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	<title>Capella Gabetta - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Capella Gabetta - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Dolce duello : concert Cecilia Bartoli &#8211; Sol Gabetta — Gstaad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dolce-duello-concert-cecilia-bartoli-sol-gabetta-gstaad-lancement-reussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Aug 2017 04:39:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des lustres maintenant le lancement d’un nouvel album de Cecilia Bartoli est organisé avec une professionnalité hors pair. C’est encore le cas pour ce dernier enregistrement, intitulé Dolce duello, ou elle partage la vedette avec la violoncelliste Sol Gabetta. En prélude à la sortie du disque, en septembre, et à la tournée européenne qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des lustres maintenant le lancement d’un nouvel album de<strong> Cecilia Bartoli</strong> est organisé avec une professionnalité hors pair. C’est encore le cas pour ce dernier enregistrement, intitulé <em>Dolce duello</em>, ou elle partage la vedette avec la violoncelliste <strong>Sol Gabetta</strong>. En prélude à la sortie du disque, en septembre, et à la tournée européenne qui devrait suivre, un concert est donné en première mondiale dans l’église de Saanen où naquit le festival de Gstaad grâce à Yehudi Menuhin. Le choix du lieu participe-t-il de la stratégie ? Outre sa charge référentielle, il ne peut accueillir qu’un nombre restreint d’auditeurs et a peut-être suscité le désir d’être des privilégiés car le concert affiche complet depuis des mois. Enfin l’image des deux artistes, probablement inspirée par celle de Brigitte Bardot et Jeanne Moreau dans le film <em>Viva Maria</em>, a l’aspect léché des photographies retouchées. A quoi s’attendre ?</p>
<p>Le passé de Cecilia Bartoli témoigne assez en sa faveur pour éloigner toute appréhension. La qualité musicale qu’elle recherche obstinément, aucune campagne publicitaire ne l’a jamais compromise. Ce concert en sera une nouvelle démonstration. Quand elle fait son entrée, avec Sol Gabetta, par la travée centrale de la nef et que les applaudissements crépitent, on ne voit pas l’image glamour dans sa pose figée mais deux femmes séduisantes dont l’exceptionnel talent artistique n’est plus à découvrir, ce qui rend d’autant plus périlleuse chaque étape nouvelle. Lorsqu’elles saluent, main dans la main, on ne voit plus les actrices de Louis Malle, mais les deux sœurs de Mozart, Fiordiligi et Dorabella, et le « cinéma » laisse toute la place à la musique.</p>
<p>A première vue, le concert fait la part belle à la voix, le violoncelle n’étant soliste qu’en deuxième partie. Pourtant – et l’on aimerait savoir comment ce résultat a été atteint, si l’écriture de l’accompagnement des airs a été aménagée pour en faire un partenaire très présent de la voix – il participe à presque tous les airs chantés par Cecilia Bartoli. Cela amène à se dire que le titre <em>Dolce duello</em> est plus suggestif que véridique, parce que l’instrument n’est pas en conflit avec la voix mais lui est complémentaire. En revanche, lorsque la voix est en face-à-face avec le hautbois ou le violon qui l’imitent, la doublent ou la piègent, on assiste bien à des duels, qu’elle ne remporte pas quand <strong>Andrès Gabetta</strong> la sème d’une accélération foudroyante sur son Guarnerius de 1727.</p>
<p>Frère de la violoncelliste, il dirige un ensemble de dix-huit musiciens sur instruments anciens qui porte son nom, la <strong>Cappella Gabetta</strong>. Sa précision rythmique semble infaillible et il obtient une exécution quasiment irréprochable, n’était la brève bavure d’un cor. La cohésion, la finesse, la transparence, les contrastes, l’énergie, rien ne manque au bonheur de l’auditoire, qui peut apprécier l’orchestre de façon « indépendante » d’abord dans l’ouverture du <em>Ciro riconosciuto </em>de Hasse qui met en valeur les cordes, ensuite dans l’ouverture de l’ <em>Ariodante</em> de Carlo Francesco Pollarolo, étonnante pièce au climat dramatique, avec une marche par les cordes, des scansions des cuivres, un accelerando crescendo saisissant, un orage mourant et surtout des couleurs quasiment wébériennes en 1718 ! Superbe encore l’exécution des « Danses des Furies » tirées de l’<em>Orfeo ed Euridice </em>de Gluck (1762), et évidemment l’écrin offert à <strong>Sol Gabetta</strong> pour le célèbre concerto n°10 pour violoncelle de Boccherini où la virtuose fait chanter son Guadagnini comme un soliste au sein d’un chœur, en communion organique avec les voix multiples. Son toucher et ses attaques ne cèdent jamais à la tentation de l’effet et conservent, sans méconnaître la « follia » sous-jacente, une élégance pleine et entière.</p>
<p>Ce n’est pas l’élégance que vise <strong>Cecilia Bartoli</strong>, mais l’expressivité du chant au travers de la maîtrise de la rhétorique belcantiste. On n’entreprendra pas de détailler par le menu comment, d’un air à l’autre, elle déploie pour un auditoire qui en oublie de tousser les procédés qui ont assis sa réputation de virtuose. Si dans l’air d’entrée, tiré de <em>Il nascimento dell’aurora, </em>de Tommaso Albinoni, (1721) la voix ne semble pas totalement à son aise, les agilités un rien ralenties dans un air au climat agité, elle retrouve les prestiges familiers dans l’air d’Emirena de l’opéra Nitocri (1722) où le violoncelle répond en écho à la réflexion plaintive. La même séduction s’exerce dans l’extrait de <em>San Sigismondo, re di Borgogna </em>(1687) où l’attaque à découvert et les variations en écho avec le violoncelle sont suivies d’une série de demi-teintes avec des ports de voix et des notes tenues propres à impressionner. Si cette pièce était surtout dans le medium, la suivante, un air <em>d’Adelaide</em> de Porpora (1723) sollicite la voix dans toute son étendue, la musique mimant le texte qui décrit une chute d’eau dans sa course du haut jusqu’au bas, prétexte à des graves profonds sans céder à la tentation de les exagérer. C’est un festival de sauts, de vocalises, d’escalades, de sons tremblés, qui va culminer dans le duel avec le violon lors de la reprise et déclenchera un tonnerre d’acclamations. Retour au calme avec « What passion cannot Music raise and quell » tiré de l’<em>Ode à Sainte Cécile pour sa fête</em>, empreint de la ferveur confiante d’une interprète concernée. Un « must » de son répertoire, « Lascia la spina cogli la rosa » déclenche à nouveau l’enthousiasme, et on admire une interprétation sur laquelle le temps n’a pas de prise. On admire d’autant plus un extrait du <em>Teseo </em>de Händel (1713) où la voix rivalise d’agilité avec le hautbois, un de ces airs à effets de miroir et d’échos où le chant semble s’affranchir des limites physiologiques et où reste la griserie d’un son flottant qui ravit.</p>
<p>Après l’entracte, l’air d’Alceste dans <em>Arianna in Creta </em>(1734) « Son quel stanco pellegrino » se partage entre dolorisme et confiance retrouvée, avant le nouveau feu d’artifice vocal provenant du <em>Siroe, re di Persia</em> (1760) de Hermann Raupach – qu’elle avait tiré de l’oubli avec son disque sur l’opéra russe au XVIIIe siècle – où l’instabilité marine devient l’image de la vie de Laodice, qui déchaîne les ovations.</p>
<p>Après le concerto de Boccherini, le retour conjoint des deux artistes aux saluts de fin de concert multipliera les rappels, et deux bis seront accordés gracieusement : « Sovvente il sole » de Vivaldi et une « Danza » endiablée où la voix et l’instrument s’épaulent une dernière fois dans une explosion de vitalité qui soulève l’auditoire, au sens littéral ! Que conclure, sinon : lancement réussi ?</p>
<p>                                                                                                    </p>
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		<title>Récital Vivica Genaux et Simone Kermes &#8211; Rival Queens — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-vivica-genaux-et-simone-kermes-rival-queens-paris-tce-the-butch-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2015 04:52:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il fallait venir pour le show, davantage que pour la musique. Et pourtant de la belle musique il y en avait. Prenant le prétexte de la rivalité entre la Cuzzoni et la Bordoni, Vivica Genaux et Simone Kermes parcourent le répertoire de ces deux divas du 18e siècle à laquelle elles ont déjà rendu hommage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Il fallait venir pour le show, davantage que pour la musique. Et pourtant de la belle musique il y en avait. Prenant le prétexte de la rivalité entre la Cuzzoni et la Bordoni, Vivica Genaux et Simone Kermes parcourent le répertoire de ces deux divas du 18<sup>e</sup> siècle à laquelle elles ont déjà rendu hommage au disque,  notamment dans l&rsquo;album <a href="http://www.forumopera.com/cd/rival-queens-frenesie-sans-emotion"><em>Rival Queens</em></a>. La rivalité sert d’ailleurs surtout d’argument marketing car la plupart des airs interprétés n’ont rien à voir avec la période londonienne où elles se sont affrontées (cette période avait déjà fait l’objet d’un <a href="http://www.hyperion-records.co.uk/dc.asp?dc=D_CDA66950">récital</a> d’Emma Kirkby et Catherine Bott , limité à Handel). A la scène le lien est plus ténu encore, car  comment mettre en scène la rivalité de deux chanteuses qui s’affrontaient par airs interposés, au mieux dans de rares duo pas forcément conflictuels ? Ici, alternant avec des airs de leur début de carrière dans la première partie puis de fin de parcours dans la seconde, le parti-pris est d’utiliser de grands duos du répertoire interprétés à l’époque par au moins une des deux rivales (sauf pour le duo de <em>Rinaldo</em>, créé par le castrat Nicolini et la soprano Pilotti) : Vivica Genaux chante donc tantôt la Bordoni, tantôt des rôles de castrats, <strong>Simone Kermes</strong>, elle, chante surtout pour elle-même, car si les capacités vocales de la première et son style l’identifient clairement à la Bordoni, la seconde verse largement dans l’auto-parodie, plus encline à faire son show et à surjouer le comique lesbien qu’à faire revivre la Cuzzoni.</p>
<p class="rtejustify">Après un très narcissique « Piangero la sorte mia » où elle ne fait que poser, annihilant toute possibilité d’émotion, elle lâche un « Scoglio d’immota fronte » de grand guignol où les attitudes, les coups de pieds sur le sol et les mouvements d’épaules saccagent l’élégance de l’air et ne masquent que très grossièrement ses insuffisances dans les vocalises rapides qu’elle savonne et détimbre allègrement, jouant celle qui se rie de la difficulté alors qu’elle l’esquive. C’est d’autant plus regrettable que dès qu’elle se pose et cesse de courir avec l’orchestre, elle est capable de <em>messa di voce</em> ou de <em>rubato</em> vraiment exceptionnels. La retenue imposée par l’air de Giacomelli où une jeune paysanne craint la tempête qui menace son champ, la trouve ainsi à son meilleur, avant que le partie centrale, censée illustrer la réjouissance de la fillette qui voit la tempête éclater au loin ne sombre dans l’agressivité de vocalises bêlées avec hargne. Simone Kermes ne semble de toute façon pas beaucoup se soucier des textes, et ce travers ruine la superbe ambiguïté du duo de <em>Cleofide</em>, où les personnages hésitent entre jalousie, haine et amour : ici les chanteuses se battent avec des gants de boxe, c’est drôle mais c’est verser dans l’idée reçue selon laquelle cette musique serait purement décorative et dénuée de toute vérité sentimentale ou dramatique. On reste également très circonspects face au « Vivo in te » ou au « Io t’abraccio », où les deux chanteuses ne font que se croiser en parcourant la scène d’un bord à l’autre. Kermes finit dans la vulgarité la plus totale avec le « Nobil onda », écrit pour Farinelli mais repris par la Cuzzoni : la musique illustre la vague qui enfle et décroit avec une puissance remarquable, pas de swing comme chez Handel qui permette de danser sur scène, ici la musique est frontale et Simone Kermes s’y noie : les voyelles trop ouvertes massacrent l’italien, les aigus sont blancs, les vocalises pleines d’airs : une catastrophe.</p>
<p class="rtejustify">Face à elle, <strong>Vivica Genaux</strong> est bien obligée de donner un peu le change : petits mouvements d’épaules pendant les vocalises, robes « aristo-punks » très eighties… Mais avec quelle élégance elle sait répondre à sa partenaire quand celle-ci la provoque. Des bouffées d’air pur : si l’air de <em>Dalisa</em> la montre peu audible car la voix n’est pas assez chauffée, le lamento d’Ariosti où l’héroïne chante son incapacité à exprimer sa douleur par des pleurs est bouleversant, intense sur toute sa durée. Même éloges pour l’air d’<em>Issipile</em> aux vocalises précises et qui néanmoins la montre toujours soucieuse de cohérence avec le texte. Elle ne saurait être trop extravertie pour un air qui décrit la terreur première du héros au moment de l’appel au combat sur le champ de bataille. Enfin les contrastes du « Padre ingiusto » sont rendus avec une noblesse émouvante et digne de celle qui avec l’âge était devenue une grande tragédienne.  A l’image de la Bordoni, Vivica Genaux a clairement gagné en finesse dramatique et en capacité à émouvoir avec les années, sans rien perdre de ses ébouriffantes qualités de belcantiste.</p>
<p class="rtejustify">Sans être indigne, l’orchestre <strong>Capella Gabetta</strong> est bien maigre. Au-delà de l’effectif réduit qui est hélas la règle pour les récitals baroques aujourd’hui, les musiciens jouent de façon attentive mais sans ampleur, sans beaucoup de couleur non plus, transformant les ouvertures d’opéra<em> seria</em> en sonates de chambre.</p>
<p class="rtejustify">Le concert sortait déjà clairement de l’ordinaire, mais ce sont les bis qui finissent de l’emmener dans une autre dimension. Après avoir demandé très modestement plus d’applaudissements, Simone lance un medley de Queen qui s’achève avec nos deux divas à genoux scandant « We will rock you » en tapant des mains au sol. Puis vient une Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em> que Simone agrémentait de « Sex ! », « Erotik ! » tout en essayant de rouler une pelle à sa partenaire, laquelle s’échappe de l’étreinte en vocalisant. Enfin ce fut un medley d’Abba, trop long pour que la drôlerie ne laisse place à l’embarras, même si Vivica Genaux possède un vrai talent pour le cross-over. Heureusement que Catherine Lara présente au parterre essayait régulièrement de lancer une standing ovation qui ne prendra que difficilement après le dernier bis. La rivalité entre la Cuzzoni et la Bordoni avait été parodiée dès le 18<sup>e</sup> Siècle dans le célèbre <em>Beggar’s Opera</em> de John Gay, ce soir on jouait plutôt le Butch Opera.</p>
<p class="rtecenter">
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		<title>Récital Simone Kermes et Vivica Genaux — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-simone-kermes-et-vivica-genaux-baden-baden-barock-n-roll/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2014 16:29:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Puisqu’il s’agissait d’un crêpage de chignon annoncé, il est évident que les spectateurs pouvaient s’attendre à de belles empoignades sur scène des deux divas invitées. En effet, dans la foulée de la sortie de leur album Rival Queens où elles illustrent la rivalité entre Faustina Bordoni et Francesca Cuzzoni qui s’étaient battues sur les planches &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Puisqu’il s’agissait d’un crêpage de chignon annoncé, il est évident que les spectateurs pouvaient s’attendre à de belles empoignades sur scène des deux divas invitées. En effet, dans la foulée de la sortie de leur album <a href="/cd/rival-queens-frenesie-sans-emotion"><em>Rival Queens</em></a> où elles illustrent la rivalité entre Faustina Bordoni et Francesca Cuzzoni qui s’étaient battues sur les planches en 1727, Vivica Genaux et Simone Kermes ont pu montrer de quoi elles étaient capables vocalement mais aussi scéniquement, se livrant sur le plateau à une débauche de mimiques, provocations gestuelles ou vestimentaires.</p>
<p>Pour illustrer la virtuosité vocale de la Bordoni, c’est <strong>Vivica Genaux </strong>qui officie. La technique est impressionnante, l’ornementation effectivement virtuose voire ébouriffée, les airs de fureur convaincants marqués par des glapissements à faire frémir, les effets spectaculaires nets et sans bavure, mais le tout laisse une vague sensation de froideur. En un mot, on cherche en vain un peu d’émotion véritable au-delà de la beauté et de l’élégance de la jeune femme, ravissante dans sa robe d’oiseau de paradis digne d’une fée Lilas, avec pour concession à la modernité et provocation érotique une fente à l’avant qui laisse découvrir des jambes parfaitement galbées.</p>
<p>Dans le rôle de la rivale Cuzzoni, <strong>Simone Kermes</strong> en fait des tonnes. À l’image de sa robe, véritable cacophonie visuelle entre rose thé, fuchsia et rose bonbon rehaussée de violet agressif, sa bague surdimensionnée a pour pendant des chaussures en lamé grises visibles puisque la robe s’arrête au-dessus des genoux au lieu des chevilles, dans un effet très proche d’un <em>Rocky Horror Picture Show</em>. D’ailleurs, la soprano multiplie les effets auto parodiques, se trémoussant et s’agitant comme en discothèque. Les yeux écarquillés en parfaite folle à lier dans un numéro que n’aurait sans doute pas renié Nina Hagen, elle multiplie les fulgurances déjantées en suraigus éblouissants pas toujours très précis, ce qui n’est pas étonnant avec une telle agitation digne du Crazy Horse. La belle s’amuse visiblement beaucoup et le public manifeste son enthousiasme. On en reste bouche bée. Pas sûr que les inédits interprétés par la diva en ressortent grandis, mais la joute de vocalises ne manque pas d’impressionner. Les deux artistes se jaugent, minaudent et se volent la vedette, organisant leur propre claque (résultat garanti, et dans ce match, c’est Simone Kermes qui l’emporte haut la main) puis se prennent aux cheveux, dans un règlement de compte fictif et complice où les deux voix s’accordent assez harmonieusement, façon <em>Desperate Housewives</em>.</p>
<p>Jouant parfaitement le jeu, la Cappella Gabetta conduite par le violoniste <strong>Andrés Gabetta</strong> excelle à faire briller les deux (rock) stars. Les quinze interprètes semblent à la fête, sourires entendus à l’appui. Mais c’est pour les rappels que le concept de la soirée prend tout son sens. Tout à coup, le claveciniste égrène quelques notes familières et notre duo se met à nous concocter en direct un pot-pourri Abba/rock désopilant et plus que décontracté. Leur « Gimme gimme gimme a man after midnight » est irrésistiblement décalé mais drôle et remporte un succès quasi hystérique. Les deux belles terminent assises au bord de la fosse et nous offrent une charmante Barcarolle, bras et robes enlacés gracieusement en nous souhaitant une « Belle nuit, ô nuit d’amour ». Il y a pires façons de mettre les gens au lit.</p>
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