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	<title>Radio suédoise - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Radio suédoise - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Brahms, Ein Deutsches Requiem &#8211; Daniel Harding</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2019 04:00:39 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tous les mélomanes de plus de 40 ans se souviennent des débuts en fanfare de <strong>Daniel Harding</strong>. Ce sont de bonnes fées nommées Claudio Abbado ou Simon Rattle qui l’ont lancé dans la carrière, et ses premiers pas à Aix-en-Provence ou à La Monnaie au début des années 2000 ont provoqué l’enthousiasme. Il avait alors moins de 25 ans. Comme tous les enfants prodiges, il a dû ensuite faire sa traversée du désert, passer de mode, et essuyer les critiques de ceux-la même qui l’avaient porté aux nues. C’est que la musique classique n’échappe pas, quoi qu’elle en dise, aux phénomènes de mode, aux engouements passagers, aux détestations brutales … Mais Daniel Harding ne s’est pas laissé déstabiliser, et il a continué son patient apprentissage, construisant petit à petit son répertoire comme sa discographie. Cet enregistrement sonne comme un aboutissement. Une mise en évidence des leçons apprises des grands maîtres qui lui ont mis le pied à l’étrier, mais aussi un témoignage éminemment personnel sur une des œuvres les plus denses et les plus difficiles du répertoire. Dans ce Requiem où la discographie est des plus riches, et appelle à faire des choix parfois radicaux, sa lecture s’impose au sommet parce qu’elle parvient à faire la synthèse de toutes les potentialités portées par le texte.</p>
<p>Synthèse entre la sérénité et le dramatisme, avec des tempi qui sont amples (70 minutes au total) mais qui n’empêchent jamais le texte de déployer son contenu, voire son effroi. Synthèse entre la richesse du propos et la félicité du détail. Synthèse entre les solistes et la masse chorale. Synthèse finalement entre le cœur et l’esprit, grâce à une vision de Brahms probablement patiemment construite au fil des années, qui agrège le romantisme brulant du ton, le classicisme foncier de la structure et le vocabulaire hérité des maitres baroques et pré-baroques.</p>
<p>Pour réaliser ce miracle d’équilibre, le chanceux Harding a, comme au début de sa carrière, bénéficié d’un alignement des planètes que l’on trouve rarement dans l’industrie du disque en 2019. D’abord un enregistrement de studio réalisé dans les règles de l’art, avec tout ce que cela suppose de minutie, un packaging de grand luxe, un beau livret d’accompagnement, et des ingénieurs du son qui ont pleinement mis à profit l’acoustique de la Berwaldhalle de Stockholm, pour livrer un produit qui devrait être proposé comme modèle à tous ceux qui veulent apprendre comment capter un orchestre, un chœur et des voix solistes sans jamais sacrifier les uns aux autres.</p>
<p>L’orchestre est le deuxième atout dans la manche du chef. Depuis 2007, Harding a mené l’<strong>Orchestre de la radio suédoise</strong> du statut de phalange honorable vers celui de compétiteur pour une place dans le top 10 européen. Son travail s’inspire manifestement de celui de Claudio Abbado a Berlin : conserver les basses et la matité du son d’une phalange de tradition germanique, tout en lui permettant de déployer par dessus ces fondations un chant de plus en plus libre et délié. Et les instrumentistes semblent adhérer à la vision de leur directeur musical. Cela nous vaut une partie orchestrale enivrante de beauté, qui s’appuie sur des basses abyssales, sur lesquelles Harding déploie des parfums capiteux, presque inouïs chez d’autres (les harpes dans le II!), faisant sonner son accompagnement comme un camaïeu de couleurs, là où beaucoup se contentent de tons gris.</p>
<p>Troisième ingrédient dans cette réussite : le <strong>Chœur de la radio suédoise</strong>. Il peut se targuer d’une histoire prestigieuse avec le Deutsches Requiem : c’est lui que Claudio Abbado (encore!) avait choisi pour son enregistrement CD (chez DG), et c’est aussi lui qui apparaît dans le concert filmé à Vienne en 1997, pour le centenaire de la mort de Brahms (Euroarts). A l’époque déjà, la critique avait été unanime à saluer la qualité des prestations, tant en terme de puissance que de justesse. 20 ans plus tard, toutes ces qualités sont toujours la, mais les scandinaves semblent y avoir ajoute une lisibilité encore plus grande de la polyphonie, une attention accrue pour la transparence, en écho aux détails orchestraux mis en lumière par le chef.</p>
<p>Et finalement, il revenait aux solistes de parachever cette réussite. On a entendu tant de déconvenues dans ces parties qu’on tremblait un peu d’être déçu. Il n’en est rien. <strong>Christiane Karg</strong> continue <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/mozart-les-noces-de-figaro-montagnes-russes">sur la lancée de sa Susanna des<em> Noces de Figaro </em></a>: elle est parvenue à un chant d’où toute dureté est absente. Aucun effort, aucun changement de registre, aucune prise de souffle ne sont audibles, et elle déploie des lignes d’une longueur infinie qu’elle habite par un timbre liquide du plus bel effet. Et l’émotion, loin d’être amoindrie par cette technique souveraine, nous étreint. Que dire de <strong>Matthias Goerne </strong>? Cela faisait des années qu’on le guettait dans cette œuvre. Allait-il être à la hauteur des attentes ? Bien plus, il nous surprend : on attendait un chanteur de lied au ton éploré, on a droit à un oracle tonnant, plus proche de Wotan que du Wanderer. Virilité du timbre, accents autoritaires, ton sépulcral : tout est déclamé avec une force et une conviction qui font mouche. Moïse guidant les Hébreux dans le Sinaï devait avoir une voix similaire. Certes, cela faisait longtemps qu’on n’avait plus interprété Brahms sur ce ton-là, mais le pari est gagné, les moyens vocaux de Goerne lui permettant cette audace. Et le contraste avec la soprano est saisissant, créant une effet d’architecture (pôle maternel-pôle paternel) qui n’est pas un des moindres atouts du CD.</p>
<p>Au moment de recevoir cet album, on apprenait que Daniel Harding allait prendre une année sabbatique pour se consacrer à son autre passion : le pilotage aéronautique. Nul doute que le jeune chef va nous manquer, mais il y a fort à parier qu’il reviendra de son tête-à-tête avec les nuages rempli de nouvelles idées musicales. Bon vol, maestro !</p>
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		<title>L&#039;Enfance du Christ</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lenfance-du-christ-le-christ-generation-y/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2015 16:05:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Enfance du Christ bénéficie d’une discographie abondante, et de haut niveau. Robin Ticciati a donc pensé, et à bon droit, qu’une nouvelle parution ne se justifierait que parce qu’elle apporte du neuf. Le chef britannique a donc décidé de nous livrer une lecture ultrasophistiquée, creusant chaque détail de la partition, zoomant sans cesse sur l’un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify"><em>L’Enfance du Christ</em> bénéficie d’une discographie abondante, et de haut niveau. <strong>Robin Ticciati</strong> a donc pensé, et à bon droit, qu’une nouvelle parution ne se justifierait que parce qu’elle apporte du neuf. Le chef britannique a donc décidé de nous livrer une lecture ultrasophistiquée, creusant chaque détail de la partition, zoomant sans cesse sur l’un ou l’autre groupe d’instruments, créant la surprise à tous les détours. Il faut reconnaître que le jeune maestro a un sacré talent, et que ce qu’il nous fait entendre relève parfois du prodige. L’ennui, c’est qu’une telle optique est foncièrement contraire à l’esprit même de l’œuvre, qui se veut  toute de simplicité ingénue. <em>L’Enfance</em> n’est ni la <em>Symphonie fantastique</em> ni le <em>Te Deum</em>, et Berlioz s’y emploie à montrer qu’il sait aussi briller dans un style dépouillé et humble. Ses contemporains s’y sont d’ailleurs trompés, qui ont cru qu’il s’agissait d’une œuvre d’un maître de chapelle du XVIIIe siècle. La direction devrait se contenter d’ordonner ce bel équilibre, comme l’ont si bien fait Charles Dutoit (Decca) ou Philippe Herreweghe (HM). Exemple typique de cette surcharge d’intentions : les épisodes du récitant, qui devraient couler comme l’eau pure d’une source, mais qui sont ici sans cesse interrompus par des hoquets de bois ou de cordes. On comprend que les solistes de <strong>l’orchestre symphonique de la radio suédoise</strong> veuillent mettre en valeur leur virtuosité, qui est renversante, mais ce n’est pas le lieu.</p>
<p class="rtejustify">Si l’on accepte de mettre de côté ce problème d’une direction trop démonstrative, le beau coffret proposé par Linn réserve de nombreux motifs de satisfaction. Habituée du rôle de Marie, <strong>Véronique Gens</strong> semble avoir encore approfondi sa vision du rôle. Mais contrairement au chef, cela ne se traduit pas par une surcharge d’effet, mais par davantage d’authenticité. Miracle du travail produit par les grands artistes, où le patient labeur permet d’aller vers l’essentiel. Son timbre, très légèrement fêlé, est idéalement celui de la Mère du sauveur, oblation totale de soi et pur amour. En Joseph, <strong>Stephan Loges </strong>est l’onction et la bonté même, et sa maîtrise du français égale presque celle de son épouse. <strong>Alastair Miles</strong>, conformément à l’habitude, tient les deux rôles d’Hérode et du Père de famille. Son expérience de vieux routier et ses réserves de timbre lui permettent d’incarner à la fois les angoisses d’un monarque schizophrène et la bonté d’un habitant de Saïs qui est seul à accueillir la sainte famille. <strong>Yann Beuron</strong> reste fidèle à lui-même : clair de ligne et de timbre, d’une intelligibilité irréprochable, il propose un récitant en tous points parfait.</p>
<p class="rtejustify">Le véritable atout du double CD est cependant le <strong>choeur de la radio suédoise</strong>, bien connu pour avoir travaillé à de nombreuses reprises avec Claudio Abbado. En petit effectif (28 chanteurs), il a parfaitement pénétré l’esprit de cette pastorale chrétienne, et son interprétation toute en retenue et pureté nourrit un climat constant de ferveur. « L’adieu des bergers » aura rarement sonné aussi bien. Rien que pour eux, l’auditeur fera bien de jeter un coup d’oreille à cette <em>Enfance du Christ</em>.</p>
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