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	<title>Orchestre national d&#039;Île-de-France - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Orchestre national d&#039;Île-de-France - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Requiem — Saint-Denis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-requiem-saint-denis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Requiem-Donizetti-Festival-de-Saint-Denis-Credit-Edouard-Brane-13-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-191875"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>©  Edouard Brane</sub></figcaption></figure>


<p>Gaetano Donizetti entreprend l&rsquo;écriture de son <em>Requiem</em> en ré mineur à partir d&rsquo;octobre 1835. Il entend rendre ainsi hommage à son collègue et rival Vincenzo Bellini, mort prématurément à Puteaux le 23 septembre, soit 8 mois presque jour pour jour après la création triomphale d&rsquo;<em>I puritani</em> le 24 janvier au Théâtre italien de Paris. Donizetti vient quant à lui de créer <em>Lucia di Lammermoor</em> à Naples, le 26 septembre : la retrait de Rossini, avec le décès de Bellini, font de lui le premier compositeur lyrique de son temps. Toutefois, et pour des raisons non clairement élucidées, le compositeur bergamasque n&rsquo;achèvera jamais sa partition : il meurt en 1848 et on n&rsquo;a trouvé aucune trace (du moins à ce jour) du <em>Sanctus</em>, du <em>Benedictus</em> et de l&rsquo;<em>Agnus Dei </em>(par ailleurs, <span style="font-size: revert;">Donizetti composera trois autres <em>Requiem</em> qui restent à découvrir du grand public). </span>L&rsquo;ouvrage est publié en 1870 dans un arrangement pour orgue. L&rsquo;édition critique ne paraitra qu&rsquo;en 1974. Le <em>Requiem</em> est finalement créé le 28 avril 1870 à Bergame, dans la basilique Santa Maria Maggiore. Le <em>Requiem</em> sera repris sporadiquement : en 1875, à l&rsquo;occasion du transfert des cendres du compositeur, pour le centenaire de sa naissance, puis de sa mort, ou encore en 2020 en hommage aux victimes du coronavirus (on se rappellera que Bergame fut l&rsquo;une des premières villes touchées, et de façon particulièrement dramatique). L&rsquo;ouvrage inachevé dure environ 1h15 (par comparaison, celui de Verdi, complet, comprend environ 1h30 de musique). Les enregistrements commerciaux officiels sont rares : le premier (à notre connaissance) réunit en 1980 rien moins que Luciano Pavarotti, Renato Bruson, Viorica Cortez et Paolo Washington pour Decca avec les forces de Vérone. Neuf ans plus tard, Orfeo publie une version plus respectueuse de la partition en incluant le soprano omis dans l&rsquo;enregistrement précédent (il faut dire que le rôle est extrêmement court) et affiche ldo Baldin, Jan-Hendrik Rootering, John Paul Bogart, Helga Müller-Molinari et Cheryl Studer sous la direction de Miguel Angel Gómez-Martínez à la tête des chœurs et orchestre de Bamberg.<span style="font-size: revert;"> Ajoutons, pour l&rsquo;anecdote, un enregistrement de 1982 </span>introuvable,<span style="font-size: revert;"> apparu un temps sur Amazon, affichant rien moins que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.google.com/imgres?q=Plácido%20Domingo%2C%20Katia%20Ricciarelli%2C%20Agnes%20Baltsa%2C%20Samuel%20Ramey%20et%20Robert%20Lloyd%20Leonard%20Bernstein%20donizetti%20requiem&amp;imgurl=https%3A%2F%2Fblogger.googleusercontent.com%2Fimg%2Fb%2FR29vZ2xl%2FAVvXsEjUyxVu_3nMvJvwTRspLPIAAqTQgsil6AthALRHfAkUEnzsHzr3vWz9AivcqthasnYzRLM3LRSHEPBqYOleUncGZBBBevpIBJLheR6nEZh-p1KtVr-4xVNWQ6090YYdlC_CawCFZ0hY6nqG7uQikj9L33xseQW6g66tWbA6LZ6hgP12JAsp2GAd%2Fs1600%2FDonizetti_Requiem_bernstein_DG_Galleria_ClassicalCritic_ionarts.png&amp;imgrefurl=https%3A%2F%2Fionarts.blogspot.com%2F2023%2F10%2Fleonard-bernsteins-mythical-recording.html&amp;docid=mKXjUSEmz-KUMM&amp;tbnid=nQ67wVv0wti-4M&amp;vet=12ahUKEwit-5_Rn92NAxUHV0EAHUBKGBYQM3oECBYQAA..i&amp;w=1200&amp;h=1189&amp;hcb=2&amp;ved=2ahUKEwit-5_Rn92NAxUHV0EAHUBKGBYQM3oECBYQAA"> Plácido Domingo, Katia Ricciarelli, Agnes Baltsa, Samuel Ramey et Robert Lloyd sous la direction de &nbsp;Leonard Bernstein chez DG</a> : il s&rsquo;agissait en réalité d&rsquo;un canular particulièrement convaincant.</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Requiem-Donizetti-Festival-de-Saint-Denis-Credit-Edouard-Brane-17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-191878"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>©  Edouard Brane</sub></figcaption></figure>


<p>Le <em>Requiem</em> de Donizetti souffre de la comparaison avec les grandes œuvres sacrées de son époque. La musique n&rsquo;est en rien mémorable, ce qui est étonnant de la part de ce mélodiste incomparable. Elle manque d&rsquo;unité. Les chœurs sont omniprésents en première partie avant de laisser quelques mesure au baryton au bout de 25 minutes puis à un beau duo ténor-baryton de 5 minutes, « Judex ergo cum sedebit », qui dérape rapidement (à partir de « Quid sum miser »), adoptant une forme enjouée qui rappellerait presque le premier duo du <em>Don Carlos</em> de Verdi (avec un peu de mauvaise foi, nous l&rsquo;avouons). Les chœurs reprennent à nouveau le pas, à quelques modestes interventions de solistes près. À partir de la 40e minute, le ténor peut enfin s&rsquo;épanouir pendant plus de 5 minute dans un bel « Ingemisco », plus joli que vraiment inspiré toutefois. L&rsquo;ensemble qui suit (« Preces meae non sum dignae ») retrouve un peu de dignité. Sans rivaliser avec le « Dies Irae » verdien, le « Confutatis maledictis » est une page impressionnante et complexe ménageant les moments de tension (pour les chœurs) et des passages plus recueillis (pour les solistes). « Oro supplex et acclinis », confié au baryton, est plus opératique que religieux. Le « Lacrimosa » est plus recueilli qu&rsquo;émouvant, mais l&rsquo;interprétation du chœur y est probablement pour beaucoup (nous y reviendrons). Il se termine avec une sorte de fugue qui affiche de troublantes ressemblance avec le <em>Requiem</em> de Verdi composé en 1874. L&rsquo;<em>Offertorium</em> est confié au baryton, rejoint pas les chœurs : là encore, il est difficile d&rsquo;identifier des sentiments précis exprimés par la musique. <em>Sanctus</em>, <em>Benedictus</em> et <em>Agnus Dei</em> étant ici omis, on passe au « Requiem » qui enchaîne sur « Lux aeterna » (dont les mesures initiales rappellent <em>La Favorite</em> : « &nbsp;Va-t-en d&rsquo;ici ! ») puis le « Libera me » où la basse a enfin l&rsquo;occasion de se faire remarquer sur « Tremens factus sum ego et timeo ». Avec le « Kyrie eleison », ensemble et chœurs terminent l&rsquo;ouvrage sur un larghetto d&rsquo;une grande simplicité. La partie soprano est ici quasi inexistante et dépourvue de solo (si l&rsquo;on excepte quelques mesures pour introduire&#8230; un chœur). Les parties mezzo et basse sont un peu plus développées. Seuls le ténor et le baryton disposent (ensemble ou séparément) de passages exposés : un air pour le premier, deux pour le second et un duo. Beaucoup de pages manquent de gravité ou de profondeur. Un <em>Requiem</em> trop dramatique n&rsquo;était peut-être pas dans le style de l&rsquo;époque ou peut-être Donizetti a-t-il considéré qu&rsquo;un tel parti aurait été inadapté à la délicatesse légendaire de son dédicataire ? &nbsp;Il n&rsquo;en reste pas moins que l&rsquo;ensemble manque clairement d&rsquo;unité.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Requiem-Donizetti-Festival-de-Saint-Denis-Credit-Edouard-Brane-12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-191879"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>©  Edouard Brane</sub></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;interprétation musicale nous aura laissé un peu sur notre faim. L&rsquo;acoustique de la basilique n&rsquo;est pas des meilleures on le sait, mais on a un peu l&rsquo;impression que les solistes avaient choisi de ne pas lutter avec elle, privilégiant du beau son pour les micros situés devant les pupitres (pas de retransmission prévue toutefois : l&rsquo;enregistrement n&rsquo;est que pour les archives), plutôt qu&rsquo;un chant véritablement projeté à destination des spectateurs. <strong>Bogdan Volkov</strong> offre un chant d&rsquo;une grande musicalité. C&rsquo;est aussi le plus audible. Le ténor ukrainien nuance avec une belle sensibilité, jouant habilement des registres mixtes et de poitrine. Il reste néanmoins davantage un ténor mozartien que belcantiste, avec une voix peu large, un peu nasale et avare de couleurs. Sans surprise, <strong>Vito Priante</strong> offre davantage d&rsquo;italianité avec un chant noble et racé mais moyennement sonore. Il faut attendre la toute fin de l&rsquo;ouvrage pour goûter le grave profond de <strong>Jean Teitgen</strong>. <strong>Alisa</strong> <strong>Kolosova</strong> offre un timbre profond et moelleux mais n&rsquo;a guère ici l&rsquo;occasion de briller. <strong>Claudia Muschio</strong> n&rsquo;a pratiquement rien à chanter, et c&rsquo;est déjà beaucoup car elle ne fait guère d&rsquo;efforts pour se faire entendre du public. Voix blanches, aigus fixes, voix mixte, le <strong>Chœur de l&rsquo;Orchestre de Paris</strong> semble s&rsquo;être trompé de répertoire. Nommé fin 2023, le chef des chœurs, <strong>Richard Wilberforce</strong>, est un ancien contre-ténor et spécialiste du baroque : on peut donc imaginer qu&rsquo;il s&rsquo;agit là d&rsquo;un choix artistique. Le texte est débité sans beaucoup d&rsquo;émotion, comme si la formation ne comprenait pas vraiment ce qu&rsquo;elle chante. <strong>Sperenza Scappucci</strong> communique sa flamme à un <strong>Orchestre national d&rsquo;Île-de-France</strong> de belle facture mais rencontre moins d&rsquo;adhésion côté vocal. La réverbération excessive de la basilique l&rsquo;oblige également à doser les dynamiques. Le public, très silencieux, écoute avec attention cette œuvre rare et nous n&rsquo;entendrons aucune sonnerie de portable (1). La soirée valait donc essentiellement pour la découverte d&rsquo;une pièce intéressante mais mineure dans la production pléthorique de l&rsquo;infatigable compositeur bergamasque.</p>
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<pre>1. Pour les concerts à la basilique, les solistes attendent traditionnellement dans un petit local attenant avant de faire leur entrée pour le concert. En 1982, pendant l'exécution d'un <em>Requiem</em> (de Verdi), à plusieurs reprises durant le concert, le public eut droit à la sonnerie d'un téléphone (fixe) émanant de ce local, sans que personne ne songe d'ailleurs à débrancher l'appareil. S'agissait-il d'un voisin excédé par le bruit ? On ne sait. À pratiquement chacune de nos visites ultérieures, le même téléphone retentissait, plus souvent deux fois qu'une. Mais nous n'étions plus revenus à Saint-Denis depuis quinze ans : le phénomène allait-il se reproduire ? Nous pouvons rassurer nos lecteurs : le voisin doit être bien âgé aujourd'hui mais il a gardé l'oreille fine !</pre>
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		<title>Récital de Roberto Alagna — Saint-Denis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-roberto-alagna-saint-denis-sacre-roberto-alagna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jun 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le concert prévu sous la direction de John Eliot Gardiner le 1er juin ayant été annulé, c’était bien en ouverture du Festival de Saint-Denis que Roberto Alagna se produisait, le 10 juin, sous l’orgue monumental de la Basilique. Et pourtant, cette soirée-là aussi a bien failli être perturbée : à peine estompés les applaudissements saluant le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le concert prévu sous la direction de John Eliot Gardiner le 1<sup>er</sup> juin ayant été annulé, c’était bien en ouverture du Festival de Saint-Denis que <strong>Roberto Alagna </strong>se produisait, le 10 juin, sous l’orgue monumental de la Basilique. Et pourtant, cette soirée-là aussi a bien failli être perturbée : à peine estompés les applaudissements saluant le premier air (« Pieta, signore » de Stradella, entonné avec une ferveur jetant aux orties les préoccupations philologiques), la lumière se coupe, plongeant les musiciens dans le noir. Roberto Alagna répète « Pieta, signore ! » en levant les yeux vers les vitraux, les élus locaux réunis pour l’occasion ricanent et taquinent Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis : tu aurais pu vérifier le matériel…  Après plusieurs minutes d’interruption, la représentation reprend dans une semi-obscurité qui, toute difficile qu’elle pût être pour les musiciens, ne fut pas indifférente au climat de mystère nimbant un superbe « Panis Angelicus ». La lumière revient, comme par magie, au moment du « Repos de la Sainte-Famille » issu de <em>L’Enfance du Christ </em>de Berlioz ; heureux hasard, tant Roberto Alagna, au diapason de l’accompagnement aérien de <strong>David Gimenez</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre National d’Ile-de-France</strong>, éclaire cette pièce par la rondeur inaltérée de son timbre et la netteté, toujours proverbiale, de l’élocution. Après un entr’acte de <em>Rosamunde </em>qui file sans fioritures, l’<em>Ave Maria </em>de Schubert est interprété avec une entièreté, une sobriété et un engagement dénués d’arrière-pensée qui abolissent, pour le meilleur, la frontière entre profane et religieux : au fond, cet <em>Ave Maria </em>est un avant tout un Lied. Et chanté avec tant de force, « Ô souverain, ô juge, ô père », extrait du <em>Cid </em>de Massenet, s’écouterait presque comme une cantate.</p>
<p>De même, <em>Lohengrin </em>n’annonce-t-il pas <em>Parsifal</em>, cette œuvre où la différence entre opéra et messe s’estompe ? On attendait avec impatience Roberto Alagna dans ces extraits, après une prise de rôle avortée à Bayreuth, assurée à Berlin.  Après un prélude qui s’accroche d’abord aux barres de mesure, avant de s’épanouir plus librement, le ténor français confirme les affinités de son timbre et de son format avec les exigences du plus lyrique des héros wagnériens. La tessiture ne pose aucun problème, pas plus que l’écriture, dont les subtiles progressions harmoniques flattent un art du legato qu’Alagna maîtrise souverainement. Reste une prononciation pour laquelle Alagna ne peut rivaliser avec d’illustres locuteurs allemands : la clarté des voyelles, la relative discrétion des consonnes rendent la langue audible mais exotique – cela ne gâche pas un « In fernem Land » de très belle facture, qui déclenche des ovations bien peu catholiques : en bis, ni l’<em>Ave Maria </em>de Gounod ni un étrange « Notre Père » a cappella, composition du chanteur, ne suffiront à les calmer !</p>
<p> </p>
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