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	<title>Les Apaches - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Les Apaches - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Les Apaches ! —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-apaches-bestiaire-museal-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Niel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jan 2021 12:57:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Presqu’un an après leur concert d’inauguration au Théâtre de l’Athénée, les Apaches, ensemble mené par la baguette de Julien Masmondet, à l’instar des autres ensembles en France, tentent de sortir la tête de l’eau après des annulations en cascade et l’accès toujours refusé aux salles de spectacles. Seule issue pour exister donc, un concert enregistré, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Presqu’un an après leur <strong><a href="https://www.forumopera.com/attention-les-apaches-paris-athenee-ruses-de-sioux">concert d’inauguration </a></strong>au Théâtre de l’Athénée, <strong>les Apaches,</strong> ensemble mené par la baguette de <strong>Julien Masmondet</strong>, à l’instar des autres ensembles en France, tentent de sortir la tête de l’eau après des annulations en cascade et l’accès toujours refusé aux salles de spectacles. Seule issue pour exister donc, un concert enregistré, le premier les concernant.  </p>
<p>En coproduction avec le Musée d’Orsay et Camera Lucida Productions, l’ensemble joue dans la fameuse nef centrale du musée. Dès à présent, saluons la maîtrise des réalisateurs <strong>Gordon &amp; François-René Martin</strong>, celui-ci s’illustrant particulièrement dans la vie musicale ces temps-ci pour proposer des objets visuels de grande qualité qui épargnent heureusement le spectateur d’une énième captation sans saveur. Ici, c’est un singulier jeu de miroirs qui est mis en place, offrant des plans baignés d’une belle lumière.</p>
<p>Comme pour leur précédent concert, les Apaches présentent un programme associant musique française du début du XXe siècle « en miroir » donc d’une écriture contemporaine. L’humeur est bestiale :  la <em>Création du Monde</em> de Darius Milhaud, <em>Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée</em> de Francis Poulenc et <em>Histoires Naturelles</em> de Ravel s’enchaînent, ponctués par différentes créations de <strong>Pascal Zavaro</strong>, <em>le Bestiaire disparu (2013) </em>dont le drôle objet de composition s’intéresse manifestement à faire revivre musicalement des animaux disparus comme le crapaud doré du Costa Rica ou le loup de Tasmanie ; et <em>Bestaire Chimérique, </em>création mondiale, composée à partir de textes d’auteurs aussi éclectiques que Francisco Goya, Marco-Polo ou encore Gustave Flaubert, pour ne citer qu’eux.</p>
<p>Si la thématique est originale, l’interprétation, souvent grave, ne parvient pas à trouver l’effervescence si appréciable de ce répertoire, le tout s’enchaînant dans une ambiance tendant parfois à l’alourdissement. Difficile de s’y retrouver parmi les compositeurs et les animaux, vivants ou morts. L’écriture de Pascal Zavaro, qu’on a connu plus inspirée, ajoute à ce programme ses contrastes et jeux rythmiques, notamment dans <em>Bestiaire chimérique</em>, apportant un réel piquant à l’ensemble. La qualité de la performance des duos du <em>Bestaire des animaux disparus</em> par la violoniste <strong>Magdalena Sypniewski</strong> et le violoncelliste <strong>Alexis Derouin </strong>est par ailleurs à noter.</p>
<p>La direction de Julien Masmondet parvient à trouver un son cohérent et coloré, sans pour autant transcender l&rsquo;ensemble. Certains déséquilibres sont néanmoins peut-être à mettre au compte de la prise de son légèrement trop étouffée, dont on comprend qu’elle doit masquer l’acoustique difficile de la nef.</p>
<p>Écouter <strong>Stéphane Degout </strong>reste en revanche toujours un réel plaisir.  L’oreille se délecte toujours de la richesse et de la résonance du timbre du baryton. D’une force terrible dans Schubert lors de son précédent concert capté, il confirme ici qu’il maîtrise également la mélodie française. La prononciation est impeccable, l’articulation raffinée. S’étant déjà fait remarquer dans <strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/ravel-histoires-naturelles-degouttiberghien-lisez-moi-et-interpretez-moi">un enregistrement d’<em>Histoires Naturelles </em>en 2017</a>,</strong> il sait utiliser ici ajuster sa puissance pour surplomber les arrangements – intéressants par ailleurs &#8211; d’Anthony Girard.  </p>
<p>Il est toujours difficile d’apprécier une performance à travers un écran qui – faut-il vraiment le rappeler ? &#8211; n’offrira jamais une réelle compensation du regard. Comme pour les autres visionnages de concert, nous n’avons qu’une hâte, retrouver les Apaches sur leur terrain de jeu de prédilection : la scène !</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=4BCAHOhnGKE">Voir la vidéo</a></p>
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		<title>Attention les Apaches ! — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/attention-les-apaches-paris-athenee-ruses-de-sioux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2020 04:27:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour faire avaler au plus large public un peu de musique d’aujourd’hui, il faut parfois montrer une grande ingéniosité, déployer des ruses de Sioux afin de rendre plus acceptable ce qui pourrait de prime abord éloigner le spectateur lambda. Le chef Julien Masmondet a ainsi eu l’idée de se revendiquer d’un groupe informel d’artistes du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour faire avaler au plus large public un peu de musique d’aujourd’hui, il faut parfois montrer une grande ingéniosité, déployer des ruses de Sioux afin de rendre plus acceptable ce qui pourrait de prime abord éloigner le spectateur lambda. Le chef <strong>Julien Masmondet </strong>a ainsi eu l’idée de se revendiquer d’un groupe informel d’artistes du début du XXe siècle pour mieux jouer la musique de compositeurs de notre début de XXIe. Les Apaches étaient le nom que s’étaient donnés, autour de Maurice Ravel, Albert Roussel et Florent Schmitt, tout un groupe de musiciens, de poètes et de peintres. Nos nouveaux Apaches sont les instrumentistes réunis pour interpréter aussi bien la musique de leurs modèles que celle de leurs propres amis et contemporains. Tout comme ils avaient, en juin 2018, associé <em>Trouble in Tahiti </em>de Bernstein à une création de Pascal Zavaro, <em>Manga Café </em>(spectacle repris en région parisienne en mars), ils proposent ce soir un concert associant Ravel, Satie, Delage, Stravinski à Zavaro et quelques autres. Double concert, annoncent-ils : pourquoi cette ruse ? Certes, avant l’entracte, un baryton chante avec un quatuor, après l’entracte, une mezzo-soprano et un récitant sont soutenus par une formation de chambre, mais fallait-il vraiment parler de deux concerts successifs, à moins d’y voir une mise en garde : la soirée serait longue, trop longue à dire vrai. A vouloir accumuler quatuor, mélodies, poèmes déclamés, on aboutit à un festin trop copieux.</p>
<p>Autre ruse qui ne se justifie pas totalement : le recours aux projections vidéo, non pas simplement en fond de scène, mais sur un tulle qui, pendant toute la première partie, sépare les interprètes du public. Le truc paraît vite un peu gratuit, et l’iconographie ainsi proposée n’apporte pas toujours grand-chose à notre perception des œuvres. Nous montrer le visage des compositeurs, soit, mais à quoi bon ces silhouettes floues qui tendent interminablement leurs mains devant elles ou l’une vers l’autre ? Heureusement, la deuxième partie se dispense de ce procédé.</p>
<p><strong>Laurent Deleuil </strong>amuse beaucoup le public par son interprétation des <em>Ludions </em>de Satie, tant par l’absurdité des poèmes de Léon-Paul Fargue que par le côté faussement pompeux ou naïf de leur mise en musique. Pour la création de Pascal Zavaro, le baryton n’intervient pas dans chacune des six parties : le quatuor est seul pour « Aulnes », réminiscence grinçante du célèbre lied de Schubert, comme pour « Oyseaux », qui convoque aussi bien Janequin que le Ravel des <em>Chansons madécasses</em>. Dans les autres pages, Laurent Deleuil chante des textes signés Ravel ou Stravinski, la dernière partie, dédiée à Léon-Paul Fargue, lui offrant davantage l’occasion de donner de la voix.</p>
<p>Après l’entracte, <strong>Fiona McGown </strong>poursuit avec les <em>Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé </em>le parcours ravélien sur lequel la soirée s’était ouverte. Cette fois, ce n’est sans doute pas par ruse mais, devant la complexité de cette partition, l’interprète semble avoir décidé d’émettre de fort beaux sons sans chercher à les unifier en des phrases accentuées : certes, les vers de Mallarmé ne sont pas ce qui se fait de plus limpide, mais d’autres ont su les chanter en donnant à entendre un véritable texte. Avec <em>Lyrique japonaise </em>de Stravinsky, à la prosodie peu naturelle, le problème n’est plus aussi sensible. Se pose en revanche la question de la « mezzo-sopranéité » : si le timbre n’est pas particulièrement sombre, les aigus sortent de manière assez désagréable. Par chance, les <em>Chants hindous </em>conviennent beaucoup mieux à Fiona McGown, qui en livre une version sans reproche.</p>
<p>Fallait-il aussi demander à <strong>Didier Sandre</strong>, excellent comédien au demeurant, de déclamer des poèmes en plus de la musique, à côté des œuvres interprétées ou, et c’est là que ça se gâte, par-dessus celles-ci ? N’est-ce pas un traitement un peu cavalier à réserver aux deux extraits des Miroirs de Ravel ? Par la suite, l’accord semble plus judicieux entre les poèmes de Mathias Enard sur Beyrouth et ce que joue au luth Damien Pouvreau, même s’il n’y a pas grand rapport entre ces textes et les poèmes du même Mathias Enard qui ont inspiré trois compositeurs, Fabien Touchard, Jules Matton et Fabien Cali, ce dernier étant le seul à reprendre un effectif instrumental proche de celui de Ravel, Stravinsky et Delage. Et contrairement à ce que pouvait laisser croire le programme, une seule de ces trois compositions associe voix parlée et voix chantée, quand Fiona McGown se mue en écho bouche fermée.</p>
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		<title>Manga-café&#124;Trouble in Tahiti — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manga-cafe-trouble-in-tahiti-paris-athenee-un-gars-une-fille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jun 2018 03:17:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Année Bernstein ou pas, monter Trouble in Tahiti est toujours une excellente idée. Plus d’un demi-siècle après sa création, cette satire du morne conformisme banlieusard (ou l’on chante « Su-bur-bi-a » sur les mêmes accents claironnants que « New York, New York ! » dans On the Town) conserve toute son efficacité. Oui, mais l’œuvre est courte – une quarantaine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Année Bernstein ou pas, monter <em>Trouble in Tahiti </em>est toujours une excellente idée. Plus d’un demi-siècle après sa création, cette satire du morne conformisme banlieusard (ou l’on chante « Su-bur-bi-a » sur les mêmes accents claironnants que « New York, New York ! » dans <em>On the Town</em>) conserve toute son efficacité. Oui, mais l’œuvre est courte – une quarantaine de minutes – et suppose qu’on l’associe à un autre opéra en un acte. Diverses expériences ont été tentées (avec <em>L’Enfant et les sortilèges </em>à Caen en 2012, avec <em>La SADMP</em> de Louis Beydts à Tours en 2016, par exemple), mais la meilleure solution n’était-elle pas finalement de passer commande d’une œuvre sur mesure, reprenant la même distribution vocale et le même effectif instrumental ? Le compositeur français Pascal Zavaro propose donc, en première partie du spectacle, <em>Manga-café</em>, d’après le roman <em>Densha otoko</em>. Une banale histoire de rencontre entre un garçon et une fille, ici transposée dans un univers mi-français, mi-japonais, avec à la clef une interrogation sur le rapport entre fiction (les mangas) et réalité. La modernité vient de l’emballage-gadget (mangas, échange de textos) mais le sujet est intemporel ; la partition de Pascal Zavaro apparaît même comme un hommage à un siècle d’opéra français. Selon une tradition lyrique solidement établie, le héros est chanté par une mezzo en travesti ; le livret dû au compositeur se permet des citations bienvenues – « Ne me touchez pas, ne me touchez pas ! » proteste l’héroïne, nouvelle Mélisande, tandis que le héros déclare plus tard « Voilà ce que j’appelle une femme charmante », tel Ramiro de <em>L’Heure espagnole</em>. Les coloratures de Mikako évoquent le Feu de Ravel et Colette, une scène au téléphone renvoie discrètement à <em>La Voix humaine</em>, et le duo d’amour entre soprano et mezzo lorgne possiblement sur celui que Massenet confie à sa Cendrillon et au prince charmant, à moins que ce ne soit carrément sur <em>Les Demoiselles de Rochefort</em>. Rien de révolutionnaire dans l’orchestration, assurément, mais une œuvre plaisante, dont le texte français est constamment intelligible, et qui passe comme une lettre à la poste, sans un seul temps mort. Et quand vient l’heure de Bernstein, on retrouve un couple, mais dysfonctionnel, abruti par la routine.  Dans les deux cas, un trio vocal offre à l’action principale un commentaire ou un contrepoint.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="244" src="/sites/default/files/styles/large/public/loti-18-086_1400_730r.jpg?itok=np2570oI" title="M. Heyse, E. Pancrazi, L. Deleuil, A. Gass © DR" width="468" /><br />
	M. Heyse, E. Pancrazi, L. Deleuil, A. Gass © DR</p>
<p>Pour donner à voir ces deux œuvres dont l’intrigue se déroule dans des lieux multiples, voire simultanés, <strong>Catherine Dune</strong> opte pour un décor composé d’éléments mobiles, le plus souvent déplacés par les chanteurs eux-mêmes. L’humour des deux actes est traduit à merveille par le jeu d’acteurs, surtout dans <em>Trouble in Tahiti</em> où les trois membres du « chœur » adoptent des allures d’automates et des sourires figés et niais furieusement Fifties. En fosse, <strong>Julien Masmondet</strong> dirige avec l’indispensable sens du rythme qui permet aux œuvres d’avancer (même quand Bernstein s’attarde un peu sur le thème larmoyant du beau jardin qui nous attend de l’autre côté de la barrière). La quinzaine d’instrumentistes que compte l’ensemble Les Apaches produit sans doute bien assez de son, mais les chanteurs, eux, sont visiblement sonorisés.</p>
<p>Triomphe incontesté pour <strong>Eléonore Pancrazi</strong> qui cumule les deux rôles les plus gratifiants de la soirée, et qui recueille une salve d’applaudissements pour son interprétation phénoménale de l’air où Dinah évoque le fameux film <em>Trouble in Tahiti</em> qu’elle est allée voir seule dans l’après-midi (et qu’elle reverra le soir même avec son mari). <strong>Laurent Deleuil </strong>reçoit une part méritée des acclamations, Bernstein ayant réservé à Sam un air où peut briller ce personnage qu’on nous montre ici comme tout droit issu de l’univers sexiste de <em>Mad Men</em>. Charmante découverte avec la soprano <strong>Morgane Heyse</strong>, exquise Mikako dans l’œuvre de Pascal Zavaro, et assez hilarante dans le Bernstein. Les deux autres chanteurs n’interviennent pratiquement que dans les ensembles, mais tiennent leur rôle avec une redoutable efficacité, qu’il s’agisse du ténor aigu <strong>André Gass</strong> ou du baryton <strong>Philippe Brocard</strong>. Ne manquez pas les prochaines représentations de ce très réjouissant spectacle (à l’Athénée jusqu’au 14 juin).</p>
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