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VERDI, La traviata — Avenches

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Spectacle
4 juillet 2008
Violetta, Germont et la fanfare

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Détails

Giuseppe VERDI (1813-1901)
LA TRAVIATA Violetta Valéry, Patrizia Ciofi
Alfredo Germont, Roberto Saccà
Giorgio Germont, Renato Bruson
Flora Bervoix, Gabriella Bosco
Annina, Alessandra Boër
Gastone, Andreas Scheidegger
Barone Douphol, Tamas Bator
Marchese d’Obigny, Danilo Gabriele Serraiocco
Dottor Grenvil, Gregor Rozycki

Choeur et Orchestre du Festival
Graziella Contratto

Mise en scène, décors, costumes, éclairage, Alfredo Corno
Chorégraphie, chœur et figurants, Darie Cardyn

Avenches (Suisse), le 04 juillet 2008

Il y a des fois où, submergé par une vague de misanthropie, que l’on ne cherche même pas à cacher, on se prend à rêver d’un opéra sans public. Sans bruit, sans toux, sans commentaires. Sans raclements de gorge. Sans froissement de papier de bonbons. Il y a des fois où l’on se dit que l’être humain a été perverti par la société de consommation : qu’il a pris l’habitude de regarder – je ne parle pas d’écouter – s’époumoner les stars du lyrique sur le petit écran solitaire de son salon ; de mettre dans sa chaîne Hi-fi une galette quelconque et de la commenter, pour lui-même ou pour les autres. Mais voilà, à l’opéra, on n’est pas chez soi !

Il y a des fois où, l’oreille agressé par ses voisins – comment peut-on émettre autant de sons incongrus sur « Dite alla giovine » ? – il arrive que l’on regrette que, témoignant d’un attachement philologique à une partition, un chef puisse ne pas se rendre compte que son orchestre sonne comme… comme quoi d’ailleurs ? Peut-être comme un vieil enregistrement acoustique des années 1910 – le genre où on n’entend que des « cuivres » et une percussion envahissante. Peut-être comme une vieille fanfare du dimanche – celle que l’on imagine, avec un émoi proustien, sous une gloriette repeinte de frais, dans une gentille ville d’eau ou dans une sous-préfecture d’opérette.

Et on se dit que tout cela est bien dommage ; que l’on passe à côté de quelque chose. Qu’avec ses cordes anémiques Graziella Contratto, avec un geste pudique – et toujours on ne peut plus dramatique – tend des voiles souples autour de ses chanteurs ; qu’elle leur laisse toujours la bride légère – quelle discrétion pour laisser Violetta et Alfredo s’alanguir dans leur premier duo. Il y a un automne nostalgique au bout de sa baguette – la si belle valse du prélude ; de l’amour aussi ; de la tendresse toujours et bien des déchirements.

Franchement dommage ! Et d’autant plus, même, que le plateau ferait pleurer les pierres. Peut-être pas forcément Sacca, bon sans plus, chez qui Alfredo n’est pas aussi consubstantiel que Mozart et qui force du coup un peu ses moyens- par ailleurs impressionnants dans ce plein air moins clément que d’autres. Mais Bruson ! Et Ciofi ! Lui, promène sa stature de bon vieillard – 47 ans de carrière, quand même – comme on pu le faire Bruscantini ou Panerai à une autre époque. Malgré l’émail à jamais terni, malgré la fêlure du timbre, malgré quelques phrases un peu courtes, on tient là un grand baryton Verdi – peut-être l’un des derniers – fascinant de projection… et d’humanité.

Ciofi, quant à elle ne déçoit pas – ne saurait décevoir. Chez elle aussi, il y a la fêlure du timbre ; l’aigu parfois douloureux – mais il l’est sans doute plus pour elle que pour nous : tout ce qui fait sa marque de fabrique. Il y a, surtout, tout ce qui est d’une grande artiste : le don de soi, évidemment ; une ascèse aussi, des gestes simples – ah ! la manière de se protéger d’un châle jeté au creux des reins – rien d’histrionique en somme, puisque de cela l’art n’a pas besoin. Il y a une ligne, enfin, un galbe du son, du mot, des maniérismes sans doute – les longues, longues ouvertures dans l’aigu de « Ah forse lui ». Tout ce qui donne les grandes morts qui laissent sans voix.

On en veut, donc, doublement à un public bruyant d’avoir gâché de si beaux moments parce que la production, classicissime – ce n’est pas Visconti mais ce n’est pas, et cela est mieux, du Zeffirelli, donc pas uniquement de l’occupation d’espace surdécoré – valait franchement le détour !

Benoît BERGER

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Giuseppe VERDI (1813-1901)
LA TRAVIATA Violetta Valéry, Patrizia Ciofi
Alfredo Germont, Roberto Saccà
Giorgio Germont, Renato Bruson
Flora Bervoix, Gabriella Bosco
Annina, Alessandra Boër
Gastone, Andreas Scheidegger
Barone Douphol, Tamas Bator
Marchese d’Obigny, Danilo Gabriele Serraiocco
Dottor Grenvil, Gregor Rozycki

Choeur et Orchestre du Festival
Graziella Contratto

Mise en scène, décors, costumes, éclairage, Alfredo Corno
Chorégraphie, chœur et figurants, Darie Cardyn

Avenches (Suisse), le 04 juillet 2008

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