C O N C E R T S 

 
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PARIS
(opéra Bastille)

09/03/2002

Macbeth
Giuseppe Verdi

Direction musicale : James Conlon
Mise en scène : Phyllida Lloyd
Décors et costumes : Anthony Ward
Lumières Hugh Vanstone
Chorégraphie : Jonathan Lunn

Macbeth : Leo Nucci
Banco : Eldar Aliev
Lady Macbeth : Deborah Voight
Macduff : Marco Berti
Dama di Lady Macbeth : Claudia Pallini
Malcom : Vsevolod Grivnov
Medico : Yuri Kissin
Un domestico : Ulas Inac
Un Sicario : Sergei Stilmachenko
Apparizione I : Denis Aubry
Apparizione II : Lina Faesch
Apparizione III : Arnaud Pflimin
Un Araldo : Nicolay Handjiev


Décidément Verdi n’a pas de chance pour son centenaire avec l’opéra de Paris. Après le ratage d’Attila (que seul Samuel Ramey réussissait à sauvegarder), un Rigoletto handicapé par deux distributions inégales, la reprise de Macbeth ressemble à une mariée trop belle. Le casting était alléchant, la mise en scène n’avait pas laisse de mauvais souvenir, bref on s’attendait à du grand art. Ce fut…presque le cas !

Deux mots sur la mise en scène : elle fait partie de ces produits hybrides, mi lecture au premier degré, mi lecture allégorique ponctuée de belles visions esthétiques (l’arrivée de Duncan, les apparitions…) avec des costumes et des éclairages superbes, mais pêche souvent par son manque de tonus. Elle est également handicapée par une chorégraphie ridicule. Ainsi, les manipulations des bâtons des pauvres sorcières valent à elles seules le déplacement : ce n’est pas en place et c’est moche ! Pourquoi faut-il toujours que les metteurs en scène s’accompagnent de chorégraphes de troisième zone ? Mais c’est vrai, n’est pas Blanca Li ou Laura Scozzi qui veut ! Bref une mise en scène consensuelle qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui souligne, par ses temps morts, les faiblesses de la construction dramatique de l’opéra, avec des moments fulgurants mais aussi des longs tunnels où l’ennui pointe. Nous ne sommes pas au niveau de Rigoletto ou du Trouvère.

Côté interprétation, le casting est à la hauteur, comme d’habitude à Bastille mais sans nous faire atteindre la plénitude que l’on pourrait attendre. Ainsi Deborah Voigt réussit sa prestation vocale, beaucoup mieux que l’an dernier dans le rôle de Senta. La ligne de chant est sure avec de nombreuses nuances et des aigus quasi parfaits. Elle fait presque oublier Guleghina, mais son interprétation de Lady Macbeth est trop sage, trop propre pour nous faire frémir !

Leo Nucci nous laisse également un peu sur notre faim. Alors qu’il pouvait lui être reproché d’en faire trop dans Rigoletto en septembre dernier (voir la critique correspondante), son interprétation dans Macbeth manque quelque peu d’engagement scénique. On aurait attendu plus de folie, d’hallucination. Cela est d’autant plus regrettable qu’il reste un immense baryton verdien, certainement le meilleur que l’on a pu entendre à Bastille ces dernières années.

Il faut également souligner la prestation de Marco Berti en Macduff. Bien sur le rôle est réduit mais son air unique a mis en valeur une vaillance et une projection étonnante. Il fait oublier Franco Farina, un habitué de lieux, trop souvent handicapé par des problèmes de justesse.

James Conlon semble très à l’aise dans cette partition et fait sonner brillamment les couleurs de l’orchestre. Cela n’empêche pas parfois certains décalages en particulier avec un chœur toujours très en forme (même si on a parfois l’impression qu’ils veulent rentrer dans le Guiness des records côté décibels !).

Bref, quelques petites imperfections qui ne gâchent pas la soirée mais nous empêche de monter au Nirvana !

Bertrand Bouffartigue

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