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NEW-YORK
Metropolitan opera

06/12/01


Arabella
Richard Strauss

Conducted by : Christoph Eschenbach
Choeur et orchestre du Metropolitan opera

Production
Production: Otto Schenk
Set Designer: Günther Schneider-Siemssen
Costume Designer: Milena Canonera
Lighting Designer: Gil Wechsler
Stage Director: Stephen Pickover

Arabella : Renée Fleming
Zdenka : Sandra Moon
Matteo : Raymond Very
Mandryka : Hans-Joachim Ketelsen
Waldner : Harry Dworchak


MARÉCHALE, NOUS REVOILÀ !

Ultime collaboration de Strauss et d'Hoffmannsthal, "Arabella", en dépit d'indéniables qualités musicales, n'a jamais atteint la popularité de son illustre prégédécesseur "Le Chevalier à la Rose", dont elle est, à bien des égards, une pâle resucée (la rose argentée étant remplacée par un prosaïque verre d'eau: la crise était passée par là).

La faute réside principalement dans une conceptualisation trop élevée de l'héroïne qui, à la scène, n'est plus que le faire-valoir des autres protagonistes : un comble pour le rôle-titre ! (A noter que Richard s'en était plaint auprès d'Hugo : il obtint un monologue supplémentaire pour l'héroïne à la fin de l'acte I Autre démonstration d'un manque total de professionnalisme, Hugo eut le mauvais goût de mourir d'une attaque d'apoplexie 2 jours après le suicide de son fils, alors que seul le premier acte avait été remanié !)

Alors que nous avons plutôt l'habitude d'interprétations aériennes et éthérées, Renée Fleming fait un choix tout différent et tente de renforcer la personnalité de l'héroïne en surjouant. Le résultat est assez désastreux : là où on attendait Te Kanawa dans le "Chevalier", on a Scotto dans "Suor Angelica" !!! Les aigus sont systématiquement pris par en-dessous, sont d'une justesse limitée (c'est fait exprès pour donner un caractère vériste), les effets sont outrés, les consonnes résonnent exagérèment... Bref, un rendez-vous manqué pour celle qui reste une des meilleures divas du moment.

Son Mandryka est le baryton Hans-Joachim Ketelsen (programmé initialement dans le rôle de "Beckmesser" à l'occasion des "Maîtres" qui se donnent en alternance)  remplaçant Falk Struckmann, forfait pour la série. Vocalement irréprochable, il incarne malheureusement plutôt un bon vieux barbon qu'un séducteur sur le retour : le coup de foudre d'Arabella, qu'on pourrait comprendre avec un Hampson grisonnant, n'en est que plus inexplicable !

A l'inverse de Fleming, Sandra Moon est une Zdenka / Zdenko pleine de naturel,  vocalement et physiquement parfaite ; son partenaire Raymond Very est à l'unisson.

Le vétéran Harry Dworchak complète efficacement cette distribution. La production se caractérise par une direction d'acteurs parfaite, dans des décors tout droit sortis du défunt "Au théâtre ce soir". Pour ses débuts au Met (où la venue de grands chefs reste plutôt exceptionnelle), Christoph Eschenbach rate la marche du podium : sa direction est assez pesante et l'orchestre très distrait (cuivres extravertis, quelques couacs et décalages). 
 

Placido Carerotti
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