L'Opéra de Dijon

Par Yvan Beuvard | jeu 23 Avril 2015 | Imprimer

Moins de vingt ans pour l'Auditorium de Dijon, cette installation modulable de plus de 1600 places, mais elle a déjà tenu toutes ses promesses. La Bourgogne joue maintenant dans la cour des grands, avec cette deuxième salle (à laquelle il faut ajouter le Grand-Théâtre, passé de 1000 places en 1828, à 692 aujourd'hui) et une programmation remarquable. Pas moins de quatre créations cette saison (Katia KabanovaBrundibarDer Kaiser von Atlantis et Wozzeck) ; Rameau oblige, les plus grands baroqueux ont fait le pélerinage, 33 ensembles et orchestres internationaux, 13 claviéristes d’Andeas Staier à Hélène Grimaud, Les Dissonances, David Grimal et Brice Pauset  en résidence…  Les Bourguignons et Francs-Comtois sont comblés, mais aussi les Suisses et les  Allemands que le TGV rapproche singulièrement (Bâle est à 1h 20  de Dijon).

Adresse : Place Jean Bouhey, 21000 Dijon. Au centre de la Cité des affaires Clémenceau, à deux pas de l’hypercentre (où est né et a vécu Rameau), haut-lieu du tourisme, non loin du Grand-Théâtre.

Institution lyrique : Opéra de Dijon

Site Web : www.opera-dijon.fr

Année de construction : 1998

Architecte : une équipe conduite par Bernardo Fort-Brescia (de l’agence Arquitectonica, de Miami).

Style architectural : contemporain

Répertoire de prédilection : une politique résolument novatrice, qui familiarise le public, à côté du fond de répertoire, à des œuvres  fortes et essentielles. Chacun y trouve son compte, de l’amateur de musique ancienne à celui épris de contemporain, des fervents de musique de chambre, du répertoire symphonique et de récitals, des passionnés de chorégraphie… sauf ceux qui considèrent encore que l’opéra-comique français du XIXe siècle et l’opérette devraient être au cœur de la programmation.

Activités pédagogiques et culturelles : sensibilisation des publics scolaires et universitaires, des familles, des publics néophytes ou des plus fragilisés.  En fonction de la programmation, des ateliers famille (où les enfants sont pris en charge pour une activité artistique durant la représentation), des rencontres, des projets participatifs. Une immersion complète dans le monde de l’opéra et de la musique classique est offerte avec des créations ouvertes autour des spectacles. Une publication mensuelle, née cette saison, « La fabrique d’absolu »,  se substitue aux programmes de salle. En un peu moins de 100 pages, elle commente les programmes détaillés, et livre des articles culturels en relation. En outre, chaque ouvrage lyrique fait l’objet d’un programme (200 p.) richement illustré qui reproduit le livret et explicite la scénographie.

Histoire :  Le Grand-Théâtre, achevé en 1828, était devenu trop exigu et inconfortable, malgré son acoustique remarquable et le charme du théâtre à l’italienne. Aussi Robert Poujade, alors député-maire de Dijon,  voulut-il, dès 1988,  intégrer un vaste auditorium dans son projet de création d’un quartier d’affaires à moins d’un kilomètre du centre-ville. Cette ambition coûteuse lui valut les critiques acerbes de ses adversaires comme de certains de ses amis. L’alternance, qui conduisit François Rebsamen à lui succéder,  ne remit pas en cause ce projet.  Après quelques années de tâtonnements, la direction fut confiée en 2008 à  Laurent Joyeux, toujours aux commandes, qui donne du sens à cette magnifique réalisation. Depuis son ouverture, en 1998, l’Auditorium accueille la majeure partie des spectacles, le Grand-Théâtre étant réservé aux manifestations en adéquation avec son volume et son architecture à l’italienne.

Premier opéra représenté : L’Orchestre National de France inaugura la salle, précédant un improbable Faust , qui n’a pas laissé un souvenir vivace.

Créations mémorables :

  • Première française du Tristan und Isolde mis en scène par Olivier Py (initiative d'Angers-Nantes Opéra, créée à Angers, coproduite avec Dijon, 2009),
  • L’Amour des trois oranges mis en scène de Sandrine Anglade (prix de la critique 2010),
  • Turandot, de Busoni , réalisée par Cisco Aznar (2011),
  • Don Giovanni  de Jean-Yves Ruf  et Gérard Korsten (2013),  
  • le Ring de Laurent Joyeux et Daniel Kawka (2013),
  • Première française du Castor et Pollux de Barry Kosky , avec Emmanuelle Haïm (2014),
  • Katia Kabanova, revisitée par Laurent Joyeux  et Stefan Veselka (2015).
  • Création attendue (mai 2015) : Wozzeck (Sandrine Anglade, Emilio Pomarico)

Meilleures places : Aucune n’est médiocre. Celles situées sur les balcons latéraux ont la meilleure vue sur le plateau, bien que légèrement tronquée, mais c’est encore à l’orchestre, à partir du dixième rang que l’oreille et l’œil sont pleinement satisfaits.

Acoustique : Artec Consultant, une référence mondiale, a signé l’acoustique. Le son est aussi transparent au dernier rang du second balcon qu’au 10e rang des fauteuils d’orchestre.

Tarifs : de 5,50 à 57 €

Anecdote :  Que faire quand le London Symphony Orchestra atterrit sans instruments ni partitions (ni fracs, ce qui est moins grave) pour jouer la 7e de Mahler ? Une grève des dockers français bloque les mouvements de ferries, donc le camion.  Douze heures pour réaliser le miracle : toutes les équipes se sont mobilisées pour aller chercher chaque instrument aux quatre coins de France. Valery Gergiev et ses musiciens ont pu jouer le 8 mars 2008.

Tenue : Bon enfant, décontractée, les cravates des hommes peu nombreuses, les nœuds papillons exceptionnels, les tenues de soirée et les robes longues sont sinon bannies, du moins rarissimes. Sympathique mixité sociale, signe d’un élargissement des publics en passe d’être réussi.

Vestiaire : Les bagages et les instruments y sont acceptés, après inspection par le personnel en charge de la sécurité.

Toilettes : à tous les niveaux. Même les jours où l’on affiche complet, le temps d’attente des femmes demeure raisonnable. Mais quand donc les concepteurs prendront-ils en compte le déséquilibre ?

A l'entracte : Le bar se trouve au foyer du niveau inférieur. Avant l’ouverture des portes, le public y lit « la  fabrique d’absolu » et consomme son en-cas. Evidemment, outre les petites collations et boissons habituelles, le bar vous propose des vins de Bourgognes au verre, fort honorables,  sinon des grands crus. Les commandes se font à des caisses spécifiques à proximité, qui vous délivrent des tickets. Il est prudent de les prendre dès son arrivée pour éviter les queues à l’entracte et ainsi déguster avec lenteur.

Le bémol : un site Web vieillot qui mérite d’être renouvelé, ainsi que la page Facebook.

Les dièses : la programmation,  une salle confortable, fonctionnelle, d’un accès aisé, au personnel accueillant, où l’on peut écouter les artistes et les formations les plus renommés à des tarifs imbattables ; des dispositifs performants à destination d’un public en situation de handicap : audiodescription, accompagnement spécifique, répétitions et rencontres en langue des signes sont proposés gratuitement. SIx cent sièges spécialement aménagés pour les malentendants (et malvoyants) et 20 pour les personnes à mobilité réduite.

Accessibilité :  les ascenseurs permettent aux personnes handicapées  d’accéder à leur place. Sinon, l’on y pénètre par un grand escalator ou par un escalier hélicoïdal.

Parking ou transports en commun conseillés : le parking Clémenceau, ouvert 24h/24h, dont la sortie piétonne s’ouvre sur les ascenseurs et escalators de la salle ; tramway T1 (à 5 stations de la gare) arrêt Auditorium ; bus Liane 6 arrêt Marne et bus Flexo 40 arrêt Auditorium.

Boutique : un stand, renouvelé en fonction du programme, tenu par une disquaire qualifiée qui vous prodiguera ses conseils de lecture et d’écoute.

Où dîner a proximité ? Cinq restaurants dans un rayon de 150m, corrects voire très satisfaisants, mais qui ferment généralement à 23 h. Pour la gastronomie la plus raffinée et les couche-tard, la ville ancienne, très proche, en compte de renommés. S’en remettre aux guides spécialisés.

Où dormir à proximité ? Deux hôtels de chaînes internationales, pratiquement contigus à l’Auditorium, de bon niveau de confort, très pratiques. Plusieurs autres de tous styles, non loin de là. En fonction de tous les budgets.

 

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