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	<title>Ensemble Phoenix Basel - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ensemble Phoenix Basel - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>GLASS, Einstein on the Beach &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/glass-einstein-on-the-beach-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Nov 2023 11:59:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette première incursion plutôt ratée dans la mise en scène d’opéra de Susanne Kennedy ne nuit pourtant pas à la beauté de Einstein on the Beach, l’anti-opéra glassien, trop rare, toujours attendu avec impatience. Certes s’attaquer à l’œuvre conçue par Philip Glass et Bob Wilson n’est pas une mince affaire. Que faire de cet ouvrage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette première incursion plutôt ratée dans la mise en scène d’opéra de <strong>Susanne Kennedy</strong> ne nuit pourtant pas à la beauté de <em>Einstein on the Beach</em>, l’anti-opéra glassien, trop rare, toujours attendu avec impatience.</p>
<p>Certes s’attaquer à l’œuvre conçue par <strong>Philip Glass</strong> et <strong>Bob Wilson</strong> n’est pas une mince affaire. Que faire de cet ouvrage hors norme de 5h30 (ramenée ici à 3h30) mettant en scène la représentation énigmatique de moments de notre modernité industrielle : de l’invention du train au XIXe siècle à celle du vaisseau spatial, sous l’égide du génie Einstein ? Se concluant par un dialogue amoureux entre un homme et une femme après une explosion nucléaire, l’opéra était bien le miroir des angoisses de sa génération.</p>
<p>Qu’en est-il pour la nôtre ?<br />
Gloubiboulga métaphysico-New Age ? Messe hippie disait une dame derrière moi : bien vu ! La proposition de la metteuse en scène allemande flanquée du plasticien <strong>Markus Selg</strong> nous offre une cérémonie liturgique (ce qu’est bien l’opéra) mais dans un vrai bazar où on trouvera pêle-mêle préoccupations existentielles des <em>Millennials</em> (tout commence dans un monde écologiquement dévasté après une catastrophe), et conception naïve et datée d’une ère post apocalyptique? Ces hantises écolo- mystiques semblent curieusement déjà démodées. En cause des choix esthétiques peu pertinents (quelque part entre <em>Mad Max</em> et <em>La Planète Sauvage</em> de René Laloux) d’une grande laideur visuelle sous lumières criardes. Bref on est loin de la radicalité originale de l’œuvre dans la vision de Bob Wilson il y a près de cinquante ans.</p>
<p>Nous aurons donc à faire présentement à une églogue située à l’ère post-apocalyptique de l’anthropocène. Une scène tournante présente une gigantesque roue, morceau d’épave d’un vaisseau spatial (mais train, building, salle de procès et prison présents dans la version originale du livret ont eux disparu ou sont évoqués seulement de façon sonore). Notons d’ailleurs l’impressionnant et superbe travail sur le son proposé dans ce spectacle.<br />
Le connaisseur du livret original, réécrit par <strong>Susanne Kennedy</strong>, cherchera en vain Einstein. Le violoniste, une des figures du physicien et pivot de l’opéra, est désormais une très jeune femme au crâne rasé. Comme elle, les autres, chanteurs ou performeurs, appartiennent à une communauté vaguement hippie ou <em>new age</em> coincée dans un désert peu accueillant. Un temple (également très laid) côtoie une petite grotte (où s’allongent alternativement des membres de cette société primitive pour on ne sait quel rituel bizarre). On erre parmi des rochers épars taggés, dans une ambiance générale possiblement hindoue.<br />
Des arbustes rabougris et des bidons d’eau suggèrent un monde en manque d’eau où survit une humanité réduite à une vie préhistorique (avec chèvres sur scène et autres signes du même tonneau) mais le curieux verra aussi des objets, des figures et des incrustations qu’on nous affirme cybernétiques, envahissant le décor.<br />
Les vidéos encadrant en hauteur le plateau, pour évoquer une nature en crise, font penser pour le meilleur aux films écologiques (aux musiques composées par <strong>Philip Glass</strong>) de la trilogie des Qatsi (<em>Naqoyqatsi</em>, <em>Powaqqatsi</em>, <em>Koyaanisqatsi</em> de Godfrey Reggio), et pour le pire parfois à d’horribles tapisseries de grands-mères. Le tapis qui délimite la scène aux motifs d’ossements comme les images anamorphiques projetées sont également affreux.</p>
<p>Ce ratage visuel et conceptuel présente tout de même de belles idées et surtout une admirable équipe d’artistes très investis. L’idée de faire circuler le public à l’intérieur même du dispositif scénique est heureuse. Comme toujours depuis sa création à Avignon, il est possible d’entrer et de sortir en toute liberté durant le spectacle. Les performeurs discrètement appareillés circulent parmi les spectateurs égrenant leur discours fascinant fait de nombres et de noms de notes. De micro-événements et d’imperceptibles changements sur la scène tournante suggèrent le passage du temps.</p>
<p>Le choeur du <strong>Basler Madrigalisten</strong>, les solistes, admirables, comme les musiciens (sur instruments amplifiés) de l&rsquo;<strong>Ensemble Phoenix</strong> <strong>Basel</strong> rendent justice à cette partition des plus énigmatiques, aux schémas rythmiques et dynamiques répétitifs infusant une structure harmonique qui se déploie ou se contracte selon les scènes et événements. La matière musicale pensée en termes de séries se développe en d’infinies combinaisons, censément faire entrer le spectateur en transe hypnotique. Mais sous ces lumières flashy rose, verte, violette, et autres, la magie attendue n’opère pas. Si la mythologie de notre temps nourrie par la peur de l&rsquo;atome et la conquête de l’espace selon <strong>Philip Glass</strong> et <strong>Bob Wilson</strong> avait stupéfié en son temps, cette nouvelle version psychédélique plus proche de l’installation conceptuelle que du spectacle sacré voulu par ses auteurs ne nous convainc guère malgré tout le talent des artistes. À vérifier jusqu’au 26 novembre à la Grande Halle de la Villette.</p>
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		<title>GLASS, Einstein on the Beach — Bâle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/einstein-on-the-beach-bale-immersion-psychedelique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jun 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà qu’en l’espace de trois ans deux nouvelles productions d’Einstein on the beach nous sont proposées : après celle de Genève, voici venue celle de Bâle, ce qui témoigne de la vigueur de l’œuvre de Glass en général mais aussi, en particulier, du dépassement de la sacrosainte mise en scène de Bob Wilson créée en 1976, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà qu’en l’espace de trois ans deux nouvelles productions d’<em>Einstein on the beach </em>nous sont proposées : après celle de Genève, voici venue celle de Bâle, ce qui témoigne de la vigueur de l’œuvre de Glass en général mais aussi, en particulier, du dépassement de la sacrosainte mise en scène de Bob Wilson créée en 1976, reprise à Montpellier en 2012 et au Châtelet en 2014. Créer une nouvelle mise en scène de cet opéra ne va en effet pas de soi dès lors qu’il est dès le départ conçu en symbiose avec la mise en scène de Wilson et s’impose finalement comme une création partagée entre les deux hommes. Pour autant, plus de quarante-cinq après sa création au Festival d’Avignon, il est bienvenu de voir émerger de nouvelles approches.</p>
<p>Force est de constater que <strong>Susanne Kennedy</strong> et <strong>Markus Selg</strong> sont partis sur une forme de radicalité généralisée. Alors qu’<em>Einstein</em> est l’une des œuvres majeures du courant minimaliste, les metteurs en scène proposent une approche qui est à l’opposé de la sobriété. Le décor, signé Markus Selg, tournant sur lui-même, représente une sorte de jardin extraterrestre, surmonté d’une arche technologique en ruine et comportant en son sein, un autel religieux à la gloire d’un crâne de taureau. Toutes les surfaces, sans exception, sont recouvertes de motifs extrêmement vifs et colorés ; de multiples écrans, incrustés dans décor ou en son sommet, projettent à chaque instant des animations continues de spirales et de fractales colorées, mouvantes à l’infini. Ces motifs sont reproduits sur les costumes de <strong>Teresa Vergho</strong> pour le chœur, les solistes et les danseurs.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/einstein_on_the_beach_diamanda_dramm_foto_ingo_hohn.jpg?itok=dlo2EgLw" title="©  Ingo Höhn" width="468" /><br />©  Ingo Höhn</p>
<p>In fine, tout est saturé de mouvement, de lumières et de couleurs ultra vives, voire agressives : c’est un parti pris intéressant qui contraste évidemment avec la dimension « minimaliste » de l’œuvre, mais le résultat n’est pas des plus esthétiques. Il est difficile de dire s’il faut prendre les vidéos projetées de <strong>Rodrik Biersteker</strong> au premier degré : elles peuvent être de très mauvais goût ou simplement une référence à la perception de la technologie dans les années 1980-1990. La surcharge de couleurs, si elle n’est pas en soi une mauvaise idée, en ressort malheureusement dans son exécution plutôt kitsch. En outre, il faut déplorer que tous les sons et les propos parlés de l’opéra, conçus par <strong>Richard Alexandre</strong> sont tous pré-enregistrés et parfois restitués par une voix totalement déformée. Ainsi, la dernière scène, normalement porteuse d’une émotion certaine entre les dernières portées de violon et le récit d’une banale scène romantique, en ressort dépourvue de toute émotion. Enfin au total, nous sommes très loin de l&rsquo;univers d&rsquo;Einstein, même si les évocations de la technologie peuvent, de loin, renvoyer à la science.</p>
<p>En revanche, quelques excellentes idées contrebalancent ces réserves. La possibilité prévue par Glass et Wilson d’entrer et sortir de la salle pendant la représentation est radicalisée : les spectateurs peuvent également circuler sur la scène et s’assoir où bon leur semble pendant toute la représentation. C’est évidemment parfaitement conforme à l’esprit originel et permet au spectateur de vivre l’œuvre de l’intérieur. Cela conduit à observer au plus près les solistes, le chœur et la violoniste et ce point de vue privilégié rend ce spectacle véritablement fascinant – même si ce n’est bien sûr pas la première fois qu’un tel dispositif est mis en place. En outre, les performances des danseurs, dont les chorégraphies sont signées <strong>Ixchel Mendoza Hernandez </strong>complètent efficacement la mise en scène, offrant moult transes, rites religieux ou danses évanescentes tout au long du spectacle. Les danseurs circulent parfois dans les gradins, contribuant à brouiller plus encore la séparation entre scène et spectateurs.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/einstein_on_the_beach_foto_ingo_hohn_0.jpg?itok=QXpY4b2K" title="©  Ingo Höhn" width="468" /><br />©  Ingo Höhn</p>
<p>Côté musical en revanche, la soirée est une franche réussite. <strong>André de Ridder</strong> propose une version de trois heures et demie de l’œuvre qui frappe par sa belle maîtrise des contrastes. Jamais l’aspect répétitif ne verse dans une mécanique désincarnée : le chef imprime, tant pour ses musiciens qu’en direction du chœur, de belles nuances qui donnent l’impression d’une belle pulsation, vivante et travaillée de l’intérieur.</p>
<p>Les quatre solistes (<strong>Álfheiður Erla Guðmundsdóttir</strong>,<strong> Emily Dilewski</strong>, <strong>Sonja Koppelhuber </strong>et<strong> Nadia Catania</strong>) relèvent le défi avec talent et déploient là aussi, souvent, des voix qui se détachent de la répétition lancinante, notamment par un vibrato plus prononcé qu’à l’accoutumée. Le chœur <strong>Basler Madrigalisten</strong>, positionné sur scène, est également de très bonne facture, eu égard à la difficulté de l’exercice, tout comme <strong>l’Ensemble Phoenix Basel</strong> qui tient très solidement ces trois heures et demie durant sans fléchir. Mention spéciale à l’excellentissime violoniste, <strong>Diamanda Dramm</strong>, également positionnée sur scène, qui ponctue l’œuvre par de virtuoses interventions relevées par son indéniable et fascinant charisme.</p>
<p>De ce fait, quoi qu&rsquo;on puisse penser de l&rsquo;esthétique générale de la production, la force d&rsquo;attraction et de fascination de cette proposition est indéniable, de par la force de l&rsquo;univers créé et l&rsquo;expérience hors norme vécue par le spectateur. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/einstein-on-the-beach-bale-immersion-psychedelique/">GLASS, Einstein on the Beach — Bâle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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