C O N C E R T S 
 
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PARIS

15/10/01

 
Luciano Pavarotti
& Carmela Remiggio

Gala d'airs d'opéras

* Ouverture (Le Nozze di Figaro)
* Recondita armonia (Tosca)
* Pourquoi me réveiller  (Werther)
* Tacea la notte (Trovatore)
* E la solita storia  (L'Arlesiana)
* Dove sono  (Nozze)
* Che gelida manina  (Bohême)
* Mi chiamano Mimi  (Bohême)
* O soave fanciulla  (Bohême)
* Addio alla madre  (Cavalleria)
* Merce dilette amici  (Vespri)
* Vesti la giubba  (Pagliacci)
* Intermezzo (Amico Fritz)
* Duo des cerises (Amico Fritz)
* E strano ... Sempre libera (Traviata)
* Mattinata (Leoncavallo)
* Mamma (Bixio)
* Non ti scordare di me (De Curtis)
* Granada (Lara)
* O sole mio (Di Capua)
* Libiamo (Traviata)
 

Paris Bercy - 12 octobre 2002


WORLD TRADE CHANTEUR !



Luciano Pavarotti a souvent été attaqué pour ce genre de spectacle: "ce n'est pas de l'opéra", "c'est pour faire du fric", "ça n'a pas d'intérêt artistique", "ça n'attire pas le public vers l'opéra", etc, etc, etc.

Pour fixer le cadre de cette critique, je ne reviendrai pas sur ce type de considérations qui ont déjà donné lieu à des débats passionnés mais hélas vains et redondants.

Je me contenterai d'analyser ce concert comme ce qu'il prétend être: un spectacle "grand public".

15.000 spectateurs avaient donc cassé leur tirelire pour assister au retour à Paris, à l'occasion de ses 40 années de carrière, du ténor le plus célèbre du monde, voire le seul vraiment connu de la boulangère du coin de la rue. Rappelons qu'aucun album lyrique de Luciano n'a jamais dépassé les 100.000 exemplaires (alors que les "3T" ont été vendus à plusieurs millions) : il s'agit donc d'un phénomène, unique depuis Caruso, de chanteur d'opéra authentiquement populaire.

Pour l'occasion, Luciano était accompagnée de la jeune Carmella Remigio, découverte il y a quelques années à l'occasion des "Don Giovanni " d'Abbado à Aix.

Le spectacle bénéficie d'une sonorisation correcte au niveau de l'orchestre et même excellente en ce qui concerne les voix.

Le programme est consistant et majoritairement orienté vers l'opéra: on sent, aux réactions de la salle, que celle-ci aurait sans doute préféré "Funiculi Funicula" aux "Duo des Cerises", mais dans l'ensemble l'accueil est enthousiaste, Carmella Remigio bénéficiant à l'occasion de véritables ovations (ce qui prouve que le public n'est pas sourd, même s'il est venu pour Luciano).

Aidée par la sonorisation, Carmella Remigio aborde "Trovatore" et "Traviata", mais son répertoire d'élection se situe plutôt dans le Mozart des "Nozze" voire le Puccini de la "Bohême": une petite Freni en quelque sorte ! La voix est bien conduite, avec des vocalises correctes; les aigus plafonnent au ré bémol et les trilles ne sont pas même esquissés: il y a encore du travail à faire avant d'atteindre le niveau de Mirella !!!

L'orchestre est discret, et ça vaut mieux (l'ouverture des "Noces" est carrément vasouillarde): le principal souci de Maggiera (pianiste habituel de Luciano en récital), c'est d'accompagner le tenorissimo en se calquant sur son rythme.
 

Et Luciano ?
Certes, l'homme a vieilli: le souffle est plus court (avec une tendance à précipiter la phrase musicale en commençant un peu avant l'orchestre et en finissant un peu avant!), les piani détimbrés ne passeraient pas la rampe sans micro, on subit quelques graillons dans l'Arlésienne et des transpositions un peu partout.

Mais, le charisme, les notes sont là et le timbre reste un des plus beau qui soit (peut-être même encore plus riche que par le passé, Luciano ayant gagné en graves): il reste inapproché dans la "Bohême". Le Pavarotti des "Fille du Régiment" avec Sutherland ou des "Bohême" Freni / Kleiber appartient maintenant au passé: sachons apprécier ce qui nous reste de cette voix bénie des dieux›

L'inévitable "brindisi" de la "Traviata", repris en choeur par la salle, conclue la soirée d'un public ravi : quand un travail quel qu'il soit atteint ce niveau de qualité, pourquoi bouder notre plaisir ?
  


Placido Carrerotti
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