En 2009, Laurence Equilbey (sous le pseudonyme d’Iko, comme iconoclaste) avait prêté sa caution à un album intitulé Private Domain, sur lequel étaient passés à la moulinette divers « tubes » classiques, notamment le Lamento della ninfa, déglingué – le mot « arrangé » serait ici par trop ironique – par un certain Murcof, pseudonyme du compositeur mexicain Fernando Corona, et piaillé par une chanteuse japonaise nommée Piana. En 2012, Monteverdi survivra-t-il à l’assaut lancé contre lui par le Théâtre du Châtelet ? Revu et corrigé par Michael Torke, L’Incoronazione di Poppea deviendra ainsi Pop’pea (on appréciera la colossale finesse de l’apostrophe), « version vidéo-pop » de l’opéra, ou plus précisément « adaptation interprétée par un groupe de rock, pour donner aux harmonies de Monteverdi une sonorité électrique, défendue par de véritables stars de la scène rock et pop ». Dans la distribution, seule Valérie Gabail dans le rôle-titre est issue des milieux lyriques. Décidément, Paris aime beaucoup Monteverdi et particulièrement sa Poppée, mais on en vient à se demander si, finalement, la version donnée au Palais Garnier en 1978, avec Gwyneth Jones et Jon Vickers, entre autres, n’était pas un modèle d’authenticité musicologique par rapport à ce qu’on entendra du 27 mai au 9 juin sur la scène du Châtelet. Qui aime bien châtie bien ? [LB]
Monteverdi plus pop que top
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Brève
18 mai 2012
Monteverdi plus pop que top
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Boesmans – dont on s’apprête à fêter le 90e anniversaire de la naissance – n’était a priori pas favorable à ce que ses opéras paraissent sans support vocal. C’est qu’une grande partie de son travail naît de la rencontres d’artistes du visible, comme ici le dramaturge Luc Bondy ou le décorateur Erich Wonder.
Relativement délaissé par le disque pendant plusieurs décennies, à l’image des maisons d’opéras, Simon Boccanegra connaît désormais une floraison de publications, essentiellement tirées d’enregistrements publics (on ne compte que 6 intégrales en studio). Mais quelles que soient leurs qualités, elles n’égalent pas le classique qu’est devenu l’enregistrement dirigé par Claudio Abbado voici presque 50 ans, en marge de représentations légendaires à la Scala de Milan mises en scène par Giorgio Strehler.
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