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	<title>Paul AGNEW - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Paul AGNEW - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>GLUCK, Orphée et Eurydice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gluck-orphee-et-eurydice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au vu du succès d’Iphigénie en Aulide (avril 1774), les directeurs de l’Académie royale de musique de Paris commandèrent à Gluck pas moins de cinq nouveaux opéras. Le premier devant être livré au début de la prochaine saison, le compositeur opta pour l’adaptation d’une partition créée à Vienne, dont la renommée avait franchit les frontières : &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Arial, serif;">Au vu du succès d’</span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Iphigénie en Aulide</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> (avril 1774), les directeurs de l’Académie royale de musique de Paris commandèrent à Gluck pas moins de cinq nouveaux opéras. Le premier devant</span> être livré au<span style="font-family: Arial, serif;"> début de la prochaine saison, le compositeur opta pour l’adaptation d’une partition créée à Vienne, dont la renommée avait franchit les </span>frontières<span style="font-family: Arial, serif;"> : </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Orfeo ed Euridice</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> (1762). </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">En devenant le « drame héroïque » </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Orphée et Eurydice</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> (août 1774), la fête viennoise subit quelques transformations : les Français n’appréciant pas les castrats, le rôle-titre, écrit pour le contralto Guadagni, fut transposé pour la haute-contre (ténor aigu) Joseph Legros. Gluck révisa également l’orchestration (chalumeaux et cornets à bouquin cédant la place aux clarinettes) et procéda à divers ajouts : une ariette virtuose empruntée à l’un de ses opéras italiens (et non plus un simple récitatif) terminait désormais le premier acte ; un planant solo de flûte et un couplet pour Eurydice furent insérés dans le divertissement de l’acte II, tandis que l’Amour gagnait aussi un air et que les protagonistes se retrouvaient dans le trio final venu de </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Paride ed Elena</i></span><span style="font-family: Arial, serif;">. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">Plus tard, en 1859, Hector Berlioz ressuscitera l’œuvre, en re-transposant la partie d’Orphée à l’intention de la contralto Pauline Viardot. De ces trois principales versions de l’ouvrage (« de Vienne », « de Paris », « Berlioz »), la seconde, aujourd’hui choisie par Les Arts Florissants, est la moins souvent donnée, sans doute parce qu’elle réclame du ténor une technique </span><span style="font-family: Arial, serif;">longtemps oubliée</span><span style="font-family: Arial, serif;">. Au disque, l’ineffable Léopold Simoneau, qui omettait « L’espoir renaît », semblait chanter Mozart ou Bizet (Rosbaud, Philips, 1956), tandis que le vigoureux Richard Croft lorgnait du côté de l’opéra séria (Minkowski, Archiv, 2004).</span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">Le présent enregistrement bénéficie donc avant tout de l’incarnation de <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, authentique haute-contre rompue à Lully et Rameau mais désormais armée pour un répertoire plus tardif – et qui avait déjà gravé de larges extraits du rôle dans son portrait de Legros (Alpha, 2023). Le timbre est clair, suave, comme il convient à un demi-dieu capable d’enchanter la nature, l’élocution merveilleusement éloquente et la ligne de chant aussi nourrie que déliée. Si l’air d’entrée, « Objet de mon amour », pâtit encore d’une sur-articulation propre à l’école flamande, la redoutable ariette, en conformité avec le texte, se pare de vocalises légères, aériennes, très différentes du </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>canto di forza</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> plus belliqueux de Croft. Le sommet de son interprétation est atteint dans la supplique aux furies, où il parvient à une fusion inouïe de la déclamation et du cantabile, tandis qu’à l’acte III (duo, « J’ai perdu mon Eurydice »), il préserve l’émotion sans tomber dans la mièvrerie. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">Aux côtés de Van Mechelen, le chœur des Arts Flo’ (dix-huit chanteurs) est l’autre grand atout du disque et pour des raisons similaires : à la fois transparent et coloré, il rend justice aux moindres sonorités du livret (les nasales d’ « il est vainqueur »), préserve la beauté du son tout en multipliant les nuances expressives. Enfin, jamais <strong>Julie Roset</strong> n’a mieux mérité son patronyme, sa voix fraîche coulant comme un baume sur les </span><span style="font-family: Arial, serif;">plai</span><span style="font-family: Arial, serif;">es d’Orphée, dans un style proche de l’opéra-comique qui sied parfaitement à son rôle. L’autre soprano,</span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, serif;"><strong> Ana Vieira Leite</strong>, </span></span><span style="font-family: Arial, serif;">possède le timbre corsé réclamé par Eurydice mais n’affiche pas la même précision dans la diction, parfois brumeuse. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">La lecture de<strong> Paul Agnew</strong>, elle, ne nous convainc que de façon intermittente : en bon chef de chœur, il sait préserver la vocalité de l’écriture, si importante dans ce Gluck d’ascendance italienne, et son orchestre affiche des teintes assez marquées (quels cors féroces !), sans doute parce que ses cordes sont (presque) moitié moins nombreuses que celles de Minkowski. Mais, dans les danses, dans le tableau des Champs-</span><span style="font-family: Arial, serif;">É</span><span style="font-family: Arial, serif;">lysées (le moins réussi), on déplore une pulsation peu élastique, une ligne bien peu tendue, des fléchissements qui démontrent, une nouvelle fois, que la largeur, l’aplat, le sostenuto n’ont guère droit de cité dans l’orchestre des Arts Flo’. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">On ne parlera donc point encore de référence, pour cette « version de Paris », mais d’une séduisante lecture à laquelle a manqué une baguette plus assurée.</span></p>
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		<title>SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par deux bijoux de Charpentier superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-les-arts-florissants-la-descente-dorphee-aux-enfers-thire/">deux bijoux de Charpentier</a> superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de <strong>William Christie</strong> » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la veille), la promenade dansée ou une énième visite des lieux avec l’un des jardiniers attitrés ou des férus de l’histoire des jardins (et de celui de William Christie en particulier). Nous optons pour l’un des jardiniers, incollable et passionnant. Excellente idée, puisque cette mise en jambes, en harmonie sonore (on ne se lasse pas des pigeons paons) et en odeurs délicates et raffinées (roses anciennes et fleurs aux senteurs caramélisées, entre autres) est particulièrement propice à se préparer pour les promenades musicales qui suivent. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7074-JGazeau-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-198438"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>On commence dans la pinède avec un programme articulé autour de la compositrice Anna Bon qui aimait se faire appeler « di Venezia », cycle présenté en français et en anglais par la claveciniste Marie Van Rhijn. La chanteuse et compositrice vénitienne avait été acceptée dans la célèbre institution de la Carità de Venise, où avait notamment officié Vivaldi. Elle était entrée dans l’institution destinée aux orphelines à l’âge de quatre ans, bien qu’elle ait des parents, eux-mêmes liés au monde de la musique. L’œuvre de la compositrice, devenue « virtuose en musique de chambre » à Bayreuth, est tout à fait digne d’être redécouvert. Une fois mariée, on perd sa trace… Autre promenade charmante, celle du petit bois d’Henry-Claude consacré à Héro et Léandre, où la mezzo <strong>Alice Gregorio</strong> nous propose un extrait d’une cantate de Clérambault sur les amours du couple racontés par Ovide. La jeune chanteuse, très élégante dans sa robe verte à la fois bucolique et recherchée témoigne d’une très grande autorité à la fois scénique et musicale. La diction est précise, le timbre pur. On apprécie l’impression de grande facilité et de naturel qui se dégage de la prestation conjointe de la mezzo et du trio instrumentiste qui l’accompagne. Toujours au même endroit, quelques minutes plus tard, c’est <em>a cappella</em> que la soprano <strong>Leïla Zlassi</strong> et ses compères les ténors <strong>Michel Loughlin Smith</strong> et <strong>Jean-Yves Ravoux,</strong> et la basse <strong>Sergio Ladu</strong> nous interprètent quelques chansons d’amour tout à fait délicieuses. En vêtements décontractés, le quatuor porte une déclinaison de couleurs en phase avec la petite clairière baignée de soleil jouant à travers les arbres. La beauté agreste de leurs atours se marie de façon idyllique avec les airs aux sous-entendus charmants qu’ils savent nous faire goûter merveilleusement. Le public est sous le charme, d’autant que la soprano n’hésite pas à compter fleurette ou à minauder au milieu des spectateurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7233-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198441"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Après le dîner, c’est le transfert, quelques kilomètres plus loin, vers la charmante église de Saint-Juire-Champgillon, puisque l’église de Thiré est encore en travaux. <strong>Paul Agnew</strong>, co-directeur du festival, montre une fois de plus ses talents de conteur et de pédagogue. Il parvient en quelques minutes à passionner son auditoire avec clarté et l’humour <em>so british</em> qui le caractérisent. Ce soir, il va diriger les artistes des Arts florissants, musiciens et chanteurs, dans une série de motets d’un contemporain et ami de Schütz, Johann Hermann Schein. Le compositeur allemand a d’ailleurs occupé des fonctions identiques à celle de Bach (Thomaskantor à l’église Saint-Thomas de Leipzig), mais un siècle plus tôt. Il semblerait qu’il ait passé toute sa vie en Allemagne, contrairement à Schütz qui avait complété sa formation à Venise. Sans doute l’expérience de ce dernier a-t-elle influencé le travail de Schein, qui compose en 1623 le recueil de motets <em>Israelis Brünnlein</em> « à la manière d’un madrigal italien », comme il l’écrit lui-même dans sa préface, sur un texte allemand. Comme le précise Paul Agnew, il s’agit là de motets luthériens illuminés du soleil de Venise dont il espère qu’un peu de ce soleil illuminera le concert. De fait, les onze chanteurs accompagnés à l’orgue et au violoncelle, sous la direction de Paul Agnew, donc, nous offrent une prestation remarquable. L’émotion qui s’en dégage colle au texte, tour à tour éclatant de joie ou désespérément sombre et douloureux, puis confiant dans l’amour de Dieu. On se laisse captiver par la virtuosité, la technique, la beauté de l’ensemble en totale fusion. Au terme du concert, le public exulte et c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue ces pièces rares données dans un style pur, lisse, voisin de la perfection.</p>
<p>La soirée se termine avec la traditionnelle « Méditation à l’aube de la nuit », conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil, avec pour consigne de ne pas applaudir au terme du concert, afin de mieux apprécier les derniers accords et les laisser infuser en nous. En nous présentant les jeunes instrumentalistes de la Juilliard School fraîchement arrivés à Thiré, il nous rappelle que pour ces New-yorkais interprètes de musique baroque qui doit leur sembler, dans le bunker urbain qui abrite la prestigieuse école, bien ancienne, le contraste de jouer cette musique dans des bâtiments médiévaux doit être un choc salutaire : la musique baroque, en contraste, n’en devient que plus moderne. C’est une expérience qui transforme les jeunes artistes et les marque à jamais. Las, le concert de ce soir est loin d’être parfait et l’on regrette de ne pas pouvoir rester à Thiré pour l’ensemble de la durée du festival (jusqu’au dimanche suivant) pour assister à d’autres concerts et constater les progrès que ces jeunes talents n’auront pas manqués de faire, sans doute en harmonie quasi aussi parfaite que celle que l’on a entendue au cours de l’ensemble de motets qui précédait. Il est déjà temps de quitter ces lieux et ce festival décidément enchanteur avec, comme chaque année, une envie : y revenir…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Promenade musicale &quot;Les Amours de Tircis&quot;" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/kkyWy8DjUlE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Johann Hermann Schein : « Nu dancket alle Gott »" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/DujLj8lALA8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>CHARPENTIER, Les Arts florissants / La Descente d&#8217;Orphée aux Enfers – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-les-arts-florissants-la-descente-dorphee-aux-enfers-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les habitués du festival, les retrouvailles avec le remarquable jardin classé de William Christie marquent toujours des journées heureuses qu’on sait d’avance ponctuées de délectations en tous genres. Car la manifestation n’est pas que moments musicaux : elle est une immersion totale dans une féerie baroque ponctuée de délices généreuses et enchanteresses. Cette année, la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les habitués du festival, les retrouvailles avec le remarquable jardin classé de <strong>William Christie</strong> marquent toujours des journées heureuses qu’on sait d’avance ponctuées de délectations en tous genres. Car la manifestation n’est pas que moments musicaux : elle est une immersion totale dans une féerie baroque ponctuée de délices généreuses et enchanteresses. Cette année, la 14<sup>e</sup> édition du festival « Dans les jardins de William Christie » commence un jour plus tôt dans l’un des bâtiments récemment intégrés au « campus » de Thiré, avec la conclusion d’un colloque initié quelques semaines auparavant à la Fondation Royaumont autour de la personnalité de <strong>Geneviève Thibault de Chambure</strong> (1902-1975), figure fondamentale de la redécouverte d’un répertoire oublié à partir, notamment, d’une impressionnante collection de partitions anciennes. Sous l’égide entre d’autres de la musicologue <strong>Catherine Massip</strong>, il a été loisible d’entendre la dernière partie des interventions très pointues, quoique captivantes, de la journée d’étude en introduction aux réjouissances du lendemain. Particulièrement enthousiaste et passionnante, la présentation consacrée à Carlo Gesualdo de <strong>Paul Agnew</strong>, co-directeur artistique du festival, dont le chanteur et chef d’orchestre est mieux que familier et pour lequel il avance quelques hypothèses intéressantes : on attend avec impatience les actes du colloque à venir d’ici 2027, nous dit-on.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-6113-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198180"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Le lendemain samedi 23 août, les jardins de William Christie ouvrent en tout début d’après-midi avec les <a href="https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/">traditionnelles activités</a> proposées aux visiteurs, pour mieux se mettre en jambes, en voix et en écoute de tous ses sens : au choix, visite guidée du jardin, ateliers participatifs de chant ou de danse. Puis, ce sont les charmantes pastilles musicales où les festivaliers doivent choisir l’un des coins du jardin pour y écouter, toutes les demi-heures, un mini programme introduit par des membres des <strong>Arts florissants</strong> ou des étudiants de la prestigieuse <strong>Juilliard School</strong>. L’occasion d’entendre notamment des compositions bucoliques et jazzy interprétées voire improvisées par le duo de copains composé par <strong>Thomas Dunford</strong> au luth et <strong>Douglas Balliett</strong> à la contrebasse. Le programme, intitulé « Under Bill Christie’s tree » (un saule pleureur à côté du petit pont chinois), se veut complété par un mantra que les compères oublient de chanter. Qu’à cela ne tienne, il suffit de solliciter Thomas Dunford croisé au stand de dégustation de liqueurs (dont un gin à l’effigie des Jardins), pour qu’il récite le mantra, les yeux dans les yeux. C’est aussi cela, la caractéristique de ce festival : la proximité des artistes et leur disponibilité. Autre moment savoureux, la découverte d’un extrait de la cantate <em>Orphée descendant aux Enfers</em> de Charpentier, interprétée dans la Pinède par le haute-contre <strong>Richard Pittsinger</strong>, dont on découvre avec bonheur le timbre superbe et le sens inné de la caractérisation, tout en admirant son remarquable légato et la richesse de ses harmoniques. Vient ensuite le moment d’écouter près de l’arche Hubert Robert une suite pour violoncelle de Bach tirée au sort et superbement restituée par <strong>Cyril Poulet</strong>. En fin d’après-midi, tout le monde se retrouve en face des terrasses, à l’arrière de la demeure de William Christie, à l’occasion d’une carte blanche confiée à la gambiste <strong>Myriam Rignol</strong>, pour un portrait de Charpentier enrichi d’amusantes compositions de Douglas Balliett, déjà entendu plus tôt.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-5534-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198163"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>En tout début de soirée, c’est à un double programme que l’on assiste avec deux courtes pièces, à commencer par les <em>Arts Florissants</em> de Marc-Antoine Charpentier, rarement proposés au public, dont on comprend bien qu’ils aient pu être choisis en cette année qui marque la fin des célébrations des quatre-vingts ans de William Christie et rappelle l’œuvre qui a donné son nom à son illustre ensemble. La scène flottante du Miroir d’eau accueille l’ensemble instrumental des Arts Florissants et les jeunes lauréats de la 12<sup>e</sup> édition du <strong>Jardin des Voix</strong>, sous la direction de William Christie, installé au clavecin et à l’orgue du continuo.</p>
<p>Malheureusement, la soprano – ou plutôt le dessus – <strong>Sydney Frodsham</strong>, blessée, ne peut pas interpréter ses rôles, en partie dansés. Elle est remplacée par deux de ses camarades de promotion mais est présente à l’arrière de la scène, assise, où elle appuie les chœurs. Dans une belle chorégraphie de <strong>Martin Chaix</strong> très inspirée de celle, absolument <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">mémorable et inoubliable</a>, de Mourad Merzouki en 2023 pour <em>The Fairy Queen</em>, la mise en espace de <strong>Marie Lambert-Le Bihan</strong> et <strong>Stéphane Facco</strong> permet de valoriser l’allégorie ou idylle en musique composée pour la duchesse de Guise, cousine de Louis XIV, suivi de l’opéra inachevé <em>La Descente d’Orphée aux Enfers</em>, tous deux composés par Charpentier, apprécié du roi mais relégué dans l’ombre de Lully. Quelques accessoires et des costumes fluides et simples suffisent à magnifier les œuvres, délicats bijoux musicaux trop peu donnés à entendre. Danseurs et chanteurs se meuvent ensemble et tous évoluent avec grâce et spontanéité dans une harmonie empreinte de féerie.</p>
<p>Dans les <em>Arts florissants</em>, Musique (<strong>Camille Chopin</strong>, timbre fruité pour une présence majestueuse et radieuse), Peinture (le haute-contre Richard Pittsinger, épatant de naturel et de prestance), Poésie (<strong>Sarah Fleiss</strong>, virevoltante et impeccablement caractérisée) et Architecture (<strong>Tanaquil Ollivier</strong>, délicieuse de fraîcheur et de vivacité) se confrontent à la Discorde (<strong>Olivier Bergeron</strong>, vil et retors à souhait dans son rôle fourbe puis somptueusement radieux en Apollon), à la Guerre (la remarquable basse <strong>Kevin Arboleda-Oquendo</strong>) et à la Paix (formidable <strong>Josipa Bilić</strong>), rendant hommage à Louis XIV, garant de l’harmonie en idéal protecteur des arts. Si les chanteurs et le plateau sont légèrement sonorisés, l’effet produit est satisfaisant, fort naturel au demeurant. Les musiciens des Arts florissants, sous la direction discrète, sobre et précise de William Christie, sont impeccables, comme à leur habitude. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-5782-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198164"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Après la pause et à la nuit tombée, les mêmes interprètes changent de registre avec la <em>Descente d’Orphée aux Enfers</em>, splendide opéra inachevé qui s’interrompt brutalement au moment où Orphée est sur le point de faire sortir Eurydice des Enfers. La célébration du mariage prolonge le choix scénique adopté pour les <em>Arts florissants</em>. On se délecte au passage du travail sur les sons de la percussionniste <strong>Marie-Ange Petit</strong>, qui a fait de nombreuses recherches sur les sifflements de serpents (on pense notamment au crotale), pour caractériser celui qui va emporter la malheureuse Eurydice, merveilleusement incarnée par une Camille Chopin dont on se souviendra longtemps du cri de douleur précédant de peu sa mort impressionnante de naturalisme. Le haute-contre <strong>Bastien Rimondi</strong> parvient également à émouvoir et campe un Orphée convaincant, tout en séduction sensuelle et délicate. Des autres interprètes, on retiendra surtout Kevin Arboleda-Oquendo, magistral en Pluton qui fond peu à peu et se laisse convaincre tant par une touchante Proserpine (magnifique Sarah Fleiss) que par l’irrésistible fascination dégagée par Orphée. Il faut saluer le travail de tous les interprètes, soutenus par la conseillère linguistique <strong>Emmanuelle De Negri</strong>, car la diction de la distribution internationale est impressionnante de justesse. Des effets de mise en scène, sobres et simples, on retiendra, la nuit tombée, l’apparition de cordes rouges, simplement agitées pour figurer les ondes du Styx en remous, suggérer efficacement les flammes de l’Enfer ou encore symboliser les obstacles que le héros se doit d’enjamber un à un. La fin brutale de l’opéra inachevé est, quant à elle, atténuée par une sorte de cavalcade au ralenti qui sublime les derniers instants musicaux. Ce n’est que le lendemain, guidée par l’intuition de l’un des bénévoles cultivé et attentif, qui s’était souvenu du célébrissime tableau et s’est fait confirmer auprès de l’équipe que son interprétation était justifiée, que s’est imposée l’évidence : c’est bien la <em>Parabole des aveugles</em> de Bruegel l’Ancien conservée au Capodimonte de Naples qui a inspiré cette chute magnifique qui nous laisse sur notre faim, quoique comblés d’aise.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Les Arts Florissants, danse sur le Miroir d&#039;eau" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Qa0JZqTgIeU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>HAENDEL, Airs allemands – Saint-Jean d&#8217;Hermine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-airs-allemands-saint-jean-dhermine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de printemps des Arts Florissants, dédié cette année à Haendel, se déroule sur trois journées et permet d’entendre cinq concerts au total&#160;; il a pour cadre de ravissantes églises du Sud-Vendée, pour une ambiance, ainsi qu’une acoustique, optimales. Après La Résurrection, mémorable concert d’ouverture donné le vendredi soir dans la cathédrale de Luçon &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival de printemps des Arts Florissants, dédié cette année à Haendel, se déroule sur trois journées et permet d’entendre cinq concerts au total&nbsp;; il a pour cadre de ravissantes églises du Sud-Vendée, pour une ambiance, ainsi qu’une acoustique, optimales. Après <em>La Résurrection</em>, mémorable concert d’ouverture donné le vendredi soir dans la cathédrale de Luçon <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-la-resurrezione-lucon/">déjà chroniqué précédemment</a>, le festival se poursuit le jour suivant, en fin de matinée, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, pour un Concert &amp; Café dédié à l’utilisation de la flûte chez Haendel et son inspirateur Arcangelo Corelli. Le concept correspond parfaitement bien à l’esprit de transmission qui anime les membres des Arts Florissants&nbsp;: après un court concert présenté par celui qui en a choisi le contenu, le public est invité à se déplacer dans une salle non loin de l’église pour y rencontrer les artistes, autour d’un café et d’une brioche vendéenne. C’est le flûtiste <strong>Sébastien Marq</strong> qui a la charge du programme, intitulé «&nbsp;Haendel chez soi&nbsp;». Les qualités de pédagogue du talentueux soliste et membre régulier des Arts Florissants sont indéniables. Entouré de <strong>Camille Sors</strong> au violoncelle et <strong>Rafaela Salgado</strong> au clavecin, deux jeunes artistes très prometteuses qu’il a repérées en résidence au Quartier des Artistes, ce campus international créé par les Arts Florissants au cœur du village de Thiré, le flûtiste, manifestement heureux de jouer en si bonne compagnie, transmet aisément son enthousiasme, que partagent ses complices. Cette courte mise en bouche s’est avérée de très haute qualité&nbsp;; et Sébastien Marq nous a raconté avec beaucoup d’esprit l’engouement pour cet instrument, Haendel utilisant notamment ses sonates pour flûte à bec comme exercices de basse continue pour son élève la princesse Anne, fille de George II.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-5628-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-189217"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Le soir même, on retrouve les <strong>Arts Florissants</strong> dirigés et accompagnés au clavecin et à l’orgue par <strong>William Christie</strong> dans l’église de Saint-Jean d’Hermine. Intitulé «&nbsp;Airs allemands&nbsp;», le programme est en fait constitué non seulement de rares pièces rédigées dans la langue natale du compositeur, mais également de courtes pièces comme la cantate «&nbsp;Cecilia, volgi un sguardo&nbsp;» ou encore le délicieux «&nbsp;Happy we&nbsp;» d’<em>Acis and Galatea</em>. Ces œuvres conçues à des périodes différentes ont permis aux deux solistes de déployer tout leur art de l’ornementation et de l’interprétation. Est-ce le froid et l’humidité&nbsp;? Toujours est-il que la soprano <strong>Rowan Pierce</strong> semble à la peine pendant la première partie. Mais la fin du récital nous permet de découvrir ses véritables moyens, correspondant à l’excellence à laquelle on est habitué dans l’entourage du perfectionniste William Christie. La jeune britannique donne à entendre un timbre velouté et ample, une personnalité affirmée et une belle technique. À ses côtés, le ténor britannique <strong>James Wray</strong>, très apprécié du public, affiche une belle connaissance du répertoire baroque, avec un phrasé très aristocratique (qu’on nous pardonnera de trouver un rien artificiel) et une science de l’ornementation qui lui permet des vocalises ébouriffantes.</p>
<p>Dimanche matin, on retrouve avec plaisir un nouveau Concert &amp; Café dédié à des Cantates sacrées de Haendel. C’est l’occasion de se délecter de l’art délicat et subtil de la soprano <strong>Paulina Francisco</strong>. La jeune femme, lauréate de l’académie biennale du Jardin des Voix en 2022, a participé à la formidable production de <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">The Fairy Queen</a> </em>à Thiré l’année suivante, où elle était épatante. Elle confirme ici ses qualités dans un registre différent, celui de l’introspection et de la dévotion privée, dans des œuvres de jeunesse de Haendel, écrites en Italie pour le cardinal Ruspoli et sans doute chantées par la remarquable soprano Margherita Durastanti, l’une des toutes premières chanteuses d’Italie. Un héritage lourd à porter, mais qui ne semble pas embarrasser notre jeune américaine, très à l’aise dans ses deux cantates sacrées où l’on est saisi par la beauté du timbre, l’apparence de facilité de ses vocalises et la délicatesse de ses ornements.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-5784-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-189222"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>L’après-midi est l’occasion rêvée de visiter les jardins de William Christie à Thiré, ouverts au moment du festival, comme un évident contrepoint. C’est celui qui confectionne les somptueux bouquets offerts aux solistes à l’issue de chaque concert qui nous sert de guide. Marc Barbaud a été le jardinier de l’Élysée ou encore des Serres d’Auteuil. Il est aujourd’hui retraité mais toujours passionné de jardins, cultive évidemment le sien et a su avoir l’oreille de William Christie, à qui il donne ses conseils pour les soins d’un jardin en pleine forme, buis compris. La visite est un enchantement, l’aspect au printemps des lieux étant sensiblement différent de ce que l’on découvre en été, au cours du festival «&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/">Dans les jardins de William Christie</a>&nbsp;».</p>
<p>Pour finir le festival, c’est dans la très belle église Saint-Pierre de Chantonnay qu’on se délecte de <em>Concerti grossi</em> de Haendel choisis et dirigés par <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong>, premier violon des Arts Florissants. Très vite, on sent l’assistance transportée par l’époustouflante virtuosité de l’ensemble des interprètes, très en phase, menés par un Emmanuel Resche-Caserta qui fait ses débuts à la tête des Arts Florissants et donne la sensation d’avoir fait cela depuis une éternité (il avait déjà été à la tête de la formation au cours de mini-concerts dans les <a href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">jardins de Thiré</a>, mais ce n’est tout de même pas la même chose&nbsp;!). Les difficultés techniques semblent ne poser de problèmes à personne. C’est un véritable moment de grâce auquel on assiste, salué par William Christie, installé au premier rang, avec un immense sourire de contentement. En trois jours, ce sont plus de 1500 spectateurs qui ont assisté à des spectacles de qualité exceptionnelle. Un spectateur a demandé à <strong>Paul Agnew</strong>, directeur artistique du Festival de Printemps, pourquoi une formation de renommée internationale comme les Arts Florissants se produisait apparemment si volontiers dans le tout petit village de Thiré, perdu en Vendée et vraiment loin de tout… Le bras droit de William Christie a répondu que justement, ces lieux privilégiés permettaient de rester en contact avec le public, de garder une taille humaine et une convivialité impossibles ailleurs. Interrogé sur ses craintes éventuelles face à l’intelligence artificielle, il a, très naturellement, rappelé que jamais une machine ne pourrait remplacer l’humain. «&nbsp;En cas d’affrontement musical entre une IA et un humain, pauvre ordinateur&nbsp;!&nbsp;», a-t-il susurré avec confiance. On se pique de croire qu’il a raison&nbsp;: rien ne vaut les émotions vécues dans le type de festivals auquel nous venons de participer. On attend avec impatience et avec confiance les prochaines éditions…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-6407-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-189233"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Festival de Printemps 2025 : retour en images" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/cKzn5AHzR0M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>HAENDEL, La Resurrezione – Luçon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-la-resurrezione-lucon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de printemps des Arts Florissants en est déjà à sa 9e édition&#160;: créé quelques années après la manifestation «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;», dont on peut profiter à la fin du mois d’août, notre événement célèbre le renouveau du printemps au mois d’avril et permet de rayonner autour du village de Thiré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival de printemps des Arts Florissants en est déjà à sa 9<sup>e</sup> édition&nbsp;: créé quelques années après la manifestation «&nbsp;Dans les jardins de William Christie&nbsp;», dont on peut profiter à la <a href="https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/">fin du mois d’août</a>, notre événement célèbre le renouveau du printemps au mois d’avril et permet de rayonner autour du village de Thiré pour y apprécier des concerts de haute tenue tout en découvrant les églises du Sud-Vendée.</p>
<p>Chaque année, le festival met en valeur un grand compositeur baroque. Cette fois, c’est Haendel qui est à l’honneur et ce, pour la seconde fois. <strong>Paul Agnew</strong>, le directeur artistique, a choisi de se focaliser sur la jeunesse du compositeur et son parcours itinérant dans les grandes villes européennes. Pour le concert inaugural de cette édition, étalée sur trois journées, c’est une rareté qui nous est présentée dans la belle cathédrale de Luçon, dont Richelieu a été l’évêque. À quelques pas d’un somptueux tableau de Lubin Baugin représentant une <em>Descente de croix</em> de circonstance, c’est en effet <em>La Résurrection</em> de Haendel qui est donnée. Le récit se concentre sur l’espace qui sépare la mise au tombeau du Christ à celui de sa Résurrection et met en scène les proches de Jésus, Jean, Marie-Madeleine et Marie Cléophas en proie à la douleur et aux doutes, confrontés au combat du bien et du mal entre Lucifer et un ange. L’œuvre a été commanditée à Rome en 1708 pour le sulfureux marquis Francesco Ruspoli et puisque le pape avait interdit la production d’opéras, ce fut un oratorio que composa le jeune luthérien de 23 ans à peine. On raconte que la production a été rien moins que somptueuse, tant au niveau des décors que des instrumentistes, plus d’une quarantaine. Le vaisseau gothique de la cathédrale de Luçon, son beau maître-autel baroque surmonté d’un élégant baldaquin et l’imposante chaire à prêcher en bois de chêne rehaussés par de subtils jeux de lumière ont contribué à offrir un cadre parfaitement approprié à la beauté de cette <em>Résurrection</em> d’exception restituée ici par une distribution virtuose, idéalement installée à la croisée du transept, pour une acoustique mieux que satisfaisante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-5560-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-188834"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>L’enthousiasme de Paul Agnew, à la tête de l’<strong>Orchestre des Arts Florissants</strong>, est palpable et semble se propager sur l’ensemble de la distribution. Malgré une certaine humidité du lieu (les petites laines sont fondamentales pour un parfait bien-être au cours du festival), une vraie chaleur humaine se dégage du plateau et enveloppe les auditeurs, impressionnés par l’excellence de l’orchestre.</p>
<p>Juchée non pas sur une branche mais installée en hauteur dans la chaire, la soprano <strong>Julie Roset</strong> incarne un ange à la fois éthéré et curieusement incarné, profondément humain. Timbre lumineux, générosité et limpidité, les qualités de la jeune française «&nbsp;Révélation Artiste Lyrique 2025&nbsp;» sont multiples et l’on se repaît de chacune de ses interventions. En contrebas, sombre tentateur et contradicteur, la basse anglaise <strong>Christopher Purves</strong> semble se délecter de son rôle de Lucifer. Ses graves charnus et amples, appuyés par une personnalité qu’on sent très forte, permettent de valoriser toutes les ruses du diable dont il fait ressortir la perversité tout comme la complexité de l’ange déchu et du séducteur de tout premier ordre. Irrésistible…</p>
<p>Dans le rôle de Jean, <strong>Cyril Auvity</strong> déploie des trésors de délicatesse dans l’expression des affres vécus par l’évangéliste, de la mort du Christ jusqu’à son retour à la vie. Beauté du timbre, élégance du phrasé, puissance d’évocation, le ténor fait une très forte impression. Le contralto <strong>Lucile Richardot</strong>, voix d’ambre aux couleurs étonnantes et voluptueuses, force l’admiration en sainte femme dévorée par le chagrin qui se ressaisit peu à peu. Sa technique laisse pantois d’admiration. Quant à <strong>Ana Vieira Leite</strong>, lauréate du Jardin des Voix en 2021, la soprano portugaise est une Madeleine de toute beauté. Naturellement élégante et distinguée, la jeune femme aux traits nobles et délicats possède un timbre à l’avenant. Elle nous avait déjà largement séduite l’été dernier, dans le rôle de Belinda du <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">Didon et Énée</a></em> présenté durant le festival « Dans les jardins de William Christie ». Toute la complexité du rôle de Madeleine, prostituée repentie et première personne à avoir aperçu le Christ ressuscité, est restituée avec art.</p>
<p>Tant de travail pour une seule soirée, se dit-on… Mais non&nbsp;: le même programme a pu être entendu à la Philharmonie de Paris le 30 avril, quelques jours plus tard. Cela dit, le charme du concert dans la cathédrale reste irremplaçable et l’on se réjouit des quatre concerts à venir, pour un festival qui commence très fort.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Festival de Printemps - Les Arts Florissants" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/PKG5NhpCNqs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 06:44:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voulu par William Christie, ce festival est devenu une référence et surtout, un pur bonheur de tous les sens. La musique baroque trouve un écrin merveilleux dans le jardin remarquable sorti de l’imaginaire du célèbre chef franco-américain. Avec l’aide du Département de Vendée et de la Fondation Les Arts Florissants, tous les sens sont effectivement &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voulu par William Christie, ce festival est devenu une référence et surtout, un pur bonheur de tous les sens. La musique baroque trouve un écrin merveilleux dans le jardin remarquable sorti de l’imaginaire du célèbre chef franco-américain. Avec l’aide du Département de Vendée et de la Fondation Les Arts Florissants, tous les sens sont effectivement à la fête pendant une semaine, à la fin du mois d’août, dans un petit village où l’on croise les artistes tout au long de la journée avant de les voir se produire, qui dans un cloître plus vrai que nature, qui dans les allées du jardin pour un pas de danse, qui dans un petit bois ou encore plus solennellement sur le superbe miroir d’eau et sa scène flottante, en compagnie des cygnes, sans oublier les concerts aux chandelles dans l’église. Une centaine d’événements, une centaine d’artistes et plus de 10 000 visiteurs se côtoient. William Christie et Paul Agnew, tous deux codirecteurs, concoctent des programmes où les raretés sont légion et accordent de nombreuses cartes blanches aux artistes des Arts Florissants, du Jardin des Voix ou de la Juilliard School, en résidence. Placé sous le signe de la convivialité (on y vient en famille et les enfants, émerveillés, sont très sages) et de la transmission, ce festival sans pareille est un moment privilégié, hors du temps, où l’on plonge dans l’univers baroque d’un Nicolas Fouquet qui goûterait de la musique de ses contemporains mais aussi de celle, plus récente, des Beatles par exemple, interprétée, s’il-vous-plaît, sur instruments anciens, pour de menus plaisirs raffinés et délectables, entre extrême simplicité et perfection absolue. Un régal&nbsp;!</p>
<p><strong>Lieu&nbsp;:&nbsp;</strong>Le festival a pour épicentre les superbes jardins de William Christie, classés jardins remarquables en 2004 et inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2006. Le fondateur des Arts florissants confesse l’avoir créé comme un «&nbsp;jardin de musique&nbsp;» éclectique. William Christie s’est inspiré de tous les jardins qu’il a pu visiter (il en a vu beaucoup). Un grand parterre jouxte un jardin à la française ou régulier, près d’une pinède qui évoque les jardins romains antiques, renaissants, maniéristes ou baroques, un jardin à l’anglaise ou paysager, mais également un jardin américain doublé d’une ravissante serre, sans oublier un cloître créé de toutes pièces, un théâtre de verdure à la chinoise se prolonge par un poulailler de luxe, sans oublier le potager ou un colombier où les pigeons lyres véritables ont leur pendant taillé dans les buis. Car les topiaires d’ifs et de buis abondent. Et pour couronner le tout, un miroir d’eau s’achevant sur une superbe perspective permet d’y installer une scène flottante où sont donnés les spectacles en soirée, illuminés par un éclairage raffiné et savant. Le jardin s’étend chaque année et offre de nouvelles surprises. Au centre du jardin, le bâtiment où vit William Christie. Dans le village de 500 habitants, des maisons à l’abandon sont rachetées pour devenir salles de spectacles, salles de répétitions, foyer, bureaux, salon de thé, conservatoire potager et logements pour les artistes. Cela représente, pour le Quartier des Artistes conçu comme un campus international, quatorze maisons rénovées. De nouvelles acquisitions sont en cours, sans oublier un projet de théâtre lyrique (en étude de faisabilité).</p>
<p><strong>Dates</strong>&nbsp;: Une semaine à la fin du mois d’août.</p>
<p><strong>Sites Web</strong>&nbsp;: <a href="https://www.arts-florissants.org/musique/festivals/festival-dans-les-jardins-de-william-christie">https://www.arts-florissants.org/musique/festivals/festival-dans-les-jardins-de-william-christie</a> On trouve également de nombreuses vidéos sur le <a href="https://www.youtube.com/@LesArtsFlorissants">site youtube</a> des Arts Florissants.</p>
<p><strong>Année de création</strong>&nbsp;: 2012</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-William-Christie-2018-Julien-Gazeau-0665-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171735"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Festival les Jardins de William Christie © Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Principe fondateur</strong> : Quand il acquiert la vieille bâtisse et le terrain qui l’entoure dans le petit village vendéen de Thiré en 1985, William Christie a pour projet de restaurer la maison pour y vivre et y créer de toutes pièces un jardin éclectique qui va s’enrichir d’année en année. Au départ, il n’y a quasiment rien et très peu d’arbres, soit une véritable page blanche sur laquelle peut se dessiner le rêve de William Christie. Au bout de vingt ans, le jardin est suffisamment abouti pour y créer un festival mêlant promenades et concerts dans les différents espaces des jardins, qui couvrent aujourd’hui 12 hectares. Le rêve du chef d’orchestre franco-américain consistant à mêler musique, jardins et patrimoine se met ainsi en place. Chaque journée commence vers 14h par une visite des jardins ou des activités ludiques et familiales : déambulations dansées, ateliers de chant et de jardinage, puis une succession, toutes les demi-heures, entre 16h et 18h, de mini-concerts dans différents points du domaine. Ce sont les artistes des Arts Florissants, du Jardin des Voix ou de la Juilliard School de New York qui choisissent leur programme, dans une ambiance décontractée et bucolique. À 18h, un concert est proposé sur les terrasses, devant le Bâtiment. Le soir, à 20h, un opéra est donné sur la scène flottante du Miroir d’eau en alternance avec un concert qui a pour cadre l’église du village. Puis, après un chocolat chaud offert par les paroissiens, une « Méditation à l’aube de la nuit » clôt la journée sous forme de concert aux chandelles.</p>
<p><strong>Dirigeant</strong>&nbsp;: William Christie, fondateur et codirecteur musical, avec Paul Agnew, codirecteur musical.</p>
<p><strong>Répertoire&nbsp;</strong>: La musique baroque, avec une prédilection pour la musique européenne des xvii<sup>e</sup> et xviii<sup>e</sup> siècles et ses œuvres célèbres ou méconnues. Mais les artistes n’hésitent pas à mêler des œuvres contemporaines ou populaires aux chefs-d’œuvre du Répertoire, notamment dans les promenades musicales, ou dans le cadre des mini-concerts et des cartes blanches. Une centaine d’événements et autant d’artistes se succèdent en une semaine.</p>
<p><strong>Dates marquantes&nbsp;</strong>: Purcell, <em>The Indian Queen</em>, 2021.<br>Purcell, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/"><em>The Fairy Queen</em></a>, dirigé par Paul Agnew et mis en espace par Mourad Merzouki, 2023.<br>Mondonvile, <em>Titon et l’Aurore</em>, 2023.<br>Purcell, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/"><em>Dido and Aeneas</em></a>, dirigé par William Christie, 2024.<br>Douglas Balliett, <em>Passion selon saint Marc</em>, commande des Arts Florissants, 2024.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2264-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171736"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><em>The Fairy Queen</em>, 2023 © Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Événements parallèles </strong>: Depuis 2017, un <a href="https://www.arts-florissants.org/fr/musique/festivals/festival-de-printemps">Festival de printemps</a> créé par Paul Agnew permet de mettre en valeur le répertoire sacré de grands compositeurs baroques, dans les églises du Sud-Vendée.</p>
<p><strong>Conditions techniques</strong> : Les concerts ont lieu en plein air, avec des tentes pour protéger les instrumentistes en cas de pluie modérée ou des possibilités de repli à l’Espace culturel René Cassin à Fontenay le Comte (à 30 minutes en voiture). En soirée, des concerts sont donnés dans l’église de Thiré (ou, pendant les travaux de restauration, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon.</p>
<p><strong>Meilleures places</strong> : Toutes les places sont agréables dans les jardins en journée<em>,</em> surtout si l’on a pensé à sa petite chaise pliable. Dans l’herbe, contre un arbre, adossé au pont chinois ou en contemplation des cygnes se pavanant sur la rivière, chacun à son goût…</p>
<p><strong>Acoustique</strong> : En plein air, l’acoustique est idéale, avec adjonction de chants d’oiseaux, de roucoulements de colombes paons, de cacardements de jars ou de bruissements de feuilles du plus bel effet. La scène du miroir d’eau est discrètement et efficacement sonorisée pour permettre une qualité d’écoute optimale. L’acoustique de l’église est impeccable.</p>
<p><strong>Tarifs </strong>: Plus que raisonnables, les <a href="https://evenements.vendee.fr/agenda/dans-les-jardins-de-william-christie/f3a02290-cc39-4c2c-847c-8e967e1ee2f0?cHash=aac1b3507fc0e19a30055ce0967e9cfd">billets</a> pour passer l’après-midi dans les jardins s’écoulent à 8 euros (ou 5€ pour le tarif réduit), quand les places pour les concerts du soir (opéra sur le miroir d’eau suivi d’une promenade dans les jardins éclairés) ou dans l’église coûtent 26 € (15€ pour le tarif réduit). Les billets sont vendus en ligne ou par téléphone au 02 28 85 85 70, en respectant la jauge de la salle de repli en cas de mauvais temps. Le jour même, s’il fait beau, on met en vente des billets supplémentaires pour les Après-midis dans les jardins et le parterre d’eau à acquérir en ligne ou sur place. En 2024, le festival affichait un taux de remplissage de 99,99 %. Qui dit mieux ! Un beau cadeau pour William Christie qui fête ses 80 printemps en décembre de la même année.</p>
<p><strong>Anecdotes </strong>: Elles pullulent. En 2024, Gaspard, l’un des trois chats de William Christie, s’est invité sur la scène du miroir d’eau au cours de la générale. Paul Agnew s’interrompt parfois dans ses explications car il a compris que le couple de cygnes est en train de passer derrière lui : toutes les têtes se tournent dans la même direction et plus personne ne l’écoute. On peut croiser le codirecteur du festival sur sa bicyclette dans les rues du village et l’on peut apercevoir William Christie en train d’aider les jardiniers à s’occuper du potager ou à tailler les arbres. Dans les allées ratissées de près, des tuyaux d’arrosage d’un jaune bouton d’or sont artistement enroulés et déposés au vu de tous : le maître souhaite que les visiteurs comprennent que le jardin vit et que cela demande des soins constants…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Le-Chat-sur-la-scene-Julien-Gazeau-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-180302"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Gaspard sur la scène du miroir d&rsquo;eau © Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Le bémol</strong> : Le festival est bien court : une semaine à peine.</p>
<p><strong>Le dièse</strong> : Une programmation de grande qualité à des tarifs exceptionnellement attractifs pour une ambiance bucolique saupoudrée de féerie inoubliable.</p>
<p><strong>Accessibilité</strong> : L’accès des Jardins du Bâtiment pour les personnes à mobilité réduite est possible, à partir du parking de la Peupleraie, à partir duquel les personnes sont emmenées en voitures électriques jusqu’à l’entrée des jardins.</p>
<p><strong>Toilettes </strong>: Des toilettes sont présentes à l’entrée des jardins, dans la maison de la Fontaine, au centre du village de Thiré, ou encore derrière le bâtiment (la maison de William Christie). Si l’on ressent une envie pressante entre deux activités, les commodités seront toujours trop distantes et l’on regrettera de ne pas avoir visité les toilettes à l’entrée des jardins. Mieux vaut donc être prévoyant et organisé.</p>
<p><strong>Vestiaire </strong>: Pas de vestiaire dans les jardins, mais des spectateurs de plus en plus organisés qui emportent leur siège pliable, ont prévu des chaussures confortables (mieux vaut éviter les talons dans les jardins !), une petite couverture et des vêtements plus chauds pour les soirées fraîches, de la crème solaire, un chapeau de soleil (beaucoup portent le canotier, comme William Christie) ou un parapluie (nous sommes en Vendée) et de l’anti-moustique.</p>
<p><strong>Accès</strong> : Thiré est un petit village en Vendée de 500 habitants. Mieux vaut disposer d’une voiture pour y arriver. La gare la plus proche est à Chantonnay (15 km), celle de la Roche-sur-Yon est à 40 km (30 minutes en voiture), la Rochelle et les Sables-d’Olonne sont à une bonne heure de voiture. Les locations de voitures peuvent se faire à la Roche-sur-Yon.</p>
<p><strong>Points d’intérêt touristique proches</strong> : Thiré se situe entre les Sables-d’Olonne, Nantes, Angers et La Rochelle. Pour prolonger son séjour bucolique, on peut découvrir d’autres jardins non loin, comme celui de <a href="https://jardindechaligny.wordpress.com/">Chaligny à Sainte-Pexine</a> ou ceux de l’Association des <a href="https://apjvendee.wordpress.com/">Parcs et Jardins de Vendée</a>. Pour compléter la découverte du travail annuel du botaniste Baptiste Pierre, on peut se rendre dans le <a href="https://potagerextraordinaire.com/">Potager extraordinaire</a> à la Roche-sur-Yon. Autre visite intéressante, celle des ruines de l’<a href="https://www.vendee-tourisme.com/abbaye-saint-pierre-de-maillezais/maillezais/pcupdl085v500wtg">Abbaye de Maillezais</a>, avec à quelques pas la possibilité de s’évader en barque sur le <a href="https://www.marais-poitevin.com/">Marais poitevin</a>. Et pourquoi pas s’aventurer dans la réserve ornithologique de la <a href="https://sitesnaturels.vendee.fr/la-cite-des-oiseaux">Cité des oiseaux</a> ?</p>
<p><strong>Espace pique-nique </strong>: Sans billet, juste avant l’entrée du festival, on trouve un vaste espace de pique-nique tout comme dans le récent parc Ida Jones Christie, dédié à la maman de William Christie, en accès libre et avec des bancs offerts par des mécènes dont on trouve les noms gravés. À l’intérieur des jardins, donc avec un billet, on peut également pique-niquer dans des emplacements, clairement identifiés, qui sont des lieux enchanteurs : à côté de l’espace restauration ou non loin du Miroir d’eau, près du grand parterre.</p>
<p><strong>Boutique </strong>: À côté de l’espace de restauration, juste après le pont à l’entrée des jardins, une boutique permet d’acquérir les publications des Arts Florissants (CD, DVD, livres, partitions, cartes postales), des accessoires (coussin avec plaid intégré, gourdes, mug et autres objets estampillés), du miel de production locale et ce, dès l’ouverture, jusqu’à 20h. On y trouve des nouveautés chaque année. Les jardiniers proposent également des plantes à petits prix à proximité.</p>
<p><strong>Où se restaurer ?</strong> Tout juste après avoir franchi le petit pont à l’entrée des jardins, donc avec un billet, on découvre un point de restauration, le Café des jardins, où l’on peut trouver des plats, sandwichs, desserts et boissons de 14h30 à 20h. Mieux vaut commander son dîner à l’avance, ce qu’on peut faire tout au long de l’après-midi, pour éviter l’engorgement à la pause, entre 18h30 et 20h. Il est également possible de se restaurer de 12h30 à 20h30 au milieu du village, sans billet, à quelques minutes à pied, à la Maison de la Fontaine, au Garden Café, où une exposition végétale temporaire est organisée sur un thème différent chaque année (tomate, aubergine, piments, plantes mellifères, aromatiques…), selon l’humeur du botaniste Baptiste Pierre, invité chaque année depuis 2019.</p>
<p><strong>Où dormir ?</strong> Il n’y a aucun hôtel à Thiré. Les artistes logent chez l’habitant, mais il est possible de trouver de nombreuses offres dans les environs. Dans un rayon de 20 km, on aura l’embarras du choix entre chambres d’hôtes, camping, gîtes, maisons de charme, manoir, château et mêmes yourtes. On conseillera le <a href="https://www.moulin-neuf.net/">Moulin Neuf Hôtel</a>, à Chantonnay, situé dans un site enchanteur.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Festival Dans les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/bmUi9fpR8Oo?start=2&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/aQStNdTipOU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Purcell at Prayer – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-at-prayer-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 03:58:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement à la veille, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">à la veille</a>, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour se repaître des activités qu’ils n’ont pas eu le temps de pratiquer le jour précédent. Il y a ceux qui se lancent en famille dans un parcours itinérant de danse baroque dans le village et les espaces verts sur le thème des <em>Mémoires</em> de Casanova, quand d’autres se passionnent pour le chant participatif sur le thème des oiseaux guidés par <strong>Sophie Daneman</strong>, celle-là même qui met en mouvement le très beau <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">Dido and Aeneas</a></em> donné en soirée sur le miroir d’eau, alors que d’autres visitent avec les jardiniers les différents espaces des jardins pensés et conçus par William Christie. De notre côté, nous écoutons avec délectation les <em>Conversations croisées </em>entre l’historien de l’art <strong>Henry-Claude Cousseau</strong> et l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong>.</p>
<p>Tout irait pour le mieux dans le plus beau des mondes si l’on n’avait pas appris qu’une bonne partie de l’équipe était sur les dents&nbsp;; en effet, la mezzo Rebecca Leggett est souffrante. La lauréate du Jardin des Voix était membre du quintette prévu le soir même pour le programme de <em>Lamentations </em>de Roland de Lassus. Or, les difficultés de l’œuvre ne permettent pas de trouver au pied levé une remplaçante. Il faut donc trouver un programme de rechange et le répéter avant 20h… Quand on le croise à la pause déjeuner, <strong>Paul Agnew</strong>, à la direction musicale pour ce même concert pour voix seules, ne laisse rien paraître et sourit comme à l’accoutumée. Il se réjouissait de faire découvrir une partie du travail du prolifique Roland de Lassus (1532-1594, également connu sous le nom d’Orlando di Lasso ou encore Roland de Lattre). Un premier motet en appel à la paix aurait dû précéder un cycle de douze motets sur le mystère de la Nativité où intervenaient douze sybilles, dans un entrelacs complexe et étrange, tout en expérimentations chromatiques. Redoutable partition que ces prophéties où s’opèrent des changements de tonalités constants. Puis auraient succédé les <em>Lamentations du samedi saint</em>, chantées durant l’office des ténèbres, avec pour seul éclairage neuf bougies éteintes une par une à la fin de chaque mouvement. Enfin, des «&nbsp;Psaumes de pénitence&nbsp;» auraient conclu l’expérience, avec les œuvres parmi les plus célèbres du compositeur dont l’humaniste Samuel van Quickelberg disait à l’époque&nbsp;: «&nbsp;lorsqu’il lui fallait mettre en accord le mot et la chose, d’exprimer l’intensité des diverses émotions en donnant à voir la chose comme si elle se produisait, que l’on peut se demander si c’est la suavité des émotions qui confère sa beauté à la plainte du chant, ou bien l’inverse&nbsp;». Paul Agnew avait bien l’intention de mettre en valeur le génie et la modernité de l’œuvre, en essayant avec ses partenaires de reproduire la palette chromatique du créateur. Las, il faudra renoncer à cette expérience qui s’annonçait passionnante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_4_005-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171447"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>En attendant, les mini-concerts de l’après-midi dans les jardins ont commencé et il est tout de même possible d’entendre <em>Suzanne un jour</em> de Roland de Lassus, donné dans le Petit bois d’Henry-Claude. Les sopranos <strong>Maud Gnidzaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong>, l’alto <strong>Daniel Brand</strong>, le ténor <strong>Michael Loughlin Smith</strong> et la basse <strong>Christophe Gautier</strong> se tirent à merveille des chausse-trapes d’une œuvre moins séduisante que fascinante dans sa complexité formelle. Le contenu des petits concerts est choisi par les artistes. Quelques minutes plus tard, dans un genre très différent, on écoute les chansons originales et les improvisations sur le thème de l’amour de <strong>Douglas Balliett</strong>, contrebassiste et compositeur américain (ancien élève de la Juilliard School, présent à la quasi-totalité des éditions du festival) et <strong>Thomas Dunford</strong>, luthiste fétiche des Arts Florissants dont on se souvient, par exemple, du beau programme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">«&nbsp;Les recettes de l’amour&nbsp;»</a> donné en 2022 avec Lea Desandre et William Christie. Les deux artistes affichent une évidente complicité et un plaisir de jouer ensemble dans une sorte de jam baroco-jazzy qui électrise l’auditoire. On regrette de ne pouvoir rester toute la semaine jusqu’au terme du festival, car ce serait l’occasion d’entendre une <em>Passion selon saint Marc</em> composée par Douglas Balliett. Cette création a été commissionnée par les Arts Florissants et marque l’un des temps forts du festival.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_3-063-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171450"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>Après dîner, les bénévoles dévoués organisent le transfert à quelques kilomètres de là, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, car l’église de Thiré est en travaux actuellement. Dans le sanctuaire où chaque siège est occupé et l’éclairage réduit à quelques cierges, un parfum capiteux à base de lys émane de deux somptueux bouquets embellissant les pilastres du chœur. Paul Agnew prend la parole pour expliquer au public que le programme annoncé va être remplacé par un autre, en raison de l’absence de Rebecca Leggett, totalement aphone. Une partie de la journée a été consacrée à concocter un nouveau programme cohérent, en privilégiant des solos plutôt que des ensembles, en fonction de ce que les artistes étaient capables de présenter le soir même. Le jeune <strong>Gabriel Rignol </strong>au théorbe a accepté de se joindre aux chanteurs, secondé par <strong>Florian Carré </strong>au clavecin, lequel se trouvait encore à Paris le matin même… Aucune rumeur de protestation dans l’auditoire pour accueillir l’annonce&nbsp;: Paul Agnew sait y faire et l’on se prend immédiatement d’empathie pour lui et les siens. Ce sont finalement des pièces sacrées de Purcell qui sont proposées… Le pédagogue écossais nous rappelle que Purcell serait sans doute surpris de savoir que nous connaissons surtout sa musique profane, lui qui a tant composé pour le domaine sacré. Et curieusement, cette sélection d’œuvres religieuses intitulée «&nbsp;Purcell at Prayer&nbsp;» est une première dans le festival. L’alto <strong>Mélodie Ruvio</strong>, le ténor <strong>Hugo Hymas</strong> et la basse <strong>Edward Grint</strong> devaient interpréter initialement les œuvres de Lassus. Ils s’adaptent parfaitement à l’univers polyphonique du compositeur anglais. Le public retient son souffle. Pour les soutenir, les sopranos Juliette Perret et <strong>Violaine Le Chenadec </strong>complètent avec Paul Agnew un sextette en idéale harmonie. Très vite, le plaisir de chanter ensemble prend le dessus sur la tension des répétitions à l’arrachée de la folle journée (d’autant que Juliette Perret se produisait trois fois de suite au cours de l’après-midi dans les jardins et Paul Agnew deux fois&nbsp;!). Quelque chose de magique se produit et au terme du concert, c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue les artistes. Le moment que nous avons vécu appartient aux grands bonheurs que l’on peut éprouver dans le spectacle vivant&nbsp;: le professionnalisme des artistes, leur capacité d’adaptation et leur connaissance du répertoire leur ont permis de se dépasser et de nous combler.</p>
<p>Après la pause d’une demi-heure et le traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens, tout le monde revient s’installer dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;», conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil. Les règles sont rappelées par Paul Agnew&nbsp;: il s’agit de laisser infuser la musique à l’issue de la journée et pour cela, s’abstenir d’applaudir. La soprano Violaine Le Chenadec est accompagnée de son époux <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin, le couple étant soutenu par Gabriel Rignol au théorbe, tout jeune, mais merveilleusement doué. Nous entendons cette fois Monteverdi et ses contemporains. Le couple Mabire/Le Chenadec fonctionne particulièrement bien. La voix, bien timbrée, ample et émouvante, est magnifiée par le jeu inspiré du cornettiste, dont on goûte avec délices la virtuosité exceptionnelle (et en plus, il chante parfaitement bien…). Du coin de l’œil, on aperçoit Paul Agnew, installé dans le public, visiblement ému et soulagé, les yeux mi-clos, qui se repaît des sonorités idéalement réverbérées dans la petite église.</p>
<p>On quitte à grand regret ce festival enchanteur, avec une petite pointe d’envie pour les bienheureux qui peuvent rester jusqu’au bout. Eux entendront les <em>Lamentations de Lassus</em> le lendemain, puis l’extraordinaire violoniste Théotime Langlois de Swarte et son complice William Christie qu’on avait eu la chance d’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">entendre par le passé</a>, mais également <em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck en version de concert dirigée par Paul Agnew sur le miroir d’eau et bien sûr, la création déjà évoquée&nbsp;: la <em>Passion selon saint Marc</em>. Au bout de quatre jours, le taux de remplissage était de 99&nbsp;%&nbsp;! Il faudra s’y prendre tôt pour les réservations l’année prochaine…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="&quot;O come sei gentile&quot; (Monteverdi) - Violaine Le Chenadec &amp; Adrien Mabire" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/53KDkXTM1zw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Découverte dansée - Festival Dans les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/9zWTsONpnQY?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Salve Regina - Doug Balliett" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/btIewTK3d5I?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Aug 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=171300</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 24 août marque le premier jour de la 13e édition du festival «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré, en Vendée. Si les organisateurs sont confiants dans la mesure où le chiffre de quelque dix mille spectateurs de l’année passée va être à peu près égalé, une légère inquiétude tempère l’excitation des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi 24 août marque le premier jour de la 13<sup>e</sup> édition du festival «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré, en Vendée. Si les organisateurs sont confiants dans la mesure où le chiffre de quelque dix mille spectateurs de l’<a href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">année passée</a> va être à peu près égalé, une légère inquiétude tempère l’excitation des retrouvailles, car la météo est incertaine. Une ondée est prévue pour le milieu de l’après-midi et l’on ne sait pas trop s’il va falloir, ou non, se replier dans les emplacements prévus pour le «&nbsp;Plan pluie&nbsp;», consistant en tentes disposées dans différents points du jardin.</p>
<p>En attendant, les activités habituelles font le plein. Dès l’ouverture au public en tout début d’après-midi, on a l’embarras du choix entre des activités en famille de chant participatif, de danse baroque ou autres animations bucoliques et intellectuelles, sans oublier la visite guidée à la découverte du jardin éclectique rêvé et élaboré au fil des années par William Christie, entre le théâtre de verdure, la cour d’honneur, le potager, le cloître, la serre, la pinède, le grand parterre et l’on en oublie quelques-uns, d’autant qu’il y a des nouveautés chaque année. Tant et si bien qu’à l’heure du goûter où commencent les mini-concerts répartis aux quatre coins du jardin, tout le monde est déjà sous le charme et totalement immergé dans une ambiance à la fois festive, ludique, sympathique et solennelle, tout à fait dans l’esprit du monde baroque.</p>
<p>Après le premier quatuor dans la Pinède, en compagnie de Vivaldi et Telemann, on continue au niveau du mur des Cyclopes, l’un des lieux les plus sauvages des jardins, avec un concert dédié à Purcell. <strong>Paul Agnew</strong> y interprète des œuvres du compositeur anglais, alors que l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong> lit avec brio des textes illustrant sa courte vie bien remplie. Las, il pluviote, et deux parapluies sont apportés pour protéger le théorbe du jeune <strong>Gabriel Rignol</strong> ainsi que le violoncelle de <strong>Felix Knecht</strong>. Détail charmant, c’est le ténor écossais Paul Agnew qui tient le parapluie au-dessus de l’instrument alors qu’il chante, tête nue, sous la pluie, avec un flegme tout britannique et l’humour coutumier de celui qui est également co-directeur artistique du festival. Personne ne songe à se mettre à l’abri, surtout quand il susurre, concurrencé par le jars qu’on imagine évoluer, un peu plus loin, sur la rivière Smagne, l’ineffable «&nbsp;Music for a while&nbsp;». La magie opère. Quelques minutes plus tard, on découvre, sous la tente du Pont chinois, accompagnés au théorbe toujours par Gabriel Rignol, un couple idéal&nbsp;: la soprano <strong>Violaine Le Chenadec</strong> et <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin. Les concerts étant propices à la transmission et à la pédagogie, Adrien Mabire nous parle de son instrument, très populaire et primordial à une époque, bien délaissé aujourd’hui, qui se situe entre la flûte et la trompette. De Monteverdi à Frescobaldi, en passant par Palestrina et Bassano, le programme intitulé «&nbsp;Gli spiriti del giardino&nbsp;» fascine les auditeurs, l’oreille intriguée par ces rares sonorités, merveilleusement mises en valeur par le timbre pur et plein de Violaine Le Chenadec. On se réjouit de savoir qu’on pourra à nouveau entendre le trio le lendemain. Le crachin n’est plus qu’un mauvais souvenir et quelques temps plus tard, le programme de l’après-midi se conclut avec un concerto Brandebourgeois sur les Terrasses, juste derrière le Bâtiment, la maison de William Christie, juste avant le dîner. Heureusement, la pluie a cessé et il ne sera pas nécessaire de se transférer dans la salle de repli située à une demi-heure de route de Thiré.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-5800-JGazeau-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-171304"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Le beau temps revenu, c’est bien sur la scène flottante du superbe Miroir d’eau que s’installe l’ensemble instrumental des Arts Florissants accompagnés par des jeunes instrumentistes de la très prestigieuse Juilliard School, sous la direction de William Christie, également au clavecin et à l’orgue pour le continuo. Afin de compléter <em>Dido and Aeneas</em>, qui ne comporte qu’une heure de musique, l’ode de Purcell, <em>Celestial music did the Gods inspire</em>, est proposée en introduction. Le vent souffle fort et les platanes ainsi que les charmes qui bordent le plan d’eau bruissent tumultueusement. Cela ne suffit pas à nous empêcher de profiter de toutes les nuances délicates du chef-d’œuvre de Purcell. La scène est sonorisée, c’est-à-dire qu’un dispositif de micros permet de rendre le son audible pour tous, avec un rendu très naturel. <strong>Helen Charlston</strong> est lauréate du Jardin des Voix, la fameuse pépinière de nouveaux talents instaurée par le maître. La mezzo-soprano incarne une Didon aristocratique et passionnée, toute de retenue et de subtilités infinies que son beau mezzo lui permet. Alors que le vent s’est calmé, des oiseaux accompagnent de leur chant inquiet la jeune anglaise, sublime dans une mort déchirante et noble. Un moment d’anthologie pour ce festival… <strong>Renato Dolcini</strong>, l’interprète d’Énée, est lui aussi lauréat du Jardin des Voix. La rencontre vocale avec sa partenaire est passionnante&nbsp;: tous deux forment un couple idéal qu’on prend plaisir à entendre et à voir déambuler, main dans la main, le long des berges du plan d’eau, dans un tableau féerique alors que la nuit tombe. Si l’opéra est donné en version de concert, il est toutefois mis en mouvement par <strong>Sophie Daneman</strong>, la soprano également metteure en scène et pédagogue enthousiaste qui propose cette année dans les jardins un atelier de chant participatif justement consacré au chant des oiseaux. Son travail discret et sobre met en valeur les ensembles, tout en harmonie et en délicatesse. C’est avec la complicité de William Christie qu’elle a eu l’idée de donner deux rôles à Renato Dolcini&nbsp;: ce dernier incarne le prince troyen tout comme la Grande Sorcière. Après tout, l’un comme l’autre poursuivent le même but&nbsp;: se débarrasser de Didon pour permettre le départ d’Énée vers son destin de fondateur de Rome. Le procédé, surprenant, n’est cependant pas gênant et donne la possibilité au baryton italien de démontrer l’étendue de son talent, conférant de l’épaisseur à ses deux rôles. Mais il est une interprète qui nous a séduit tout particulièrement&nbsp;: <strong>Ana Vieira Leite</strong>, également lauréate du Jardin des Voix, est une Belinda absolument délicieuse. La soprano portugaise oscille entre des aigus cristallins très purs et une sorte de joie débordante et communicative qui magnifient le timbre. Les sorcières incarnées par <strong>Maud Gnidzaz </strong>et <strong>Virginie Thomas</strong> sont excellentes et les autres personnages complètent une distribution de haut vol. La virtuosité des musiciens achève de ciseler une œuvre d’excellente facture, dans un cadre enchanteur et idyllique. William Christie, qui va bientôt fêter ses quatre-vingts printemps, affectionne tout particulièrement cette œuvre&nbsp;: sa connaissance intime de l’ouvrage si souvent abordé semble avoir touché toute l’équipe et le résultat nous comble. Pour prolonger la féerie, les jardins sont savamment éclairés et il est permis au public d’y déambuler. C’est peu dire que nous sommes chanceux…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-6125-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171307"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Bienvenue au Festival Dans les Jardins de William Christie 2024" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/EFezVcKxSVs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>GLUCK, Orphée et Eurydice &#8211; Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-orphee-et-eurydice-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n&#8217;est finalement pas si fréquent d&#8217;assister en France à une représentation de la version française d’Orphée et Eurydice (ou même Euridice si l’on en croît la partition autographe) de Gluck. L’azione teatrale per musica, devenue drame héroïque, fut donnée pour la première fois en 1774 au Théâtre du Palais-Royal, avec Joseph Legros dans le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il n&rsquo;est finalement pas si fréquent d&rsquo;assister en France à une représentation de la version française d’<em>Orphée et Eurydice </em>(ou même <em>Euridice </em>si l’on en croît la <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3980067.r=orph%C3%A9e+gluck.langFR" target="_blank" rel="noopener">partition autographe</a>) de Gluck. L’<em>azione teatrale per musica,</em> devenue drame héroïque, fut donnée pour la première fois en 1774 au Théâtre du Palais-Royal, avec Joseph Legros dans le rôle-titre. En raison d’une météo capricieuse, la représentation ce soir, prévue dans la Cour des Hospices, est transférée dans la Basilique Notre-Dame, un lieu de toute beauté, mais dont il faut apprivoiser l’acoustique. Les trois solistes vocaux, placés derrière l’orchestre, en feront quelque peu les frais, devant déployer des ressources supplémentaires pour projeter leur voix.</p>
<p>Tout a déjà été dit et écrit sur l’adéquation parfaite de <strong>Reinoud Van Mechelen </strong>avec le répertoire français pour haute-contre, notamment en termes de tessiture, d’attention portée à la déclamation ou encore de familiarité avec un style qui semble couler de source dans sa voix. Avec cet Orphée, il atteint de nouveaux sommets. Soutenu par un orchestre au grand complet, il surpasse sa prestation au disque dans l’<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/legros-haute-contre-de-gluck/" target="_blank" rel="noopener">hommage</a> qu’il avait consacré à Joseph Legros. Captivant d’emblée le public avec ses plaintes déchirantes (« Eurydice ! »), le ténor belge offre une interprétation poignante de l’air « Objet de mon amour », où brille la clarté de la ligne vocale. En clôture du premier acte, « L’espoir renaît dans mon âme » démontre une agilité vocale impressionnante, Reinoud van Mechelen couronnant l’air d’une spectaculaire cadence vers un contre-mi bémol. Bouleversant dans les récitatifs accompagnés du deuxième acte, il démontre enfin, avec « J’ai perdu mon Eurydice », à quel point ce style musical qui pourrait sembler convenu, peut arracher les larmes lorsqu’il est rendu ainsi : sans maniérisme mais avec grâce.</p>
<p>À ses côtés, le chant de l’Eurydice d’<strong>Ana Vieira Leite </strong>est délicat, admirablement phrasé et très intelligible. Les épanchements plus tourmentés de son air « Fortune ennemie » la montrent toutefois un peu trop en retrait. Aucune réserve enfin pour le délicieux Amour de <strong>Julie Roset</strong>, dont chaque intervention fait mouche.</p>
<p>La direction de <strong>Paul Agnew</strong> nous laisse une impression partagée. D’un côté, il insuffle une belle dynamique et une grande unité à l’ensemble. L’Ouverture est ainsi rondement menée, et, au deuxième acte, il sait créer une atmosphère oppressante dans les Enfers, notamment dans l’Air des Furies, où la tension dramatique est palpable. Mais d’autres passages nous ont paru moins inspirés, en particulier les récitatifs accompagnés, un peu métronomiques.</p>
<p>Le chœur des <strong>Arts Florissants</strong> affiche une unité à toute épreuve mais souffre du changement de lieu de la représentation. Si la résonance de la Basilique lui insuffle un volume sonore impressionnant, cela se fait au prix d’un manque de clarté dans l’articulation du texte et d’une trop grande uniformisation du chant. L’orchestre, d’une belle homogénéité, n’est pas avare de couleurs, des basses bien présentes, aux trombones menaçants, en passant par la flûte charmeuse de <strong>Gabrielle Rubio</strong> dans le Ballet des Ombres heureuses.</p>
<p>Précisons enfin qu’un enregistrement studio de ce spectacle est prévu dans les jours qui viennent, chez Harmonia Mundi.</p>
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		<title>Paul Agnew : « Je traite la musique de Purcell comme si c’était une œuvre française »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/paul-agnew-je-traite-la-musique-de-purcell-comme-si-cetait-une-oeuvre-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Sep 2023 04:04:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Co-directeur du Festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré, Paul Agnew dirige The Fairy Queen, un spectacle qui nous a enchanté. Avant de chanter à deux reprises dans l’après-midi puis de reprendre à nouveau le soir le spectacle qu’il avait donné la veille, tout sourire et avec une totale décontraction, il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Co-directeur du Festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré, Paul Agnew dirige <em>The Fairy Queen</em>, un spectacle qui nous a enchanté. Avant de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/affetto-et-affetti-thire/">chanter à deux reprises</a> dans l’après-midi puis de reprendre à nouveau le soir le spectacle qu’il avait donné <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">la veille</a>, tout sourire et avec une totale décontraction, il nous a éclairés sur cette création, complétant en cela les propos de <a href="https://www.forumopera.com/william-christie-jai-une-fascination-pour-les-choregraphies-modernes-sur-de-la-musique-baroque/">William Christie</a> et de<a href="https://www.forumopera.com/mourad-merzouki-la-musique-baroque-est-pensee-pour-la-danse-on-lecoute-et-la-choregraphie-se-dessine-comme-un-tapis-quon-deroule/"> Mourad Merzouki</a>.</strong></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/AGNEW-Paul_2018_IMG_4775_Oscar-Ortega-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-140237"/><figcaption class="wp-element-caption">© Oscar Ortega</figcaption></figure>


<p><strong>Avez-vous apporté des modifications à <em>The Fairy Queen</em>&nbsp;?</strong></p>
<p>On ne peut pas évidemment pas éviter la relation avec la pièce de théâtre, mais nous avons décidé assez tôt d’ignorer la pièce de Shakespeare. Cela dit, le seul personnage auquel il est fait référence est Obéron, à la toute fin, quand il est question de son anniversaire, alors qu’on n’en trouve pas d’allusion dans la pièce elle-même&nbsp;! Il n’a pas été nécessaire de couper quoi que ce soit dans la musique. On peut naturellement tisser toutes sortes de liens entre le <em>Songe d’une nuit d’été </em>et <em>The Fairy Queen</em>, ce que nous avons fait. De mon côté, j’avais déjà participé à plusieurs productions de l’opéra de Purcell en qualité de chanteur. Nous avions monté avec la Royal Shakespeare Company un <em>Fairy Queen </em>qui durait quelque chose comme cinq heures. L’expérience avait été fabuleuse, car nous étions entourés par des comédiens incroyables, mais dans ce contexte, la musique ne nous touche quasiment pas. Pour le Jardin des Voix, j’ai toujours voulu avoir une œuvre qui ne serait pas trop longue mais aurait un impact direct, avec des plages de 45’ pour chaque partie, même si notre spectacle est un peu plus long. Notre parti pris a consisté à transformer le spectacle en ballet. Bien sûr, il y a de la danse dans <em>The Fairy Queen</em>, mais l’œuvre n’est pas en soi un ballet.</p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous souhaité en faire un ballet&nbsp;? Parce que vous aviez des danseurs à disposition&nbsp;?</strong></p>
<p>Non, les danseurs et le chorégraphe ont été choisis dans un second temps. Nous l’avons fait parce que c’est dansant. Le roi Charles II avait vu son cousin Louis XIV évoluer sur la musique de Lully et cela avait eu sur lui un impact énorme. L’un de ses premiers actes, lorsqu’il prend le pouvoir en 1661 [alors qu’il y a beaucoup à faire après dix ans sans monarchie], consiste à créer un orchestre qu’il nomme «&nbsp;The 24 Violons of the King&nbsp;», ce qui est un copier-coller des <em>24 violons du roi… </em>Il s’agit de faire une sorte de miroir de ce qu’il a découvert, mais avec beaucoup moins d’argent. Chaque compositeur était envoyé en France pour s’y former quasiment jusqu’à l’avènement de Purcell. Pelham Humphrey, que Purcell connaissait, était l’un des derniers à le faire . Évidemment, on ne pouvait pas avoir de catholiques aux côtés du roi anglican, mais il fallait des Anglais qui aient une formation française. À cette époque, la musique britannique est fortement influencée par la musique française. Le but était d’avoir une cour à la française et le jeune Purcell a baigné dans ce contexte. Cela signifie que toute la musique était extrêmement dansante et cela ne nous a pas été difficile d’essayer de créer un ballet composé de jeunes chanteurs et de jeunes danseurs avec pour ambition qu’une fois sur scène, il soit difficile de savoir qui chante ou qui danse. C’était un pari, dont je pense qu’il est gagné.</p>
<p><strong>Comment avez-vous trouvé la compagnie&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous avons prospecté et avions vu le travail de Mourad Merzouki qui avait créé <em>Folia</em>. Il avait donc déjà été en contact avec la musique baroque et avait aimé cela. Il a réfléchi longuement à la proposition que nous lui avons faite et a fini par accepter. Mourad vient d’un univers totalement différent, certes, à savoir le breakdance et le hip-hop. Mais nous lui avons alloué deux danseurs de la Juilliard School qui viennent du monde classique. Et cela a exercé une influence énorme sur le spectacle. Bien sûr, les chorégraphes travaillent souvent sur des improvisations qui diffèrent fondamentalement entre la danse classique et le hip-hop… Mais ce que les uns proposaient devait être repris par les autres, et réciproquement. De même, les chanteurs ont dû danser, tous comme il a été demandé aux danseurs de chanter dans le dernier chœur. «&nbsp;Si les chanteurs prennent le risque de danser, vous, les danseurs, vous serez obligés de chanter&nbsp;!&nbsp;» J’ai souhaité avoir une compagnie qui occupe la scène constamment. Aux artistes qui s’interrogeaient, au départ, sur ce qu’ils devaient faire quand ils ne chantaient pas il a été répondu&nbsp;: «&nbsp;Non, vous ne sortez jamais&nbsp;!&nbsp;». Il fallait que tous soient sur scène, impliqués dans le chant et la danse des partenaires.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2356-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-140235"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p><strong>Vous dites que vous avez voulu vous débarrasser de la pièce du dramaturge, mais on sent la présence de Shakespeare partout, comme si tous les univers présents dans Le Songe se mêlaient…</strong></p>
<p>Oui, Shakespeare est là en permanence&nbsp;! Dès qu’il est fait mention de quitter la ville pour se rendre dans la nature en entendant le bruit des oiseaux. Il ne s’agissait pas d’un rejet de la pièce, mais simplement, nous avons pris le parti pris de penser qu’on n’était pas responsables de raconter l’histoire.</p>
<p><strong>Le choix de ne pas distinguer les personnages et de leur faire porter à tous le même costume fait que tout le monde se confond avec tout le monde, ce qui donne une touche extrêmement moderne et proche de nous au ballet que vous avez créé. On est dans les rêves sans avoir besoin de la mythologie…</strong></p>
<p>Pour nous, aux Arts florissants, cette musique est moderne et d’actualité. Nous avons gardé en tête que les musiciens baroques n’ont pas eu cette idée d’historicité qui nous obsède. Purcell compose son œuvre en 1692 et sait que ce n’est pas la peine de refaire <em>King Arthur </em>ou d’autres œuvres antérieures. Il fallait du neuf. Cette idée de modernité est tout à fait présente. Il ne faut jamais confondre la musique baroque avec un musée. Et dans le cas présent, ce sera un défi pour les chanteurs et les acteurs car il faudra que ce soit nouveau à chaque représentation. Je n’ai aucune intention de reproduire ce soir le spectacle que nous avons donné hier. Dans la tête de chaque interprète, il faut que ce soit une création chaque soir.</p>
<p><strong>Le spectacle va faire une grande tournée après les Jardins de Thiré…</strong></p>
<p>Oui, nous partons tout de suite pour Utrecht et Lausanne. Nous irons aussi à New York, puis au Canada, un peu partout. Il y aura ensuite une nouvelle série de dates.</p>
<p><strong>Quand vous avez choisi les chanteurs du Jardin des Voix, avez-vous veillé à ce que ces jeunes artistes aient déjà une initiation à la danse ou un parcours déjà bien défini dans ce domaine&nbsp;?</strong></p>
<p>Non, nous n’avons pas tenu compte de ce critère et l’avons même totalement ignoré au moment des auditions. Nous croyons à la capacité de tout le monde à pouvoir danser. Vous avez pu voir qu’ils n’ont pas tous un corps idoine, mais il n’empêche qu’ils dansent. Il fallait absolument qu’ils le fassent&nbsp;! C’est une sorte de démocratisation de la danse et je ne voulais pas des chanteurs moyens qui dansent bien. Je voulais de bons chanteurs qui acceptent de danser. Ils n’ont pas eu le choix&nbsp;!</p>
<p><strong>Vous avez dirigé hier, mais William Christie dirigera également au cours de la tournée. C’est donc vraiment un travail en binôme que vous avez aussi poursuivi durant les répétitions&nbsp;?</strong></p>
<p>Oui. C’est toujours le cas avec le Jardin des Voix. On a toujours partagé la direction.</p>
<p><strong>Et comment se passe le travail au quotidien de répétitions&nbsp;? Est-ce que c’est le même son, entre vous et lui&nbsp;?</strong></p>
<p>Non, je ne pense pas. Quand il m’a demandé de diriger, la toute première fois, il m’a dit&nbsp;: «&nbsp;Il ne faut pas faire un copier-coller. Si tu prends les Arts florissants, il faut que ça soit à toi. Parce que c’est trop de facile de se demander ce qu’aurait fait Bill…&nbsp;». Bill serait choqué si je cherchais à faire comme lui. Il y a un enregistrement de <em>The Fairy Queen </em>dirigé par Bill que j’aime beaucoup, que je connais depuis ma jeunesse et qui est toujours un peu là dans ma tête, mais nous expliquons aux chanteurs à leur arrivée qu’il y a deux directeurs musicaux et qu’il est bien possible que chacun apporte des informations différentes, ou au moins complémentaires, mais distinctes. Ces jeunes gens travailleront pour de nombreux autres chefs et il faut être préparé à de nouvelles attentes et points de vue. En fait, il s’agit d’une richesse supplémentaire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2253-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-139842"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p><strong>Nous avons vu dans la mise en scène des solistes instrumentistes s’avancer et déambuler parmi les chanteurs et danseurs…</strong></p>
<p>C’étaient l’une des demandes que j’avais faites à Mourad&nbsp;: «&nbsp;je veux que les chanteurs dansent, que les danseurs chantent et que les musiciens entrent sur scène&nbsp;». Pour les trompettes, c’était beaucoup plus difficile, voire impossible, donc on a laissé tomber. Pour les flutistes, c’était plus facile et en ce qui concerne le violon, je ne pouvais pas imaginer de le voir dans l’orchestre, séparé de la chanteuse… Le violon est l’âme de cette interprète et exprime ce qu’elle ne peut pas communiquer elle-même. On ne pouvait pas avoir les musiciens en permanence avec nous mais Augusta McKay Lodge est venue un jour avant l’orchestre pour répéter et mettre sa scène en place. Nous savions que Mourad venait d’un autre univers, mais il est arrivé totalement vierge d’idées. Nous avons parlé, je veux dire par «&nbsp;nous&nbsp;» la totalité de la troupe, pour comprendre ce que Purcell avait pu apporter et au vu du contexte de l’œuvre, trouver la justesse ensemble. Il faut dire que l’instinct de Mourad est incroyable.</p>
<p><strong>Mais quand il est arrivé, il connaissait déjà la musique et les textes…</strong></p>
<p>Non. Et a posteriori, je pense que c’était une très bonne chose&nbsp;: le parti pris de Mourad était de justement ne pas en avoir. Il est venu en disant&nbsp;: «&nbsp;On y va&nbsp;!&nbsp;» Ça, c’est une vraie création… On a pu travailler avec ces jeunes qui étaient tous demandeurs. Les intuitions de Mourad étaient tout de suite très justes et il travaille remarquablement vite, puisque nous avons créé le spectacle en deux semaines.</p>
<p><strong>Deux semaines&nbsp;!?!</strong></p>
<p>Pour moi, cela a été très stressant jusqu’à la première demi-heure de répétition. Mourad est quelqu’un de très doux. Cela a été une relation vraiment riche et originale. Je n’avais jamais travaillé comme ça auparavant. Quelqu’un comme Robert Carsen, par exemple, pouvait donner des indications précises plusieurs mois auparavant. Je me souviens que nous avons fait ensemble <em><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/comme-par-magie/">Armide</a></em> et il m’a contacté, quatre mois à l’avance&nbsp;: «&nbsp;Juste pour que tu saches que dans la scène du lit, tu porteras un caleçon rouge et rien d’autre. Si tu veux travailler un peu ton corps, c’est le moment…&nbsp;». J’ai fait ce qu’il fallait et je me suis présenté à la première répétition. Quelque vingt secondes plus tard, son assistant est arrivé pour me dire&nbsp;: «&nbsp;On va garder la chemise&nbsp;». C’était un moment de grande cruauté… Ces deux approches témoignent d’un grand contraste et vive la différence, c’est très bien. J’adore travailler avec Robert.</p>
<p><strong>Mais tout de même, vous venez de nous dire que vous avez monté le spectacle extraordinaire que nous avons vu hier en deux semaines. Deux semaines, vraiment&nbsp;?</strong></p>
<p>Oui&nbsp;!</p>
<p><strong>Incroyable&nbsp;! On dirait Buster Keaton qui disait&nbsp;: «&nbsp;Moi, j’ai besoin d’un début et d’une fin, entre les deux, ça se débrouille tout seul&nbsp;»…</strong></p>
<p>C’était un peu ça. Mourad a su tout de suite créer une ambiance de travail à la fois exigeante et cool. On a pu tester des choses qui rapidement ont abouti à quelque chose d’absolument fixe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2508-JGazeau-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-140236"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p><strong>Mais enfin, elle est longue et complexe, cette chorégraphie&nbsp;! Vous voulez dire qu’elle est maintenant fixe&nbsp;?</strong></p>
<p>Oui. Les danseurs ont travaillé matin, après-midi et soir. Nous, musiciens et chanteurs, nous ne pouvons pas travailler à ce rythme-là. En plus, Mourad a un problème de genou et en ce moment, il ne danse pas du tout, ce qui fait qu’il n’a pas pu montrer ce qu’il souhaitait aux danseurs. Ces derniers pouvaient proposer des improvisations dont on gardait des séquences, le tout se construisant petit à petit. Tout est devenu très précis car chaque segment de l’œuvre a sa spécificité propre. Mourad a approché l’opéra avec une page blanche, puis, avec une clarté totale, il a créé quelque chose, sans avoir d’enregistrement ou de production en tête. Sa réaction a été pure et lui a permis d’inventer quelque chose d’absolument original.</p>
<p><strong>Comment est-on arrivé à cette totale adéquation entre la musique et la danse qui dégage tant de naturel&nbsp;?</strong></p>
<p>Je me suis demandé comment il faisait. En tout cas, ses intuitions étaient vraiment étonnantes.</p>
<p><strong>Mais cette chorégraphie, est-ce qu’elle est écrite maintenant&nbsp;?</strong></p>
<p>Non, elle est inscrite dans le corps des danseurs.</p>
<p><strong>Permettez-moi de poser une question qui pourrait paraître stupide&nbsp;: le décor est constitué de trois chaises. Mais pourquoi cette couleur jaune bouton d’or&nbsp;? C’est une allusion au soleil, à «&nbsp;<em>Here comes the sun</em>&nbsp;»…&nbsp;?</strong></p>
<p>Il n’y a pas de questions stupides&nbsp;! Mais, euh… [Rires] En fait, dans la salle des fêtes, nous avions des chaises… jaunes. Ce sont nos chaises. Vous savez, ce genre de salles qu’on a partout en France, qui ne sont formidables pour rien mais adéquates pour beaucoup de choses. Il y avait des chaises vertes et rouges également. On a utilisé les jaunes un peu par hasard. On en a discuté, en réalité. En arrivant sur scène, on a pris les chaises destinées aux spectacles, qui sont d’une couleur grise non définie… Nous avions alors du noir et du gris. Et on s’est dit que le jaune était une couleur qui correspondait à la nature et se mariait bien avec le noir.</p>
<p><strong>Pendant que les solistes étaient accompagnés par la basse continue, vous regardiez ce qui se passait avec émerveillement, sans diriger.</strong></p>
<p>C’est un principe, aussi bien pour Bill que pour moi. Toute la musique, je crois, se fait dans l’écoute. C’est une discussion entre l’accompagnement, le chanteur et le public. Et si on dirige, on casse la pureté de cette adéquation. Bien sûr, on discute des interprétations, des tempi et nous autres dirigeants, nous serons plus ou moins là avec une idée de ce que nous aimerions. Si ce n’est pas clair dès le départ, on ne va pas jouer correctement. Mais si vous entreprenez quelque chose, ils vont répondre et vice-versa. C’est comme ça qu’on fait de la musique. C’est très fatigant, quand on est avec l’orchestre et que les chanteurs se trompent. C’est impossible&nbsp;! Certains n’ont aucune sensation de ce qui se passe autour. C’est une stupidité&nbsp;; tout à fait intolérable. Moi, je ne prends pas ce type de chanteurs. De mon côté, je regarde les artistes et comme j’aime beaucoup le spectacle, je les admirais avec encore plus de plaisir&nbsp;!</p>
<p><strong>On a l’impression que vos gestes étaient contrôlés. Est-ce que vous vous chorégraphié vous-même&nbsp;?</strong></p>
<p>Oui.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2363-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-140234"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p><strong>Cela dit, vous êtes très dynamique dans la première partie, beaucoup moins à la fin. C’est fait exprès&nbsp;?</strong></p>
<p>C’est un peu un hasard de l’œuvre, car dans la deuxième partie, on trouve beaucoup de mouvements avec continuo seul, donc je n’ai pas à intervenir. La première partie qui sollicite tout l’orchestre est bien plus vive.</p>
<p><strong>Qu’en est-il des ornementations. Considérez-vous qu’il faille s’en tenir à ce qui est écrit ou vous accordez-vous une liberté&nbsp;?</strong></p>
<p>Il y a une liberté totale. Disons qu’il y a une liberté totale dans le sens où il faut examiner les traités français, dont ceux de Montéclair. Cette présence française est visible absolument partout. Je traite cette musique comme si c’était une œuvre française. Louis Grabu avait écrit <em>Albion and Albianus</em>, donné en 1685, dans le style de Lully pour Charles II. C’est complètement inconnu, mais c’était le premier vrai opéra donné en Angleterre. Malheureusement, après la mort du roi, on a fermé tous les théâtres. Mais Grabu était un Français qui travaillait sur un texte de John Dryden. Les correspondances entre les œuvres de Grabu et Purcell sont claires. L’émissaire de Charles II avait été envoyé en France pour chercher Lully. On se doute bien que c’était hors de question et on se rabat sur Grabu, devenu Maître de musique du roi. Mais tant l’opéra de Grabu que l’orchestre sont étroitement liés avec la France. Il se trouve que c’est le même orchestre qu’on va reprendre en 1692 pour <em>The Fairy Queen.</em> Le style n’a pas radicalement changé… S’il y a des hautbois dans l’œuvre, c’est bien parce que les hautbois français étaient présents à Londres à l’époque. On peut citer le compositeur et hautboïste français Jacques Paisible (ou James Peasable) par exemple, mais les hautbois n’existaient pas en Angleterre auparavant. Les instrumentistes français se sont immédiatement intégrés dans l’orchestre. Mais comment s’adapter avec l’orchestre si ce dernier jouait ave un autre diapason, par exemple ? Il n’aurait pas été possible de changer aussi facilement de diapason. En fait, l’orchestre <em>The 24 Violons of the King</em> jouait déjà dans un style français, étant donné qu’il était une sorte de copie conforme des 24 Violons. Certains chefs disent qu’on n’arrivera pas à les convaincre de cette proximité française de Purcell. Pour moi, il ne s’agit pas de convaincre, c’est une évidence&nbsp;! Et cela sonne mieux quand on en tient compte…</p>
<p><strong>En ce qui concerne la tournée qui est prévue pour le spectacle, dans quels types de lieux allez-vous vous produire&nbsp;?</strong></p>
<p>En dehors des établissements dédiés à la musique classique, il me semble important de présenter le spectacle dans les lieux de danse.</p>
<p><strong>Et pourquoi pas avec la Royal Shakespeare Company&nbsp;?</strong></p>
<p>Ah, mais je serais tout à fait enthousiaste de créer un autre travail avec la pièce de théâtre que j’adore et que je connais depuis ma jeunesse, mais notre spectacle est un bijou tel qu’il est…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/paul-agnew-je-traite-la-musique-de-purcell-comme-si-cetait-une-oeuvre-francaise/">Paul Agnew : « Je traite la musique de Purcell comme si c’était une œuvre française »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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