Oper Frankfurt - Francfort

Par Alexandre Jamar | lun 14 Décembre 2015 | Imprimer

Adresse : Willy-Brandt-Platz pour la maison d’opéra, Carlo-Schmid-Platz 1 pour la dépendance à Bockenheim (voir plus bas). Si vous vous rendez en taxi, en métro ou avec un GPS à l’opéra, ou si vous ne connaissez pas Francfort, assurez-vous de bien vous rendre à l’Opéra de Francfort (Oper Frankfurt) et non au Vieil Opéra (Alte Oper). Ce dernier est la salle de concert de la ville et nombreux sont les spectateurs qui se retrouvent (furieux) au mauvais endroit.

Institution lyrique hébergée : Oper Frankfurt, la deuxième constituante des Städtische Bühnen Frankfurt avec le Théâtre de la ville (Schauspiel Frankfurt)

Site web : http://www.oper-frankfurt.de/, site en allemand ou en anglais

Année de construction : La construction de l’Opéra de Francfort s’est effectuée en plusieurs étapes. L’année 1902 correspond à la construction du Schauspiel à l’emplacement de l’actuel opéra. Bombardé en 1944, l’opéra rouvre ses portes dès 1945, après la guerre dans les locaux de la bourse. Reconstruit en 1951 par le bureau d’architectes ABB (Apel, Becker et Beckert), les bâtiments du Théâtre et de l’Opéra sont dotés en 1960 d’une grande baie vitrée en guise de façade.

Style architectural : Le style architectural de l’opéra est typique de l’Allemagne d’après-guerre. On sent l’influence du Bauhaus ainsi que des travaux du Corbusier.

Répertoire de prédilection : L’Opéra de Francfort brille par son programme qui sait contenter tout type de spectateurs. Le baroque est autant mis à l’honneur que la musique contemporaine, le Belcanto ou les opéras de Wagner. On retiendra cependant les efforts mis dans la promotion d’œuvres rares (par exemple Julietta de Martinů, Stiffelio de Verdi, Die ägyptische Helena de Strauss, Lear de Reimann, Œdipe d’Enescu ou encore Die Passagierin de Weinberg). Par ailleurs, la musique contemporaine est aussi beaucoup mieux représentée que dans d’autres maisons (Das Mädchen mit den Schwefelhölzer de Lachenmann, Die Soldaten de Zimmermann, L’espace dernier de Pintscher ainsi que les opéras de Cage, Dallapiccola, Georg Friedrich Haas ou encore Hans Werner Henze).

Sebastian Weigle, qui assure la direction musicale de l’opéra depuis 2008, ne cache pas sa préférence pour le répertoire romantique et postromantique allemand. Ainsi, les productions d’œuvres de Strauss, Wagner, Zemlinsky, Schreker ou Korngold sont souvent des réussites.

Education : « JETZT ! Oper für Dich » est le nom du département qui s’occupe du jeune public. Outre Aramsamsam, une initiation à la musique et à l’opéra spécialement conçue pour les enfants à partir de deux ans, l’Opéra de Francfort propose également des réductions de « véritables » opéras (Der Fliegende Holländer, Carmen, Le Nozze di Figaro et Hänsel und Gretel pour la saison 2015-16), bien entendu raccourcis (une heure environ) et présentés dans une mise en scène adaptée aux enfants. Quelques concerts pour enfants sont également au programme.

L’Opéra possède également sa propre maitrise qui se produit dès que la musique d’un opéra le requiert, ainsi que lors de quelques concerts.

Histoire : L’histoire de l’opéra à Francfort remonte à 1782, année de l’inauguration du Comödienhaus dédié au théâtre et à l’art lyrique. On assiste dès 1783 à L’enlèvement au Sérail de Mozart et les années suivantes aux Nozze di Figaro, à Don Giovanni et à Die Zauberflöte (Goethe y est un spectateur assidu). Le théâtre voit se succéder au cours du 19e siècle des personnalités telles que Spohr, Lortzing, Berlioz et Richard Wagner (ce dernier y ayant dirigé son Lohengrin en 1862).

En 1880, un nouvel opéra est construit selon les plans de l’architecte Richard Lucae, inauguré en grande pompe avec Don Giovanni. En 1902, le Schauspiel (théâtre de la ville) voit le jour sur l’actuelle place Willy-Brandt.

De 1912 à 1930, les créations qui font la renommée de l’Opéra ont lieu (œuvres de Schreker, Schönberg, Weill etc.). Richard Strauss vient diriger Der Rosenkavalier en 1914.

A partir de 1933, l’influence grandissante du régime national-socialiste se fait sentir. Le directeur ainsi que de nombreux musiciens et chanteurs sont licenciés. Avec la guerre viennent les bombes : l’opéra et le Schauspiel sont détruits en 1944. L’opéra se produit alors dans d’autres salles de la région mais en septembre, toutes les institutions culturelles de l’Allemagne sont fermées.

Après la guerre, l’opéra déménage dans un premier temps dans la salle de l’ancienne bourse, l’ancien opéra ne pouvant être reconstruit à cause du coût élevé des travaux. Ce n’est qu’en 1951, selon les plans des architectes Apel, Letocha et Rohrer que le nouvel opéra ouvre ses portes à l’emplacement de l’ancien Schauspiel. Sept ans après, le bâtiment obtient sa forme quasi-définitive en réunissant Schauspiel et Opéra derrière une même façade. L’ancien opéra, finalement reconstruit et inauguré en 1981, accueille depuis lors les concerts symphoniques.

En 1987, un homme met volontairement le feu à l’opéra. Si la salle ne subit pas de dégâts trop importants, tout l’espace de la scène (machinerie, arrière-scène, salles de répétitions) est détruit. Les pompiers ne parviennent à éteindre l’incendie qu’au bout de six jours. Les productions sont donc déménagées dans une petite salle au nord de la ville, le Bockenheimer Depot. Celle-ci fait depuis lors partie des Städtischen Bühnen et accueille régulièrement des pièces de théâtre ou des opéras de chambre. L’Opéra de Francfort rouvre ses portes après la remise en état de la scène en 1991.  

Premier opéra représenté : Die Meistersinger von Nürnberg lors de l’inauguration du nouveau bâtiment en 1951

Créations marquantes : Voici une liste non-exhaustive des créations marquantes de l’Opéra de Francfort depuis 1900 :

  • 1902 : Dornröschen d’Engelbert Humperdinck
  • 1907 : Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (création allemande)
  • 1912 : Der ferne Klang de Franz Schreker
  • 1913: Das Spielwerk und die Prinzessin de Franz Schreker
  • 1918: Die Gezeichneten de Franz Schreker
  • 1922: Sancta Susanna de Paul Hindemith
  • 1922: Le château de Barbe Bleue de Béla Bartok (création allemande)
  • 1924: Der Sprung über den Schatten de Ernst Krenek
  • 1928: Protagonist et Der Zar lässt sich photographieren de Kurt Weill
  • 1929: Věc Makropoulos de Leoš Janaček (création allemande)
  • 1930: Von heute auf morgen de Arnold Schönberg
  • 1930: Transatlantic de Georges Antheil
  • 1937: Carmina Burana de Carl Orff
  • 1965: Das Wundertheater / Ein Landarzt / Das Ende einer Welt de Hans Werner Henze
  • 1987: Europeras 1&2 de John Cage
  • 1989: What where de Heinz Holliger
  • 2005: Nacht de Georg Friedrich Haas (création allemande)
  • 2014: Der goldene Drache de Péter Eötvös

Meilleures places: La salle est conçue comme un théâtre à l’italienne. Les meilleures places sont donc vers les rangs 7 ou 8 et au milieu du premier balcon. Si vous êtes d’avantage intéressés par le chef, les places tout au bout du premier balcon permettent de le voir très distinctement puisque vous surplombez quasiment l’orchestre (peut-être à éviter lors d’une orchestration trop fournie).

Acoustique : L’acoustique de l’Opéra de Francfort est très bonne, car peaufinée à plusieurs reprises depuis l’inauguration (ajout de panneaux, nouveaux matériaux sur les murs des côtés etc.). La salle n’étant pas immense (près de 1400 places), l’orchestre ne couvre pas trop les voix comme cela peut parfois être le cas chez Strauss ou Wagner.

Tarifs : Les tarifs s’échelonnent de 15 à 105 euros en moyenne mais peuvent monter jusqu’à 145 euros lors d’une première en catégorie A. Des réductions sont offertes aux étudiants, chômeurs, personnes à mobilité réduite etc. Le service de réservation en ligne est assez bien conçu. Vous pouvez y réserver des spectacles pour toute l’année. Les réservations peuvent aussi se faire sur place ou par téléphone.

Anecdotes : La troupe de chanteurs de l’Opéra, outre son effectif très important (39 chanteuses et chanteurs), est renommée pour sa qualité. Ainsi, sont passé par le Frankfurter Opernensemble des interprètes tels que Željko Lučić, Elīna Garanča ou encore Diana Damrau.

L’Opéra de Francfort est par ailleurs le seul opéra en Allemagne à avoir reçu la même année les récompenses « Opéra de l’année » et « Meilleure performance annuelle » des magazines Opernwelt et Die deutsche Bühne (pour la saison 2014-2015).

La scène tournante de l’opéra est, avec un diamètre de 36 mètres, la deuxième plus grande scène tournante au monde.

Vestiaire : On trouve des vestiaires à chaque étage pour 1,50€.

Toilettes : A chaque étage, côté cour pour les hommes comme pour les femmes, propres comme partout en Allemagne.

A l’entracte : Le bar et le service de restauration de l’Opéra vous accueillent au rez-de-chaussée ainsi qu’au premier étage. Le bar situé dans le Wolkenfoyer (salon des nuages) est à recommander. En effet, d’imposants nuages de bronze suspendus au plafond (œuvre de l’artiste Zoltan Kemeny) vous tiendront compagnie lors de votre promenade. Vous pouvez admirer les très belles photographies des productions passées dans le Holzfoyer qui se trouve au même endroit, surélevé de quelques marches. Vous jouissez à cet endroit grâce à une immense baie vitrée, d’une vue sur le quartier des affaires de Francfort ainsi que sur l’ancienne Banque centrale européenne et son célèbre symbole de l’Euro.

Comme de nombreuses maisons d’opéra, Francfort possède également « son » Chagall. Allez admirer la Commedia dell’arte, monumentale toile accompagnée de ses esquisses qui fut réalisée en 1959 par l’artiste franco-biélorusse sur commande de la ville de Francfort.

Le bémol : Francfort est connu pour laisser souvent carte blanche à ses metteurs en scène. Parfois, ces derniers prennent des libertés avec la musique qui ne plairont pas à tous (coupures importantes, opéras présentés dans une autre langue que l’originale etc.).

Le dièse : De courts exposés (Einführungsvorträge) sont proposés (en allemand) une demi-heure avant chaque représentation, afin d’en savoir plus sur l’œuvre et la mise en scène.

Accès : Pour l’Opéra de Francfort :

  • Métro : lignes 1, 2, 3, 4, 5 et 8 à l’arrêt Willy-Brandt-Platz
  • Tramway : lignes 11 et 12 à l’arrêt Willy-Brandt-Platz
  • La gare principale de Francfort est à cinq minutes à pieds. Attention de ne pas vous rendre à l’ancien opéra (Alte Oper).

Pour la dépendance de Bockenheim :

  • Métro : lignes 4, 6 et 7 à l’arrêt Bockenheimer Warte
  • Tramway : ligne 16 à l’arrêt Bockenheimer Warte

Notez qu’un aller-retour avec les transports en commun de la ville est compris dans le prix de votre place d’opéra.

Où dîner à proximité ? Il est tout à fait possible de se restaurer après une représentation. Si les allemands mangent tôt, Francfort fait guise d’exception puisque nombreux sont les restaurants ouverts jusqu’à 1h du matin. Le Fundus, restaurant de l’Opéra, propose une cuisine sobre mais très correcte.

Pour manger sur le pouce, il est conseillé de se rendre dans le quartier entre la gare et l’opéra où de nombreux bars, cafés et restaurants proposent une cuisine rapide mais efficace. Francfort étant une ville très étalée (sa superficie équivaut à celle de Paris et sa banlieue), n’hésitez pas à prendre le métro pour aller dîner.

A deux stations de métro, vous trouverez Rama V pour de la cuisine thaï, soi-disant la meilleure de la ville. Sachsenhausen héberge un très bon restaurant français, Coq au vin, et pour les amateurs de cuisine italienne, le restaurant sarde Isola Sarda (bien qu’un peu loin) propose des plats traditionnels de l’île avec des produits frais et un service très chaleureux.

Où dormir à proximité ? Francfort est une ville animée et internationale. Y trouver une chambre d’hôtel n’est donc pas compliqué. L’opéra étant situé dans le quartier des affaires, il est recommandé de prendre une chambre un peu en dehors pour éviter les prix assez élevés. De l’autre côté du Main, le quartier de Sachsenhausen propose de nombreux petits hôtels moins chers et un cadre beaucoup plus accueillant. L’hôtel Ibis de Francfort a le mérite de concilier le prix et la proximité avec l’opéra et la gare (à partir de 59 euros). Les inconditionnels du luxe et du confort iront au Steigenberger Hof, à deux pas de l’opéra, dans la Kaiserstraße. 

 

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