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PURCELL, Dido and Æneas – Paris (TCE)

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Spectacle
6 février 2024
D’une émouvante sobriété

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Opéra en trois actes et un prologue de Henry Purcell
Livret de Nahum Tate d’après l’Enéide De Virgile (chant IV)
Créé en décembre 1689 à Londres (à la Boarding School for Girls, Chelsea)

Détails

Didon
Anna Wall
Enée
Yoann Dubruque
Belinda
Apolline Raï-Westphall

Solistes du choeur:

Secod woman
Luisa Trejos
Sorceress
Nicole Franco
First Witch
Jaia Nurit Niborski-Bolatti
Second Witch
Juliette Gauthier
First Sailor
Thomas Lefrançois
Spirit
Lysandre Chalon

Ensemble Diderot, orchestre et chœurs

Direction musicale
Joannes Pramsohler
Concerts de dimanche matin, Jeanine Roze Production

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, dimanche 4 février, 11h

Dans le cadre des Concerts du Dimanche Matin au Théâtre des Champs-Elysées, Jeanine Roze Production propose une version semi-scénique de Didon et Enée de Purcell par l’Ensemble Diderot. Fondé en 2008 par le violoniste Johannes Pramsohler autour d’un quatuor de musiciens, cet ensemble a pour vocation de redécouvrir et d’interpréter sur instruments d’époque les répertoires des dix-septième et dix-huitième siècle.

Si l’on ignore les circonstances exactes de la création de l’unique opéra de Purcell, il reste une trace d’une représentation dans une école de jeunes-filles de Chelsea en 1689. L’ouvrage est un miracle de concision dramatique. En moins d’une heure en effet, Didon dévoile ses tourments amoureux à sa confidente, puis succombe à sa passion pour Enée. Parallèlement, la sorcière expose à ses comparses son plan machiavélique pour séparer les amants avant de le mettre à exécution. Enfin après un ultime duo, Enée s’en va et Didon meurt. Notons que si chez Virgile ce sont les dieux qui intiment à Enée l’ordre de partir, dans ce livret, le Troyen est victime d’une machination de la sorcière ce qui rend plus cruelle la mort de la reine.

La distribution réunie pour la circonstance ne souffre d’aucune faiblesse. A côté des trois personnages principaux, les seconds rôles sont confiés à des membres du chœur dont les interventions se hissent au niveau de celles de leurs collègues solistes. Ainsi Nicole Franco qui incarne la sorcière dispose d’un timbre ambré et d’une voix bien projetée aux graves sonores qui capte l’attention dès sa première intervention « Wayward sisters » au cours de laquelle elle affirme son autorité. Ses deux acolytes, Juliette Gauthier et Jaia Nurit Niborski-Bolatti ne sont pas en reste, elles affichent également des voix solides qui se marient harmonieusement. L’intervention de la deuxième suivante, Luisa Trejos, « Oft she visits this lone mountain » est tout à fait en situation. Le rôle de L’Esprit est dévolu à Lysandre Chalon dont le timbre claironnant fait mouche lorsqu’il apostrophe Enée, avec un « Stay, Prince, and hear great Jove’s command » chanté avec toute la fermeté requise. Les autres intervenants n’appellent aucune remarque particulière, tous témoignent du haut niveau de cet ensemble choral.

Apolline Raï-Westphall campe une Belinda touchante, dotée d’une voix limpide et de notes aiguës lumineuses. Elle se meut sur le plateau avec élégance et parvient à donner vie à ce personnage de confidente discrète et bienveillante. L’Enée de Yoann Dubruque ne manque pas d’attraits, le baryton possède une voix solide et homogène, une belle ligne de chant et un physique de jeune premier qui convient idéalement à son personnage. Il compose un héros quelque peu velléitaire face à la fermeté de Didon. Issue de l’atelier lyrique de l’Opéra national de Paris, Anna Wall tire son épingle du jeu en incarnant une reine de Carthage à la fois fragile et déterminée dont le timbre corsé se gorge d’émotion dès son entrée en scène. Son impeccable legato, les demi-teintes dont elle orne sa ligne de chant font de sa scène finale « When I am laid » un grand moment d’émotion durant lequel la salle subjuguée retient son souffle. Au salut final, c’est une ovation méritée qui accueille la mezzo-soprano britannique. Soulignons également les superbes interventions des chœurs omniprésents en particulier celle qui conclut l’ouvrage « With drooping wings » toute en intériorité qui se prolonge par un silence de quelques secondes avant les applaudissements.

Johannes Pramsohler mène tout son monde avec une grande précision et beaucoup de retenue. On aura admiré au passage les belles sonorités des cordes de son ensemble ainsi que la justesse et la virtuosité du continuo.

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Opéra en trois actes et un prologue de Henry Purcell
Livret de Nahum Tate d’après l’Enéide De Virgile (chant IV)
Créé en décembre 1689 à Londres (à la Boarding School for Girls, Chelsea)

Détails

Didon
Anna Wall
Enée
Yoann Dubruque
Belinda
Apolline Raï-Westphall

Solistes du choeur:

Secod woman
Luisa Trejos
Sorceress
Nicole Franco
First Witch
Jaia Nurit Niborski-Bolatti
Second Witch
Juliette Gauthier
First Sailor
Thomas Lefrançois
Spirit
Lysandre Chalon

Ensemble Diderot, orchestre et chœurs

Direction musicale
Joannes Pramsohler
Concerts de dimanche matin, Jeanine Roze Production

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, dimanche 4 février, 11h

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