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	<title>ENO - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>ENO - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>GLASS, Satyagraha — Londres (ENO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/satyagraha-londres-eno-force-et-verite-dune-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec Satyagraha que l&#8217;English National Opera (ENO) revient après un an et demi de fermeture contrainte par la pandémie. Par ce choix quelque peu osé, Glass n’étant pas le compositeur le plus accessible, l’ENO mise toutefois sur le confort d’une production à succès qui a fait ses preuves depuis sa création, en co-production avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec <em>Satyagraha</em> que l&rsquo;English National Opera (ENO) revient après un an et demi de fermeture contrainte par la pandémie. Par ce choix quelque peu osé, Glass n’étant pas le compositeur le plus accessible, l’ENO mise toutefois sur le confort d’une production à succès qui a fait ses preuves depuis sa création, en co-production avec le Met, en 2007.</p>
<p>Et c’est peu dire que cette reprise est un grand succès. La production de <strong>Phelim McDermott</strong>, dont la mise en scène est confiée à <strong>Peter Relton,</strong> et que <a href="https://www.forumopera.com/satyagraha-streaming-new-york-un-glass-de-papier-streaming">Forum Opéra a déjà eu l’occasion de chroniquer</a>, est toujours aussi impressionnante qu’envoûtante. Impressionnante, de par cette belle idée de faire appel aux grandes figures et attractions de papier mâché du Skills Ensemble de<strong> Rob Thirtle</strong>, qui permettent de créer d’intrigants et originaux tableaux. Envoûtante, parce que cette production nous donne à comprendre que la sagesse de Gandhi, le « satyagraha », ou force de la vérité, est reflétée par la dimension méditative, procurée par le mécanisme de la répétition, de la musique de Glass. Au total, tant la créativité de cette mise en scène que son propos, axé autour du parcours épique d’une idéologie qui prend racine dans la force intérieure d’une lutte pour la justice, en font une excellente réussite. L’équilibre entre le réalisme – permis par la beauté des costumes de <strong>Kevin Pollard</strong>, et l’abstraction voulue par l’approche non-chronologique de Glass est parfaitement rendue dans toute son ambigüité poétique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/eno-satyagraha-2021-sean-panikkar-c-tristram-kenton-56-780x1024.jpg?itok=8ZC1qSZb" title="© Tristram Kenton" width="357" /><br />© Tristram Kenton</p>
<p>Mais la soirée est un véritable succès grâce à <strong>Sean Panikkar</strong> qui par sa performance éclipse tout simplement ses prédécesseurs dans le rôle. S’il avait fait ses débuts dans <em>Satyagraha </em>en 2018 au Los Angeles Opera, le ténor confirme qu’il fait partie des interprètes actuels incontournables de Gandhi. D’abord, la voix est curieusement puissante : qu’importe si la partition est écrite pour un ténor léger, que Sean Panikkar n’est pas, il instille une force épique qui convient parfaitement au personnage. Le combat pour la justice est aussi un combat pour la maîtrise de soi et le ténor restitue brillamment la bataille intérieure du Mahatma par son jeu d’acteur subtil et son sens de la nuance : le morceau final (« Conclusion ») commence ainsi à peine murmuré, et c’est bouleversant.</p>
<p>Le reste du plateau vocal est très convenable, sans être bluffant. En Krishna et Prince Arjuna,<strong> Musa Ngqungwana </strong>et<strong> Ross Ramgobin</strong> manquent un peu de charisme et d’intensité, même si les voix sont tout à fait à la hauteur. <strong>Gabriella Cassidy</strong>, <strong>Felicity Buckland</strong> et <strong>Verity Wingate</strong> en Miss Schlessen, Kasturba et Mrs Naidoo sont particulièrement convaincantes de par leur prestance et leur maîtrise vocale, notamment dans « Tolstoy Farm ». De son côté, <strong>William Thomas</strong> campe un Parsi Rustomji très robuste et doté de toute la puissance et l’endurance escomptées, particulièrement dans « The Vow ». Le jeu scénique de <strong>Sarah Pring</strong> en Mrs Alexander est poignant dans « Confrontation and Rescue » tout comme <strong>James Cleverton</strong> est percutant en Mr Kallenbach dans « Indian Opinion ». Le <strong>chœur de l’ENO</strong> se prête avec succès à l’exercice des redoutables partitions chorales de Glass et se paye même le luxe de proposer un jeu scénique saisissant dans « Confrontation and Rescue » et « The Kuru Field of Justice ».</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/eno-satyagraha-2021-eno-chorus-sean-panikkar-c-tristram-kenton-23-1024x657.jpg?itok=p9dZUpaA" title="© Tristram Kenton" width="468" /><br />
	© Tristram Kenton</p>
<p>La direction de <strong>Carolyn Kuan</strong>, qui faisait là ses débuts à l’ENO, est presque un sans-faute. Dès les premières mesures, au tempo d’une lenteur inédite, plus lent que toutes les versions que nous avons pu entendre de l’œuvre, le parti pris de la cheffe est palpable : nous sommes embarqués pour une longue et tortueuse méditation. « The Kuru Field of Justice », dont le tempo va en s’accélérant progressivement, imitant le cheminement intérieur de la réflexion vers la vérité, est ainsi particulièrement intense et bouleversant. <strong>L’orchestre de l’ENO</strong> varie les angles d’attaque à l’envi et passe de l’épique au médidatif avec la même élégance, sans jamais se perdre dans la répétition mécanique et vide de sens des motifs musicaux. Carolyn Kuan fait ainsi ressortir de belles nuances et d’intéressants contrastes de la partition. En revanche, seule réserve : la « Conclusion » est jouée au pas de course et avec un enthousiasme débordant presque déplacé, voire kitsch. Cette approche confère un curieux <em>happy ending</em> bien trop univoque à l’opéra et ôte au dénouement toute son ambiguïté tragique reposant sur la lumière de l’immense postérité des enseignements du satyagraha et de la non-violence, mais aussi l&rsquo;ombre des fins tragiques des figures de Gandhi et de Martin Luther King ainsi que l’inachèvement perpétuel d’une lutte sans fin pour la justice et l&rsquo;égalité. </p>
<p> </p>
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		<title>BERG, Lulu — Londres (ENO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lulu-londres-eno-la-femme-100-tetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2016 04:38:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré ses énormes difficultés administratives et financières, l’English National Opera n’en poursuit pas moins sa politique de coproduction avec les plus grandes maisons d’Europe ou d’Amérique, et la mise en scène de Lulu actuellement présentée à Londres fut d’abord créée à Amsterdam en juin 2015, puis donnée à New York en novembre suivant. De William &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré ses énormes difficultés administratives et financières, l’English National Opera n’en poursuit pas moins sa politique de coproduction avec les plus grandes maisons d’Europe ou d’Amérique, et la mise en scène de <em>Lulu</em> actuellement présentée à Londres fut d’abord créée à Amsterdam en juin 2015, puis donnée à New York en novembre suivant. De <strong>William Kentridge</strong>, on connaissait une <em>Flûte enchantée</em> vue en divers endroits et surtout une éblouissante version du <em>Nez</em> de Chostakovitch, partie d’Aix-en-Provence pour le Met en passant par Lyon. C’est par la projection d’images sur l’ensemble du décor que le Sud-Africain avait su proposer une vision personnelle de ces œuvres propices au merveilleux ou au fantastique ; on pouvait donc se demander comment le système Kentridge allait s’adapter à un sujet réaliste comme celui de <em>Lulu</em>. En multipliant les corps féminins et les visages masculins, dans un style s’approchant parfois de celui de Kirchner et d’autres expressionnistes allemands (mais l’image de Lulu morte vient du <em>Phénomène de l’extase</em>, montage photo de Dali), c’est a priori le côté mythique que soulignerait le kaléidoscope de dessins en noir et blanc tracés sur des pages de l’<em>Oxford English Dictionary</em>. Hélas, il n’est pas sûr que la réussite ait cette fois été au rendez-vous, pour plusieurs raisons. Le lien entre les images et l’intrigue est extrêmement ténu, mais on pouvait s’y attendre ; non, ce qui est surtout gênant, c’est que l’action, pour être visible malgré les projections, est obligée de se dérouler sous un plein-feux constant, comme une pièce de boulevard. Cela souligne encore l’écart entre le jeu « naturel » des acteurs et les quelques touches surréalistes (mains surdimensionnées, masques-sacs en papier dont ils se coiffent parfois). Et comme cette action théâtrale n’occupe en général qu’une petite partie de l’espace scénique, Kentridge a éprouvé la nécessite de combler en plaçant à jardin d’abord, à cour ensuite, un immense piano à queue dont feint de jouer une jeune femme coiffée à la Louise Brooks. La pantomime de cette artiste, rejointe par un homme en habit, n’apporte pas grand-chose à la compréhension de l’œuvre et n’est qu’à de rares moments intégrée au reste du spectacle. Par ailleurs, les projections incluent un certain nombre de mots écrits, mais du fait de la politique de l’ENO, où l’on ne chante qu’en anglais, un décalage se crée inévitablement entre ce qu’on peut lire et ce qu’on entend.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/brenda-rae-james-morris-and-joanna-dudley-c-catherine-ashmore.jpg?itok=N9HxKLKd" title="Brenda Rae, James Morris © Catherine Ashmore" width="468" /><br />
	Brenda Rae, James Morris © Catherine Ashmore</p>
<p>Ce qu’on entend s’avère finalement plus convaincant, malgré le dépaysement que crée cette <em>Lulu</em> qui s’exprime dans la langue de Shakespeare plutôt que celle de Wedekind, avec des consonnes beaucoup moins dures que dans la version originale, et l’impression étrange de passages parlés nettement plus nombreux, comme si le <em>sprechgesang</em> avait été remplacé par du <em>sprech</em> tout court. La distribution étant intégralement renouvelée à chaque étape de la tournée du spectacle, tous les interprètes sont anglophones, ce qui ne va pourtant pas toujours de soi même en un lieu qui s’obstine à n’admettre que l’idiome vernaculaire, à l’heure où cette pratique perd de plus en plus d’adeptes (peut-être serait-il temps que l’ENO remette en question cette spécificité-là pour s’en trouver d’autres, plus artistiques, par exemple en termes de répertoire). Pour ses débuts dans le rôle et à l’ENO, <strong>Brenda Rae</strong> est une Lulu convaincante : au milieu de son répertoire beaucoup plus classique (ce Berg s’insère pour elle entre une <em>Lucia</em> à Munich et un <em>Tancredi</em> à Philadelphie), la soprano américaine se révèle tout à fait à l’aise vocalement – malgré des graves parfois peu sonores – et scéniquement dans un personnage dont elle a le physique et qu’une autre mise en scène l’aiderait à approfondir davantage. Même si ses emplois se diversifient depuis quelques années, <strong>James Morris</strong> était encore Scarpia au Met à l’automne dernier, et sa voix n’a rien perdu de sa noirceur et de son mordant, qui confèrent à son Dr Schön une grande autorité ; son mérite est d’autant plus grand que le costume trois pièces vert fluo dont il est affublé ne l’y aide pas forcément. De l’Alwa poupin, à la silhouette de Botero, que compose <strong>Nicky Spence</strong>, on retient avant tout la voix puissante et agile, la force de l’aigu même dans les moments de paroxysme. Sans avoir rien perdu de sa prestance physique, <strong>Sir Willard White</strong> a désormais le poil blanc de Schigolch ; la voix paraît un peu cotonneuse, mais cela tient probablement en grande partie à son incarnation. Pour son retour à l’ENO où l’on ne l’avait plus revue depuis la <em>Médée </em>de Charpentier en 2013, <strong>Sarah Connolly </strong>remporte un triomphe en Geschwitz : on croit voir s’animer une photographie d’August Sander ou la journaliste Sylvia Von Harden peinte par Otto Dix, et l’on rage qu’Alban Berg ait attendu les derniers instants de son opéra pour lui donner quelque chose de plus substantiel à chanter. Vu à Garnier dans <em>Lear </em>la saison dernière, <strong>Michael Colvin </strong>ne rencontre aucune difficulté dans le rôle du peintre, mais l’on remarque surtout la prestation éclatante de <strong>Clare Presland</strong>, jeune mezzo à suivre.</p>
<p>Conduit avec rigueur par <strong>Mark Wigglesworth</strong>, l’orchestre de l’ENO honore son contrat sans problème, mais la partition d’Alban Berg n’a sans doute rien qui puisse déconcerter une formation habituée à interpréter régulièrement la musique de notre temps, et qui avait même enregistré sous la direction de Paul Daniel une <em>Lulu</em> en anglais pour Chandos.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lulu-londres-eno-la-femme-100-tetes/">BERG, Lulu — Londres (ENO)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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