Reine et déesse

Semiramide - Erl

Par Jean-Marcel Humbert | ven 21 Juillet 2017 | Imprimer

Tout a été dit dans ces colonnes sur Semiramide, œuvre « testament » de Rossini, sur les difficultés vocales de certains rôles, sur les avantages et inconvénients d’attribuer tel rôle à tel type de voix, et bien sûr sur les références qui restent en filigrane derrière toute reprise, les prestations Sutherland-Horne puis Caballe-Horne. Mais on peut aussi s’interroger sur les raisons du succès de cette œuvre tout au long du XIXe siècle, succès avec lequel elle renoue depuis sa reprise par Sutherland en 1962, alors que la pièce de Voltaire est totalement oubliée. C’est que, même si l’argument est singulièrement simple pour ne pas dire convenu, le personnage principal continue de fasciner, rejoignant ces femmes dangereuses et fatales, expertes en cruautés diverses, les Messaline, Cléopâtre ou Lucrèce Borgia, qui finissent toujours par expier leurs crimes. Sémiramis n’est pas en reste, qui a tout autant inspiré le cinéma. C’est la voie qu’a choisie la production de ce soir, entre la peinture historique des années 1880 (Alma Tadema), les meneuses de revues du music-hall et les vamps du cinéma des années 20 et 30 (entre Theda Bara et Claudette Colbert), sans s’encombrer d’une psychologie lourde et envahissante. Disons-le tout net, cet ensemble particulièrement cohérent de décors et de mise en scène constitue un des meilleurs spectacles qu’il nous ait été donné de voir à Erl.