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	<title>Ghislieri Consort - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ghislieri Consort - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Handel in Rome 1707</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Oct 2016 06:01:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs décennies déjà, les « baroqueux » italiens se sont réapproprié leurs compositeurs nationaux, et ce ne sont plus exclusivement des chefs ou des chanteurs anglo-saxons qui interprètent la musique de Monteverdi ou de Vivaldi. Cela dit, la musique qu’on entendait en Italie aux XVIIe et XVIIIe siècles n’étaient pas écrites que par des Italiens, mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs décennies déjà, les « baroqueux » italiens se sont réapproprié leurs compositeurs nationaux, et ce ne sont plus exclusivement des chefs ou des chanteurs anglo-saxons qui interprètent la musique de Monteverdi ou de Vivaldi. Cela dit, la musique qu’on entendait en Italie aux XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles n’étaient pas écrites que par des Italiens, mais d’avoir été conçue en Italie et pour des Italiens suffisait à la rendre italienne : en témoigne le cas du jeune Haendel, dont les premières compositions romaines se plient à l’<em>italianità</em> en vigueur en son temps, pour ses œuvres sacrées (sur le présent disque, deux cantates et le célèbre psaume <em>Dixit Dominus</em>) autant que profanes (on songe surtout à son <em>Agrippina</em> vénitienne). Entre autres œuvres datant des années 1706-1710, c’est aussi à l’oratorio <em>La Resurrezione</em> ou au <em>Trionfo del tempo e del disinganno </em>que fait penser cette musique. Autrement dit, ce n’est pas du plus mauvais Haendel.</p>
<p>Le <strong>Ghislieri Choir &amp; Consort</strong>, qui ne saurait masquer son origine italienne même derrière cette appellation anglicisée, nous avait déjà fait très bonne impression dans un disque consacré à <a href="http://www.forumopera.com/cd/mattutino-de-morti-un-pied-dans-la-tombe-et-une-balle-dans-le-pied">Davide Perez</a>. S’attaquant cette fois à un compositeur autrement plus connu, cet ensemble vocal et instrumental sort tout aussi haut la main de l’entreprise. Le chef <strong>Giulio Prandi </strong>dirige avec une énergie très bienvenue ces pages regorgeant de vie, énergie qui ne nuit heureusement pas à la précision de la mise en place. Ce qu’on admire surtout chez les choristes, c’est l’expressivité de leur articulation du texte, notamment pour le <em>Dixit Dominus</em>. Cette force éloquente de la diction, on ne la trouve pas seulement dans le fameux « Conquassabit », ici particulièrement percussif, mais plus généralement, dans l’ensemble de l’œuvre et dès ses premiers instants. Plusieurs membres du Ghislieri Choir se voient promus solistes pour une phrase ou deux et, sauf peut-être le ténor, se révèlent tout fait convaincants. Les deux sopranos du « De torrente », <strong>Mara Corazza </strong>et<strong> Karin Selva</strong>, rivalisent même de suavité. De la mezzo <strong>Marta Fumagalli</strong>, également issue du chœur, on remarque la robuste prestation dans le « Virgam virtutis », d’une vigueur d’accents qu’on aimerait entendre plus souvent dans ce repertoire.</p>
<p>Pour les deux cantates de longueurs bien différentes (dix minutes pour <em>Ah che troppo ineguali</em>, près d’une demi-heure pour <em>Donna, che in ciel</em>), la soliste est <strong>Maria Espada</strong>. La soprano espagnole fait montre d’une belle virtuosité, d’autant plus appréciable qu’on ne peut reprocher la voix l’excès de légèreté typique des coloratures. Le timbre est ferme, le grave est présent, qualités indispensables pour que cette musique prenne tout son sens et ne se borne pas à un exercice formel.</p>
<p>C&rsquo;est finalement avec surprise que l&rsquo;on découvre la vraie nature de ces trois enregistrements : il s&rsquo;agit de captations en direct réalisées lors de divers festivals européens, ce qui rend peut-être encore plus admiratif devant leur réussite.</p>
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		<title>Mattutino de&#039; morti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2014 05:19:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des disques dont on se demande parfois si leur label a délibérément voulu la mort en les accablant d’une présentation apte à dissuader le chaland : Deutsche Harmonia a choisi de se tirer une balle dans le pied, soit. Mélomane curieux, il te faudra faire abstraction d’une pochette grisâtre et rébarbative représentant une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des disques dont on se demande parfois si leur label a délibérément voulu la mort en les accablant d’une présentation apte à dissuader le chaland : Deutsche Harmonia a choisi de se tirer une balle dans le pied, soit. Mélomane curieux, il te faudra faire abstraction d’une pochette grisâtre et rébarbative représentant une façade aveugle et basse sous un ciel plombé, pour découvrir une musique qui, elle, n’a rien d’austère, malgré son nom. Vous pensiez que ce genre d’image était l’apanage de la musique contemporaine ? Erreur, car le présent disque relève du baroque le plus triomphant.</p>
<p>Quelques mots d’abord sur le compositeur. Né à Naples en 1711, Davide Perez se fit d’abord connaître dans le domaine de l’opera seria – il devait composer une quarantaine de titres entre 1735 et 1755. En 1752, le roi du Portugal le fit venir à sa cour, où sa carrière lyrique fut très brève, à cause du fameux tremblement de terre de Lisbonne. Avant de mourir dans la capitale lusitanienne en 1778, Perez s’illustra dans la musique religieuse, avec notamment ce <em>Matin des morts</em>, interprété pour la première fois en 1770 à l’occasion du pèlerinage de la famille royale à Noss Senhora do Cabo. Chacun des trois « nocturnes » se compose de trois répons permettant un dialogue entre chœur et solistes, et se conclut par un Requiem ou un Libera me. Retrouvée à la bibliothèque de Royaumont, recréée l’été dernier au festival de la Chaise-Dieu, l’œuvre a ensuite été donné en tournée européenne et enregistrée dans la foulée.</p>
<p>Cet enregistrement fait appel à sept solistes, dont deux sont mis en avant, et pas seulement en raison de leur notoriété. <strong>Roberta Invernizzi</strong> s’est fait connaître en participant à la résurrection de quantité d’œuvres italiennes du XVIIIe siècle. C’est elle qu’on entend dans chaque intervention de soprano solo, et l’on imagine qu’on a fait appel à elle pour les passages les plus virtuoses où l’on goûtera toute la fraîcheur de son timbre ainsi que l’émotion qu’il est capable de véhiculer. Car la musique de Perez, si elle a ses moments guillerets ou intensément dramatiques, est aussi capable du plus grand recueillement.</p>
<p>Le nom de <strong>Salvo Vitale</strong> n’avait pas souvent été porté à notre attention avant qu’il ne campe deux petits rôles dans <em>Le</em> <em>Couronnement de Poppée</em> en juin dernier à l’Opéra de Paris. On avait alors pu apprécier l’étendue de son registre grave, qui aurait sans doute fait de lui un meilleur Sénèque que le titulaire du rôle. Il descend ici jusqu’aux abîmes, sans jamais se départir d’une grande majesté dans la déclamation du texte latin.</p>
<p>Chantant le plus souvent ensemble, les cinq autres solistes ici rassemblés s’acquittent fort bien de leur tâche, tout comme le Ghislieri Choir aux voix éthérées. <strong>Giulio Prandi</strong> dirige avec dynamisme une partition qu’il a redécouverte à Royaumont, et communique aux instrumentistes du Ghislieri Consort son enthousiasme pour ce Davide Perez qui n&rsquo;a pas à rougir de la comparaison avec son illustre contemporain Pergolèse.</p>
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