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	<title>Dresdner Philharmonie - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dresdner Philharmonie - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Requiem &#8211; Dresde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-requiem-dresde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Drôle d’endroit pour une rencontre : Mozart et Pärt réunis dans un même programme au Kulturpalast de Dresde. Ce bâtiment, inauguré en 1969, a été conçu par l’architecte Wolfgang Hänsch dans un style moderniste, typique de l’architecture de l’ex-RDA. Sa façade est ornée d’une fresque monumentale réalisée dans l’esprit de la propagande soviétique – faucille, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Drôle d’endroit pour une rencontre : Mozart et Pärt réunis dans un même programme au Kulturpalast de Dresde. Ce bâtiment, inauguré en 1969, a été conçu par l’architecte Wolfgang Hänsch dans un style moderniste, typique de l’architecture de l’ex-RDA. Sa façade est ornée d’une fresque monumentale réalisée dans l’esprit de la propagande soviétique – faucille, marteau, étoile rouge et autres joyeux symboles du régime le plus oppressif qui fut sous couvert de camaraderie et de justice sociale. Pourtant, au contraire de la plupart des bâtiments emblématiques de l’époque communiste en Allemagne de l’Est, le Kulturpalast ne fut pas détruit ou profondément transformé après la réunification mais modernisé. Lieu dédié dès l’origine à la culture, son rôle ne fut pas perçu comme propagandiste ; son intégration harmonieuse dans l’urbanisme de l’Altmarkt en faisait un bâtiment apprécié, y compris des architectes occidentaux. Une rénovation dirigée entre 2012 et 2017 par le cabinet von Gerkan, Marg und Partner, permit d’intégrer un auditorium de 1800 places doté d’une excellente acoustique, tout en conservant la structure originale du bâtiment – et sa fresque extérieure. Il abrite aujourd’hui plusieurs institutions culturelles majeures dont la Philharmonie de Dresde, un des piliers de la tradition symphonique allemande.</p>
<p>Autre institution musicale emblématique Outre-Rhin : le Dresdner Kreuzchor, un des chœurs de garçons les plus anciens et les plus renommés au monde : huit siècles d’existence ; 125 membres de 9 à 19 ans formés dès le plus jeune âge au sein de l’école Kreuzschule, qui combine éducation générale et formation musicale intensive. Bien que principalement connu pour ses interprétations de musique sacrée protestante, quelques œuvres catholiques majeures, comme le <em>Requiem</em> de Mozart, appartiennent à son répertoire.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RequiemDresde2-1294x600.jpg">© Huy Nguyen Quang</pre>
<p>Avouons-le :&nbsp; nous étions de prime abord sceptique quant à l’impact d’une version chorale exclusivement masculine sur la théâtralité du chef d’œuvre religieux de Mozart – l’amateur d’opéra, coutumier des drames implacables, tend à préférer une interprétation secouée de frissons et de larmes. De fait, l’absence de voix féminines et de voix de basse à la maturité affirmée émousse les contrastes nécessaires à la violence sauvage du « Dies irae » ou à la confrontation entre damnés et élus dans le « Confutatis maledictis ».</p>
<p>Mais ce que l’on perd en clair-obscur, en vérité crue et en intensité dramatique, on le gagne en ligne et en lumière. Enraciné dans la tradition protestante saxonne, le Kreuzchor offre au <em>Requiem</em> une sobriété et une intériorité influencées par des siècles d’interprétation de musique sacrée allemande. Précision, pureté d’intonation et homogénéité enrichissent l’interprétation des polyphonies complexes de Mozart. L’accord entre les quatre solistes, dominé par l’expressivité séraphique de la soprano – <strong>Katharina Konradi</strong> – et le choix d’une basse au timbre clair, proche du baryton – <strong>Krešimir Stražanac</strong> –, la direction mesurée de <strong>Martin Lehmann</strong> à la tête d’une Dresdner Philharmonie réduite à une vingtaine d’instruments, achèvent de convaincre du bien-fondé d’une autre approche, plus introspective.</p>
<p>Finalement, le plus déconcertant dans ce concert est l’insertion d’œuvres d’Arvo Pärt entre les différents numéros du Requiem. Ce saucissonnage veut marquer un double anniversaire : les 80 ans de la fin de la seconde guerre mondiale en Europe et les 90 ans du compositeur estonien. Deux événements sans rapport aucun, tout comme il existe peu de correspondances entre les musiques de Mozart et de Pärt. Le collage, réalisé sans autre transition qu’un court temps de silence, n’apporte rien à l’œuvre de l’un comme aux pièces de l’autre – au contraire. Mais il donne à apprécier la riche diversité de la musique occidentale dans sa quête de spiritualité, la versatilité de la Dresdner Philharmonie et l’excellence du Kreuzchor, admirable notamment par sa tenue et sa longueur de souffle dans « Peace Upon You Jerusalem ».</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MotetsBach-1294x600.jpg">© DR</pre>
<p>De l’imprégnation de la tradition luthérienne allemande dans le tissu musical saxon, une nouvelle preuve était donnée à la Frauenkirche le lendemain en matinée à travers l’interprétation de quatre motets de Bach, émaillée d’un sermon et de prières. <strong>Matthias Grünert</strong>, premier cantor de la Frauenkirche depuis sa reconstruction en 2005, dirigeait de main amoureuse le chœur – une petite trentaine d’artistes amateurs –&nbsp;accompagné par l’ensemble maison, composé de musiciens issus de la Staatskapelle et de la Philharmonie de Dresde. Entièrement détruite lors des bombardements de 1945 et reconstruite après la réunification grâce à des dons venus du monde entier dans une volonté de paix, de pardon et de dialogue œcuménique entre les peuples, l’église accueille une fondation qui propose une centaine de concerts par an – en 2025 une attention particulière est portée à Bach pour le 275e anniversaire de sa mort. C’est ainsi que la Frauenkirche se pose en symbole de réconciliation dont la musique se fait le porte-parole. Messe ne saurait être mieux dite.</p>
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		<title>DVORÁK, Stabat Mater</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dvorak-stabat-mater/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout commence plutôt bien. L&#8217;orchestre (la Philharmonie de Dresde) a de belles couleurs, qu&#8217;il sait varier avec souplesse, et Marek Janoswki maîtrise avec beaucoup de naturel ce mouvement de flus et de reflux qui caractérise la musique. Le choeur de la Radio de Leipzig sait lui aussi doser ses interventions, et son effectif pléthorique (80 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence plutôt bien. L&rsquo;orchestre (la <strong>Philharmonie de Dresde</strong>) a de belles couleurs, qu&rsquo;il sait varier avec souplesse, et <strong>Marek Janoswki</strong> maîtrise avec beaucoup de naturel ce mouvement de flus et de reflux qui caractérise la musique. Le <strong>choeur de la Radio de Leipzig</strong> sait lui aussi doser ses interventions, et son effectif pléthorique (80 chanteurs) ne l&#8217;empêche pas de délivrer les <em>pianissimi</em> les plus éthérés lorsqu&rsquo;il faut faire allusion à la douleur de la mère du Christ. On se laisse donc emporter, voire enivrer par l&rsquo;émotion que Dvořák a mise dans cette pièce, qui est sans doute son chef-d&rsquo;oeuvre en musique sacrée. Mais voilà qu&rsquo;arrive la minute 8, l&rsquo;entrée des solistes, et là &#8230; patatras ! <strong>Christian Elsner</strong> chante comme s&rsquo;il avait une pomme de terre chaude coincée au fond du palais. On attend quelques secondes. Peut-être est-ce l&rsquo;effet d&rsquo;une respiration mal placée ? Mais non, la suite le confirme : l&rsquo;émission du ténor est complètement engorgée, il est mal à l&rsquo;aise et n&rsquo;arrive pas à atteindre ses aigus.</p>
<p>Les choses s&rsquo;arrangent un tout petit peu dans le « Qui est homo », même s&rsquo;il est toujours évident que le chanteur est indisposé. Malheureusement, la rechute est indéniable dans le « Fac me vere tecum », où il est impossible de dissimuler quoi que ce soit, et où le naufrage le dispute à la vaillance. Certes, on admire la problité de l&rsquo;artiste qui ne veut pas déclarer forfait, qui tente d&rsquo;assurer jusqu&rsquo;au bout et de sauver la soirée. Mais la nature est la plus forte, et ce que l&rsquo;on entend ressort davantage du râle que du chant. Pire. Comme un dormeur insomniaque qui guette le son de la prochaine goutte d&rsquo;eau, nous sommes comme aspirés par la catastrophe, et l&rsquo;on se surprend à anticiper les interventions suivantes avec une curiosité malsaine. Comme pour aller jusqu&rsquo;au bout du supplice. Qu&rsquo;importent dès lors les innombrables atouts du disque : la baguette lyrique de Marek Janowski, un orchestre qui brille de mille feux, l&rsquo;autorité naturelle de <strong>Tareq Nazmi</strong> ou les aigus cristallins <strong>d&rsquo;Hanna-Elisabeth Müller</strong> ? Nous n&rsquo;entendons plus que le martyr d&rsquo;un ténor qui est pourtant capable de bien d&rsquo;autres choses, comme <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/walter-braunfels-grosse-messe-op-37-il-y-a-place-pour-deux/">dans une certaine Messe de Walter Braunfels</a> publiée en 2017, par exemple. Que la conscience d&rsquo;un artiste l&rsquo;ait obligé à tenir le coup pour un soir, on le comprend aisément, voire on l&rsquo;approuve. Mais qu&rsquo;un label décide de faire paraître un tel témoignage enregistré dépasse l&rsquo;entendement. A oublier au plus vite.</p>
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		<title>BELLINI, I puritani</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bellini-i-puritani/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier chef-d’œuvre de Vincenzo Bellini, succès dès sa création en 1835, I Puritani n’avait pas encore eu, en ce XXIe siècle, les honneurs d’un enregistrement en studio. C’est désormais chose faite avec cette intégrale justifiée à elle seule par la présence de Lisette Oropesa en Elvira. La soprano étatsunienne est ici sur ses terres d’élection &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dernier chef-d’œuvre de Vincenzo Bellini, succès dès sa création en 1835, <em>I Puritani</em> n’avait pas encore eu, en ce XXI<sup>e</sup> siècle, les honneurs d’un enregistrement en studio. C’est désormais chose faite avec cette intégrale justifiée à elle seule par la présence de <strong>Lisette Oropesa</strong> en Elvira.</p>
<p>La soprano étatsunienne est ici sur ses terres d’élection : le belcanto virant au romantisme italien. Son Elvira est bien sœur de sa Lucia di Lammermoor, racée, fine, touchante dans les plus légères inflexions mélancoliques de son timbre fruité. Si son registre suraigu est moins aisé, moins évident qu’il y a quelques années, état de fait dont « Son vergin vezzosa » pâtit, sa technique est toujours d’une maîtrise bluffante. Dès le duo d’Elvira et Giorgio, elle se joue avec une facilité déconcertante des vocalises frénétiques de « Sai com’arde in petto mio », anonçant la folie à venir du personnage, puis de la cabalette « A tal nome, al mio contento » avec un élan irrésistible. Ses deux scènes de folie sont tout aussi séduisantes. Sensible, simple, Oropesa touche par la pureté de sa ligne toute bellinienne dans « Oh, vieni al tempio » comme dans « Qui la voce sua soave ». On est face à une grande interprétation qui méritait amplement d’être gravée, et qui donne hâte d’entendre sa Lucia, enregistrée en studio cet automne.</p>
<p>Lisette Oropesa trouve en <strong>Lawrence Brownlee</strong> un partenaire digne d’elle. Un peu tendue dans le redoutable « A te o cara », le ténor s’épanouit dès sa scène avec Enrichietta, dans laquelle il se montre plein d’énergie. Dans le duo du troisième acte avec Elvira, il déploie toute la suavité d’un timbre mordoré et d’un chant privilégiant le legato et la douceur. Son interprétation s’accorde bien à l’Elvira fougueuse de Lisette Oropesa, notamment dans un « Vieni fra queste braccia » enlevé. On regrette tout de même un peu que l’occasion n’ait pas été saisie de graver « Se il destino a te m’invola », le trio d’Arturo, Riccardo et Enrichietta, mettant très en valeur le ténor. Coupé la veille de la création pour des raisons de longueur qui se posent avec moins d’impératif au CD, on aurait aimé entendre Brownlee l’interpréter.</p>
<p>Face à ce beau duo principal, les clefs de fa sont un peu en retrait. Probe, soigné le Giorgio de <strong>Riccardo Zanellato</strong> est très bon dans les ensembles et duos où sa clarté de diction, la noblesse de son chant sont de bel effet. Mais son « Cinta di fiori » pourrait être plus sensible. Peut-être son vibrato un peu large empêche-t-il de goûter tout à fait la beauté de cet air tout en legato. Quant au Riccardo d’<strong>Anthony Clark Evans</strong>, il manque quelque peu d’élégance. Le passage vers l’aigu, certes joli, se fait systématiquement en force et les vocalises sont encombrées d’air entre les notes, ce qui est tout à fait regrettable. Il s’accorde en revanche très bien avec Riccardo Zanellato. À deux, ils font un magnifique accompagnement au « Oh vieni al tempio » déchirant de Lisette Oropesa. Chez les<em> comprimari</em>, on remarque surtout le joli ténor clair de <strong>Simeon Esper</strong> en Sir Bruno parmi un ensemble de bonne tenue.</p>
<p>Dans un opéra où les forces chorales constituent un protagoniste de premier plan, le MDR-Rundfunkchor s’illustre par un vrai engagement dramatique. Il est saisissant dans le final du premier acte, où les soprani se distinguent tout particulièrement avec un son superbe dans leur accompagnement de « Oh vieni al tempio ». À la baguette, <strong>Riccardo Frizza</strong> emmène le Dresdner Philharmonie avec fougue, créant de belles atmosphères nocturnes et troubles, notamment dans l’introduction du deuxième acte « Ah, dolor! Ah, terror! ».</p>
<p>Belle intégrale soignée, ces <em>Puritani</em> méritent incontestablement qu&rsquo;on leur face place dans la discographie bellinienne.</p>
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		<item>
		<title>Notre disque du mois : La Création de Haydn par Marek Janowski</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-du-mois-la-creation-de-haydn-par-marek-janowski/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jul 2024 05:46:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le récent enregistrement de La Création de Haydn par un Marek Janowski plus juvénile que jamais a séduit notre chroniqueur, Dominique Joucken &#8211; et à juste titre ! A la tête d&#8217;un Philharmonique de Dresde étonnant de ductilité et de transparence, le chef nous livre une lecture qui transcende les clivages. Visiblement exaltés par la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le récent enregistrement de<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haydn-la-creation-janowski/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1720013703&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-17085&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content"><em> La Création</em> </a>de Haydn par un <strong>Marek Janowski</strong> plus juvénile que jamais a séduit notre chroniqueur, Dominique Joucken &#8211; et à juste titre ! A la tête d&rsquo;un Philharmonique de Dresde étonnant de ductilité et de transparence, le chef nous livre une lecture qui transcende les clivages. Visiblement exaltés par la captation <em>live</em>,<strong> Christiane Karg</strong>, <strong>Benjamin Bruns</strong> et <strong>Tareq Nazmi</strong> le suivent avec brio dans cette aventure. Ce double album Pentatone est notre disque du mois.</p>
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		<item>
		<title>HAYDN, La Création</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haydn-la-creation-janowski/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jun 2024 05:43:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps, Marek Janowski a eu la réputation d&#8217;être un Kapellmeister rigoureux mais pas toujours créatif. Son premier Ring de Wagner, enregistré à Dresde au début des années 80 reste, malgré des tentatives de réhabilitation, le plus terne qui soit au niveau de la direction d&#8217;orchestre. Lucide, le chef a décidé de le ré-enregistrer 30 ans &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps, <strong>Marek Janowski</strong> a eu la réputation d&rsquo;être un Kapellmeister rigoureux mais pas toujours créatif. Son premier Ring de Wagner, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/janowski-a-dresde-un-ring-a-rehabiliter/">enregistré à Dresde au début des années 80</a> reste, malgré des tentatives de réhabilitation, le plus terne qui soit au niveau de la direction d&rsquo;orchestre. Lucide, le chef <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/un-ecrin-de-luxe-pour-le-ring-berlinois-de-marek-janowski/">a décidé de le ré-enregistrer 30 ans plus tard,</a> dans le cadre d&rsquo;un cycle Wagner complet, salué pour sa clarté et son dynamisme. Depuis, sa carrière discographique connaît une nouvelle jeunesse : symphonies de Bruckner à Genève,<em> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/humperdinck-hansel-und-gretel-adultes-admis/">Hänsel et Gretel</a> </em>de Humperdinck à Berlin, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-un-ballo-in-maschera/"><em>Un Ballo in Maschera</em> de Verdi </a>à Monaco, <em>Fidelio</em> de Beethoven à Dresde, &#8230; Si la réussite n&rsquo;est pas toujours incontestable, voilà une belle revanche pour un artiste qui a été ignoré par les majors de l&rsquo;industrie discographique. A 85 ans bien sonnés, le chef nous livre sa première <em>Création</em> de Haydn.</p>
<p>Capté « en live » à Dresde en juillet 2022, avec les forces locales, ce coffret frappe d&rsquo;abord par sa légèreté de touche. A rebours de tant de chefs qui s&#8217;embourbent avec l&rsquo;âge, et qui essayent de faire passer pour de la profondeur la simple lenteur, Marek Janowski dirige la grande fresque de Haydn d&rsquo;une baguette alerte, presque étincelante. Ce n&rsquo;est pas seulement une question de tempi, mais de flux et de rebond. Tout s&rsquo;écoule avec un naturel admirable, dans une partition qui est plus piégeuse qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît, où les occasions de faire du pittoresque (et de traîner) sont nombreuses. Janowski parvient à détailler sans alourdir, et se contente d&rsquo;allusions discrètes lorsque l&rsquo;orchestre se fait plus imitatif (vrombissement des monstres marins, chants d&rsquo;oiseaux). Point trop n&rsquo;en faut, et le chef a compris qu&rsquo;une certaine retenue est consubstantielle à l&rsquo;esthétique classique. Qu&rsquo;on n&rsquo;attende donc pas ici les vertiges métaphysiques d&rsquo;un Harnoncourt dans sa deuxième version (RCA) pas plus que l&rsquo;émerveillement « écologiste » de Leonard Bernstein chez DG. Mais tout ceci est de la plus belle eau. Surtout que <strong>l&rsquo;orchestre philharmonique de Dresde</strong> est sans doute la phalange idéale pour épauler le chef dans son projet. Contrairement aux voisins de la Staatskapelle, point de sonorités d&rsquo;orgues ou de moirures trop voluptueuses. Les pupitres sonnent clairs, transparents, distincts les uns des autres. Tous les avantages d&rsquo;une formation de chambre, avec cependant les réserves de puissance d&rsquo;un orchestre complet, et le luxe d&rsquo;une prise de son Pentatone qui arrive à rendre les détails sans décomposer trop l&rsquo;image sonore. Même source de satisfaction avec le <strong>Chœur de la radio de Leipzig.</strong> Près de 60 chanteurs, mais aucune lourdeur, une ductilité et une mobilité constantes, et des finales qui sonnent vraiment comme si des troupes d&rsquo;angelots étaient assemblées autour du trône céleste. Le « Vollendet ist das grosse Werk » donne envie de se lever et de danser.</p>
<p>A la lecture du nom des solistes, une certaine crainte nous a cependant saisi. Que ces trois tempéraments sont différents ! <strong>Benjamin Bruns</strong> est en train de se faire un nom comme ténor de caractère chez Wagner. <strong>Christiane Karg</strong> est une soprano au timbre aussi divin que liquide, qui nous avait notamment laissé un souvenir impérissable <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/london-philharmonic-choir-and-orchestra-brahms-boulanger-messiaen-londres-musique-de-chambre-dans/">dans un Requiem de Brahms chanté à Londres.</a> Et tous ceux qui ont eu la chance de voir <strong>Tareq Nazmi</strong> en concert savent les réserves de puissance phénoménales qu&rsquo;il peut déployer, son intensité de profération, la force brute qui émane de son chant. Miracle à porter une fois de plus au crédit du chef : ces trois personnalités s&rsquo;harmonisent parfaitement ici, et communient dans la vision apaisée que dessine le grand geste de Marek Janowski. Le ténor rayonne d&rsquo;une joie presque enfantine, la soprano nous gratifie d&rsquo;une ligne aérienne et la basse ponctue toutes les étapes de cette genèse de l&rsquo;univers par des interventions aussi décidées que justes. Et les ensembles les voient fondre leurs timbres dans une unité qui force l&rsquo;admiration. C&rsquo;est aussi à cet art d&rsquo;harmoniser des pôles musicaux opposés que se reconnaît l&rsquo;art des grands chefs. Puisse Marek Janowski nous livrer encore beaucoup de coffrets d&rsquo;un même niveau.</p>
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		<title>Rossini &#038; Donizetti : French Bel Canto Arias, par Lisette Oropesa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rossini-donizetti-french-bel-canto-arias-par-lisette-oropesa-ses-deux-amours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elle dit avoir voulu pour ce disque-récital (superbe) entremêler ses deux grandes amours, le bel canto italien et la langue française, la première langue étrangère qu’elle, née en Louisiane, apprit. Chanter en français, écrit-elle, « is a total dream »… Et en effet sa prononciation du français est absolument impeccable, mais surtout cet album, à la très &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle dit avoir voulu pour ce disque-récital (superbe) entremêler ses deux grandes amours, le bel canto italien et la langue française, la première langue étrangère qu’elle, née en Louisiane, apprit. Chanter en français, écrit-elle, « is a total dream »…<br />
	Et en effet sa prononciation du français est absolument impeccable, mais surtout cet album, à la très belle prise de son, rend pleinement justice à sa musicalité, portée par un sens souverain de la ligne, à sa virtuosité, à sa maîtrise du chant orné, à la limpidité d’un timbre qui ne ressemble à aucun autre, s’ajoutant à un je ne sais quoi de rayonnant et de sincère.</p>
<p>L’idée était aussi de montrer que Rossini et Donizetti quand ils vinrent à Paris (et la même chose pourrait être dite de Verdi) ne se bornèrent pas à mettre de nouveaux mots sur leur musique. A plus forte raison quand, tel Rossini pour <em>Guillaume Tell</em> ou pour <em>Le Comte Ory</em>, ils composèrent sur un livret francais.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/personal-statement-lisette-1_c_mordent-media-scaled.jpg?itok=gQ_oEa2T" title="A Dresde pendant l'enregistrement © D.R." width="468" /><br />
	A Dresde pendant l&rsquo;enregistrement © D.R.</p>
<p><strong>Rien ne se perd ou l&rsquo;art du réemploi</strong></p>
<p>En 1826, Rossini reprend à Paris l’un de ses opéras napolitains, <em>Maometo II </em>(Teatro S. Carlo, 1820), il en transplante l’action en Grèce et fait de l’air de Pamyra à l’acte II une création à la fois composite et nouvelle. Il reprend  la cavatine d’Anna « Ah! che invan su questo ciglio », il emprunte la cabalette à un autre personnage (Calbo) et il fait précéder le tout d’un récitatif nouveau (« Ô patrie »). De surcroît ici, <strong>Corrado Rovaris,</strong> qui dirige une <strong>Dresdner Philharmonie</strong> à la fois opulente et précise et le <strong>Chœur de l’Opéra de Dresde</strong>, y ajoute un <em>Maestoso</em> avec chœur (« Ô patrie infortunée »), rarement inséré.<br />
	L’ensemble constitue une grande scène, où toutes les qualités de <strong>Lisette Oropesa </strong>sont d’entrée mises en valeur, le lyrisme expressif comme le brio impeccable du chant<em> fiorito</em>. Ajoutons le plaisir d’un timbre très personnel, naturellement ému et émouvant, et une clarté d’émission, une limpidité idéales.</p>
<p><strong>Les longues lianes du legato</strong></p>
<p>Quant à la célèbre prière de <em>Maometo II</em>, « Giusto Cielo, in tal periglio», elle devient « Juste ciel, ah ! ta clémence », et Rossini remplace sa bruyante introduction avec chœur « Misere !&#8230; or dove, ahimè ! » par un nouveau récitatif de pur style français, « L’heure fatale approche », qui n’est pas sans rappeler la tragédie lyrique. Ce noble style, Oropesa le soutient grâce à une articulation très maîtrisée, avant que le legato parfait de la prière ne déroule ses longues lianes.<br />
	L’aria « Sombres forêts » est lui aussi une belle démonstration de chant <em>spianato</em>, c’est-à-dire peu ou pas fleuri, où prévaut la régularité de l’émission, l’homogénéité de la tessiture, et une maîtrise du souffle assurant la pureté de la ligne. Du contrôle de tous ces paramètres du bel canto issu de l’art des castrats, naît l’émotion.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/lisette-oropesa-01_verylarge.jpg?itok=u7r207q-" title="En concert à Pesaro © Amati Bacciardi" width="360" /><br />
	En concert à Pesaro © Amati Bacciardi</p>
<p><strong>La roulade ou la musique pure selon Balzac</strong></p>
<p>A l’opposé, l’air de la Comtesse Adèle dans <em>Le Comte Ory</em>, « En proie à la tristesse – Céleste providence », qui réutilise un air du <em>Viaggio a Reims</em>, semble un parangon de chant orné.<br />
	On le sait, Rossini écrivait tous les ornements. Parce qu’il se défiait des interprètes, dit-on parfois, soit qu’ils manquent d’imagination, soit surtout qu’ils en débordent.<br />
	Or pour Rossini la vocalise n’est pas un ornement. Elle est l’expression même, le sentiment même.  Elle n’est pas un ajout, une guirlande, un colifichet, elle est partie intégrante de la musique.<br />
	« La roulade, écrit Balzac, est la plus haute expression de l’art, […] elle s’élance, elle traverse l’espace, en semant dans l’air ses germes qui, ramassés par les oreilles, fleurissent au fond du cœur. […] Elle est l’unique point laissé aux amis de la musique pure.»</p>
<p>Au passage, on apprécie la parfaite courtoisie d’écriture de Rossini qui amène en douceur les notes les plus hautes en les préparant par une série de vocalises ascendantes. Le chant expressif, celui des passages cantabile, reste chez lui toujours dans la zone centrale, alors que le chant orné, qui réclame moins d’expression et recourt à un émission plus légère, peut atteindre l’extrême-aigu en s’aidant de traits, d’arpèges, de <em>volate</em>, de vocalises en tous genres.</p>
<p><strong>Il suffit de faire ce qui est écrit&#8230;</strong></p>
<p>Lisette Oropesa est absolument fidèle à tous les <em>abbellimenti</em> notés par le maître de Pesaro et du boulevard des Italiens, hormis quelques fredaines discrètes comme un ravissant trille ajouté sur <em>souffrance</em> ou un <em>mi </em>bémol ultime, qui n’est que la reprise une octave plus haut de celui noté par Rossini… Des notes piquées impeccables, des coloratures aériennes sur <em>sans cesse</em> ou <em>bonheur</em>, bref une virtuosité parfaite et une manière de second degré, de faux pathétique très dans l’esprit de ce <em>Comte Ory</em>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="258" src="/sites/default/files/styles/large/public/lisetteoropesa-operaactual-real.jpg?itok=-qvhql4K" title="Lisette Oropesa t  Corrado Rovaris en concert à Madrid © D.R." width="468" /><br />
	Lisette Oropesa et Corrado Rovaris en concert à Madrid © D.R.</p>
<p>Dans les années 1838 à 1842, Donizetti s’installe à Paris et collabore avec l’incontournable Scribe pour adapter son <em>Poliuto</em> d’après Corneille, interdit à Naples par la censure, qui devient <em>Les martyrs</em> (1840). Le rôle de Pauline, écrit sur mesure pour sa créatrice Julie Dorus-Gras, interprète privilégiée d’Halévy et Meyerbeer, est un nouvel exemple d’intégration des ornements à la ligne musicale, fusion du style français et du style italien, avec d’immenses vocalises traversant toute la tessiture, ici données à pleine voix.</p>
<p><strong>L&rsquo;ornement, c&rsquo;est le sentiment même</strong></p>
<p>En 1839, Donizetti propose sa <em>Lucie de Lammermoor </em>au Théâtre de la Renaissance où il remplace l’air d’entrée « Regnava nel silenzio » par une scène récupérée de son opéra <em>Rosmonda d’Inghiltera</em>, inconnu des Parisiens, composée d’un récitatif, d’un arioso, d’un cantabile et enfin d’une brillante cabalette.<br />
	Miss Oropesa * fait de tout cela un enchantement : douleur expressive de l’arioso, « Ô sombre fontaine », où l’on admire la longueur et l’homogénéité de la voix qui descend relativement bas ; puis trilles et coloratures non moins sensibles dans l’air « Que n’avons-nous des ailes ? » en duo avec l’inévitable flûte, enfin brio de la cabalette « Toi par qui mon cœur rayonne ».<br />
	Ce qui est à nouveau très beau ici, c’est que l’ornementation, les notes hautes piquées, les descentes chromatiques, les roulades, tout ce répertoire virtuose, d’une agilité technique sans faille, les accents posés judicieusement (et d’ailleurs notés par Donizetti), tout exprime le personnage, passant de la mélancolie à un ardent désir de bonheur.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/08-lisette-oropesa_verylarge.jpg?itok=kLNE8N9x" title="Violetta à Verone (2022) avec Vittorio Grigolo © D.R." width="468" /><br />
	Violetta à Verone (2022) avec Vittorio Grigolo © D.R.</p>
<p><strong>Dans le sillage des grandes</strong></p>
<p>Le récital se termine par <em>La fille du régiment</em>, écrit spécialement pour Paris et donné à l’Opéra-Comique en 1840.<br />
	« Il faut partir », longue cantilène dont un cor anglais obligé souligne le pathos, met en évidence une nouvelle fois les phrasés et le souffle de Lisette Oropesa, et les couleurs nostalgiques que peut aussi prendre sa voix. Legato inépuisable et vocalises constamment timbrées survolant la masse chorale, émission naturelle, souple, ni forcée ni dure.<br />
	Puis c’est d’abord avec le violoncelle que Marie dialoguera dans le lamento « Par le rang et par l’opulence », aux belles couleurs tendres, avant qu’un savant crescendo ne conduise au pimpant « Salut à la France », prétexte à trilles, roulades et autres coloratures dans le sur-aigu, tout cela troussé avec bravoure et une rayonnante allégresse.</p>
<p>Lisette Oropesa prend sans coup férir place parmi celles qui servirent jadis et naguère ce répertoire, les Sills, Caballé, Sutherland, Dessay et autre Damrau (liste non exhaustive) et le remirent en lumière.</p>
<p>* qui chantera Lucie de Lammermoor à Aix-en-Provence en juillet 2023 entourée de Pene Pati, Florian Sempey et Nicolas Courjal.</p>
<p> </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/media.media_.72604cd8-1d45-437f-a404-865bc19fdeef.original1024.jpg?itok=a3tMdo-n" title="© D.R." width="468" /><br />
	© D.R.</p>
<p> </p>
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