C O N C E R T S 
 
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New York
(Metropolitan Opera)
FALSTAFF

Giuseppe VERDI
Bryn Terfel : Falstaff
Marina Mescheriakova : Alice Ford
Suzanne Mentzer : Meg Page
Stephanie Blythe : Mrs Quickly
Dwayne Croft : Ford
Camilla Tilling : Nannetta
Gregory Turray : Fenton
Jonathan Welch : Dr Caïus
Jean Paul Fouchécourt : Bardolfo
Raymond Aceto : Pistola
 

Orchestre et choeurs du Metropolitan de NY
Direction : James Levine

New York, 6/04/2002 (matinée)

Production: Franco Zeffirelli
Set and Costume Designer: Franco Zeffirelli
Lighting Designer: Wayne Chouinard
Stage Director: David Kneuss



BIDE TOTAL !

Bide énorme ! Ventre phénoménal ! C'est celui de Bryn Terfel pour sa superbe incarnation de Falstaff dans cette production new-yorkaise.

Terfel s'était quelque peu éloigné des scènes dernièrement, pour cause de paternité : il nous revient en grande forme. Certes, on souhaiterait un peu plus de raffinement, des effets un peu moins appuyés, un peu plus d'intériorisation ; cela viendra sans doute avec l'age, en attendant, profitons du plaisir immédiat d'entendre enfin une voix saine et généreuse.

A ses côtés, un beau quatuor féminin :

Marina Mescheriakova est ici bien plus à sa place que dans les grands Verdi.
Suzanne Mentzer est un luxe pour le rôle de Meg.
Camilla Tilling est une charmante Nannetta.
Mais c'est à Stephanie Blythe que revient la palme : c'est sans nul doute le meilleur élément de la distribution, dont la performance ne se compare qu'aux plus grandes.

Dwayne Croft est également superbe : voix somptueuse, interprète hors pair, avec ce qu'il faut d'humanité.

Très faible en revanche, le Fenton de Gregory Turray : une voix pareil au milieu d'une telle distribution ne peut s'expliquer raisonnablement que d'une seule manière ; il a couché !

Les seconds rôles sont quant à eux sans reproche, avec une mention particulière pour Jean Paul Fouchécourt , minuscule Bardolfo au prise avec le géant Falstaff, dans un clin d'oeil aux vieux Chaplin.

La mise en scène est une remise à neuf de l'antique production des années soixante : on se croirait revenu au temps de Shakespeare, mais c'est fait avec tant de goût et de poésie, qu'on pardonne tout à cette production kitch (on a même droit au cheval blanc grimé en licorne au dernier acte qu'on dirait sorti de "Blanche Neige et les sept nains" !) d'autant que la direction d'acteurs est digne des vieux routiers du théâtre de boulevard (amateurs de modernité, passez votre chemin, inutile de le préciser !).

Au pupitre, c'est l'indéboulonnable James Levine : sa direction est vive, mais il lui manque un grain de folie pour être à l'unisson des interprètes.
 
 

Placido Carrerotti
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