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	<title>Essener Philharmoniker - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Essener Philharmoniker - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Le Prophète</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 May 2018 11:06:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Chemnitz à qui l&#8217;on doit la résurrection de la version originale de Vasco de Gama (L&#8217;Africaine) en 2014, c&#8217;est à Essen que l&#8217;on doit celle de la partition a priori complète du Prophète, captée en 2017 et qui fait cette année l&#8217;objet d&#8217;une opportune édition en CD. D&#8217;une durée de près de 3 heures &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Chemnitz à qui l&rsquo;on doit la résurrection de<a href="/cd/vasco-de-gama-plus-jamais-lafricaine"> la version originale de </a><em><a href="/cd/vasco-de-gama-plus-jamais-lafricaine">Vasco de Gama (L&rsquo;Africaine)</a> </em>en 2014, c&rsquo;est à Essen que l&rsquo;on doit celle de la partition a priori complète du <a href="/le-prophete-essen-quand-le-chef-se-fait-prophete"><em>Prophète</em></a>, captée en 2017 et qui fait cette année l&rsquo;objet d&rsquo;une opportune édition en CD. D&rsquo;une durée de près de 3 heures 35, cette version est la plus longue donnée à ce jour. A l&rsquo;exception de la mort de Berthe, <a href="/le-prophete-karlsruhe-spectacle-total">donnée exceptionnellement à Karlsruhe</a>, on ne découvrira pas ici de scènes inédites, mais des couplets supplémentaires, des dialogues habituellement coupées, une introduction qui rend la grande scène de Jean encore plus longue, des mesures réablies un peu partout&#8230; Au global, l&rsquo;ouvrage est ainsi tout à fait cohérent et une fois de plus on ne comprend pas l&rsquo;obstination des théâtres à vouloir à toutes forces raccourcir l&rsquo;ouvrage pour gagner quelques minutes (<a href="/le-prophete-toulouse-john-osborn-souverain">la récente version toulousaine était réduite à trois heures de musique</a>) alors qu&rsquo;il suffirait de verrouiller les portes pour empêcher les spectateurs de sortir avant la fin&#8230;</p>
<p><strong>John Osborn</strong> est un Prophète d&rsquo;une exceptionnelle musicalité, d&rsquo;une incroyable aisance sur l&rsquo;ensemble de la tessiture, pourtant assez centrale, allant jusqu&rsquo;à couronner le quatuor final de l&rsquo;acte II par un splendide contre ré. Le ténor américain semble pouvoir tout faire de sa voix, mixant les registres, filant les sons, avec un impecable contrôle du souffle. Avec de tels talents belcantistes, on regrette que la version originale de l&rsquo;air d&rsquo;entrée (ultérieurement simplifiée pour le créateur) n&rsquo;ait pas été choisie, mais le chanteur est déjà bien servi avec une version encore plus longue du difficile finale de l&rsquo;acte III. A la scène, on pouvait noter un certain manque de largeur de la voix, nécessaire dans les parties plus dramatiques, mais le timbre clair d&rsquo;Osborn est ici bien capté. L&rsquo;accentuation et la prononciation en remontrent (hélas) à bien des artistes francophones. Epouse à la ville, <strong>Lynette Tapia</strong>, américaine également, est une Berthe magnifiquement chantante, tout en finesse, capable d&rsquo;exquis sons filés et de rapides vocalises. Passée la surprise du timbre, qui est plutôt celui qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude d&rsquo;entendre chez une Giannetta de l&rsquo;<em>Elisir d&rsquo;amore</em>, le soprano américain convainc par son engagement dramatique et la manière dont elle assume crânement les sauts de registres des actes IV et V, jusqu&rsquo;à une émouvante mort. Le français est excellent. Le rôle de Fidès est l&rsquo;un des plus difficiles du répertoire, et il en est presque surhumain quand il n&rsquo;est pas coupé. Face à ce défi, <strong>Marianne Cornetti </strong>a pour elle un engagement sans faille, du mordant dans les passages les plus dramatiques, et un registre grave à la hauteur de l&rsquo;enjeu. Le registre aigu, très sollicité, est en revanche plus problématique : on imagine qu&rsquo;à la scène les aigus impressionnaient par leur vaillance, mais la proximité des micros trahit les efforts désespérés du mezzo soprano américain (encore !). Le français est correctement prononcé, mais l&rsquo;articulation est peu claire : on le suit sans peine livret à la main, ou si l&rsquo;on connait le texte, sinon, on ne comprend pas grand chose. Les trois anabaptistes et Oberthal sont incarnés par de bons chanteurs de troupe, efficaces, mais auxquels ils manquent le poli du chant français. Le choix de deux enfants pour incarner des rôles d&rsquo;adultes n&rsquo;est pas des plus heureux : c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la seule licence musicologique de l&rsquo;enregistrement. <strong>Giuliano Carella</strong> maîtrise totalement la progression musicale de l&rsquo;ouvrage, mariant les styles, belcantiste au début, dramatique au final (comme souvent dans le grand opéra français de Meyerbeer). Les ensembles sont parfaitement en place, notamment la complexe scène de couronnement. Il est dommage que l&rsquo;enregistrement ne cherche pas à rendre compte des différents plans sonores (l&rsquo;harmonie habituellement dans la salle semble noyée avec l&rsquo;orchestre de fosse auquel elle répond). Le tempo est toutefois parfois un peu lent, la baguette un peu lourde avec une balance sonore au bénéfice des vents. Malgré ses quelques défauts, cet enregistrement n&rsquo;en demeure pas moins indispensable à tous les amateurs d&rsquo;opéra français.</p>
<p>La qualité de l&rsquo;orchestre et des choeurs de l&rsquo;opéra d&rsquo;Essen témoignent de la vigueur de la production musicale allemande, jusque dans les provinces les plus éloignées des grands circuits lyriques. Si on ajoute à celà que le prix des places ne dépasse pas 49 euros (contre 109 à Toulouse pour ce même ouvrage), on se dit qu&rsquo;il y a quand même quelque chose qui ne marche pas en France&#8230;</p>
<p> </p>
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		<title>MEYERBEER, Le Prophète — Essen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-prophete-essen-quand-le-chef-se-fait-prophete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Apr 2017 05:51:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Autant tuer l’espoir dans l’œuf : il est vain d’espérer, en se rendant à Essen pour Le Prophète, d’assister à une de ces représentations à grand spectacle qui caractérisaient le « grand opéra ». Que ce soit pour des raisons budgétaires ou par choix esthétique, aucun des grands rassemblements prévus tels des tableaux animés dans l’espace n’est même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Autant tuer l’espoir dans l’œuf : il est vain d’espérer, en se rendant à Essen pour <em>Le Prophète</em>, d’assister à une de ces représentations à grand spectacle qui caractérisaient le « grand opéra ». Que ce soit pour des raisons budgétaires ou par choix esthétique, aucun des grands rassemblements prévus tels des tableaux animés dans l’espace n’est même esquissé, la conception des décors de <strong>Vincent Lemaire</strong> les rendant irréalisables à l’échelle du plateau. Privé du rassemblement à l’auberge, privé du camp des anabaptistes, privé des défilés pré et post couronnement, privé de la fête finale, que reste-t-il au malheureux spectateur ? Une production d’une remarquable fluidité grâce à ces mêmes décors composés de panneaux verticaux qui délimitent espaces publics – l’auberge, la place – et privés – une chambre – d’où l’on circule rapidement de l’un à l’autre grâce au plateau tournant et à la mobilité des panneaux. C’est bien réglé et cela fonctionne sans hiatus, même si c’est frustrant. Quelques accessoires caractérisent les lieux, les casiers de bière à l’auberge, le lit et la moquette dans la chambre, la table d’un banquet au château, ou éclairent sur les personnages, comme le coffre-fort qui semble polariser l’intérêt des trois meneurs. La transposition temporelle actualise l’œuvre, à en juger par les costumes signés par <strong>Vincent Boussard</strong> avec l’aide <strong>d’Elisabeth de Sauverzac</strong>. On voit bien que l’habit et le haut de forme caractérisent le représentant de la pérennité du pouvoir des privilégiés, moins bien le sens de la robe longue de Berthe, et l’uniforme imposé au groupe des bourgeois n’est guère signifiant des circonstances. Quant aux trois anabaptistes, leur accoutrement est pittoresque mais il les prive de l’uniforme monocolore qui les singularise en même temps qu’il établit leur légitimité d’orateurs. En les habillant pour distraire le spectateur les costumiers ne contribuent pas à l’expression dramatique. Ce parti-pris se retrouve dans la mise en scène due elle aussi à <strong>Vincent Boussard </strong>; acceptable lorsqu’en montrant le festin de l’aristocrate elle le représente en prédateur avide, elle l’est moins quand on le flanque de deux danseuses omniprésentes. Représentent-elles sa frivolité égoïste, son indifférence au malheur de ses sujets ? Et encore moins convaincante est la présence des deux enfants qui remplacent les compagnons de Jean au dernier acte, sous prétexte que le Jean historique se promenait ainsi. Quant à faire de Berthe une experte du cordon Bickford qui choisira de mourir en se faisant sauter, si cela résonne avec notre actualité cela dénature son suicide. Dans l’œuvre, sa mort n’est pas dirigée contre son persécuteur mais contre celui qu’elle a aimé, sous les yeux de qui elle se poignarde dans un geste qui exprime l’absolu de sa frustration amoureuse.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/10737_13081_le_prophete_jung_matthias15.jpg?itok=WL0-2D9G" title="Le ballet © matthias jung" width="468" /><br />
	© Matthias Jung</p>
<p>Par bonheur, si le spectateur est frustré, l’auditeur, lui, est presque comblé ! La réserve tient à la qualité du français, globalement bonne mais çà et là perfectible, et à des nuances vocales où le goût personnel intervient peut-être excessivement. Ainsi, autant le chœur d’enfants de la scène du couronnement frappe par sa musicalité et la clarté de l’énonciation, supérieures à notre avis à celles du chœur d’adultes (mais ce dernier est si sollicité que sur la longueur quelque faiblesse se fait jour), autant les enfants solistes substitués par le metteur en scène aux officiers de liaison du dernier acte sont difficiles à écouter. Parmi les anabaptistes, deux sont directement intelligibles, <strong>Pierre Doyen</strong> et <strong>Tijl Faveyts</strong>, alors que <strong>Albrecht Kludszuweit</strong> ne l’est pas toujours, hormis dans son arioso de l’acte III, manifestement plus travaillé. Pour tous trois, comme du reste pour tous les solistes, la projection est satisfaisante et leur voix court loin du plateau sans que l’on sente d’effort. Après avoir inquiété par des accents rogues que ne nécessite pas le personnage d’Oberthal, celle de <strong>Karel Martin Ludwig </strong>retrouve le poli de la bonne éducation dans la scène du trio. Notons en passant que si les éclairages de <strong>Guido Levi </strong>sont souvent réussis dans cette scène, en particulier lors du ballet, ils font rater complètement l’effet comique de la reconnaissance. Quand on sait la vénération dont Meyerbeer entourait Rossini on ne peut s’empêcher de penser – et des traces musicales semblent y inviter – aux scènes nocturnes du <em>Comte Ory</em> où l’obscurité est un élément propice aux déconvenues. Il manque, on ne peut le nier, un peu de poids à la voix de <strong>Lynette Tapia </strong>pour donner toute leur force à ses imprécations, mais elle a toute l’agilité et l’étendue nécessaires à rendre justice à l’écriture à l’italienne du rôle de Berthe, et dévale aussi intrépidement les échelles de notes qu’elle se permet d’exquis sons filés. Autant de qualités qui vont de pair avec une présence scénique qui augmente l’impact du personnage. Que manque-t-il à la Fidès de <strong>Marianne Cornetti</strong> ? Si elle n’est pas Marylin Horne, dont l’agilité prodigieuse fait figure d’exception, sa pâte vocale, sa puissance et son étendue sont telles qu’elle soutient victorieusement, sans aucun fléchissement, ce rôle exceptionnel dont elle exprime la touchante humanité avec la dignité nécessaire. Elle sera d’ailleurs la plus ovationnée. Dans le rôle de Jean de Leyde <strong>John Osborn </strong>éblouit d’abord par la qualité de son français, exemplaire de l’école américaine. Ses qualités vocales et son intelligence scénique sont connues. On les retrouve intactes, idéales à peu de choses près. On sait que Duprez, pour qui le rôle avait été écrit, avait perdu en 1849 l’éclat qui l’avait rendu célèbre, et Meyerbeer récrivit en partie le rôle pour un ténor plus proche de Nourrit, dont les aigus extrêmes étaient donnés comme il plaisait à Rossini, en falsetto. John Osborn est assez scrupuleux pour ne pas chanter autre chose que ce qui est écrit et en maintes occasions il emploie falsetto et voix mixte avec le meilleur goût. Pourquoi alors cette impression d’un début un peu en force ? S’agissait-il pour lui de contrôler la réponse de sa voix ? Car à ces impressions près sa prestation était de premier ordre et laisse bien augurer de son Prophète toulousain.</p>
<p>Il aurait fallu évidemment parler de la réussite des duos, des ensembles, que ce soit dans le mariage des voix ou dans l’impeccable rigueur des structures. Mais si ces qualités sont exaltées, c’est d’abord et avant tout par une direction d’orchestre à laisser béat d’admiration. Un des problèmes que posent les « grands opéras » est que la musique a été conçue pour soutenir le spectacle, et ainsi sont prévues des ponctuations qui en soulignent les tableaux saillants. Cette recherche sonore, que les détracteurs de Meyerbeer taxent dédaigneusement de vulgaire esbroufe, va de pair avec la conception dramatique du compositeur, fidèle au principe romantique du contraste. Pour cette production, où manquent l’ampleur des espaces, la diversité pittoresque des lieux, la solennité d’un défilé, pour ne rien dire d’un ballet collectif ici confié aux deux suivantes du hobereau, le risque était constant de tomber dans l’excès sonore, le surlignage démesuré. Comment <strong>Giuliano Carella </strong>est-il parvenu à déjouer les embûches ? Lui seul le sait sans doute : mais pour son premier <em>Prophète </em>il réalise un nouveau sans faute, quelques semaines après son premier <em>Ariodante</em>. Certes, il dispose à Essen d&rsquo;un Orchestre Philarmonique de première qualité, en particulier les cuivres et les bois, si souvent sollicités et que la mise en scène expose sur le plateau tournant en lieu et place du défilé du couronnement. Mais la réussite est totale dans la gestion des sources sonores, en particulier dans les effets de lointain avec la coulisse, exemple de complexité qui devrait suffire, à défaut de lire les éloges que Berlioz décerne à l’orchestration, à montrer l’inanité de la réputation de facilité imputée à Meyerbeer. A aucun moment l’orchestre ne sonne en fanfare de fête foraine, à chaque occasion les réminiscences du <em>Freischütz </em>ou des marches militaires impériales témoignent de la solidité des affections du compositeur, condisciple de Weber, et d’un éclectisme probablement éclos grâce à une indépendance financière synonyme de liberté intellectuelle. Il n’en est pas moins émouvant de découvrir, dans cet ouvrage écrit pour l’Opéra de Paris, les références allemandes de celui qui représentait ses pareils, en mal d’intégration dans la société prussienne. Mais ces plaisirs d’écoute sont multipliés par l’équilibre miraculeux entre la fosse et la scène, qui laisse les chanteurs s’exprimer sans rien sacrifier de la dynamique dans un contrôle rigoureusement précis de l’énergie. Ainsi, à Essen le spectacle est peut-être un ersatz de « grand opéra », mais le chef est à coup sûr prophète de la grandeur de l’opéra de Meyerbeer !</p>
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		<title>Ariane sans Bacchus ni Naxos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ariane-sans-bacchus-ni-naxos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 14:42:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La très néo-classique Ariane fut conçue par Martinů sur un livret qu’il rédigea en français d’après Georges Neveux, exactement comme Juliette. Même surréalisme de l’atmosphère, mais avec une musique souvent proche du Stravinsky du Rake’s Progress. De cet opéra de 45 minutes créé en 1961 à titre posthume, on ne disposait jusqu’ici que d’un enregistrement, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La très néo-classique <em>Ariane</em> fut conçue par Martinů sur un livret qu’il rédigea en français d’après Georges Neveux, exactement comme <em>Juliette</em>. Même surréalisme de l’atmosphère, mais avec une musique souvent proche du Stravinsky du <em>Rake’s Progress</em>. De cet opéra de 45 minutes créé en 1961 à titre posthume, on ne disposait jusqu’ici que d’un enregistrement, paru chez Supraphon en 1988. Près de trente ans plus tard, le label tchèque ajoute à son catalogue une nouvelle version non dépourvue d’atouts. D’abord, en termes de minutage, il faut noter que là où <em>Ariane</em> était proposée seule en 1988, elle se voit à présent adjoindre un complément de programme tout à fait cohérent, le <em>Double Concerto</em> du même Martinů pour orchestres à corde, piano et timbales. L’<strong>Orchestre philharmonique d’Essen</strong> dirigé par <strong>Tomáš Netopil</strong> succède dignement à l’Orchestre philharmonique tchèque Sous la direction de Václav Neumann. Quant aux solistes vocaux, on note dans la présente version deux francophones : la basse <strong>Tijl Faveyts</strong>, qui se produit régulièrement au Bénélux, et surtout le superbe ténor <strong>Abdellah Lasri</strong> dans deux petits rôles. Les autres interprètes s’expriment dans un français acceptable mais perfectible, le Thésée de la première version l’emportant par un timbre plus riche que celui de <strong>Zoltán Nagy</strong>. Quant au rôle-titre, après Celina Lindsley en 1988, <strong>Simona Šaturová </strong>lui apporte une présence dramatique plus immédiate – avantage du <em>live</em>, puisqu’il s’agit d’une captation en concert – mais aussi un vibrato plus prononcé dans les aigus forte.</p>
<p> </p>
<p>Bohuslav Martinů, <em>Ariane</em> / <em>Double Concerto</em>, Essener Philharmoniker, Direction musicale : Tomáš Netopil, 1 CD Supraphon SU 4205-2 – 66’07</p>
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