Marie-Claude Chappuis, ou le chant de l’âme

Par Charles Sigel | mar 12 Mai 2020 | Imprimer

Depuis une vingtaine d’années la belle voix de mezzo de Marie-Claude Chappuis s’épanouit aussi bien dans le lied que dans l’oratorio ou l’opéra. Née à Fribourg, dans une famille où l’on chantait beaucoup (comme partout en Suisse), elle s’expatria très jeune en Autriche pour poursuivre sa formation musicale au Mozarteum. Et son apprentissage se poursuivit à la rude école des théâtres de répertoire. Logiquement, c’est dans les pays de langue allemande que sa réputation s’installa tout d’abord. Evocation de son parcours.

Marie-Claude Chappuis, question rituelle en période confinement : comment allez-vous ?

 Ecoutez, j’essaie de rester en forme pour la reprise, même si on ne sait pas quand elle viendra, je travaille tous les jours ma voix, je m’efforce de rester positive, mais évidemment beaucoup de choses très belles ont été annulées, un Requiem de Mozart à Berlin avec Sir Roger Norrington, toute une tournée qui aurait dû se faire avec la Messe en si de Bach, une reprise de Didon et Enée dans la mise en scène de Sasha Waltz au festival de Ludwigsburg, ce spectacle que nous avons donné la saison dernière à Berlin et que je me réjouissais de retrouver, un récital à Salzburg en juin, il y avait une cantate de Bach et la Messe en ut, op. 86, de Beethoven à Saint-Thomas de Leipzig… Bref ça fait mal, c’est une terrible période, on ne sait pas quand ça pourra reprendre et c’est pour ça qu’au lieu de me morfondre, je me suis dit « Mais comment faire pour en revenir au live ?», parce que j’en ai un peu assez de toutes ces choses en streaming sur internet, et c’est pour ça que je suis en train d’organiser mon festival du Lied, que j’ai créé il y a presque vingt ans, à Fribourg, en Suisse, où j’ai mes racines, comme vous le savez, en Drive In.

Comme au cinéma en Amérique dans les années cinquante ?

C’est ça, c’est le même concept, les gens seront dans leur voiture, et nous serons sur scène pour des concerts de lieder ou de musique de chambre, en respectant les fameuses distances, il y aura un grand écran LED, certains nous verront directement, d’autres regarderont l’écran, il y aura une sonorisation, j’espère que la radio pourra diffuser en direct, donc il y aura le son sur les auto-radios, et voilà, je me suis lancée là-dedans, j’ai organisé six concerts, et tout de suite des artistes amis m’ont confirmé qu’ils étaient partants pour l’aventure, Rachel Harnisch et Jan Philip Schulze, Marina Viotti avec le pianiste Christian Chamorel, le flûtiste Maurice Steger avec un petit ensemble baroque, le ténor Ilker Arcayürek, le Stradivari Quartett. Pour le dernier concert, il y aura mon programme « Au cœur des Alpes, » pour la Fête Nationale Suisse, ces mélodies populaires que j’ai enregistrées, il y aura mon luthiste partenaire Luca Pianca et évidemment un cor des Alpes, joué par Christophe Sturzenegger… J’aimerais que ça puisse se passer dans la basse ville de Fribourg, dans ce quartier médiéval merveilleux, les gens se mettraient aux fenêtres, ce serait formidable. J’ai eu besoin d’imaginer une solution et d’agir, à ma mesure. De penser au public qui a besoin de musique, comme nous, et je me suis dit que c’était une façon de rassurer les gens, qui pourraient être là, avec nous, mais en se sentant en sécurité. J’ai pensé à ces gens pas forcément tout jeunes, qui sont souvent notre public (sourire), et qui pourraient venir avec leur famille. Bien sûr que ce n’est pas idéal, c’est bien plus beau d’être dans une salle ensemble, mais comment écouter sereinement la musique si on est rongé par la peur. J’imagine qu’après, il faudra continuer à vivre avec ce virus, mais quand on aura trouvé un médicament et un vaccin, je suis sûre qu’on vivra mieux.

J’imagine que, malgré ce projet qui mobilise votre énergie, vous êtes, comme toute la profession, musiciens et chanteurs, angoissée face à un futur impossible à dessiner ?

Je partage les soucis de tous mes collègues, évidemment, notamment des artistes lyriques, qui ne savent rien de leur avenir. Comme beaucoup d’entre eux, je suis complètement indépendante, je ne vis que de mon chant, et je me dis que les pays qui auront su aider leurs artistes pourront ensuite en être fiers, ceux qui auront su comprendre à quel point les artistes sont précieux, non seulement par leur pouvoir d’élever l’âme, mais aussi parce qu’ils font vivre bien des secteurs de la société. Mais je suis persuadée qu’on va retrouver ce plaisir profond d’être ensemble et de partager une émotion qui nous dépasse. J’ai trop besoin d’y croire… Vous savez, je suis une personne croyante, et j’ai le sentiment que ceux qui aident le plus les autres dans des circonstances aussi sombres, ce sont ceux qui restent positifs et pleins d’espoir. Je veux être très optimiste, et je sens dans mon coeur que c’est juste. J’ai besoin d’être dans cet état d’esprit pour pouvoir chanter !

Il faut être heureux avec sa voix et heureux avec soi-même pour pour pouvoir chanter ?

Absolument. Mais je dois dire que même s’il arrive que j’aille un peu moins bien, et que j’aie le courage de me mettre à chanter, eh bien le chant a le pouvoir de me sortir de cet état de torpeur ou de mal-être. Vous savez, Teresa Berganza disait « Ma voix, c’est ma vie », et moi je racontais l’autre jour à une collègue qu’il m’arrive avant un concert de me réveiller dans la nuit, de faire une note ou deux, et de me rendormir tranquillisée en me disant, ça va, elle est encore là ! Notre voix, c’est notre plus grand partenaire de vie, et je suis toujours reconnaissante d’avoir ce privilège-là. D’être sur scène, de jouer au théâtre ! D’avoir la chance de recréer ces œuvres, de vivre au contact de ces œuvres divines, d’avoir fait autant de rencontres…

De ce point de vue vous avez été gâtée !

 Oui, rendez-vous compte : Harnoncourt pour qui j’ai chanté Idamante à Graz et Zurich, René Jacobs qui m’a permis de faire tant de choses avec lui, Ottavia dans Poppée, l’Anima dans la Rappresentazione di Anima e di CorpoLe Retour d’Ulysse, Christophe Rousset pour The Fairy Queen, Muti, Chailly qui m’a choisie pour la St Matthieu, Altinoglu pour Sesto de La Clémence de Titus, Il Giardino Armonico et Giovanni Antonini, que j’adore, Daniel Harding avec qui j’ai fait mes débuts à la Scala dans Fierrabras de Schubert, c’est fou.… C’est vrai que depuis vingt ans c’est du travail non stop, mais c’est une telle passion…. Je me dis que si je reviens un jour au monde, je voudrais recommencer exactement pareil ! Rien que Bach, imaginez ! Chanter Bach, à Leipzig, pour une chanteuse francophone, avec le Gewandhaus et le Thomanerchor, faire le concert d’ouverture des Bachfest, quel honneur !  J’espère toujours être à la hauteur de ce qu’on me demande, mais vraiment je rends grâces, c’est un cadeau de la vie incroyable.

Question indiscrète peut-être : vous qui êtes très croyante, est-ce que chanter Bach, c’est du chant, ou est-ce davantage que du chant, une forme de prière ?

 Ecoutez, je me dis que je suis tellement reconnaissante de servir Dieu en servant l’art. Mais pas seulement Bach. En chantant Cosi fan tutte, aussi. Et en chantant La Belle Hélène aussi, figurez-vous ! Je ne monte jamais sur scène sans prier, et sans espérer être au service de Dieu ! Dans La Belle Hélène, l’humour est complètement divin. Penser aux gens qui sortent de là et qui ont connu un moment de joie, je trouve ça divin. Evidemment, chanter Bach, c’est presque une confession de foi, c’est comme dire une messe, comme le travail d’un prêtre, mais regardez, dans Cosi, le trio « Soave sia il vento », quand les deux garçons s’embarquent pour la guerre, est-ce que ce n’est pas comme une prière, ressentie par tout le monde, comme un moment de suspens dans l’action, et dans la vie ?

 On a le sentiment parfois, par votre engagement, que vous vous mettez dans le même état d’esprit pour chanter l’oratorio et l’opéra. J’y pensais en vous écoutant dans la St Mathieu que vous avez enregistrée avec René Jacobs, où vous ne chantez qu’un seul aria,« Können Tränen meiner Wangen », mais avec tant d’énergie et de dramatisme, qu’on est dans le tragique.

 J’aime beaucoup cette dimension d’opéra dans la St Matthieu ! Je l’ai chantée aussi avec Riccardo Chailly qui m’avait confié le premier rôle d’alto, donc je chantais entre autres le « Erbarme dich », mais c’était une lecture plus introvertie, tandis que René Jacobs en faisait quelque chose d’expressionniste, de poignant. Moi qui joue un peu de piano, je suis émerveillée par l’écriture de Bach, mais en même temps, il y a là une sensualité extraordinaire. Alors le chanter, c’est une jouissance indicible. Cela dit, ça demande un travail invraisemblable, le moindre récitatif, le moindre air, si on l’approfondit, conduit à une exigence sans fin. Ce que le public écoutera, ce n’est que la pointe émergée de l’iceberg… Chaque fois que j’ai la chance de chanter la St Matthieu, je me dis que je suis en chemin, que je n’en aurai jamais fini avec elle.

Parlez-moi de votre voix. Où en est-elle ? Vous avez toujours été mezzo ?

 Au départ, je dirais jusque vers 23 ans, j’ai plutôt chanté en soprano, et c’est avec mon professeur au Mozarteum de Salzburg, que le mezzo est devenu une évidence, un mezzo plutôt lyrique avec de très bons aigus, mais justement ce que j’aime, c’est d’avoir une voix qui permet, parce qu’elle a aussi des graves, de chanter Bach comme alto ou de faire par exemple Sesto ou le « Ch’io mi scordi di te » de Mozart, que je vais chanter, j’espère, en tournée avec un orchestre baroque, qui s’appelle les Passions de l’âme, basé à Berne. Elle reste claire, je crois, ma voix, mais elle a une assez grande tessiture, elle va pratiquement du do dièse grave en bas, jusqu’au contre-ut aigu. Evidemment c’est un travail de tous les jours, pour avoir cette tessiture large et, en même temps, garder la flexibilité qui permet les coloratures. Mais je dirais qu’il y a probablement des choses que je fais mieux qu’avant, j’ai l’impression de comprendre mieux certaines choses. C’est difficile de parler de sa propre voix, j’espère seulement la garder la plus naturelle possible. C’est très important, le naturel dans la voix. Je commence à chanter Mahler, avec beaucoup de plaisir, mais je veux encore pouvoir pratiquer le chant baroque, où la voix doit rester flexible et permettre des lignes musicales épurées.

Est-ce qu’il n’y a pas un risque à chanter Mahler, donc plutôt dans le charnu de la voix, si on veut continuer à chanter Monteverdi ou Mozart ?

Ecoutez, vous le savez, j’ai travaillé avec Brigitte Fassbaender, j’ai fait partie de sa troupe quand elle dirigeait l’Opera d’Innsbruck. Elle était très vigilante avec ses chanteurs. Eh bien, elle m’a fait faire Charlotte de Werther, et puis Sesto, elle m’a fait faire Carmen, ça a marché comme sur des roulettes, c’est d’ailleurs un de mes rôles préférés, mais ça dépend toujours évidemment du chef : j’ai fait cette Carmen avec un chef qui dirigeait de façon subtile, flexible, jamais on ne m’a dit « Chante plus fort, donne plus »… Et pour en revenir à Mahler, on peut le faire avec naturel, avec une simplicité que je dirais populaire. Je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle entre Mahler et ces mélodies populaires suisses que j’ai enregistrées. J’ai chanté récemment les Lieder eines fahrendes Gesellen en Autriche, et j’ai insisté pour qu’on n’aille pas dans le pathos, mais dans une sorte de simplicité populaire. Bien sûr qu’il faut que la voix passe par dessus l’orchestre, mais je pense que la mienne a une bonne portée, sans la rendre épaisse. Souvenez-vous du naturel, de la simplicité d’une Kathleen Ferrier… Je vais vous dire : ce que j’aime chez les artistes, ce sont les différences de personnalité, ce que chacun a d’unique, par ses chemins de vie, par ses apprentissages, et c’est la sincérité qui touche le public. Bien sûr qu’il faut comprendre les différences d’époque, de style, d’écriture, mais ce qui me touche, par exemple, chez un Fritz Wunderlich, c’est une simplicité, un naturel… On a là quelque chose qui vient de l’âme, d’une envie d’être soi-même, d’être cohérent avec son art et avec l’émotion que suscite le texte. J’ai eu le privilège de faire La Damnation de Faust avec Norrington à Leipzig, il y a quelques années, et là encore, il n’y avait pas du tout de sa part la demande que je donne plus, que ce soit plus fort, même si c’est très dense.

Il s’agit de rester en harmonie avec soi-même ?

 Voilà, c’est ça je crois : il s’agit que ce que l’on donne soit en cohérence avec le texte et la musique, mais aussi avec l’être et la voix et la maturité artistique que l’on a atteinte. Quand il m’arrive d’enseigner, la première chose que je dis à mes élèves, c’est : s’il te plait, ne regarde pas sur You Tube ce que font tous les autres, regardons ensemble le texte, est-ce que tu le comprends, dis-le moi simplement sans la musique… Et donc il s’agit de partir du Inhalt, pardon je le dis en allemand, du contenu (je n’aime pas trop le mot contenu, qui fait un peu étiquette de supermarché…) et de voir ce qu’il réveille en nous. Il ne s’agit pas de chanter, puis éventuellement de rajouter du contenu, mais de partir du texte, ce texte qui provoque l’envie de chanter. Si, à la fin de Didon et Enée,on chante « Remember me », en imitant des artistes, même sublimes, qui l’on chanté auparavant, ça ne peut pas aller. Au moment où je chante « Remember me », je ne peux pas être quelqu’un d’autre que moi-même, avec mon âme et ma supplication devant la mort. Et c’est ça qui me bouleverse, et surtout c’est ça qui m’intéresse ! Il n’y a aucune raison d’être artiste si on fait des clones. Vous savez, vous me demandiez où j’en suis avec ma voix, eh bien je peux vous dire que je me sens de plus en plus libre ! Quand on a étudié à fond par exemple un lied de Schubert, sa structure musicale et le texte avec ce qu’il dit et ce qu’il suggère, et qu’ensuite on le chante avec ce sentiment intime d’être libre, alors il y a une jouissance extraordinaire. Mais n’oublions pas le travail infini qu’il y a avant. Je travaille pratiquement toutes les semaines avec ma coach vocale, et c’est un travail d’orfèvrerie ! Rien n’est laissé au hasard. Ça, je voudrais quand même le préciser… Ce n’est pas simplement de la spontanéité et de la décontraction !

Ce qui est surprenant, c’est que votre parcours s’est effectué en Autriche, beaucoup en Allemagne, un peu en Suisse, et, grâce à Jacobs, un peu en Belgique, mais très peu en France !

C’est étonnant, n’est-ce pas. J’aimerais bien que les Français m’appellent davantage! J’ai chanté au Théâtre des Champs Elysées avec Rousset, à Lille avec Emmanuelle Haïm pour La Finta Giardiniera, j’ai chanté à Dijon, Rennes, et de temps en temps à la Philharmonie de Paris avec René. Mais quand même j’ai beaucoup chanté la mélodie française, je suis une amoureuse de Fauré, j’ai enregistré un disque avec des airs de Lully ou Michel Lambert, intitulé « Sous l’empire d’amour », mais Il y a tant de choses… Je me sens toujours une éternelle débutante, je ne voudrais pas être une spécialiste. Vous savez, j’ai fait beaucoup de musique baroque bien sûr, mais je ne suis et je ne veux être dans aucun tiroir, On m’avait proposé au Mozarteum une classe de chant baroque. Je n’ai pas accepté, je trouve qu’un chanteur doit faire du lied, de l’oratorio, de l’opéra, du contemporain, toutes les époques… Tout se complète, les répertoires s’éclairent les uns les autres. C’est un enrichissement pour moi d’avoir travaillé avec Harnoncourt, Giovanni Antonini, Luca Pianca, tous ces gens qui s’intéressent à l’articulation, mais ça n’empêche pas de rester attentif au legato, et puis aux mots que l’on dit bien sûr, que ce soit dans Monteverdi, Schubert ou Mahler. 

C’est quelque chose que vous aviez travaillé avec Brigitte Fassbaender, cette attention au mot ?

Vous savez, les mots, la poésie, depuis toute petite, ça a toujours été ma passion, la diction, le théâtre. Et elle aimait bien ça chez moi, cet amour des mots. Elle disait « Ach, wunder Chappuis, versteht man jedes Wort ! » (éclat de rire) pour gronder les autres. Je lui ai dit l’autre jour au téléphone : « Vous savez, il n’y a pas un soir où je monte sur une scène d’opéra sans penser à vous », elle m’a répondu « Ach ! wunderbar, j’espère qu’on se reverra encore une fois dans cette vie ». Et c’était très touchant. Je crois qu’on n’ose pas dire à ces grands artistes tout ce qu’on leur doit, on a peur de… je ne sais pas… de les déranger, mais c’est très important de leur dire qu’on ne les oublie pas. Je me souviens à Innsbruck, elle était là absolument tous les soirs, dans une loge, en haut à droite, on la voyait là. Alors quand on chante Hänsel, et qu’on a Brigitte Fassbaender qui l’avait chanté magnifiquement, ou Charlotte, elle qui avait été une sublime Charlotte, qu’est-ce qu’on apprend ! Et j’ai énormément appris, ne serait-ce que par sa présence. Le fait qu’elle soit là, ça me donnait une sorte de tension juste dans le corps et dans l’attitude et ça me portait. Et c’est quelqu’un qui, après une représentation, même si on avait fait des choses pas très réussies (il faut dire qu’on était sur scène cinq à six soirs par semaine, avec jusqu’à quatre opéras différents), eh bien, jamais après une représentation elle ne nous aurait fait une remarque, elle venait dire merci, mais jamais elle n’aurait dit un mot, quand nous étions encore dans l’exaltation, la fragilité de l’émotion.

Vous savez, c’est une expérience tellement extraordinaire de chanter sur scène. Quand je chantais Ottavia, il y avait un régisseur de scène qui disait « Quand Marie-Claude entre sur scène, on dirait que c’est la première et la dernière fois », et j’aimais bien qu’il dise ça, parce que c’est vrai. Je crois qu’on est poussé à toucher à l’extrême de nous-même. Je connais très peu de gens qui font ça en routine. Moi, je dis « C’est toujours à la vie à la mort ». C’est pour ça que c’est à chaque fois unique, même si on fait vingt fois le même spectacle. C’est à chaque fois un voyage, c’est la beauté du live. C’est pour ça que c’est très très très douloureux en ce moment que ce sale virus nous prive de ça, la scène, le concert. C’est ma raison de vivre, ça.

 

 

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