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28 novembre 1843 : une autre Medea

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28 novembre 2023

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Largement oublié aujourd’hui, Giovanni Pacini fut l’un des grands auteurs de la première moitié du XIXe siècle, connu et respecté, mais quelque peu écrasé par la concurrence de Bellini, puis de Donizetti et incapable de résister au rouleau compresseur verdien, un peu comme ses collègues Mercadante et Ricci au même moment. Il avait pourtant cru à l’avènement de sa bonne étoile en 1840, lorsqu’il avait créé sa Saffo avec un grand succès et qu’il n’avait plus face à lui Bellini, disparu quelques années auparavant, ni Donizetti, qui avait quitté l’Italie. Mais Pacini, qui s’était profondément remis en question lors d’une sorte d’exil intérieur qui avait duré 5 ans, passe encore à cette époque comme un petit maitre en comparaison de ces collègues. Il est surtout réputé pour ses enchaînements de cabalettes très ressemblantes les unes aux autres, avec un élan parfois un peu poussif et aisément suspect de facilité, sans réussir à percer. Et pourtant, Saffo était rien moins que son… cinquantième opéra et son plus grand succès ! Tout ceci lui avait valu un de ces bons mots si cruels de son confrère et presque contemporain (ils avaient 4 ans d’écart) Rossini : « Qu’est-ce que ce serait s’il connaissait la musique ! Personne ne pourrait lui résister… »

Pour le Teatro Carolino de Palerme, trois ans plus tard, Pacini s’attaque donc à une figure redoutable et propice aux grands drames lyriques : Médée. Par un curieux hasard, sa propre Medea sera d’ailleurs créée 30 ans jour pour jour après la Medea in Corinto de Mayr… Cette fois, le livret en est confié à Benedetto Castiglia, jeune intellectuel qui sera plus tard député. Sur le fond, il s’inspire évidemment d’Euripide et de Corneille et en tire 3 actes pour 21 scènes. Pacini essaie quant à lui de donner l’élan dont il est souvent accusé de manquer. Il peaufine son orchestre, y multiplie les effets, les nuances, les surprises aussi pour un public à qui on ne la fait pas.

Et ce 28 novembre 1843, qui est aussi un mardi, ça marche ! Le succès est immense et dépasse celui de Saffo. Mais, doutant de lui-même plus encore que ses détracteurs, Pacini ne cessera pas de remettre sa partition en question, proposant des révisions à chaque reprise, pendant les dix années suivantes. L’ouvrage disparaîtra des affiches sans coup férir, jusqu’à sa résurrection surprise à Savone en 1993 sous la baguette d’un infatigable défricheur de ce répertoire, Richard Bonynge, qu’on aurait aimé un peu mieux entouré qu’ici, notamment à l’orchestre. Qui sait s’il n’y a pas une petite place pour Medea, ou même Saffo, dans les projets d’un label tel qu’Opera Rara, qui a déjà enregistré Carlo di Borgogna ou Maria Regina d’Inghilterra, ouvrages pourtant réputés moins importants. Alors, pourquoi pas ?

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