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	<title>Ensemble Diderot - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ensemble Diderot - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Rondos for Adriana (Adriana González)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adriana-gonzalez-rondos-for-adriana/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 08:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Née en 1759 à Valvasone, près d’Udine, Adriana Ferrarese del Bene fut formée à Venise, à l’Ospedale dei Mendicanti. Ses premiers succès publics eurent lieu au début des années 1780, notamment dans des oratorios latins, avant qu&#8217;elle n&#8217;entame une carrière lyrique à l’opéra à Livourne en 1784. Après une saison remarquée à Londres en 1786, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Née en 1759 à Valvasone, près d’Udine, Adriana Ferrarese del Bene fut formée à Venise, à l’Ospedale dei Mendicanti. Ses premiers succès publics eurent lieu au début des années 1780, notamment dans des oratorios latins, avant qu&rsquo;elle n&rsquo;entame une carrière lyrique à l’opéra à Livourne en 1784. Après une saison remarquée à Londres en 1786, la Ferrarese s’imposa en Italie du Nord dans de grands rôles d&rsquo;</span><i><span style="font-weight: 400;">opera seria</span></i><span style="font-weight: 400;">. En 1788, elle fut engagée à l’opéra de la cour de Vienne, où, alors maîtresse du librettiste Lorenzo Da Ponte, elle collabora avec Mozart, créant le rôle de Fiordiligi dans </span><i><span style="font-weight: 400;">Così fan tutte</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La cantatrice semblait posséder une voix de soprano aux graves puissants et manifestait une prédilection pour le </span><i><span style="font-weight: 400;">cantar di sbalzo</span></i><span style="font-weight: 400;">, un style fondé sur de larges sauts d’intervalles et des contrastes expressifs marqués. Selon le site </span><a href="https://www.quellusignolo.fr/sopranos/ferrarese.html" target="_blank" rel="noopener"><i><span style="font-weight: 400;">Quell’usignolo</span></i></a><span style="font-weight: 400;">, elle disposait également d’aigus stupéfiants et avait fait du <em>Rondo</em> sa marque de fabrique : un type d’air destiné à souligner un moment poignant et émotionnel, composé d’une section lente d’ouverture suivie d’une partie principale plus rapide. Le disque publié par Audax Records retrace, autour de cette forme musicale, la carrière de la Ferrarese, de ses débuts vénitiens jusqu&rsquo;à la période viennoise. Il met enfin en regard ces œuvres vocales avec d&rsquo;autres Rondos, cette fois-ci avec violon obligé, composés par Mozart quelques années avant son arrivée à Vienne.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Familière à la scène des rôles de Fiordiligi et de la Comtesse des </span><i><span style="font-weight: 400;">Noces</span></i><span style="font-weight: 400;"> &#8211; rôle que la Ferrarese ne semble d&rsquo;ailleurs pas avoir abordé &#8211; </span><b>Adriana González</b><span style="font-weight: 400;"> aborde ce récital avec des moyens importants : une voix en pleine santé, avec un médium assuré et des aigus finement posés, souvent abordés </span><i><span style="font-weight: 400;">sotto voce</span></i><span style="font-weight: 400;">. Déjà entendue sur scène en Desdemona ou en Mimì, la soprano guatémaltèque a conservé une agilité appréciable, mise à profit dans ces pages exigeantes. Son legato, particulièrement soigné, s’impose aussi bien dans le « Dove sono » de la Comtesse que dans le « Mater cara, extremum vale » extrait de l’oratorio </span><i><span style="font-weight: 400;">Balthassar</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Bertoni. Dans ce dernier <em>rondocino</em>, Adriana González parvient à investir la simplicité de l&rsquo;écriture musicale en lui apportant nuances et couleurs.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’expérience scénique de la soprano lui permet de s’immerger pleinement dans ses personnages, que ce soit en Didon, dans une aria de Pasquale Anfossi, ou en Fiordiligi. Sa virtuosité reste toujours au service de l’expression, jamais gratuite. Emportée dans ses élans, Adriana González prend de nombreux risques, avec des contre-ré et mi fréquents et des passages d’agilité impressionnants, frôlant parfois presque l’emmêlement, comme à la toute fin du « Partirò dal caro bene » de Giuseppe Giordani. </span><b>Iñaki Encina Oyón</b><span style="font-weight: 400;"> souligne qu’il a cherché dans ce disque à restituer les ornements tels qu’ils se pratiquaient à l’époque, s’appuyant notamment sur un document présentant une version ornée de l’aria « Teco porta » de Martín i Soler. Ces principes ont été appliqués pour composer les cadences et variations de l’ensemble des airs du programme.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La direction d’Iñaki Encina Oyón se montre vive et engagée, donnant du relief aux pages les plus dramatiques et assurant une cohésion d’ensemble constante. Le violon solo de </span><b>Johannes Pramsohler</b><span style="font-weight: 400;"> se distingue par sa virtuosité et sa musicalité, mettant en lumière les lignes mélodiques finement ornées. L’</span><b>Ensemble Diderot</b><span style="font-weight: 400;"> maintient un équilibre précis entre les pupitres et des cordes d’une grande finesse, qui auraient parfois gagné en densité. Le cor de </span><b>Ricardo Rodríguez García</b><span style="font-weight: 400;">, particulièrement sollicité dans</span><span style="font-weight: 400;"> « A sol bramo la mia speranza » </span><span style="font-weight: 400;">et dans le rondo de </span><i><span style="font-weight: 400;">Così fan tutte</span></i><span style="font-weight: 400;">, offre une sonorité noble et claire. La flûte solo d’</span><b>Alexis Kossenko,</b><span style="font-weight: 400;">  dans</span><span style="font-weight: 400;"> « Giusti numi, amor pietoso »</span><span style="font-weight: 400;"> de Weigl, apporte une couleur délicate et poétique à l&rsquo;aria.</span></p>
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		<title>Nahuel Di Pierro, Fra l&#8217;ombre e gl&#8217;orrori</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/nahuel-di-pierro-fra-lombre-e-glorrori/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce récital nous entraîne dans un voyage d&#8217;un siècle, depuis L&#8217;Erminia sul Giordano de Michelangelo Rossi (Rome, 1633) jusqu&#8217;à l&#8217;Orlando de Haendel (Londres, 1733), à la découverte du répertoire baroque italien pour voix de basse. Comme le souligne le livret d&#8217;accompagnement, les basses, à l&#8217;époque bien éloignées du star system des castrats et autre dive, restaient &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce récital nous entraîne dans un voyage d&rsquo;un siècle, depuis <em>L&rsquo;Erminia sul Giordano</em> de Michelangelo Rossi (Rome, 1633) jusqu&rsquo;à l&rsquo;<em>Orlando</em> de Haendel (Londres, 1733), à la découverte du répertoire baroque italien pour voix de basse. Comme le souligne le livret d&rsquo;accompagnement, les basses, à l&rsquo;époque bien éloignées du <em>star system</em> des castrats et autre <em>dive</em>, restaient confinées à des rôles précis : pères, rois, dieux, et autres figures d&rsquo;autorité. Pourtant, certains chanteurs de cette période surent rivaliser avec les plus grandes gloires de l&rsquo;opéra,  on pense notamment à Antonio Montagnana,  Giuseppe Maria Boschi ou encore Antonio Manna.</p>
<p>Le CD, en plus de rassembler plusieurs incontournables des récitals baroques pour basse, est riche en raretés, dont plusieurs pièces inédites. Parmi celles-ci, deux véritables pépites : un extrait de <i>La Prosperità di Elio Seiano</i> (1667) du Vénitien Antonio Sartorio, où l&#8217;empereur Tibère renonce au pouvoir, et une aria enflammée du <em>Giulio Cesare</em> (1705) de Giovanni Bononcini, composée durant le séjour du compositeur à la cour de Vienne. Suivant un ordre quasi chronologique, l’agencement du disque est remarquable, avec des transitions habiles entre moments dramatiques, comme les morts de Sénèque et d’Hercule chez Monteverdi et Cavalli. Des passages instrumentaux bien intégrés apportent de véritables pauses auditives ou redynamisent l’écoute, notamment cette éclatante ritournelle à deux trompettes de Marc’Antonio Ziani.</p>
<p>Le principal atout de cet enregistrement, et la raison pour laquelle il surpasse les (trop ?) nombreux récitals baroques pour basse, est que <strong>Nahuel Di Pierro</strong> ne se contente pas de chanter (très bien), mais incarne de véritables personnages, vibrants de chair et d’émotion. Il est, par exemple, bouleversant en Sénèque, imposant en empereur Claude – deux rôles qu’il a déjà interprétés sur scène. Son autorité éclate dans l&rsquo;impressionnant « All&rsquo;armi, all&rsquo;armi » de <i>L&rsquo;Alba Soggiogata da’ Romani</i> de Marc&rsquo;Antonio Ziani. Dans la scène de folie d&rsquo;<i>Orlando</i> de Vivaldi – ici dans sa version pour basse de 1714, et non celle, plus connue pour contralto de 1727 comme indiqué dans le livret –, Nahuel Di Pierro est tout simplement captivant. Le chanteur y atteint un parfait équilibre entre expressivité libre et maîtrise vocale rigoureuse, clôturant l&rsquo;extrait par une apothéose en quasi <i>parlando</i>. Cet engagement total de Nahuel Di Pierro se traduit également dans des récitatifs particulièrement habités. Du très grand art.</p>
<p>Dans ce parcours musical hérissé de défis techniques, Nahuel Di Pierro surmonte vocalises et grands écarts de tessiture avec une facilité déconcertante. Son aisance naturelle dans le grave est particulièrement marquante, notamment dans l’ambitus vertigineux (du ré1 au la3) de <i>Polifemo</i> de Haendel, ou encore dans l’arpège initial du « Cade il mondo » extrait d&rsquo;<i>Agrippina</i>. L&rsquo;agilité du chanteur est tout aussi impressionnante : les vocalises spectaculaires de « Sibillar gli angui d’Aletto » (<i>Rinaldo</i> de Haendel) sont abordées avec une précision et un aplomb remarquables. Dans les arias les plus lentes, un beau sens du legato et un timbre magnifique ajoutent velouté et chaleur à l&rsquo;ensemble.</p>
<p>L’<strong>Ensemble Diderot</strong> et son premier violon, <strong>Johannes Pramsohler</strong>, jouent ici un rôle essentiel dans le succès éclatant de cet enregistrement. Le velours des cordes dans <em>L’Ercole amante</em> de Cavalli, le dialogue raffiné des violons dans l’aria de Bononcini, ou encore les arpèges délicats et inventifs de <strong>Philippe Grisvard</strong> au clavecin ajoutent chacun une couleur unique, contribuant ainsi à la réussite de ce disque.</p>
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		<title>PURCELL, Dido and Æneas &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Feb 2024 06:36:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre des Concerts du Dimanche Matin au Théâtre des Champs-Elysées, Jeanine Roze Production propose une version semi-scénique de Didon et Enée de Purcell par l’Ensemble Diderot. Fondé en 2008 par le violoniste Johannes Pramsohler autour d’un quatuor de musiciens, cet ensemble a pour vocation de redécouvrir et d’interpréter sur instruments d’époque les répertoires &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre des Concerts du Dimanche Matin au Théâtre des Champs-Elysées, Jeanine Roze Production propose une version semi-scénique de <em>Didon et Enée</em> de Purcell par l’Ensemble Diderot. Fondé en 2008 par le violoniste<strong> Johannes Pramsohler</strong> autour d’un quatuor de musiciens, cet ensemble a pour vocation de redécouvrir et d’interpréter sur instruments d’époque les répertoires des dix-septième et dix-huitième siècle.</p>
<p>Si l’on ignore les circonstances exactes de la création de l’unique opéra de Purcell, il reste une trace d’une représentation dans une école de jeunes-filles de Chelsea en 1689. L’ouvrage est un miracle de concision dramatique. En moins d’une heure en effet, Didon dévoile ses tourments amoureux à sa confidente, puis succombe à sa passion pour Enée. Parallèlement, la sorcière expose à ses comparses son plan machiavélique pour séparer les amants avant de le mettre à exécution. Enfin après un ultime duo, Enée s’en va et Didon meurt. Notons que si chez Virgile ce sont les dieux qui intiment à Enée l’ordre de partir, dans ce livret, le Troyen est victime d’une machination de la sorcière ce qui rend plus cruelle la mort de la reine.</p>
<p>La distribution réunie pour la circonstance ne souffre d’aucune faiblesse. A côté des trois personnages principaux, les seconds rôles sont confiés à des membres du chœur dont les interventions se hissent au niveau de celles de leurs collègues solistes. Ainsi <strong>Nicole Franco</strong> qui incarne la sorcière dispose d’un timbre ambré et d’une voix bien projetée aux graves sonores qui capte l’attention dès sa première intervention « Wayward sisters » au cours de laquelle elle affirme son autorité. Ses deux acolytes, <strong>Juliette Gauthier</strong> et <strong>Jaia Nurit Niborski-Bolatti</strong> ne sont pas en reste, elles affichent également des voix solides qui se marient harmonieusement. L’intervention de la deuxième suivante, <strong>Luisa Trejos</strong>, « Oft she visits this lone mountain » est tout à fait en situation. Le rôle de L’Esprit est dévolu à<strong> Lysandre Chalon</strong> dont le timbre claironnant fait mouche lorsqu’il apostrophe Enée, avec un « Stay, Prince, and hear great Jove’s command » chanté avec toute la fermeté requise. Les autres intervenants n’appellent aucune remarque particulière, tous témoignent du haut niveau de cet ensemble choral.</p>
<p><strong>Apolline Raï-Westphall</strong> campe une Belinda touchante, dotée d’une voix limpide et de notes aiguës lumineuses. Elle se meut sur le plateau avec élégance et parvient à donner vie à ce personnage de confidente discrète et bienveillante. L’Enée de <strong>Yoann Dubruque</strong> ne manque pas d’attraits, le baryton possède une voix solide et homogène, une belle ligne de chant et un physique de jeune premier qui convient idéalement à son personnage. Il compose un héros quelque peu velléitaire face à la fermeté de Didon. Issue de l’atelier lyrique de l’Opéra national de Paris, <strong>Anna Wall</strong> tire son épingle du jeu en incarnant une reine de Carthage à la fois fragile et déterminée dont le timbre corsé se gorge d’émotion dès son entrée en scène. Son impeccable legato, les demi-teintes dont elle orne sa ligne de chant font de sa scène finale «&nbsp;When I am laid&nbsp;» un grand moment d’émotion durant lequel la salle subjuguée retient son souffle. Au salut final, c’est une ovation méritée qui accueille la mezzo-soprano britannique. Soulignons également les superbes interventions des chœurs omniprésents en particulier celle qui conclut l’ouvrage «&nbsp;With drooping wings&nbsp;» toute en intériorité qui se prolonge par un silence de quelques secondes avant les applaudissements.</p>
<p><strong>Johannes Pramsohler</strong> mène tout son monde avec une grande précision et beaucoup de retenue. On aura admiré au passage les belles sonorités des cordes de son ensemble ainsi que la justesse et la virtuosité du continuo.</p>
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		<title>KEISER, Crésus — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cresus-paris-athenee-baume-pour-les-oreilles-piment-pour-les-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Élève des mêmes maîtres que Bach à Leipzig, contemporain de Telemann, Vivaldi et Haendel, puis installé à Hambourg, Reinhard Keiser, aujourd’hui bien oublié, a enchanté les publics de son époque. Sous la direction, respectueuse et experte de Johannes Pramsohler, tantôt de son violon, tantôt de sa baguette, l’Ensemble Diderot fondé en 2008, fait renaître ce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Élève des mêmes maîtres que Bach à Leipzig, contemporain de Telemann, Vivaldi et Haendel, puis installé à Hambourg, Reinhard Keiser, aujourd’hui bien oublié, a enchanté les publics de son époque. Sous la direction, respectueuse et experte de<strong> Johannes Pramsohler</strong>, tantôt de son violon, tantôt de sa baguette, l<strong>’Ensemble Diderot</strong> fondé en 2008, fait renaître ce Croesus pour la première fois en France. Sa joyeuse attaque explosive surprend l’oreille et l’envoûte pendant plus de trois heures. Quand les voix s’en mêlent, qu’il s’agisse d’ensembles, d’airs de bravoure virtuoses ou bouffes à l’italienne, le petit orchestre chambriste assure soutien attentif et conversation ensorcelante.</p>
<p>Chacun des principaux solistes trouve l’occasion de briller. À commencer, côté masculin par le baryton chilien <strong>Ramiro Maturana</strong> (Crésus), voix puissante et stable, opposée à celle d&rsquo;<strong>Andriy Gnatiuk</strong> (Cyrus), baryton basse dont la noirceur agile fait merveille. Quant à <strong>Charlie Guillemin</strong> (Elcius, le fou du roi) ténor de caractère, excellent comédien, il sait, comme il se doit, faire de chaque apparition un moment festif. Le ténor <strong>Benoît Rameau</strong> (Solon, le Philosophe) ainsi que les deux princes lydiens <strong>Wolgang Resch</strong> et <strong>Jorge Navarro Colorado</strong> (s’amusant à jouer les «grandes folles») tirent tous leur épingle du jeu difficile qui leur incombe.</p>
<p>Côté féminin : En travesti, la mezzo <strong>Inès Berlet</strong> (Atys, fils de Crésus), ayant – selon  l’intrigue – retrouvé sa voix perdue, charme par son chant agile, homogène sur toute sa tessiture. Sans forcer, elle parvient à adopter physiquement des attitudes masculines crédibles. Elmira, sa bien-aimée, incarnée par la soprano <strong>Yun Jung Choi</strong> impressionne par la pureté du timbre et la précision des vocalises. Déjà largement reconnue dans des rôles de séductrices comme Cléopâtre, Melissa, la sorcière d’<em>Amadigi di Gaula</em>. Et l’on se souvient aussi, à Rouen, dans la production <em>Louées soient-elles</em> d&rsquo;un « Scoglio d’immota fronte » impressionnant. En contraste, la cantatrice <strong>Marion Grange</strong> (Clerida, princesse lydienne) captive dans son rôle de blonde évaporée par le moelleux de son timbre, ses beaux graves et ses aigus faciles.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/ensemble_lum_part2_0.jpeg?itok=l7PWV3WX" title="©Amélie Kiritzé -Topor" width="468" /><br />
	©Amélie Kiritzé -Topor</p>
<p>Un mot sur l’intrigue plutôt compliquée. Selon Pramsohler : «<em> Au carrefour des XVIIe et XVIIIe siècles, cet opéra débordant d’énergie et de théâtralité, joint une verve vocale à l’italienne à une orchestration à l’allemande. Unissant guerriers, philosophes, traitres, amoureux, serviteurs impertinents et truculents, l’œuvre mêle le populaire au savant, où l’humour vient contrebalancer l’héroïsme et interroge sur le sens de l’activité humaine.</em> » L’argent fait-il le bonheur ? Non, pas même pour le riche Crésus. Devant sa vantardise, le philosophe grec Solon explique aux monarques que ni gloire ni fortune ne suffisent à rendre un homme heureux. Il faudra de dures épreuves pour que Crésus comprenne son erreur. Pendant la guerre avec Cyrus, roi de Perse, sa défaite et sa captivité, son fils Atys, muet de naissance, recouvrira la parole ; il déjouera la traîtrise d’un des princes, conseillera le gouverneur pour négocier avec Cyrus et s’attirera l’amour fidèle d’une princesse réfugiée.  Heureusement, au moment d’allumer le bucher de Crésus condamné, Cyrus, frappé par les paroles de Solon, graciera son prisonnier.</p>
<p>Avant tout homme de théâtre – version scénique oblige – <strong>Benoît Bénichou</strong> a pour mission de faire cohabiter la musique et le chant selon un concept issu de son regard sur l’œuvre. Frappé par la résonnance entre ce livret bicentenaire et le monde d’aujourd’hui où  la course au pouvoir et la finance dominent une société de plus en plus superficielle, Bénichou explique avoir vu un miroir tendu : « <em>Conflit guerrier, conflit amoureux, conflit intérieur, conflit avec l’autre ou soi-même&#8230; Chacun découvre son vrai visage dès qu’il est en conflit. L’or est un trésor ambivalent. Si l’Or métal est un symbole solaire, l’Or monnaie est un symbole de pervertissement et d’exaltation impure des désirs, une matérialisation du spirituel et de l’esthétique, une dégradation de l’immortel en mortel. </em>» Pour évoquer cette fuite en avant, le metteur en scène et son équipe ont conçu un superbe cube gigantesque où l’or est omniprésent. Cet ingénieux dispositif scénique posé sur un plateau tournant, comprenant plusieurs niveaux, offre divers décors aux situations paroxystiques imaginées en second plan avec force déshabillages, consommation d’alcool, attitudes libidineuses, voire graveleuses&#8230; Nombre d’accessoires décalés, comme ces petits révolvers pour enfants utilisés pendant la guerre entre les deux royaumes ennemis ; costumes d’époques diverses – certains élégants, d’autres débraillés ou ridicules – ; et surtout, gestuelle lascive souvent inutilement vulgaire. Il semble qu’on recherche le hiatus visuel piquant plutôt que l’harmonie avec la musique. Si les superbes airs sont chantés le plus souvent face au public, les interprètes, visages dans l’ombre, se trouvent à contre-jour tandis que les actions parasites, éclairées plein feux, attirent les regards. Un parti-pris – à notre avis regrettable, on l’aura compris.  </p>
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		<title>Echoes of the Grand Canal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/echoes-of-the-grand-canal-plus-belle-lagune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2019 07:47:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand les musiciens manquent de compositeurs à célébrer, ils ont maintenant la ressource d’aller puiser chez les peintres. Ceux-ci, même quand ils n’ont pas explicitement représenté des chanteurs ou des instrumentistes, ont au moins pu baigner dans une certaine atmosphère musicale, et il est tentant de se raccrocher au chariot médiatique des commémorations. En 2020, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand les musiciens manquent de compositeurs à célébrer, ils ont maintenant la ressource d’aller puiser chez les peintres. Ceux-ci, même quand ils n’ont pas explicitement représenté des chanteurs ou des instrumentistes, ont au moins pu baigner dans une certaine atmosphère musicale, et il est tentant de se raccrocher au chariot médiatique des commémorations. En 2020, on fêtera donc le 250<sup>e</sup> anniversaire de la mort de Tiepolo, et la Staatsgalerie de Stuttgart a prévu une grande exposition qu’est censé accompagner le disque <em>Echoes of the Grand Canal</em>, qui veut nous faire entendre la musique vénitienne que put écouter le grand fresquiste. De fait, il n’est pas trop difficile de trouver des liens entre Giambattista Tiepolo et les compositeurs contemporains. Pour Vivaldi, la chose est assez évidente, même si le Prêtre roux est son aîné d’une génération. Pour Hasse avait lui aussi des liens avec la Sérénissime et composa pour l’Ospedale degl’Incurabili. Moins connu du grand public, Giovanni Benedetto Platti fut « <em>probablement</em> » représenté par le peintre sur l’un des plafonds de la Résidence de Wurtzbourg, « <em>supposition que l’on ne peut malheureusement pas prouver</em> », écrit Doris Blaich dans le livret d’accompagnement. Quant au Dalmate  Sigismund Martn Gajarek, il est passé par Venise en 1721, d’où son inclusion dans cette « playlist pour Tiepolo ». On évitera cependant de pinailler le choix des œuvres, l’essentiel étant au fond que ce CD propose un programme cohérent et convaincant ; on y relève par ailleurs deux inédits au disque, émanant des moins illustres des quatre compositeurs réunis.</p>
<p>Dans la mesure où le disque s’inscrit dans une série comptant déjà plusieurs enregistrements réalisés par l’excellent ensemble Diderot, avec à sa tête <strong>Johannes Pramsohler</strong>, on ne s’étonnera pas qu’il accorde une place importante à la musique instrumentale. On trouvera ici une alternance entre pages destinées au seul ensemble – avec toujours cette qualité de prise de son, à la fois aérée et proche de l’auditeur, qui caractérisait les précédents CD de l’ensemble chez le label Audax – et pièces vocales. Le susnommé Platti est représenté par deux œuvres de fort bonne facture, de style assez vivaldien, dont un concerto qui met en avant le claveciniste <strong>Philippe Grisvard</strong>.</p>
<p>Les lecteurs de Forum Opéra seront plus directement concernés par les trois pages où l’ensemble Diderot s’est adjoint le concours de <strong>Diana Haller</strong>. Remarquée dans les rôles-titres d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/ariodante-stuttgart-les-limites-du-regietheater"><em>Ariodante</em> à Stuttgart</a> et de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/tancredi-bad-wildbad-on-sort-de-la-tragedie-avec-le-sourire"><em>Tancredi</em> à Bad Wildbad</a>, entre autres, cette mezzo-soprano croate possède une voix superbe, dense et dramatique, la splendeur du timbre se combinant à une virtuosité à toute épreuve. L’habitude des planches l’aide sans doute à sculpter la déclamation des récitatifs. Dans les airs, on admire l’engagement d’une artiste qui n’hésite pas à prendre des risques pour offrir une interprétation vraiment enthousiasmante, avec d’impressionnants sauts d’octaves et des aigus où on la sent à la limite de ses possibilités. En tout cas, rien de lisse, rien de tiède, et c’est ce qui fait tout le prix de ce disque.</p>
<p>Quelques mots sur les trois œuvres. Le motet <em>In furore</em> est un tube vivaldien, dont est proposée ici une version proche de l’idéal, qui évite autant l’indifférence que l’histrionisme.</p>
<p>En 1721, c’est comme étudiant que Gajarek vint à Venise, et il subit assez naturellement l’influence de Vivaldi, un certain art de l’ostinato notamment. Sa cantate <em>Armida disperata</em> évoque tout à fait les compositions du maître.</p>
<p>Le disque se conclut sur un motet de Hasse, mais aussi différent que possible d’<em>In furore</em>. Dans le texte en latin, il n’est plus du tout question de châtier le misérable pécheur, mais de la joie de l’âme irradiée par la lumière divine. Et surtout, l’écriture du compositeur hambourgeois se distingue nettement de celui de Vivaldi : s’il fait lui aussi appel à la virtuosité de l’interprète, c’est dans un style galant assez peu comparable. Mais l&rsquo;inclusion de cette très belle page se justifie aussi par son texte, qui décrit des nuages rougeoyants tels que Tiepolo en a peint</p>
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		<title>G.A. Ristori, Cantates pour soprano, concerto pour hautbois</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ga-ristori-cantates-pour-soprano-concerto-pour-hautbois-evviva-maria-savastano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jul 2017 05:10:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi la large moisson de CD où un(e)  jeune soliste illustre un répertoire neuf, rares sont les réelles découvertes comme les consécrations. Cet enregistrement se distingue du lot par la révélation d’un compositeur largement méconnu et, surtout, la confirmation des qualités exceptionnelles d’une jeune soprano, Maria Savastano. Depuis Papagena (2008, Paris Bastille), son parcours, conduit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi la large moisson de CD où un(e)  jeune soliste illustre un répertoire neuf, rares sont les réelles découvertes comme les consécrations. Cet enregistrement se distingue du lot par la révélation d’un compositeur largement méconnu et, surtout, la confirmation des qualités exceptionnelles d’une jeune soprano, <strong>Maria Savastano</strong>. Depuis Papagena (2008, Paris Bastille), son parcours, conduit avec clairvoyance, lui permet de s’imposer comme une des plus prometteuses de sa génération. Mozartienne accomplie (Serpetta, Suzanna, Servilia), elle a élargi son répertoire des grands baroques à Menotti, avec des choix toujours judicieux.  Même si le disque nous prive de sa présence scénique, pour l’avoir appréciée à plusieurs reprises, on peut affirmer qu’après avoir déjà beaucoup donné, elle promet encore bien davantage. Son timbre clair et charnu, corsé,  une large tessiture, une voix homogène, égale, avec de beaux graves, un modèle de conduite vocale et de diction, tout est là, au service d’une intelligence singulière du texte. Emouvante, espiègle, sensible, elle traduit à merveille tous les états psychologiques que traversent ses héroïnes. La vivacité des récitatifs et des récitatifs ariosos, le soutien de la ligne, son modelé, tout emporte l’adhésion. Si les conseils d’Iñaki Encina Oyón ont certainement leur part à cette incontestable réussite, le mérite en revient déjà à cette magnifique interprète.</p>
<p>Giovanni Alberto Ristori (1692 ou 93-1753) fait partie de la cohorte de ces maîtres de l’apogée du baroque qui, formés en Italie, accomplirent l’essentiel de leur carrière dans les théâtres italiens qui avaient envahi l’Europe. Le nôtre passa l’essentiel de sa vie à Dresde, avec un détour à Saint-Petersbourg, et une parenthèse napolitaine. Il occupa à peu près toutes les fonctions dans la capitale du Prince Electeur de Saxe, Roi de Pologne, Auguste III, à côté de Hasse et Zelenka. Tombé dans un profond oubli (aucune de ses œuvres ne fut publiée de son vivant), malgré l’abondance et la variété de sa production, tant dramatique que religieuse, on en redécouvre maintenant les qualités d’écriture et la vigueur expressive. Les trois cantates de ce CD – dont deux sont enregistrées pour la première fois – sont contemporaines. Leur livret,  dû à la princesse électrice de Saxe, illustre trois figures féminines tourmentées : Lavinia s’efforce de justifier sa séparation d’avec Turnus, son fiancé ; Didon, délaissée par Enée, va s’immoler ; enfin Nice, infortunée, éprise de Tircis, s’en prend à l’Amour, responsable de ses tourments. De la même veine que celui de Porpora, de Pergolesi et de Leo, le langage est bien dans l’air du temps, avec sa vocalité comme ses conventions. Le plaisir de l’écoute est constant.</p>
<p>Il en va de même pour l’extraordinaire concerto pour hautbois (authentique, à la différence du célébrissime réalisé d’après Cimarosa par Arthur Benjamin en 1942). Un très beau hautbois, bien articulé, se joue de toutes les difficultés de sa partie avec une sorte d’espièglerie désinvolte. Rien que du bonheur dans cet enregistrement. <strong>Johannes Pramsohler</strong> hisse de son pupitre de premier violon son Ensemble Diderot au plus haut niveau des formations illustrant la musique des Lumières sur instruments anciens, ou de façon historiquement informée, comme on dit à présent.</p>
<p>Un livret particulièrement riche (trilingue : allemand, anglais et français) et soigné accompagne le disque. Les notices en sont rédigées avec minutie, bien documentées, claires.</p>
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		<title>SALIERI, Falstaff — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-herblay-soap-opera-burlesque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2015 23:28:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le personnage de Sir John Falstaff, présent dans trois pièces de Shakespeare, a inspiré entre 1761 et 1982 dix-sept œuvres lyriques, parmi lesquelles les plus connues sont celles de Verdi, Nicolai et Salieri. Cette dernière a fait l’objet de cinq enregistrements et d’un DVD, mais est assez rarement jouée sur scène. Plus que d’une curiosité, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le personnage de Sir John Falstaff, présent dans trois pièces de Shakespeare, a inspiré entre 1761 et 1982 dix-sept œuvres lyriques, parmi lesquelles les plus connues sont celles de Verdi, Nicolai et Salieri. Cette dernière a fait l’objet de cinq enregistrements et d’un DVD, mais est assez rarement jouée sur scène. Plus que d’une curiosité, il s’agit pourtant d’une œuvre intéressante à plus d’un titre, que le théâtre d’Herblay présente à travers une compilation musicologique entre les diverses versions existantes. Le déroulement de l’action y est très proche de celui des deux autres opéras, mais l’absence du couple de jeunes amoureux permet de resserrer encore plus l’action. Car ne nous y trompons pas, c’est la comédie qui prime, l’œuvre est amusante, et le parti pris de la présente production est de faire rire au maximum les spectateurs à partir des mésaventures de Falstaff.</p>
<p>Musicalement, on se situe entre Mozart et Haydn. La partition, légère et entraînante, brillamment défendue par les musiciens de l’ensemble baroque Diderot, est dirigée avec esprit par <strong>Iñaki Encina Oyón</strong> qui accompagne avec maestria la mise en scène décalée : grâce à lui, les gags scéniques trouvent un accompagnement musical sans hiatus, et la musique participe totalement de la comédie.</p>
<p>Un astucieux dispositif scénique de <strong>Caroline Oriot</strong> nous transporte dans une entrée d’immeuble moderne où le ballet des ascenseurs vers deux studios est propice à tous les chassés croisés et quiproquos dont l’œuvre regorge. Les magnifiques costumes colorés années 80 d’<strong>Agathe Trotignon</strong> (75 costumes pour 17 chanteurs), créent une transposition spectaculaire et astucieuse. Marilyn Monroe et Marlène Dietrich, mais aussi Michel Fau ne sont jamais loin, et complètent le délire ambiant.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Camille Germser</strong>, sans trahir l’œuvre, est volontairement agressive et efficace, sans être vraiment novatrice. Le parti pris en est simple : il consiste à créer une inversion de sympathie, en mettant au début le public du côté des deux femmes, mais en les rendant rapidement ridicules et parfaitement insupportables. Ainsi en arrive-t-on à plaindre Falstaff et à compatir à ses mésaventures douloureuses menées par ces mégères méchantes et bêtes. La qualité majeure de cette mise en scène est de ne trahir ni l’œuvre ni la musique, et même de l’accompagner efficacement. Trop peut-être, et là est le problème.</p>
<p>Le point le plus gênant de la démonstration vient des surtitres, qui traduisent en langage « contemporain » le texte d’époque. L’idée de ce contrepoint est astucieuse, mais avec seulement deux yeux et deux oreilles, à quoi le spectateur peut-il donner la primeur ? Impossible de regarder à la fois les gags scéniques, innombrables, et les surtitres, fort drôles, qui détournent par trop l’attention. Impossible aussi d’écouter le texte chanté en mettant en surimpression ces textes écrits dans le langage des banlieues. Et si l’on veut goûter en plus les délicieuses lignes mélodiques orchestrales et vocales, c’est le mal de tête assuré. Surtout quand, comme ce soir, le moindre effet comique, d’où qu’il vienne, est ponctué dans la salle par les rires de gorge et gloussements incessants de toute une ribambelle d’aficionados. On rit de bon cœur, mais au bout d’un moment, on finit par décrocher, car trop c’est trop.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" height="312" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/06_o.jpg?itok=bML5SMpb" width="468" /></p>
<p class="rtecenter">© Théâtre Roger Barat &#8211; Herblay</p>
<p>Le plateau est éblouissant tant vocalement qu’au niveau du jeu des comédiens. On doit saluer tout particulièrement trois performances : <strong>Philippe Brocard </strong>campe un Falstaff pitoyable et ridicule, mais en même temps humain et sympathique, vocalement irréprochable. <strong>Claudia Moulin</strong>, une Mrs Ford arrogante et pétrie de bourgeoisie frivole ; l’actrice, irrésistible d’à-propos, mène l’action avec un entrain communicatif et des qualités vocales qui peuvent lui ouvrir un grand éventail de rôles. Et <strong>Maria Virginia Savastano</strong>, une Betty (et une « Tedesca ») désopilante, qui jongle avec l’italien et l’allemand, offre en prime une magnifique scène de pastiche de cabaret années 80 intégrée dans le cours du second acte. Ses qualités d’abattage et de drôlerie font penser à une sorte de Despina qui s’amuserait au jeu de la comédie et de la séduction.</p>
<p>Les autres personnages sont plus des faire-valoir. Le rôle de Mr Ford, avec ses vocalises du ré grave au contre-ut dièze, se rapproche plus de l’opéra séria que de l’opéra bouffe : <strong>Sébastian Monti</strong> entre bien dans ce rôle de mari jaloux un peu ridicule, dont il joue parfaitement le côté sérieux en contrepoint de la folie ambiante. <strong>Eléonore Pancrazi </strong>(Mrs Slender), joue la bourgeoise un peu coincée qui, sous des airs pince-sans-rire, s’offusque souvent de la situation mais y participe néanmoins crânement. <strong>Wiard Witholt </strong>(Mr Slender) et <strong>Olivier Déjean</strong> (Bardolfo) complètent parfaitement cette belle distribution.</p>
<p>Comme chaque année à Herblay, l’événement qui consiste à monter une production originale d’opéra est relayé par tous les services culturels de la ville, et surtout réalisé en relation directe entre l’opéra et l’école. Les artistes se déplacent dans les établissements scolaires durant toute l’année et les élèves vont à l’opéra au moment des représentations (963 enfants concernés). Deux publications d’un grand intérêt sont accessibles sur Internet, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.arcadi.fr/rtefiles/File/Fiches%20spectacle/dossier-artistique-falstaff(1).pdf">le dossier artistique</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.herblay.fr/fileadmin/herblay/MEDIA/Publications/Dossiers_de_Presse/Dossier%20P%C3%A9dagogique%20Falstaff.pdf">le dossier pédagogique</a>, et l’on peut voir sur la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.facebook.com/herblayculture">page Facebook</a> de la production de nombreux clips vidéo où les chanteurs présentent le personnage qu’ils interprètent.</p>
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		<title>Combattimento (Fantasmagorie Baroque) — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/combattimento-fantasmagorie-baroque-clermont-ferrand-le-combattimento-joue-les-prolongations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2014 13:12:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour faire un spectacle du Combattimento di Tancredi e Clorinda de Monteverdi, chefs et metteurs en scène enchâssent généralement ce madrigal d’une vingtaine de minutes dans un ensemble de pièces vocales et instrumentales signées la plupart du temps par le génial Crémonais. A l’Opéra de Clermont-Ferrand, Johannes Pramsohler directeur musical de l’Ensemble Diderot, et Florent Siaud &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour faire un spectacle du<em> Combattimento di Tancredi e Clorinda</em> de Monteverdi, chefs et metteurs en scène enchâssent généralement ce madrigal d’une vingtaine de minutes dans un ensemble de pièces vocales et instrumentales signées la plupart du temps par le génial Crémonais. A l’Opéra de Clermont-Ferrand, <strong>Johannes Pramsohler</strong> directeur musical de l’Ensemble Diderot, et <strong>Florent Siaud</strong> metteur en scène, ont choisi eux, d’inviter des contemporains de l’auteur du Lamento d’<em>Arianna</em> pour accompagner leur <em>Combattimento</em> « augmenté » sous-titré <em>Fantasmagorie Baroque</em>. Savant autant qu’audacieux montage qui ne se contente pas de juxtaposer des œuvres fussent-elles en affinités thématiques puisqu’inspirées par la <em>Jérusalem délivrée</em> du Tasse. Le fil conducteur en est le poète lui-même incarné alternativement par le comédien <strong>Eric Génovèse</strong> et le baryton <strong>Vladimir Kapshuk</strong> en Testo qui revit les grands épisodes de son œuvre emblématique au cours de sa fameuse incarcération pour folie à l’hôpital de Ferrare. Ainsi passe-t-on successivement en un lent crescendo dramatique, de la berceuse <em>Hor ch’e tempo di dormire</em> de Tarquinio Merula à la sensualité de <em>Si dolce è’l tormento</em> de Monteverdi, puis à un extrait d’<em>Erminia sul Giordano</em> de Michelangelo Rossi trois œuvres mettant en scène Rinaldo s’abandonnant aux charmes d’Armide. Mais la magicienne trahit par son amant reparti au combat fait bientôt éclater sa fureur dans <em>Quando Rinaldo</em> de Stefano Landi et dans un nouvel extrait de l’<em>Erminia</em> de Rossi. Survient enfin la sanglante tragédie du <em>Combattimento</em> montéverdien qui voit s’entretuer Tancrède et Clorinde. Lui succède un troisième épisode de l’<em>Erminia</em> de Rossi où le héros blessé à mort, erre en proie à la folie avant d’être découvert par la belle Herminie dans <em>Le lagrime d’Erminia</em> de Biagio Marini. Sigismondo d’India et son <em>Ma ché ? Squallido e oscuro</em> ferment le ban.</p>
<p>Pari on le voit des plus risqués que cette cohabitation entre des esthétiques pas toujours compatibles bien que contemporaines. Ovni musical demeuré inclassable et inégalé, véritable précipité de procédés mélodiques, harmoniques et rythmiques novateurs, le <em>Combattimento</em> <em>di Tancredi e Clorinda</em> semble a priori difficilement soluble dans un tel montage. En dépit des vents contraires, ce délicat échafaudage va devoir son salut aux talents conjugués d’une habile mise en scène et des interprètes. Florent Siaud a garde de ne jamais forcer le trait, de ne pas céder au démonstratif avec un objet forcément hybride ou le parti pris narratif eut fatalement tourné à l’échec. La part du rêve, du suggéré est donc omniprésente dans son travail. Chercher à expliciter dans le cas présent le climat du drame en faisant lien de façon ouvertement didactique, et définir ainsi sans ambiguité le lieu d’accomplissement du destin, revenait pour parodier Mallarmé à « supprimer les trois-quarts de la jouissance du poème qui est faite de devenir peu à peu : suggérer, voilà le rêve. C&rsquo;est le parfait usage de ce mystère qui constitue le symbole ».</p>
<p>Pour ce faire, les protagonistes, instrumentistes compris, demeurent dans une légère pénombre, à peine déchirée parfois par une lumière plus crue venue souligner la tendresse ou la violence des sentiments, les doutes et les luttes internes de chacun. L’intimisme de ce lieu que dans un paradoxe assumé on pourrait qualifier d’utopique, joue autant sur l’indétermination de l’espace et de l’action qui s’inventent au fur et à mesure, que sur la musique et la voix qui en portent et en traduisent les affects. Tout l’art de Siaud consiste à conduire l’imaginaire du spectateur vers des horizons de transparences et des effets de miroir sur lesquels apparaissent et s’effacent les protagonistes. Le recours à la vidéo qui dans trop d’exemples s’impose comme une piètre cosmétique venue masquer les insuffisances d’une véritable dramaturgie, acquiert dans ce <em>Combattimento</em> une puissance symbolique loin de toute surcharge. Les images diaphanes, à l’imprécision calculée, s’ouvrent aux énigmes du labyrinthe des passions et leurs confèrent tout au contraire une dimension subtilement onirique qui ne parasite à aucun instant le chant.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/combattimento_4_-ralexandre_ah-kye.jpg?itok=GvGRJnqe" title="Yun Jung Choi (Clorinde), Vladimir Kapshuk (Testo) et Matthieu Chapuis (Tancrède) © Alexandre Ah-Kye" width="468" /></p>
<p>La conduite énergique de Johannes Pramsohler, premier violon, alternant tonicité et suavité, participe grandement à la cohérence du projet. Dans cet enchaînement sans temps mort, à défaut de faire totalement taire leurs différences, le chef parvient à gommer un tant soit peu les contrastes par trop flagrants entre des pages qui n’étaient pas destinées à partager un même objectif. Le tout s’articule néanmoins sans accroc, avec souplesse. Au risque parfois de ne pas laisser libre cours à toute la violence du style concitato montéverdien lors du célébrissime affrontement.</p>
<p>Vladimir Kapshuk habite le baryton de son Testo avec conviction et une naturelle noblesse de port. Sa déclamation élégante et empreinte d’autorité n’enferme pas son personnage dans une diction trop monodique. Mais il peine à s’imposer dans les fameuses batteries de doubles croches rappelant la fureur hystérique de ce duel sans merci. La soprano <strong>Yun Jung Choi </strong>est aussi convaincante en séductrice Armide, qu’en orgueilleuse Clorinde ou en tendre Herminie. Elle caractérise chaque personnage avec une juste intensité et un équilibre toujours attentif à rendre les madrigalesques émotions de l’âme. Rompu au répertoire baroque, <strong>Matthieu Chapuis </strong>ne démérite pas en noblesse de projection. L’éclat martial de son ténor au médium chaleureux, en fait un Tancrède impérieux qui n’en reste pas moins homme.</p>
<p> </p>
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