Monteverdi plus pop que top

Par Laure Bertoli | ven 18 Mai 2012 | Imprimer

En 2009, Laurence Equilbey (sous le pseudonyme d’Iko, comme iconoclaste) avait prêté sa caution à un album intitulé Private Domain, sur lequel étaient passés à la moulinette divers « tubes » classiques, notamment le Lamento della ninfa, déglingué – le mot « arrangé » serait ici par trop ironique – par un certain Murcof, pseudonyme du compositeur mexicain Fernando Corona, et piaillé par une chanteuse japonaise nommée Piana. En 2012, Monteverdi survivra-t-il à l’assaut lancé contre lui par le Théâtre du Châtelet ? Revu et corrigé par Michael Torke, L’Incoronazione di Poppea deviendra ainsi Pop’pea (on appréciera la colossale finesse de l’apostrophe), « version vidéo-pop » de l’opéra, ou plus précisément « adaptation interprétée par un groupe de rock, pour donner aux harmonies de Monteverdi une sonorité électrique, défendue par de véritables stars de la scène rock et pop ». Dans la distribution, seule Valérie Gabail dans le rôle-titre est issue des milieux lyriques. Décidément, Paris aime beaucoup Monteverdi et particulièrement sa Poppée, mais on en vient à se demander si, finalement, la version donnée au Palais Garnier en 1978, avec Gwyneth Jones et Jon Vickers, entre autres, n’était pas un modèle d’authenticité musicologique par rapport à ce qu’on entendra du 27 mai au 9 juin sur la scène du Châtelet. Qui aime bien châtie bien ? [LB]

Partager