVIIIe Siècle n’ayant pas grand-chose à envier en terme d’extravagances à celles du XXe.  La création de cette version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Hervé Niquet nous invitait l&rsquo;autre soir à Paris à une expérience aussi excitante que risquée : entendre un <em style="line-height: 1.5">Persée</em> de Lully remanié, ou plutôt enflé, 90 ans après sa création, durant les années 1770 ; celles du XVIII<sup>e</sup> Siècle n’ayant pas grand-chose à envier en terme d’extravagances à celles du XX<sup>e</sup>.  La création de cette version à la double occasion du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette et de l’inauguration de l’Opéra royal de Versailles, en présence de toute la noblesse européenne donc, justifiait que l’on reprenne un tube du répertoire français mais remis au goût du jour. Le programme du concert détaille les conditions de cette récréation : 95 choristes, 70 danseurs et 83 musiciens ! Dans l’Opéra royal de Versailles ! Le Théâtre des Champs-Elysées qui ne réunissait pourtant « que » 40 chanteurs et 40 musiciens sonnait déjà de façon étonnamment puissante pour ce répertoire. On laissera de plus érudits que nous détailler ce qui a été coupé, gonflé ou inventé et l’on se contentera de dire que le remaniement du livret (Joliveau) et de la partition (deBury, Rebel et Dauvergne) offre un résultat bien étrange. Pour les deux premiers actes, c’est un Lully sauce chantilly qui fait sourire plus qu’il n’émeut, voire ennuie, tant tout y semble gonflé, <em style="line-height: 1.5">tuné</em> comme une voiture volée. C’est parfois divertissant, souvent indigeste. A certains moments on croirait même entendre des interprétations baroques expérimentales des années 60 (genre <em style="line-height: 1.5">Hippolyte et Aricie</em> par Pierre Boulez, vous voyez ? Tremblez, car cela existe vraiment !). Si les influences de Rameau se font évidemment sentir et travestissent totalement la fière ordonnance du génie lullyste, le résultat ressemble davantage à un Grétry ou un Catel raté. Heureusement les choses s’arrangent aux actes III et IV, quand Rebel et Dauvergne composent sans trop se soucier du lourd héritage : la scène de l’endormissement des gorgones a un charme kitsch vraiment plaisant et les deux airs virtuoses de Vénus et Persée exultent dans des vocalises brillantes qui n’avaient que trop tardé. Il faut dire aussi que le goût pour la rocaille explosive des années 1770 se satisfait mieux des rebondissements fréquents de cette partie du drame.</p>
<p class="rtejustify">L’intérêt musicologique de la soirée est cependant certain : on est habitué à entendre des mises en musique différentes d’un même livret (<em>Armide</em> par Gluck après Lully par exemple), des remaniements d’une même œuvre par le compositeur lui-même (Rameau remaniant son <em>Castor et Pollux</em>), des parodies de foire des grands classiques, mais on n&rsquo;entend jamais les versions arrangées au fil du temps. Après tout, les Anglais ont bien boursouflé le <em>Messie</em> de Handel au fil des siècles, il n’y avait pas de raison que les Français soient à l’abri de ces crocs-en-jambe faits au répertoire. L’autre intérêt d’une telle recréation est de tordre le cou à ce préjugé selon lequel le baroque est un répertoire uniquement chambriste et qu’il faut attendre la période classique, voire romantique, pour voir les effectifs orchestraux gonflés. Mais cette confirmation pose des problèmes d’interprétations certains, notamment aux solistes.</p>
<p class="rtejustify">Cette version transgénique en laisse en effet beaucoup dans l’embarras : doit-on surarticuler au détriment de la beauté du timbre comme chez Lully ou bien privilégier le volume et la projection comme chez Gluck ? Evidemment le dilemme est mal posé et les seuls à s’en sortir sont ceux qui n’ont jamais sacrifié l’élocution au beau chant. Les triomphateurs de la soirée (et de l’absence de surtitres imposée habituellement par le chef) sont donc <strong>Cyrille Dubois</strong> au Mercure clair et gracieux mais puissant ; <strong>Thomas Dolié</strong> dont on ne comprend toujours pas pourquoi on le confine dans des seconds rôles tant son jeu et son élocution impressionnent par leur autorité naturelle ; <strong>Jean Teitgen</strong> dont l’émission certes engorgée ne nuit en rien à l’intelligibilité de son texte et lui permet surtout une résonnance phénoménale dans le grave, et surtout <strong>Mathias Vidal</strong>. Presque tout y est : puissance, beauté de la ligne, prononciation évidente, musicalité et sens du drame affutés, depuis le duo d’amour du II jusqu’à l’orgiaque et virtuose polyphonie du « Hymen, règne à jamais » final où il se fait entendre sans difficulté face à 80 choristes et musiciens. Ne lui manque peut-être que davantage de douceur dans l’émission pour les moments les plus tendres. <strong>Tassis Christoyannis</strong> campe un ennemi habile et fier mais n’est pas toujours compréhensible et la partition ne lui laisse guère l’occasion d’émouvoir. <strong>Zachary Wilder</strong> n’intervient que dans le trio des Gorgones et sa voix que l’on peut trouver aigre s’intègre ici avec beaucoup de personnalité sans jamais déséquilibrer l’ensemble.</p>
<p class="rtejustify">Côté dames, la diction souffre énormément. Beaucoup se réfugient dans la stridence pour se faire entendre : <strong>Marie Kalinine</strong> vocifère dans une langue inconnue, la monstruosité de Méduse est là mais on ne comprend rien à son histoire<strong>. Marie Lenormand</strong> peut être une Cassiope touchante lorsque l’orchestre ne lui fait pas concurrence, mais dans les tutti elle est vite dépassée. Même constat pour la Mérope de <strong>Katherine Watson</strong> dont les aigus criards ont surpris nos oreilles qui la découvraient si policée dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/theodora-de-handel-paris-tce-une-hagiographie-qui-manque-desprit">Haendel</a>. En Andromède, <strong>Hélène Guilmette</strong> peine à construire un personnage mémorable. La faute en va d’abord à l’œuvre qui en fait un personnage secondaire, ensuite à l’interprète qui semble ne pas vouloir donner tout leur poids musical et dramatique à ses vers. Reste <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong>, même si son sens du drame nous parait toujours un peu trop univoque et ses vocalises trop empesées, il faut saluer un engagement intense et un vrai souci du texte pour un résultat qui ne demande qu’à s’affiner avec les représentations.</p>
<p class="rtejustify">A côté de Persée, l’autre héros de la soirée fut sans conteste l’orchestre et le chœur du <strong>Concert Spirituel</strong> : les deux jouissent d’une précision dans l’unisson et d’une vigueur ahurissantes. Le chœur est aussi compréhensible que sensible, tandis que l’orchestre s’emporte avec une rigueur communicative qui vous donne des envies de retour de la monarchie. <strong>Hervé Niquet</strong> reste le grand ordonnateur de cette cérémonie : on pourra toujours lui reprocher des tempi très rapides voire précipités, mais ici ils interdisent que le soufflé à la chantilly ne retombe en gâteau à la crème.</p>
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		<item>
		<title>LULLY, Persée — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pour-qui-sont-ces-serpents/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2014 20:26:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  La tragédie lyrique que Quinault a intitulé Persée a en son centre le personnage de Méduse, et il est assez paradoxal que Marshall Pynkoski, avec l&#8217;Opera Atelier Toronto, ait précisément choisi de mettre en scène cette œuvre de Lully. Comment un aussi fervent adepte de la ligne serpentine peut-il se résigner à ce que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			La tragédie lyrique que Quinault a intitulé <em>Persée </em>a en son centre le personnage de Méduse, et il est assez paradoxal que <strong>Marshall Pynkoski</strong>, avec l&rsquo;<strong>Opera Atelier Toronto</strong>, ait précisément choisi de mettre en scène cette œuvre de Lully. Comment un aussi fervent adepte de la ligne serpentine peut-il se résigner à ce que la laideur suprême soit incarnée par une figure mythologique dont la tête est couverte de serpents ? Pire encore, loin de nous la montrer comme une pitoyable victime de son orgueil, ainsi que le dit le livret, Pynkoski décide de ridiculiser Méduse, sorte de femme à barbe lubrique (il faut la voir remuer la langue de manière suggestive…). Pourquoi le plus reptilien des protagonistes devient-il grotesque, alors que tous les autres aspirent à la condition de serpent ? Dans son <em>Analyse de la beauté</em>, Hogarth faisait du S la forme suprême, et Marshall Pynkoski impose de manière tyrannique cette ligne serpentine à tous les personnages de <em>Persée</em>, condamnés à prendre des poses les éloignant au maximum de la ligne droite. Mais c’est trop de déhanché, trop de <em>contrapposto</em>, et la gestuelle ainsi pratiquée est d’abord risible, puis lassante. Au nom de la reconstitution historique, on nous inflige un théâtre dérisoire, où chacun se tortille de son mieux. Pour les dames, dont le corps est pour l’essentiel dissimulé par de somptueuses robes, un poing sur la hanche ou des bras déployés suffisent, mais les messieurs, moulés dans leurs collants et sanglés dans leurs vestes de toréador, se mettent à ressembler à des vers de terre épileptiques, avec des postures plus proches de la comédie musicale <em>sixties </em>que de ce qu’on imagine avoir été le théâtre du Grand Siècle. Pour le reste, les amateurs de pseudo-reconstitution seront servis : toiles peintes – mais d’une esthétique rappelant davantage les années 1940 que le XVIIe siècle –, « gloires » par où descendent les dieux, danseurs « baroques » (qui se substituent constamment au chœur, condamné à rester invisible, selon une pratique agaçante et de plus en plus répandue). A tout prendre, autant aller jusqu’au bout des choses et s’éclairer à la bougie, comme le fit jadis Benjamin Lazar pour <em>Cadmus et Hermione</em>.</p>
<p>			 </p>
<p>			Finalement, ce qu’on entend est beaucoup plus intéressant que ce qu’on voit, car personne n’est venu obliger la musique à serpenter de même. On a néanmoins amputé la tragédie de son prologue, ce qui est toujours dommage. Pour le reste, la partition est plutôt bien traitée par les musiciens du <strong>Tafelmusik Baroque Orchestra</strong>, dirigés par <strong>David Fallis</strong> : dans <em>Persée</em>, Lully n’a peut-être conçu aucun morceau vraiment inoubliable, mais il y multiplie les duos de manière tout à fait inaccoutumée. C’est surtout la part féminine de la distribution qui brille, une chance dans la mesure où le rôle qui retient le plus l’attention du spectateur est celui de l’infortunée princesse Mérope, fort bien tenu par <strong>Peggy Kriha Dye</strong>, au timbre riche et au français excellent, tout comme <strong>Carla Huhtanen</strong> en Cassiope. <strong>Mireille Asselin</strong> est une exquise Andromède, dont le soprano léger et cristallin contraste parfaitement avec les voix de ses partenaires (à noter que dans la version de ce spectacle diffusé en DVD, Andromède était interprétée par la mezzo Marie Lenormand). Seul artiste présent sur le DVD Euroarts et présent sur scène à Versailles, <strong>Olivier Laquerre</strong> est un baryton au timbre un peu sourd, qui a tendance à grommeler en Céphée, mais se montre beaucoup plus éloquent en Méduse, peut-être à cause de la transformation de la Gorgone en rôle comique. Persée, qui a paradoxalement assez peu à chanter, est tenu par la haute-contre <strong>Chris Enns</strong>, dont on déplore le timbre nasal et l’accent anglo-saxon prononcé. Son confrère <strong>Lawrence Wiliford</strong>, sans doute moins héroïque de format, est bien plus agréable à entendre, même si son français n’est guère plus idiomatique. Le baryton macédonien <strong>Vasil Garvanliev</strong> chante dans un très bon français mais manque parfois de projection. Prestation en tous points admirable de l’ensemble <strong>Les Cris de Paris</strong>, bien que confiné dans la fosse : voilà un chœur qu&rsquo;on aimerait retrouver plus souvent à l&rsquo;opéra.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Persée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/persee-ou-les-limites-de-la-reconstitution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 20:57:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Après l’excellent enregistrement de Persée de Lully, réalisé en direct à la Cité de la Musique, à Paris, sous la direction de Christophe Rousset (Naïve, 2001), voici le premier DVD de cette oeuvre sous la direction d’Hervé Niquet. Il s’agit de la première représentation du chef d’œuvre de Lully en Amérique du Nord, en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>
Après l’excellent enregistrement de <em><strong>Persée</strong></em> de <strong>Lully</strong>, réalisé en direct à la Cité de la Musique, à Paris, sous la direction de Christophe Rousset (Naïve, 2001), voici le premier DVD de cette oeuvre sous la direction d’<strong>Hervé Niquet.</strong> Il s’agit de la première représentation du chef d’œuvre de Lully en Amérique du Nord, en l’occurrence en Ontario, au confluent des cultures anglophones et francophones du Canada et de celle des Etats-Unis voisins. C’est ce qui fait le mérite et la saveur de ce DVD.<br />
Le film a été réalisé en direct lors de la représentation du 28 avril 2004 au <strong>Théâtre Elgin</strong> de Toronto. Unique en son genre, aujourd’hui dans le monde, cette salle a été construite en 1913 (avec, sept étages au-dessus, le Théâtre Winter Garden) dans le style « edwardien », du nom du roi Edward II qui avait succédé (1901-1910) à la Reine Victoria. Il est bien dommage, à ce sujet, que le livret soit aussi succinct et qu’il n’y ait aucun bonus. On aurait aimé, outre la courte présentation de l’œuvre, plus d’information sur le projet lui-même, sur le théâtre, les chanteurs, l’orchestre et l’équipe de production. De même, pourquoi n’avoir pas profité de l’ouverture pour filmer ce théâtre et ses coulisses, au lieu de ces vues de Versailles trop rabâchées?<br /><strong>L’Opéra Atelier de Toronto</strong>, producteur de ce spectacle, se consacre, depuis plusieurs années, à la diffusion en Amérique, des opéras et ballets du XVIIe et XVIIIe siècles européens, en invitant des spécialistes de renom comme Trevor Pinnock ou Marc Minkowski.</p>
<p>Hervé Niquet dirige ici l’excellent ensemble canadien de musique ancienne, le <strong>Tafelmusik Baroque Orchestra</strong>, et le <strong>Tafelmusik Chamber Choir</strong> fondés en 1979, ainsi que de jeunes chanteurs (canadiens pour la plupart). Marshall Pynkoski, ancien danseur et chorégraphe, passionné de gestuelle et de ballet baroques, signe la mise en scène. Il impose aux chanteurs une multitude de codes, bien oubliés aujourd’hui, au risque de les corseter et de les figer. Ce parti pris de reconstitution à tous crins peut vite agacer, mais les jeunes chanteurs parviennent heureusement à donner vie à ce spectacle par leur enthousiasme et leur vitalité. Formés pour la plupart à l’école de chant américaine (belle technique, voix épanouies), pas toujours familiers du chant baroque, ils défendent le texte et la musique avec beaucoup de conviction et rendent justice à l’esprit de Lully. Les ballets et les combats sont bien réglés. Cette imagerie naïve et sa machinerie, sorties tout droit d’une gravure du XVIIIe siècle, apportent une distance amusante (et sans doute volontaire) de bon aloi. Le film est réussi : beaucoup de plans rapprochés, au cœur du drame, et un montage bien rythmé parviennent à gommer le côté artificiel que peut avoir ce spectacle.</p>
<p>Le poème de Quinault magnifie l’amour avant tout. Il faut bien du génie pour qu’en filigrane de l’éloge appuyé au prince, transparaisse avec autant de force une expression si humaine et touchante. Cette fois, c’est Quinault, trop souvent asservi au tout puissant Lully, qui a inspiré au compositeur des pages d’une rare beauté (Hervé Niquet nous fait grâce, à la scène, du prologue en hommage à Louis XIV). Persée est moins le fils de Jupiter qu’un jeune homme qui, par amour, est prêt à toutes les abnégations et les audaces. <strong>Cyril Auvity </strong>plus encore que Paul Agnew chez Naïve, est l’interprète idéal du court rôle-titre. Acteur enthousiaste et vaillant à la voix franche, au style et à la diction impeccables, il est doublé (et l’illusion fonctionne) par un danseur acrobate. Lully et Quinault ont donné plus d’importance aux rôles de Mérope et Phinée, les amants malheureux. <strong>Monica Whicher,</strong> élève du Conservatoire de Toronto, a une voix chaleureuse et une belle technique. Elle se taille un beau succès à la fin, tout comme <strong>Alain Coulomb</strong>, basse bien connue des Québécois amateurs d’opéras. A leurs côtés, <strong>Olivier Laquerre</strong>, un des meilleurs jeunes barytons canadiens, chante magnifiquement le rôle du Roi des Ethiopiens (il fait de Méduse, aussi, une composition désopilante). Bonne distribution dans l’ensemble : un bémol cependant pour  la Cassiope de <strong>Stephanie Novacek</strong> dont l’émission semble parfois laryngée. La musique, à l’image de la mise en scène, aurait besoin de respirer davantage et d’être moins monochrome. <strong>Hervé Niquet </strong>maintient, cependant, un rythme soutenu et une belle cohérence à l’œuvre, à la tête de l’excellent Tafelmusik Baroque Orchestra.</p>
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<strong>Marcel Quillévéré</strong></p>
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<p>(1) Lire dans nos archives, la critique de Serse / Handel / DVD TDK EuroArts / Coffret MediciArts<br /><a href="http://www.forumopera.com/v1/critiques/serse_rousset.htm" target="_blank" rel="noopener">http://www.forumopera.com/v1/critiques/serse_rousset.htm</a></p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/persee-ou-les-limites-de-la-reconstitution/">Persée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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